Éruption sous les aisselles : causes et traitements

Éruption sous les aisselles : causes et traitements

Une éruption sous les aisselles vient le plus souvent d’un intertrigo, c’est-à-dire d’une inflammation du pli où chaleur, sueur et frottement abîment la barrière cutanée, parfois colonisée ensuite par une levure du genre Candida ou par une bactérie. D’autres causes fréquentes sont une réaction au déodorant, des boutons de chaleur, une folliculite après le rasage, un eczéma, un psoriasis inversé, ou des nodules douloureux récidivants d’hidradénite suppurée (maladie de Verneuil).

Le scénario typique commence après un nouveau stick parfumé, un maillot synthétique encore humide ou une journée lourde d’été. Le creux axillaire brûle le soir, démange, parfois suinte. Ce n’est pas toujours « juste une irritation ». Des nodules qui reviennent au même endroit, laissent du pus ou des cicatrices en pont, ne sont pas un furoncle banal. Le NHS estime l’hidradénite à environ une personne sur cent, plus souvent chez les femmes, sans lien avec un manque d’hygiène.

Les données 2024 du National Center for Health Statistics situent l’eczéma diagnostiqué à 12,7 % des enfants aux États-Unis, très loin d’un tiers de la population. Pour une plaque liée à un cosmétique, la Mayo Clinic propose une crème d’hydrocortisone à 1 %, une ou deux applications quotidiennes pendant quelques jours, une fois le produit suspect arrêté. Si des pustules satellites évoquent une candidose, une revue de l’American Academy of Family Physicians (2014) retient un antifongique local en deux poses quotidiennes tant que la lésion est visible. Fièvre, pus, grosseur ou malaise imposent un avis médical ; en cas d’aggravation brutale, le 15 ou le 112.

Quelles causes derrière une éruption sous les aisselles ?

Le pli axillaire réunit tout ce qui irrite la peau. Il est chaud, souvent occlus par un vêtement, riche en glandes sudoripares, exposé aux déodorants, au rasage et au frottement du bras contre le thorax. Une rougeur, une brûlure ou des boutons à cet endroit peuvent donc avoir plusieurs origines, parfois superposées.

L’intertrigo est le cadre le plus utile. C’est, dans la fiche DermNet, une inflammation des plis, aiguë, récidivante ou chronique, d’origine infectieuse, inflammatoire, ou les deux. Le diagnostic reste surtout clinique, et le pli axillaire figure parmi les sièges habituels avec les plis sous-mammaires, inguinaux et interdigitaux, d’après le Merck Manual révisé en octobre 2025.

À côté de cette macération, d’autres mécanismes reviennent souvent en consultation.

  • Un déodorant, un antitranspirant, un savon parfumé ou une crème dépilatoire déclenchent une dermatite de contact irritative ou allergique.
  • La sueur bloquée dans le canal sudoripare donne des boutons de chaleur (miliaria), surtout par temps chaud et humide.
  • Le rasage ou l’épilation inflamment le follicule et ouvrent la porte à une folliculite à staphylocoque.
  • Une levure (Candida) ou un dermatophyte profite de l’humidité ; Corynebacterium minutissimum donne un érythrasma brun-rouge.
  • L’eczéma atopique et le psoriasis inversé aiment les plis ; l’hidradénite produit des nodules profonds, des fistules et des cicatrices.

La Cleveland Clinic ajoute l’hyperhidrose, la grossesse et, plus rarement, une grosseur ganglionnaire ou un cancer, qui ne se présentent pas comme une simple plaque de frottement. Distinguer ces tableaux évite d’appliquer de la cortisone sur une mycose ou de traiter au stick « hypoallergénique » une maladie de Verneuil qui demande un dermatologue.

Éruption des aisselles due à la friction

Intertrigo, chaleur et humidité du pli

L’intertrigo naît quand deux surfaces cutanées se frottent et que l’humidité ne peut plus s’évaporer. La couche cornée se macère, la friction augmente, la barrière se fissure. Une revue de 2014 dans American Family Physician souligne le rôle de l’obésité (indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m²), du diabète et de l’alitement. Le Merck Manual y ajoute la dépendance aux soins, lorsque la toilette des plis n’est plus assurée.

Le début est souvent insidieux. Le pli pique, brûle, puis une rougeur en miroir apparaît de chaque côté du sillon, parfois avec une desquamation périphérique. Si la peau se rompt, une surinfection s’installe. L’été, un climat chaud et un sport en vêtement serré suffisent parfois, même chez une personne mince.

