
Une douleur du bord externe du pied vient le plus souvent d’une torsion en inversion, qui étire les ligaments situés sous la malléole externe, ou d’une surcharge des tendons fibulaires qui longent ce même bord. Moins souvent, elle signale une fissure du cinquième métatarsien, une irritation de l’os cuboïde ou une articulation du tarse trop raide.
Le scénario est banal. Le pied bascule vers l’intérieur en descendant d’un trottoir, un claquement se fait entendre, et la douleur se loge juste sous la malléole. L’American Academy of Orthopaedic Surgeons estime qu’environ 90 % des entorses de cheville touchent précisément ces ligaments externes. Pourtant, seule la moitié des personnes qui se tordent la cheville consultent, d’après la recommandation clinique de Vuurberg et ses collègues, alors que jusqu’à 40 % développeront ensuite une instabilité chronique.
Les critères d’Ottawa servent à décider si une radiographie est utile, car seulement environ 15 % des clichés demandés après une entorse montrent une fracture. Après une lésion ligamentaire, cette même mise à jour privilégie une attelle fonctionnelle pendant 4 à 6 semaines plutôt qu’une immobilisation prolongée. Une fracture de Jones, elle, impose en général une période sans appui d’au moins 6 semaines.
Où siège la douleur et ce qu’elle révèle
Le siège exact oriente déjà le diagnostic. Une douleur juste sous la malléole externe, apparue lors d’une torsion, correspond le plus souvent à une atteinte du ligament collatéral latéral, encore appelé ligament latéral externe. Une douleur qui suit le tendon derrière cette malléole, puis le bord du pied, évoque plutôt les tendons fibulaires, aussi nommés tendons péroniers. Une douleur très localisée sur l’os long qui mène au petit orteil fait chercher une fissure ou un arrachement.
Deux tendons cheminent derrière la malléole externe. Le court fibulaire s’attache à la base du cinquième métatarsien. Le long fibulaire contourne le cuboïde sous le pied avant de gagner le bord interne. Dans sa revue de 2022, l’American Academy of Family Physicians rappelle que le court fibulaire est plus souvent blessé et que le varus de l’arrière-pied augmente le risque. Quand ces tendons frottent trop longtemps, la douleur devient mécanique. Elle augmente à l’effort et cède mal au simple repos d’un week-end.
Le cuboïde occupe le milieu du bord externe, entre le calcanéum et les quatrième et cinquième métatarsiens. Une gêne à cet étage, surtout après une entorse qui « ne finit pas de passer », fait discuter un syndrome du cuboïde. Distinguer ces étages évite de traiter pendant des semaines une « simple entorse » alors que l’os ou le tendon est en cause.
La chronologie compte autant que le lieu. Une douleur brutale au moment d’une torsion oriente vers ligament ou fragment osseux. Une douleur qui s’installe sur des semaines de course oriente vers tendinopathie ou fracture de fatigue.

Entorse du ligament collatéral latéral
L’entorse latérale reste la cause la plus fréquente de cette gêne après un faux pas. Le pied part en dedans, les ligaments de la face externe s’étirent ou se déchirent, et le gonflement apparaît sous la malléole. L’académie américaine d’orthopédie décrit trois grades, de la distension microscopique à la rupture complète, avec une douleur à l’appui, des ecchymoses et parfois la sensation que la cheville se dérobe.
L’examen clinique gagne en fiabilité entre le quatrième et le cinquième jour, une fois l’œdème un peu retombé. C’est ce que retient la mise à jour britannique de 2018. Le tiroir antérieur atteint alors une sensibilité de 84 % et une spécificité de 96 % pour le ligament talo-fibulaire antérieur. Le premier jour, la douleur et le gonflement masquent souvent ces manœuvres. Cela n’empêche pas de consulter plus tôt si vous ne pouvez pas vous appuyer ou si un point osseux est exquis.
