
Une luette enflée, appelée uvulite, est un gonflement du petit appendice charnu qui pend au milieu du palais mou. Le plus souvent, l’inflammation tient à une infection de voisinage, à une irritation mécanique, à une allergie ou à un médicament, et MedlinePlus indique qu’elle recule en un à deux jours, seule ou une fois la cause traitée.
Le matin, la gorge gratte, avaler fait mal, et le miroir montre un bourgeon rouge, parfois assez long pour toucher la langue et déclencher un haut-le-cœur. Un inhibiteur de l’enzyme de conversion, prescrit pour la tension ou le cœur, peut pourtant faire gonfler luette et langue en moyenne 1,8 an après le début du comprimé, d’après la revue de Landry et coll. (2023).
Le streptocoque du groupe A explique 20 à 30 % des pharyngites de l’enfant et 5 à 15 % de celles de l’adulte, d’après les CDC en 2025. Le NICE estime que les antibiotiques ne raccourcissent un mal de gorge aigu que d’environ 16 heures. Une absence d’amélioration après cinq jours justifie un avis médical ; une gêne à respirer commande d’appeler le 15 ou le 112.
Qu’est-ce qu’une luette enflée
L’uvulite désigne l’inflammation de la luette, ce fragment de muqueuse, de tissu conjonctif et de fibres musculaires accroché au palais mou. MedlinePlus rappelle qu’elle s’accompagne souvent d’une inflammation du palais, des amygdales ou du pharynx, plutôt que d’un gonflement vraiment isolé.
Lorsque le volume augmente, la luette peut toucher la langue, réveiller le réflexe nauséeux et donner l’impression qu’un corps étranger est coincé, des signes que la Cleveland Clinic et MedlinePlus placent parmi les plus fréquents. Le palais mou voisin est souvent rouge en même temps, ce qui explique que l’on avale mal et que l’on bave davantage.
Deux tableaux se distinguent. Une luette rouge et douloureuse, souvent avec fièvre ou mal de gorge, oriente plutôt vers une infection de voisinage. Un gonflement brutal, avec urticaire, oriente vers une allergie ; sans démangeaison, surtout sous IEC, vers un angio-œdème à bradykinine. Cette différence guide les premiers gestes, car les antihistaminiques aident l’un et restent souvent sans effet sur l’autre.
Une luette simplement trop longue n’est pas une uvulite. La revue systématique de Chang et coll. (2018) retient en pratique une longueur supérieure à 15 mm et une largeur supérieure à 10 mm comme seuils d’allongement ou d’élargissement. Cette anatomie peut faire ronfler sans fièvre ni rougeur aiguë. Une fente congénitale de la luette, ou une luette courte après une chirurgie ancienne, n’est pas non plus un gonflement. Ce sont des formes stables, distinctes de l’inflammation récente.

Quels symptômes accompagnent une luette enflée
La gêne la plus fréquente est une sensation de boule au fond de la gorge, avec mal à avaler, salive plus abondante, toux ou haut-le-cœur. La Cleveland Clinic y ajoute le mal de gorge, la fièvre, les ronflements inhabituels, des points blancs sur la luette ou les amygdales, et, dans les formes graves, une vraie difficulté à respirer.
La voix peut devenir étouffée ou nasonnée lorsque le palais mou et la luette occupent plus de place. Manger et boire fatiguent, l’appétit baisse, et certaines personnes évitent de s’allonger parce que le contact avec la langue empire le haut-le-cœur. Ces signes restent banals tant que l’air passe librement et que l’état général tient.
Des indices associés aident à classer la cause. Une fièvre d’apparition brutale, des ganglions douloureux sous l’angle de la mâchoire et l’absence de toux évoquent une angine à streptocoque plus qu’un rhume. Un nez qui coule, une voix rauque, des conjonctivites ou des aphtes orientent au contraire vers un virus, situation où les CDC déconseillent de chercher le streptocoque.
Un gonflement qui s’étend aux lèvres, à la langue ou aux paupières, surtout s’il s’accompagne d’urticaire, n’est plus une uvulite isolée. Il s’agit alors d’un angio-œdème, parfois d’une anaphylaxie. À l’inverse, un œdème sans démangeaison, avec douleurs abdominales, peut appartenir à la famille des angio-œdèmes à bradykinine, héréditaires ou liés à un inhibiteur de l’enzyme de conversion.