Garder le pli propre, sec et aéré est le premier traitement, avant tout tube. Les auteurs de l’AAFP citent l’oxyde de zinc, le pétrolatum (vaseline), le talc et certaines solutions asséchantes. Le Merck Manual (2025) retient aussi, en l’absence de levure ou de bactérie documentée, un antitranspirant de vente libre à 20 % de chlorure d’aluminium. Le médecin ou le pharmacien indiquera ce qui est disponible près de chez vous, car les présentations varient selon les pays.

Sans ces mesures, la même plaque revient dès que la chaleur ou le frottement reprennent. Une perte de poids, si l’IMC est élevé, réduit le volume du pli et donc le cisaillement. Ce n’est pas un jugement moral, c’est un levier mécanique décrit dans les revues de médecine familiale.

Réaction au déodorant et dermatite de contact

Arrêter le produit récemment changé est le premier geste si la rougeur épouse la zone d’application du stick, du roll-on ou de la crème dépilatoire. La dermatite de contact n’est pas contagieuse. Elle peut être irritative (savon, alcool, frottement, antitranspirant trop desséchant) ou allergique (le système immunitaire a appris à reconnaître un allergène).

Parmi les ingrédients souvent en cause dans les déodorants, la Cleveland Clinic cite le parfum, l’aluminium, la lanoline, les parabènes et le propylène glycol. Les mêmes molécules se retrouvent dans lessives, gels douche et lingettes. On peut utiliser un parfum pendant des années avant qu’une allergie de contact n’apparaisse. Une fois la sensibilisation installée, une petite quantité suffit souvent à relancer la plaque.

Le tableau décrit par la Mayo Clinic associe prurit, plaques sèches ou vésicules suintantes, gonflement et brûlure. Sur peau mate ou foncée, la rougeur est parfois moins visible qu’un assombrissement ou un aspect cuir. Si l’éviction est correcte, la page « symptômes » de mai 2024 indique un délai habituel de deux à quatre semaines. Au-delà de trois semaines sans amélioration, ou si le sommeil devient impossible, un médecin est utile. Des tests épicutanés peuvent alors nommer l’allergène lorsque la cause reste obscure.

En automédication, la même institution propose, pour le prurit, une hydrocortisone à 1 % en une ou deux poses par jour pendant quelques jours, ou de la calamine, et des compresses froides 15 à 30 minutes à plusieurs reprises dans la journée. Un antihistaminique oral peut aider à dormir, selon le produit. Ces schémas viennent de sources américaines. Le pharmacien français indiquera l’équivalent local et les durées adaptées au pli, zone où un corticoïde fort est malvenu.

Mycose, érythrasma et autres infections

Des pustules ou papules satellites autour d’une plaque rouge macérée orientent vers une candidose du pli, souvent malodorante. L’AAFP considère ce tableau comme clinique ; un examen à la potasse (KOH) montre des spores et des pseudo-filaments. Les dermatophytes (teignes) aiment plutôt une bordure squameuse qui progresse lentement ; sous l’aisselle humide, Candida est plus typique qu’un « cercle de teigne » copié-collé.

Le traitement de première intention reste local. La revue AAFP de 2014 recommande le clotrimazole, le kétoconazole, l’oxiconazole ou l’éconazole en deux applications quotidiennes tant que la mycose est visible, la nystatine étant active sur Candida seulement. Une revue de 2019 dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology (Taudorf et coll.) a comparé 44 essais. Clotrimazole, nystatine et miconazole y apparaissent aussi efficaces, avec des taux de guérison complète de 73 % à 100 %, et des effets indésirables le plus souvent bénins. Le fluconazole oral y était comparable au clotrimazole local dans les études disponibles.

Pour une infection fongique résistante, l’AAFP cite le fluconazole 100 à 200 mg par jour pendant sept jours, dose parfois augmentée en cas d’obésité. Les azolés oraux peuvent potentialiser les hypoglycémiants. Cette posologie est américaine ; en France, le médecin choisira la molécule et la durée selon l’AMM locale. Mélanger une poudre asséchante et une crème antifongique au même instant donne une pâte collante. L’AAFP demande d’espacer les deux de deux à trois heures.