Même une rupture complète, le grade 3 décrit par l’AAOS, peut cicatriser sans opération si la cheville est d’abord protégée puis rééduquée. La chirurgie n’est plus le réflexe de première intention. Le texte de 2018 réserve l’opération aux instabilités qui résistent à un vrai programme d’exercices, et à certains sportifs de haut niveau. Une courte immobilisation peut calmer douleur et gonflement, mais le patient tire surtout bénéfice d’une attelle ou d’un strapping associés à des exercices.
Le piège est de reprendre trop tôt. Sans travail d’équilibre et de renforcement, le ligament cicatrise dans un contexte d’instabilité. Jusqu’à 40 % des entorses latérales évoluent vers une instabilité chronique, d’après Vuurberg et ses collègues. Ce n’est pas une fatalité. C’est une raison de ne pas se contenter de la glace et d’un bandage le temps que « ça dégonfle ».
Tendinopathie des tendons fibulaires
La tendinopathie des fibulaires provoque une douleur le long du bord externe, souvent prise à tort pour une entorse qui n’en finit pas. Deu et ses collègues parlent en 2022 d’une cause sous-reconnue, surtout après une torsion. Sur une série de 40 personnes, la Cleveland Clinic (fiche de 2021) rapporte qu’environ 60 % avaient d’abord reçu un autre diagnostic. Chez plusieurs milliers de coureurs, cette atteinte représentait moins de 1 % des blessures, soit 13 cas.
Le vocabulaire a changé. On parlait de tendinite, donc d’inflammation. La revue de 2022 décrit surtout une dégénérescence du tendon, sans inflammation massive. Le court fibulaire, coincé derrière la malléole, s’irrite, s’épaissit, parfois se fendille dans le sens de la longueur. Le long fibulaire fait plutôt mal plus bas, vers le cuboïde. La douleur augmente quand vous éversez le pied contre résistance, ou quand on étire le pied en inversion et flexion dorsale.
Le pied creux, le varus de l’arrière-pied, une reprise trop brutale de la course et les entorses répétées sont des terrains classiques. La fiche de Cleveland y ajoute notamment l’âge de plus de 40 ans, le diabète, l’arthrose et le surpoids.
Le traitement non opératoire suffit le plus souvent. Douleur et inflammation cèdent souvent en trois à quatre semaines de mesures conservatrices, plus longtemps s’il existe une entorse associée, toujours selon la Cleveland Clinic. Attelle, parfois botte de marche, adaptation de l’activité, orthèses avec coin latéral d’après la revue de 2022, et kinésithérapie avec charge progressive du tendon forment le socle. Les infiltrations de corticoïdes dans la gaine, et non dans le tendon, restent un recours encadré, car le risque de fragiliser le tendon n’est pas nul.
Fracture de Jones et fissures de fatigue du 5e métatarsien
Une douleur très localisée sur l’os du petit orteil n’est pas une « grosse entorse ». Cet os casse selon plusieurs schémas, et le traitement change du tout au tout. L’AAOS distingue l’arrachement de la tubérosité, souvent lors d’une inversion, et la fracture de Jones, transversale un peu plus loin, dans une zone mal vascularisée. Les fissures de fatigue de cette même région se voient chez les sportifs qui courent, coupent et pivotent, parfois sans choc unique.
La Jones mérite une attention particulière parce que le sang arrive mal à cet étage. L’académie d’orthopédie décrit une immobilisation sans appui d’au moins 6 semaines, botte ou plâtre, et un retour au sport souvent vers 12 semaines. La chirurgie, vis centromédullaire ou plaque, se discute d’emblée chez le sportif de compétition ou si l’on craint un retard de consolidation, voire une pseudarthrose. Reprendre la course dès que la douleur « va mieux » expose à transformer une fissure en fracture complète.
Les autres fractures de fatigue du pied, plus souvent sur les deuxième et troisième métatarsiens, se traduisent par une douleur d’effort qui disparaît au repos puis revient. Un délai de cicatrisation de 6 à 8 semaines est typique, à condition d’arrêter les impacts, toujours d’après l’AAOS. La radiographie initiale est souvent normale. C’est l’IRM qui montre l’œdème osseux quand le doute persiste.