Infections virales et bactériennes
Beaucoup d’uvulites infectieuses naissent d’un rhume, d’une grippe ou d’une pharyngite virale qui irrite toute la gorge. La respiration par la bouche, quand le nez est bouché, assèche encore la muqueuse. MedlinePlus place toutefois le streptocoque en tête des causes infectieuses d’uvulite, et la Cleveland Clinic cite aussi l’angine streptococcique, la grippe et le rhume parmi les tableaux fréquents.
Le streptocoque du groupe A (Streptococcus pyogenes) n’est pas le microbe le plus courant du mal de gorge. Les CDC estiment qu’il cause 20 à 30 % des pharyngites chez l’enfant de 5 à 15 ans et 5 à 15 % chez l’adulte. Chez l’enfant de moins de 3 ans, l’angine streptococcique classique est rare. Le diagnostic ne se pose pas à l’œil seul. L’IDSA, dans sa mise à jour de 2025, suggère d’utiliser un score clinique (Centor, FeverPAIN ou équivalent) pour décider qui tester, recommandation conditionnelle et de très faible certitude.
Un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) positif confirme une infection à streptocoque A. Chez l’enfant de 3 ans et plus, les CDC demandent encore une culture de gorge si le test rapide est négatif, afin de ne pas manquer un vrai streptocoque et de réduire le risque de rhumatisme articulaire aigu. Chez l’adulte, cette culture de rattrapage n’est pas systématique, le rhumatisme articulaire aigu y étant devenu exceptionnel.
Une uvulite bactérienne peut aussi s’étendre depuis une amygdalite, un phlegmon péri-amygdalien ou, plus rarement, une épiglottite. Dans un article du Cleveland Clinic Journal of Medicine (2016), Shomali et Holman rappellent que Streptococcus pyogenes, Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae sont les agents habituellement incriminés, et que luette et épiglotte peuvent s’enflammer ensemble. Fièvre, douleur à avaler et douleur antérieure du cou suffisent à faire craindre cette association. Une radiographie latérale du cou, à la recherche du « signe du pouce » (épiglotte épaissie), reste un outil classique ; si la respiration est déjà menacée, la laryngoscopie se fait dans un environnement où l’on peut sécuriser les voies aériennes, car le geste peut précipiter l’obstruction.
Les infections sexuellement transmissibles figurent parmi les causes possibles d’après la Cleveland Clinic (gonococcie, syphilis), sans que l’uvulite soit elle-même une IST.
Allergie, angio-œdème et médicaments
Une réaction allergique (pollen, acariens, poils d’animaux, aliments tels que l’arachide ou l’œuf, d’après MedlinePlus) peut faire gonfler la luette en quelques minutes à quelques heures. Des démangeaisons, un urticaire, un sifflement respiratoire ou un gonflement des lèvres classent le tableau du côté histaminique. Dans ce cas, un antihistaminique prescrit ou conseillé par un professionnel, parfois un corticoïde, peut réduire le volume. D’après la Mayo Clinic, une anaphylaxie exige une injection d’adrénaline puis un passage aux urgences, même si les symptômes s’atténuent, car une deuxième vague reste possible.
L’angio-œdème n’est pas toujours allergique. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), largement prescrits contre l’hypertension ou l’insuffisance cardiaque, peuvent provoquer un gonflement des lèvres, de la langue et des voies aériennes par accumulation de bradykinine. La revue de Landry et coll. (Cureus, 2023) situe l’incidence sur la vie entière entre 0,1 % et 0,7 % des patients sous IEC, d’autres citations du même texte allant jusqu’à 6 %. Ces IEC représenteraient près de 30 % des angio-œdèmes vus aux urgences. Le délai moyen rapporté est de 1,8 an après le début du traitement, avec un quart des cas dès le premier mois. Sans urticaire, le diagnostic est clinique. Arrêter l’IEC, sous avis médical, est la mesure de fond, en plus de la surveillance des voies aériennes.
Dans des séries d’urgences, environ 41 % des angio-œdèmes liés aux IEC ont nécessité une hospitalisation, et 16 % une intubation devant bavage et détresse respiratoire. Ces chiffres concernent l’angio-œdème des IEC en général, pas l’uvulite mécanique isolée. Ils rappellent seulement qu’un gonflement qui gagne la langue ou le larynx n’attend pas à la maison.