L’érythrasma, infection superficielle à Corynebacterium minutissimum, donne des macules brun-rouge à bords nets, peu ou pas prurigineuses. Sous lampe de Wood, la fluorescence est corail. L’AAFP retient l’érythromycine locale matin et soir jusqu’à guérison, ou 250 mg par voie orale quatre fois par jour pendant deux semaines, le schéma oral étant décrit comme plus efficace mais plus mal toléré (nausées, diarrhée). Clindamycine locale et savons antiseptiques sont des options. Une surinfection streptococcique se traite, toujours selon cette revue, par mupirocine ou pénicilline orale, parfois avec un corticoïde de faible puissance. Le pharmacien et le médecin restent les interlocuteurs pour l’équivalent français.

Boutons de chaleur, folliculite et rasage

Les boutons de chaleur (miliaria) surviennent quand le canal d’une glande sudoripare eccrine se bouche. La sueur reste sous la peau au lieu de s’évaporer. Chez l’adulte, la Mayo Clinic (page de mai 2022) les situe dans les plis et sous les vêtements qui frottent, donc sous les aisselles. La forme la plus banale, miliaria cristalline, fait de minuscules vésicules claires qui se rompent. La miliaria rubra pique et démange. Plus profondes, miliaria pustuleuse et miliaria profunda sont moins fréquentes.

Rafraîchir la peau et quitter la source de chaleur suffisent souvent. Consulter si les lésions durent plus de quelques jours ou s’aggravent. Éviter crèmes grasses et pommades occlusives, qui bouchent encore les pores. La prévention reprend des vêtements amples, un ventilateur et moins d’effort aux heures chaudes.

La folliculite est une inflammation du follicule pileux, souvent à Staphylococcus aureus. Elle se présente en grappes de pustules centrées par un poil, parfois croûteuses. Le rasage, la cire, les vêtements qui retiennent la sueur et le diabète augmentent le risque, selon la Mayo Clinic (août 2022). Une forme voisine, la pseudofolliculite, vient d’un poil recourbé qui rentre dans la peau, surtout si le poil est crépu et le rasage trop ras. Une folliculite limitée cède souvent en quelques jours avec toilette douce et pause du rasoir. Si elle s’étend, persiste au-delà d’une à deux semaines, ou s’accompagne de fièvre, de frissons et d’un malaise, il faut un médecin, parfois un antibiotique sur ordonnance.

Hidradénite suppurée ou maladie de Verneuil

Des nodules profonds, douloureux, qui reviennent dans le creux de l’aisselle, se fistulisent, laissent du pus et des cicatrices, évoquent une hidradénite suppurée, aussi appelée maladie de Verneuil. Ce n’est pas une infection primaire et ce n’est pas un défaut de lavage, précise le NHS. Le mécanisme part d’une occlusion folliculaire, avec inflammation chronique, parfois aggravée par le tabac et le surpoids.

La première recommandation conjointe de l’American Academy of Dermatology et de la Hidradenitis Suppurativa Foundation, publiée en ligne le 20 octobre 2026 dans le Journal of the American Academy of Dermatology, estime la prévalence mondiale entre 0,7 % et 1,5 %. Elle formule 37 recommandations. Quatre biomédicaments reçoivent une recommandation forte dans les formes modérées à graves (adalimumab, bimekizumab, infliximab, sécukinumab), ainsi que l’évaluation systématique de la douleur. D’autres options (clindamycine locale, cyclines, spironolactone, sevrage tabagique, mise à plat chirurgicale) restent conditionnelles. Cette ligne est américaine ; le dermatologue français applique les autorisations et protocoles locaux.

La page NHS revue le 17 mars 2023 décrit un mélange de « boules » douloureuses, de points noirs, de cicatrices et de tunnels qui suintent. La maladie commence souvent après la puberté. Elle n’est pas contagieuse. Un diagnostic précoce limite l’extension. Les soins de base comprennent un savon antiseptique parfois prescrit, des vêtements amples, l’arrêt du tabac, une perte de poids si besoin, et éviter de raser la zone atteinte. Les antibiotiques longs visent surtout l’inflammation. Un drainage isolé sans plan de fond ne suffit souvent pas. L’affection peut durer des années ; l’objectif est de réduire les poussées et la douleur, pas de promettre une disparition définitive.