L’arrachement de la tubérosité, lui, se traite souvent par appui protégé dans une botte, tant que le fragment n’est pas trop déplacé. Confondre cette lésion avec une Jones, ou l’inverse, change le pronostic. D’où l’intérêt d’une radiographie du pied, pas seulement de la cheville, dès que la palpation de cette tubérosité réveille une douleur vive.
Syndrome du cuboïde, une cause souvent manquée
Le syndrome du cuboïde est une cause de douleur du milieu du bord externe, souvent après une entorse en flexion plantaire et inversion. Ce n’est pas une luxation au sens radiologique. Durall, dans une revue de 2011 parue dans Sports Health, le décrit comme une perturbation discrète de la congruence ou de la cinématique de l’articulation calcanéo-cuboïdienne. Les clichés sont le plus souvent normaux, ce qui explique les errances.
La fréquence reste mal connue. La même revue rapporte des symptômes d’origine cuboïdienne chez environ 4 % de 3 600 sportifs examinés pour une blessure du pied, un syndrome du cuboïde chez 17 % des danseurs professionnels blessés au pied ou à la cheville, et chez 6,7 % des personnes après une entorse en flexion plantaire et inversion. Ces chiffres sont anciens et issus de séries limitées. Ils suffisent toutefois à chercher le cuboïde quand la malléole va mieux et que le médio-pied externe reste douloureux.
Deux manœuvres cliniques sont décrites, l’adduction et la supination médio-tarsiennes. Aucun test validé ne tranche à lui seul. Durall indique qu’en l’absence de contre-indication (fracture, arthrite inflammatoire, goutte, souffrance nerveuse ou vasculaire), une manipulation du cuboïde par un professionnel formé est souvent proposée d’emblée, parfois suivie d’un taping ou d’une orthèse. Ne tentez pas ces manœuvres vous-même après un traumatisme récent. Un cuboïde douloureux peut cacher une fracture ou une tendinopathie du long fibulaire, qui utilise cet os comme poulie.
Quintus varus, arthrose, coalition tarsienne et autres causes
Toutes les douleurs du bord externe ne viennent pas d’une torsion du week-end. Le quintus varus, ou oignon du tailleur, est une bosse osseuse à la base du cinquième orteil. L’AAOS le distingue clairement de l’oignon du premier orteil, qui siège à l’intérieur du pied. Le frottement de la chaussure irrite la saillie, un cor ou une bursite peut s’y ajouter. Chaussures à bout large, protection locale, parfois chirurgie si la douleur résiste. L’oignon du gros orteil, lui, fait mal en dedans. Il ne bascule pas magiquement la douleur vers le bord externe.
L’arthrose des articulations du tarse ou de la sous-talienne peut irriter le bord externe, surtout après des entorses anciennes. Dans sa fiche de 2026, la Mayo Clinic rappelle que l’arthrose, usure du cartilage, est la forme d’arthrite la plus fréquente. La polyarthrite rhumatoïde, maladie auto-immune, est une autre affection, moins courante, qui peut aussi toucher le pied. Attribuer d’emblée une douleur latérale à une polyarthrite n’a donc pas de base épidémiologique.
La coalition tarsienne est une union anormale de deux os de l’arrière-pied, le plus souvent calcanéum et naviculaire, ou talus et calcanéum. L’AAOS l’estime présente chez environ une personne sur 100, les deux pieds étant atteints dans près de la moitié des cas. Beaucoup restent silencieuses. Raideur, pied plat rigide, douleur sous la cheville et entorses à répétition apparaissent souvent entre 8 et 16 ans, quand le pont s’ossifie. Repos de 3 à 6 semaines, orthèses, botte temporaire, parfois infiltration, précèdent la chirurgie si la gêne persiste.