L’angio-œdème héréditaire, dû le plus souvent à un déficit ou à un dysfonctionnement de l’inhibiteur de C1, touche environ une personne sur 50 000 à 150 000 selon NORD (mise à jour 2025). Les crises durent en général deux à cinq jours, sans démangeaison. Jusqu’à 25 % des cas apparaissent sans antécédent familial, par variant de novo. Un gonflement du pharynx ou du larynx y est une urgence. Les traitements de crise (concentré de C1-inhibiteur, icatibant et apparentés) ne se décident pas en automédication ; ils relèvent d’un plan prévu avec un médecin, souvent un allergologue.
Un sartan n’est pas un IEC. Landry et coll. notent que le risque d’angio-œdème sous sartan, dans un essai de grande taille, se rapprochait de celui du placebo, mais le relais ne se décide pas seul. Le médecin qui suit le cœur et les reins pèse le risque de récidive et le bénéfice cardiovasculaire.
Irritation, reflux et traumatisme
Une luette sèche, frottée toute la nuit par le ronflement, exposée à la fumée de tabac, au vapotage ou à des vapeurs chimiques, peut gonfler sans microbe. MedlinePlus cite le tabagisme et l’inhalation de produits irritants. La Cleveland Clinic y ajoute la déshydratation. Ce gonflement mécanique reste local ; une dyspnée, elle, n’attend pas à la maison et fait chercher un angio-œdème ou une infection plus étendue.
Le reflux gastro-œsophagien irrite l’arrière-gorge lorsque l’acide remonte. MedlinePlus le range parmi les causes d’uvulite, y compris après une lésion chimique répétée. Brûlures rétro-sternales, goût acide, toux de décubitus et sensation de boule orientent vers cette piste. Le traitement, s’il est indiqué, associe mesures de posture et médicaments anti-reflux prescrits ; ce n’est pas un motif d’antibiotique.
Un traumatisme local est une cause classique trop peu expliquée aux patients. MedlinePlus mentionne l’endoscopie digestive haute et l’ablation des amygdales. La Cleveland Clinic y ajoute l’intubation pour anesthésie générale. Bright et coll. (2021), à partir du registre d’incidents anesthésiques webAIRS, décrivent une ischémie de la luette comprimée entre un tube, un masque laryngé ou une sonde d’aspiration et le palais dur. Les symptômes (mal de gorge, impression de corps étranger) apparaissent entre une heure et deux jours après le geste, et la récupération demande souvent jusqu’à deux semaines, parfois avec une pointe blanchâtre nécrotique. Le traitement est le plus souvent conservateur (antalgiques, parfois corticoïde) ; une antibiothérapie n’est pas systématique, l’origine n’étant pas infectieuse.
Luette, ronflement et apnée du sommeil
Ronfler et avoir la luette irritée s’entretiennent. La vibration nocturne du palais mou et de la luette les congestionne ; une luette déjà volumineuse rétrécit le passage de l’air. La Cleveland Clinic note que beaucoup de personnes avec une apnée obstructive du sommeil ont une luette gonflée ou douloureuse, le ronflement pouvant être à la fois cause et symptôme.
Chang et coll. ont passé en revue 16 études et 2 604 patients. Malgré une hétérogénéité des mesures, une luette plus longue ou plus large s’associait en général à un ronflement plus marqué et à une apnée plus grave. Une longueur supérieure à 15 mm et une largeur supérieure à 10 mm servaient souvent de seuils. Cette corrélation n’autorise pas à poser un diagnostic d’apnée en se regardant dans le miroir. Seule une évaluation du sommeil, prescrite par un médecin, le permet.
La chirurgie de la luette et du palais (uvulo-palato-pharyngoplastie, uvulectomie) n’est pas le premier traitement d’une luette simplement enflammée. La Cleveland Clinic la réserve aux inflammations chroniques ou aux cas où les mesures moins invasives échouent, et précise qu’une uvulectomie peut laisser une gorge sèche ou une impression de corps étranger pendant plusieurs jours. Vivre sans luette est possible, mais l’indication se discute avec un ORL, jamais comme un remède du ronflement improvisé à la maison.

Que faire à la maison
Les formes légères, sans fièvre élevée ni gêne respiratoire, se soulagent d’abord par le repos de la muqueuse. La Cleveland Clinic et MedlinePlus convergent sur l’hydratation, le repos, les gargarismes d’eau tiède salée, les pastilles ou sprays pour la gorge, et les antalgiques en vente libre adaptés à votre situation. Un humidificateur et des glaçons à sucer peuvent diminuer la sensation de volume. Le miel dans une boisson chaude est proposé comme apaisement local, sans prétendre raccourcir une infection bactérienne.