Huile de coco pour traiter les éruptions des aisselles

Eczéma, psoriasis inversé et autres inflammations

L’eczéma atopique (dermatite atopique) donne des plaques prurigineuses, sèches ou suintantes, souvent dans les plis. La fiche DermNet le situe surtout aux coudes et aux genoux, avec des poussées dès l’enfance, mais les aisselles peuvent participer au tableau, surtout s’il existe déjà un terrain atopique. Le NCHS, dans le Data Brief n° 546 (8 janvier 2026), rapporte un eczéma diagnostiqué chez 12,7 % des enfants américains de 0 à 17 ans en 2024 (12,2 % des garçons, 13,3 % des filles). Ce chiffre ne décrit pas la France, mais il corrige l’idée d’une atteinte d’un Américain sur trois.

Un corticoïde de faible puissance, comme l’hydrocortisone, peut calmer une poussée inflammatoire du pli. Les corticoïdes forts y sont déconseillés (DermNet), à cause du risque d’atrophie, de vergetures, rarement d’ulcération. Les inhibiteurs topiques de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) y sont aussi utilisés, sur prescription. Les crèmes émollientes sans parfum restent la base, comme pour toute dermatite irritative.

Le psoriasis inversé (flexural) se présente en plaques bien limitées, lisses ou brillantes, presque sans squames argentées du psoriasis des coudes. La fiche DermNet insiste sur la persistance, la possible fissure au fond du pli, et la fréquente symétrie. Le diagnostic se confond facilement avec un intertrigo candidosique. Un psoriasis ailleurs ou des antécédents familiaux aident. Le traitement local du pli est délicat, là encore en évitant les corticoïdes très puissants au long cours ; le dermatologue ajuste.

La dermatite séborrhéique peut toucher l’aisselle, sous forme de nappes saumonées mal limitées, parfois associées à des squames du cuir chevelu ou du visage. Elle n’est pas la cause la plus parlante d’une rougeur axillaire isolée. Lorsque le tableau résiste, un avis dermatologique, parfois une biopsie, départage des affections plus rares.

Soins à la maison et médicaments

La plupart des éruptions du pli liées à la macération ou à un produit d’hygiène s’améliorent avec des gestes simples, à condition de ne pas masquer une infection. La toilette se fait à l’eau tiède, avec un nettoyant sans parfum, puis un séchage soigneux en tamponnant. On suspend le rasage et le déodorant le temps que la peau se calme, puis on reprend un produit sans parfum, éventuellement hypoallergénique.

Pour le prurit d’une plaque de contact, la Mayo Clinic (2024) retient l’hydrocortisone 1 % quelques jours, la calamine, le bain frais avec un produit à l’avoine, et l’éviction stricte. Gratter ouvre la porte à une surinfection. Les ongles courts et un pansement si besoin valent mieux qu’un serment impossible à tenir.

Si l’aspect est celui d’une candidose, l’antifongique local en deux poses quotidiennes jusqu’à guérison clinique, selon l’AAFP, a plus de sens qu’un corticoïde seul. Un corticoïde sur une mycose peut l’aggraver ou en brouiller l’image. Combiner trop tôt les deux sans diagnostic allonge parfois l’errance. Le pharmacien peut orienter vers un imidazolé (clotrimazole, miconazole) ; le médecin fera un prélèvement si la plaque résiste.

Les « remèdes » sans preuve solide pour cette localisation (huiles diverses, hypnose, acupression présentée comme traitement de l’éruption axillaire) n’ont pas leur place ici. Mieux vaut un schéma court, sourcé, et un rendez-vous si la peau ne tourne pas.

Le médecin pourra prescrire un corticoïde un peu plus fort en courte durée, un immunomodulateur topique, un antifongique oral, un antibiotique, ou adresser en dermatologie pour patch-tests, lampe de Wood, ou bilan d’hidradénite. Les biomédicaments de la recommandation AAD-HSF 2026 concernent les formes d’hidradénite déjà documentées, pas une rougeur de sport du week-end.

Comment limiter les récidives

Réduire humidité et friction empêche beaucoup de rechutes d’intertrigo. L’AAFP insiste pour garder la zone sèche et exposée à l’air. Changer de T-shirt après le sport, choisir des fibres qui évacuent la sueur, éviter le synthétique moulant aux heures chaudes, sont des gestes mécaniques, pas une « hygiène morale ».