Un nerf irrité, notamment le nerf sural en arrière de la malléole externe, peut donner des brûlures ou un engourdissement. Une personne diabétique ou dont les pieds sont insensibles doit faire examiner toute plaie ou durillon douloureux du bord externe.

Quels examens le médecin peut demander
Après un traumatisme, la question n’est pas de radiographier par principe, mais de savoir si les critères d’Ottawa sont positifs. Vuurberg et ses collègues les retiennent comme outil de première ligne pour écarter une fracture. Une radio de cheville se discute s’il existe une douleur malléolaire et une douleur osseuse sur les 6 cm distaux du péroné ou du tibia, ou l’impossibilité de faire quatre pas juste après l’accident et lors de l’examen. Une radio de pied se discute s’il existe une douleur du médio-pied et une douleur à la base du cinquième métatarsien ou sur le naviculaire, ou la même impossibilité de s’appuyer. Seulement environ 15 % des personnes radiographiées après une entorse ont réellement une fracture.
La radiographie reste le premier examen d’imagerie si une fracture est possible. Pour une fissure de fatigue, elle est souvent normale les premiers jours. L’AAOS précise que le cal n’apparaît parfois qu’après plusieurs semaines. L’IRM détecte plus tôt l’œdème de l’os et les lésions des tendons ou des ligaments. Elle n’est pas nécessaire pour une entorse simple qui évolue bien. L’académie la réserve plutôt aux symptômes qui durent au-delà de 6 à 8 semaines, à la suspicion d’entorse haute, ou au bilan d’un tendon.
L’échographie, mise en avant dans la revue de 2022, peut montrer un tendon fibulaire qui sort de sa gouttière. Le scanner détaille mieux un pont osseux de coalition ou un trait de Jones avant une éventuelle opération. Aucun de ces examens ne remplace la palpation du cinquième métatarsien, du cuboïde et des tendons fibulaires.
Premiers soins à la maison
Les premières 48 à 72 heures visent à limiter le gonflement et à protéger la structure blessée, pas à tout immobiliser pour deux semaines. Pour une entorse récente, la Mayo Clinic décrit encore le schéma repos, glace, compression, surélévation pendant deux ou trois jours. Glace 15 à 20 minutes, toutes les 2 à 3 heures, avec un linge entre la poche et la peau. Pour les tendons fibulaires, la Cleveland Clinic propose 20 minutes toutes les deux heures. Respectez les pauses et n’endormez pas le pied sous un pack de glace.
Le protocole « repos, glace, compression, élévation » utilisé seul n’a pas d’effet démontré sur la douleur, le gonflement ou la fonction après une entorse latérale. C’est l’un des changements nets de la mise à jour de 2018. La glace associée aux exercices peut aider. Très tôt, une attelle qui autorise un appui protégé et un mouvement contrôlé fait mieux qu’un repos strict prolongé.
Pour le médicament, deux précautions. Le texte de 2018 accepte les anti-inflammatoires pour calmer douleur et gonflement à court terme, tout en avertissant qu’ils peuvent ralentir la cicatrisation naturelle. MedlinePlus, fiche de 2023, indique que l’adulte de plus de 12 ans peut prendre de l’ibuprofène en vente libre toutes les 4 à 6 heures, sans dépasser 6 prises en 24 heures, et qu’il faut arrêter et parler à un professionnel si la douleur dure plus de 10 jours. La dose en milligrammes dépend de la boîte française. Le pharmacien indiquera la posologie locale. L’ibuprofène est déconseillé à partir de 20 semaines de grossesse sauf avis médical, et il expose à des ulcères, des saignements digestifs et un risque cardiovasculaire, surtout à dose élevée ou prolongée.
- Posez le pied en hauteur tant que le gonflement augmente, surtout les deux premières nuits.
- Enveloppez la glace dans un linge et surveillez la peau, en particulier en cas de diabète.
- Serrez un bandage élastique sans bloquer la circulation, et retirez-le pour dormir.
- N’essayez pas de « tester » l’appui sur une douleur osseuse précise du bord externe.