Le NHS détaille un gargarisme simple pour le mal de gorge. On dissout une demi-cuillère à café de sel dans un verre d’eau tiède, on se gargarise, puis on recrache, sans avaler. Il déconseille ce geste aux jeunes enfants, à cause du risque de fausse route. Cette recette n’est pas un traitement de l’épiglottite ni de l’anaphylaxie.
Le NICE, pour le mal de gorge aigu, place le paracétamol ou, si cela convient, l’ibuprofène, au centre du soulagement de la douleur et de la fièvre, avec une hydratation suffisante. Les pastilles médicamenteuses (anesthésique local, anti-inflammatoire ou antiseptique) ne réduisent la douleur que modestement. Aucune preuve solide n’a été retenue pour les bains de bouche non médicamenteux ou le spray anesthésique utilisé seul. L’ibuprofène reste contre-indiqué chez certaines personnes (ulcère, certains asthmes, grossesse avancée) ; le pharmacien aide à choisir.
- De petites gorgées d’eau fraîche, prises souvent, limitent la sécheresse qui entretient le gonflement.
- Tabac, vapotage et pièces enfumées irritent encore la luette déjà inflammée, mieux vaut s’en écarter le temps de la crise.
- Des aliments tièdes ou froids et mous passent plus facilement, sans frotter autant le palais mou.
- Une sucette de glace ou une cuillerée de sorbet peuvent calmer localement, chez l’adulte et l’enfant assez grand pour ne pas s’étouffer.
- L’alcool dessèche la muqueuse et aggrave le reflux chez beaucoup de personnes, on le met de côté le temps de la gêne.
Ces mesures n’empêchent pas de consulter si la fièvre s’installe, si avaler l’eau devient impossible, ou si le gonflement s’étend. Elles ne remplacent pas un TROD lorsque le médecin le juge utile, ni un arrêt d’IEC décidé avec lui.
Diagnostic et traitements prescrits
Le diagnostic d’uvulite est d’abord clinique. Le médecin regarde la luette, les amygdales, le pharynx, palpe les ganglions et interroge sur fièvre, allergies, médicaments (surtout un IEC), intubation récente, reflux et ronflement. MedlinePlus et la Cleveland Clinic citent ensuite, selon le contexte, un prélèvement de gorge, une prise de sang ou un bilan allergologique. L’imagerie n’est pas le premier examen d’une luette rouge isolée ; elle entre en jeu si une épiglottite, un abcès profond ou une obstruction est suspectée.
Pour le streptocoque A confirmé, les CDC recommandent la pénicilline ou l’amoxicilline pendant 10 jours (par exemple, chez l’adolescent et l’adulte, pénicilline V 250 mg quatre fois par jour ou 500 mg deux fois par jour ; amoxicilline 50 mg/kg une fois par jour, maximum 1 000 mg). Aucun streptocoque A résistant à la pénicilline n’a été rapporté, alors que la résistance aux macrolides et à la clindamycine varie selon les régions. Ces posologies sont celles des CDC américains ; en France, le médecin ou le pharmacien applique la recommandation locale.
Au Royaume-Uni, le NICE (NG84, 2018) retient la phénoxyméthylpénicilline en premier choix, 500 mg quatre fois par jour ou 1 000 mg deux fois par jour pendant 5 à 10 jours chez l’adulte, cinq jours pouvant suffire à la guérison des symptômes, dix jours augmentant la chance d’éradication. Beaucoup de maux de gorge, y compris bactériens, s’améliorent en une semaine sans antibiotique. Un score FeverPAIN de 4 ou 5, ou Centor de 3 ou 4, rend un antibiotique immédiat plus souvent envisagé ; en dessous, l’abstention ou une ordonnance différée est souvent proposée. Ces règles britanniques ne se copient pas telles quelles, mais elles corrigent l’idée qu’une luette rouge « exige » d’emblée un antibiotique.
Corticoïdes et antihistaminiques relèvent d’une cause allergique ou d’un œdème volumineux, pas d’un rhume banal. Pour une uvulite associée à une épiglottite, Shomali et Holman décrivent une antibiothérapie intraveineuse à large spectre (céphalosporine de troisième génération ou association avec un inhibiteur de bêta-lactamase), secondairement adaptée, et une surveillance rapprochée des voies aériennes. Un antifongique n’a de place que si un muguet est documenté.