Identifier l’allergène et le bannir est la seule prévention durable d’une dermatite de contact. La Mayo Clinic recommande de laver la peau après un contact irritant, d’utiliser un émollient, et de noter tout nouveau cosmétique. Pour le déodorant, un produit sans parfum, testé sur une petite zone, limite les mauvaises surprises. Ce n’est pas une garantie.

Le rasage moins fréquent, dans le sens du poil, avec une lame propre et sans trop tendre la peau, réduit folliculite et poils incarnés, d’après les conseils Mayo sur la folliculite. Partager rasoirs et serviettes n’a rien d’anodin pour les germes cutanés, mais vacciner le chat n’a aucun rapport avec une rougeur d’aisselle.

Si l’obésité, le diabète ou une transpiration abondante entretiennent le pli, les traiter avec le médecin traitant change plus le pronostic qu’un énième stick. Le chlorure d’aluminium à 20 %, retenu par le Merck Manual en 2025 pour sécher un intertrigo non infecté, peut s’envisager hors poussée suintante, selon l’avis local. Une barrière d’oxyde de zinc après la toilette protège la peau macérée, surtout si l’incontinence ou la sudation sont en jeu.

L’hidradénite se prévient mal par un déodorant. Tabac et poids, cités par le NHS, influencent la gravité. Un diagnostic nommé évite des années de « furoncles à répétition » traités par de simples incisions.

Quand voir un médecin pour une éruption axillaire

Une rougeur limitée, sans fièvre, après un effort ou un nouveau cosmétique, peut d’abord se gérer à la maison quelques jours, produit arrêté et pli séché. Un avis est demandé, selon la Mayo Clinic, pour une miliaria qui dure plus de quelques jours, et pour une dermatite de contact qui dépasse trois semaines, envahit une grande surface, ou empêche de dormir.

Comme motifs de consultation, la Cleveland Clinic (2022) retient une démangeaison qui s’aggrave, une éruption qui s’étend, un ganglion ou une grosseur sous le bras, une douleur intense, de la fièvre, ou une lésion nouvelle. Ces signes ne « prouvent » pas un cancer. Ils justifient un examen, parce qu’un abcès, une hidradénite ou un ganglion pathologique se palpent mieux qu’ils ne se devinent sur une photo.

Il faut appeler le 15 ou le 112 si la peau s’étend en nappe douloureuse avec fièvre et malaise, ou si une folliculite s’accompagne de frissons. Ces signes dépassent le rasoir et le déodorant.

Situation Conduite
Rougeur limitée après sport ou nouveau déodorant, sans fièvre Arrêter le produit, sécher le pli, demander conseil au pharmacien.
Plaques satellites, macération, odeur de levure Avis pour un antifongique local adapté, parfois un prélèvement.
Nodules douloureux récidivants, fistules ou cicatrices Voir le médecin traitant et parler d’hidradénite (maladie de Verneuil).
Fièvre, pus, ganglions, douleur vive, extension rapide Consulter sans délai. Appeler le 15 ou le 112 si malaise.
Plaque inchangée après trois semaines de soins simples Examen clinique, parfois patch-tests, lampe de Wood ou avis dermatologique.

Apporter le flacon de déodorant et des photos datées aide plus qu’une description vague. Demander si un prélèvement mycologique, une lampe de Wood ou des tests épicutanés sont utiles oriente la suite. Si les « furoncles » reviennent au même endroit depuis des mois, la question de la maladie de Verneuil vaut mieux qu’un énième antiseptique.

Questions fréquentes

Un nouveau déodorant peut-il à lui seul expliquer la rougeur ?

Oui, un irritant ou un allergène du stick suffisent souvent, surtout parfum, aluminium ou propylène glycol, d’après la Cleveland Clinic. Arrêter le produit quelques jours est le test le plus simple. Si la plaque revient à chaque réintroduction, une allergie de contact est probable et les patch-tests peuvent la nommer.

Peut-on mettre de l’hydrocortisone si une mycose est possible ?

Mieux vaut d’abord trancher. L’hydrocortisone 1 % en courte cure calme une plaque de contact, selon la Mayo Clinic, mais un corticoïde seul sur une candidose peut l’aggraver. Des pustules satellites et une macération du fond de pli orientent vers un antifongique local (AAFP, 2014). En cas de doute, le pharmacien ou le médecin départage avant de mixer les tubes.

L’hidradénite vient-elle d’un manque d’hygiène ?