Rééducation, attelles et traitements prescrits
Après la phase aiguë, le traitement qui change le pronostic n’est pas un nouvel anti-inflammatoire, c’est le travail actif. Un programme d’exercices supervisé est préféré aux techniques passives, parce qu’il restaure la stabilité fonctionnelle. L’attelle ou le strapping pendant 4 à 6 semaines protège tout en permettant le mouvement. Vuurberg et ses collègues chiffrent une réduction du risque de récidive avec une attelle ou un tape (risque relatif 0,30 pour les récidives). Chez le sportif, garder l’attelle à la reprise n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une mesure de prévention documentée.
L’AAOS décrit trois temps pour l’entorse. D’abord une brève protection, avec appui précoce selon la douleur, puis mobilité, renforcement et travail d’équilibre, enfin retour progressif aux pivots. Une entorse bénigne peut suivre ce chemin en 2 semaines. Une lésion plus grave demande souvent 6 à 12 semaines. Arrêter les exercices dès que le gonflement tombe est, toujours selon cette académie, la cause la plus fréquente d’instabilité chronique.
Pour les tendons fibulaires, la revue de 2022 insiste sur la charge progressive du tendon, les orthèses à coin latéral, parfois une botte de marche si la marche est trop douloureuse. La chirurgie, synovectomie ou réparation d’une fissure longitudinale, se discute après échec de ces mesures, ou d’emblée en cas de rupture complète, de luxation du tendon ou d’impossibilité d’appui persistante au-delà d’une à deux semaines.
Le médecin traitant, le kinésithérapeute et le pharmacien adapteront ces schémas aux recommandations locales. Ce qui reste transposable, c’est la hiérarchie. Protéger l’os à risque, rééduquer le ligament, charger progressivement le tendon, et ne pas opérer une entorse isolée en première intention.
Signes qui imposent de voir un médecin
Une douleur latérale qui empêche de poser le pied, une déformation, un gonflement qui augmente, une perte de sensibilité ou un pied froid et pâle ne se gèrent pas à la maison. Dans ces situations, appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences. Une plaie en regard d’une bosse osseuse, un craquement suivi d’une impotence totale, ou l’impossibilité d’enchaîner quatre pas après une torsion relèvent du même degré d’urgence.
Consultez votre médecin traitant sans attendre plusieurs semaines si appuyer sur l’os du petit orteil est très douloureux, si la douleur osseuse augmente malgré le repos, si la cheville se dérobe, ou si un claquement se produit le long des tendons fibulaires. La Cleveland Clinic conseille aussi de consulter en cas de douleur brutale, d’incapacité à tourner la cheville, ou d’un gonflement et d’une coloration anormale. Une douleur qui dure au-delà de 6 à 8 semaines malgré le soin d’une entorse justifie un nouveau bilan, parfois une IRM.
Les personnes diabétiques, celles qui ont perdu la sensibilité des pieds, et celles qui prennent des corticoïdes au long cours ou qui ont un os plus fragile, n’ont pas le luxe d’attendre qu’un cor ou une fissure passe tout seul. Un enfant ou un adolescent avec un pied plat raide, des entorses à répétition et une douleur d’arrière-pied doit faire évoquer une coalition tarsienne plutôt qu’une maladresse sportive.
| Diagnostic probable | Comment ça commence | Où ça fait mal | Première orientation |
|---|---|---|---|
| Entorse du ligament collatéral latéral | Torsion en inversion | Sous la malléole externe | Attelle 4 à 6 semaines et exercices (Vuurberg 2018) |
| Tendinopathie des fibulaires | Surcharge ou entorse récente | Derrière la malléole, bord externe | Repos relatif, parfois botte, kinésithérapie (Deu 2022) |
| Fracture de Jones | Effort répété ou torsion | Zone mal vascularisée du 5e métatarsien | Sans appui au moins 6 semaines (AAOS) |
| Arrachement de la tubérosité du 5e | Inversion brutale | Tubérosité du cinquième rayon | Appui protégé en botte si fragment peu déplacé (AAOS) |
| Syndrome du cuboïde | Après entorse ou surmenage | Milieu du bord externe | Diagnostic clinique, manipulation si indiquée (Durall 2011) |
| Quintus varus | Frottement de chaussure | Base du 5e orteil | Chaussures larges, protection (AAOS) |
| Coalition tarsienne | Adolescence, raideur | Arrière-pied et médio-pied | Repos 3 à 6 semaines, orthèses (AAOS) |
Questions fréquentes
Est-ce une entorse ou une fracture du cinquième métatarsien ?