Luette enflée : quand consulter
Une luette gonflée qui empêche de respirer, de parler distinctement ou d’avaler sa salive n’est pas un problème de pastille. MedlinePlus demande d’appeler le numéro d’urgence local en cas d’étouffement ou de détresse respiratoire. En France, il s’agit du 15 (SAMU) ou du 112. Le NHS, pour un mal de gorge, ajoute le bavage (signe que la salive ne passe plus) et le stridor, sifflement aigu inspiratoire.
La Cleveland Clinic conseille de prendre rendez-vous si le gonflement n’a pas reculé après cinq jours. MedlinePlus y ajoute l’impossibilité de s’alimenter, la fièvre, l’absence d’amélioration ou le retour des symptômes après un premier traitement. Un adulte très fébrile avec douleur antérieure du cou, ou toute personne dont la voix devient soudain étouffée, comme si la bouche était pleine, doit être vu plus tôt, car une épiglottite se masque parfois derrière une luette rouge.
| Situation | Indices fréquents | Conduite |
|---|---|---|
| Uvulite simple | Luette rouge, mal de gorge, air qui passe | Soins locaux, médecin si pas d’amélioration en 5 jours |
| Angine bactérienne possible | Fièvre brutale, ganglions, peu de toux | Médecin traitant, TROD selon son avis |
| Allergie ou angio-œdème | Début brutal, lèvres, langue, urticaire | 15 ou 112 si la gorge se serre |
| Épiglottite redoutée | Fièvre, bavage, douleur du cou, voix étouffée | Urgences, ne pas allonger de force |
| Après intubation ou endoscopie | Gêne dès le lendemain, pointe blanchâtre | Médecin ou ORL, surveillance de la respiration |
| IEC au long cours | Œdème sans démangeaison, parfois tardif | Avis médical rapide, ne pas réintroduire seul |
Appelez le 15 ou le 112 si la respiration siffle ou s’accélère, si les lèvres deviennent bleutées, grises ou très pâles, si un malaise ou une somnolence inhabituelle s’installe, ou si un enfant devient mou et peu réactif. N’attendez pas de « voir si ça passe » lorsque l’air manque. Si vous portez un stylo d’adrénaline pour une allergie connue, la Mayo Clinic demande de l’utiliser tout de suite, puis d’aller aux urgences, car une réaction biphasique peut revenir après une accalmie.
Comment limiter les récidives
On ne prévient pas toutes les uvulites, surtout virales. On peut réduire les irritations répétées. La Cleveland Clinic recommande d’éviter les allergènes identifiés, les fumées et irritants, d’arrêter le tabac si vous fumez, et, lorsque des IST sont en cause, d’utiliser une protection adaptée. MedlinePlus insiste sur l’éviction d’un allergène confirmé par des tests.
Traiter un reflux documenté, dormir un peu surélevé et limiter l’alcool tardif diminuent l’agression acide nocturne de l’arrière-gorge. Un ronflement fréquent, des pauses observées par le conjoint, une somnolence diurne ou des céphalées au réveil justifient d’en parler au médecin traitant, plutôt que d’acheter un accessoire au hasard. Après une anesthésie, signaler un mal de gorge intense ou une luette qui « pèse » dès le lendemain permet de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une nécrose débutante.
Si un IEC a déjà provoqué un angio-œdème, la revue de Landry rappelle que l’effet est de classe. Un autre IEC n’est pas une alternative sûre. Le relais éventuel vers un autre antihypertenseur se décide avec le médecin qui suit le cœur et les reins. Pour l’angio-œdème héréditaire, NORD note que le diagnostic est souvent retardé jusqu’à dix ans après les premiers symptômes, d’où l’intérêt d’un plan de crise déjà écrit.
Questions fréquentes
Combien de temps une luette enflée met-elle à dégonfler ?
MedlinePlus indique que l’uvulite se résout le plus souvent en un à deux jours, spontanément ou sous traitement de la cause. Une gêne après une intubation peut durer jusqu’à deux semaines, d’après Bright et coll. Au-delà de cinq jours sans amélioration, la Cleveland Clinic recommande de consulter.
Une luette trop longue est-elle la même chose qu’une uvulite ?
Non. Une luette allongée (souvent au-delà de 15 mm de long dans la revue de Chang) est une variante anatomique, parfois liée au ronflement. L’uvulite est un gonflement récent, rouge ou œdémateux, douloureux, fébrile ou non. Les deux peuvent coexister, mais le traitement n’est pas le même.