Non. Le NHS indique que la maladie n’est pas liée à un défaut de lavage et n’est pas contagieuse. Elle relève d’une inflammation folliculaire chronique. Tabac et surpoids peuvent l’aggraver. Un diagnostic précoce vaut mieux qu’un changement de savon répété.

Combien de jours attendre avant de consulter ?

Pour des boutons de chaleur, la Mayo Clinic parle de quelques jours si cela ne s’améliore pas. Pour une dermatite de contact, trois semaines sans progrès, ou plus tôt si le prurit empêche de vivre, justifient un avis. Fièvre, pus, grosseur ou nodules récidivants ne doivent pas attendre ce délai.

Faut-il arrêter le rasage pendant une poussée ?

Oui, le temps que la peau se calme. Rasage, cire et vêtements occlusifs entretiennent folliculite et poils incarnés, d’après la Mayo Clinic. Reprendre ensuite avec une lame propre, moins souvent, dans le sens du poil. L’hidradénite, elle, n’est pas « causée » par le rasoir, mais raser une zone fistulisée irrite encore.

Toutes les crèmes antifongiques se valent-elles sous l’aisselle ?

Clotrimazole, miconazole et nystatine ont des taux de guérison comparables dans la revue de Taudorf et coll. (2019), entre 73 % et 100 % selon les essais. La nystatine ne couvre pas les dermatophytes. Deux applications quotidiennes tant que la mycose est là, plus le séchage du pli, comptent autant que la marque du tube.

Produits de soins personnels recommandés pour éviter les éruptions d'aisselles

Conclusion

Le creux de l’aisselle est un pli chaud, frotté et chargé de produits. La cause la plus banale reste l’intertrigo, parfois candidosique, parfois irrité par un déodorant. Distinguer une plaque macérée à satellites, une dermatite de contact, une miliaria, une folliculite de rasage et des nodules d’hidradénite change le tube que l’on achète et le spécialiste que l’on voit.

Les schémas utiles tiennent en peu de chiffres sourcés. Hydrocortisone 1 % quelques jours pour une plaque de contact (Mayo Clinic, 2024). Antifongique local en deux poses quotidiennes tant que Candida est probable (AAFP, 2014). Recommandation AAD-HSF d’octobre 2026 pour les formes d’hidradénite déjà posées, avec quatre biomédicaments en recommandation forte dans les stades modérés à graves. L’eczéma de l’enfant, à 12,7 % aux États-Unis en 2024 selon le NCHS, n’explique pas à lui seul chaque rougeur axillaire.

Le prochain geste concret est d’arrêter le dernier cosmétique introduit, de sécher le pli, et, si la peau ne tourne pas ou si des nodules reviennent, d’apporter le flacon et un calendrier des poussées au médecin traitant. La question utile porte sur une mycose, une allergie de contact ou une maladie de Verneuil, et sur l’intérêt d’un prélèvement, d’une lampe de Wood ou d’un avis dermatologique. Fièvre, extension rapide ou malaise relèvent du 15 ou du 112.

Sources

  1. Kalra MG, Higgins KE, Kinney BS : Intertrigo and Secondary Skin Infections. American Family Physician, 1er avril 2014.
  2. Taudorf EH, Jemec GBE, Hay RJ et al. : Cutaneous candidiasis – an evidence-based review of topical and systemic treatments to inform clinical practice. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, octobre 2019.
  3. Naik HB, Yeung H, Frazer-Green L et al. : Joint American Academy of Dermatology-Hidradenitis Suppurativa Foundation guidelines of care for the management of hidradenitis suppurativa. Journal of the American Academy of Dermatology, 20 octobre 2026.
  4. Heat rash – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 6 mai 2022.
  5. Contact dermatitis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 2 mai 2024.
  6. Contact dermatitis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 2 mai 2024.
  7. Itchy Armpits: Common Causes & Treatments. Cleveland Clinic, 23 octobre 2022.
  8. Oakley A : Intertrigo (Rash in body folds). DermNet, janvier 2020.
  9. Aaron DM : Intertrigo – Dermatology – Merck Manual Professional Edition. Merck Manual Professional Edition, octobre 2025.
  10. Hidradenitis suppurativa (HS). National Health Service, 17 mars 2023.
  11. Ng AE, Giri A, Bottoms-McClain L : Diagnosed Allergic Conditions in Children Ages 0−17: United States, 2024. NCHS Data Brief, 8 janvier 2026.
  12. Folliculitis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 31 août 2022.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.