Faut-il un antibiotique dès que la luette gonfle ?
Non. La plupart des maux de gorge sont viraux, et le NICE rappelle que les symptômes durent souvent une semaine, antibiotique ou non, avec un gain moyen d’environ 16 heures seulement. Un antibiotique se discute après un test qui confirme un streptocoque A, ou devant un tableau grave. Le choix de la molécule et de la durée appartient au médecin, selon les habitudes françaises.
Les gargarismes d’eau salée sont-ils utiles ?
Ils peuvent apaiser la douleur et le gonflement local, comme le proposent MedlinePlus, la Cleveland Clinic et le NHS. Le NHS décrit une demi-cuillère à café de sel dans un verre d’eau tiède, à recracher. Ce n’est pas un traitement d’une obstruction ni d’une allergie grave, et le geste ne convient pas aux jeunes enfants.
L’uvulite est-elle contagieuse ?
L’inflammation de la luette ne se transmet pas en tant que telle. Les virus et bactéries qui l’accompagnent, eux, peuvent passer de personne à personne. Les CDC demandent, en cas d’angine streptococcique confirmée, de rester à la maison jusqu’à l’absence de fièvre et au moins 12 à 24 heures après le début d’un antibiotique adapté.
Peut-on vivre sans luette ?
Oui. La Cleveland Clinic indique qu’une uvulectomie, parfois proposée pour une inflammation chronique ou certains ronflements, laisse en général une gorge douloureuse quelques jours, parfois une sécheresse. L’indication se pose avec un ORL, après échec des mesures plus simples, et jamais en urgence à domicile.
Conclusion
Une luette qui gonfle fait peur parce qu’on la voit et qu’elle touche à l’air et à la déglutition. Dans la grande majorité des épisodes, il s’agit d’une inflammation courte, virale ou mécanique, qui cède en un à deux jours avec hydratation, repos et gargarismes. Le streptocoque A n’explique qu’une minorité des maux de gorge, et les antibiotiques n’abrègent que modestement les symptômes lorsqu’ils sont indiqués.
Trois détours valent la peine d’être nommés, parce qu’ils changent la conduite. Un IEC peut faire gonfler luette et langue des mois après le début du comprimé. Une fièvre avec bavage et douleur du cou peut cacher une épiglottite associée. Un mal de gorge le lendemain d’une anesthésie peut être une luette compressée, pas une angine. Dans ces trois cas, le bon interlocuteur n’est pas une pastille, c’est un médecin, ou le 15 si l’air manque.
Devant le miroir, notez depuis quand ça a commencé, s’il y a de la fièvre, quels médicaments vous prenez, et si le gonflement gagne langue ou lèvres. Ces quatre points accélèrent la consultation. Si avaler l’eau devient impossible ou si la respiration se serre, composez le 15 ou le 112 sans attendre le rendez-vous du lendemain.
Sources
- Swollen Uvula (Uvulitis): Symptoms, Causes, & Treatment. Cleveland Clinic, 4 février 2025.
- Uvulitis: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 28 juillet 2025.
- Clinical Guidance for Group A Streptococcal Pharyngitis. Centers for Disease Control and Prevention, 18 novembre 2025.
- Sore throat (acute): antimicrobial prescribing. National Institute for Health and Care Excellence, 26 janvier 2018.
- Barshak MB, Linder JA et al. : IDSA Clinical Practice Guideline Update on Group A Streptococcal (GAS) Pharyngitis. Infectious Diseases Society of America, 14 octobre 2025.
- Shomali W, Holman K : Concurrent uvulitis and epiglottitis. Cleveland Clinic Journal of Medicine, octobre 2016.
- Chang ET, Baik G et al. : The relationship of the uvula with snoring and obstructive sleep apnea: a systematic review. Sleep and Breathing, décembre 2018.
- Landry L, Witten T et al. : Angiotensin-Converting Enzyme Inhibitors and Other Medications Associated With Angioedema. Cureus, 23 novembre 2023.
- Hereditary Angioedema. National Organization for Rare Disorders, 6 janvier 2025.
- Sore throat. National Health Service, 14 juillet 2023.
- Bright MR, Concha Blamey SI et al. : Iatrogenic uvular injury related to airway instrumentation: A report of 13 cases from the webAIRS database and a review of uvular necrosis following inadvertent uvular injury. Anaesthesia and Intensive Care, mars 2021.
- Anaphylaxis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 16 avril 2025.