Une entorse fait mal sous la malléole, une fracture du cinquième rayon fait mal plus bas, sur l’os long du bord externe. Si appuyer sur cet os réveille une douleur vive, une radiographie du pied est indiquée, surtout après une torsion ou une augmentation brutale d’entraînement. La fracture de Jones n’est pas une variante bénigne d’entorse. Elle cicatrise mal si on continue à s’appuyer.
Peut-on continuer à marcher malgré cette douleur ?
Un appui prudent est souvent possible après une entorse de faible grade, une fois la phase très douloureuse passée, dans une attelle. En revanche, une douleur osseuse localisée, une impotence franche ou l’impossibilité de faire quatre pas justifient d’arrêter l’appui jusqu’à l’avis médical. Marcher pour voir sur une fissure de Jones peut aggraver le trait.
Combien de temps dure une tendinopathie des fibulaires ?
La Cleveland Clinic indique que de nombreuses personnes vont mieux en trois à quatre semaines de traitement conservateur. Le délai s’allonge s’il existe une entorse associée, une fissure du tendon ou une reprise trop précoce de la course. Au-delà de quelques semaines sans progrès, le médecin cherche une autre lésion et discute imagerie.
Faut-il une radiographie tout de suite ?
Pas systématiquement. Les critères d’Ottawa, retenus par la recommandation de 2018, évitent des clichés inutiles tout en dépistant les fractures. Ils sont positifs notamment en cas d’impossibilité d’appui ou de douleur osseuse sur la malléole, le naviculaire ou le cinquième métatarsien. Chez l’enfant très jeune et la personne âgée, le médecin peut élargir les indications.
Les semelles orthopédiques soulagent-elles le bord externe du pied ?
Elles peuvent aider un pied creux, un varus de l’arrière-pied, une tendinopathie des fibulaires ou une coalition tarsienne symptomatique, selon les sources orthopédiques citées plus haut. Aucune étude solide ne garantit une baisse de moitié de la douleur pour tout le monde. L’orthèse se choisit après le diagnostic, pas à la place de celui-ci.
Peut-on reprendre la course si la douleur a diminué ?
Seulement si l’appui est indolore, si la cheville est stable et si le médecin a écarté une fissure à risque. La mise à jour de 2018 et l’AAOS insistent sur le travail d’équilibre avant les pivots. Reprendre sur une Jones ou un tendon fissuré est le moyen le plus sûr de chronifier le problème.

Conclusion
Le bord externe du pied rassemble ligaments, tendons fibulaires, cuboïde et cinquième métatarsien dans un espace étroit. Une torsion unique, une reprise trop rapide ou une chaussure qui frotte suffisent à faire mal au même endroit, pour des raisons différentes. Le geste utile, avant tout gel antalgique, est de localiser la douleur au doigt et de noter si elle est née d’un accident ou d’une surcharge.
Si vous ne pouvez pas enchaîner quatre pas, si l’os du petit orteil est exquisément douloureux, ou si le pied se déforme et gonfle, le 15, le 112 ou les urgences sont le bon circuit. Dans les autres cas, le médecin traitant peut appliquer les critères d’Ottawa, palper tendons et cuboïde, et décider d’une radio de pied plutôt que d’une simple radio de cheville.
Ensuite, la suite dépend du diagnostic. Attelle et exercices pour l’entorse, décharge vraie pour une Jones, charge progressive pour un tendon. Demandez explicitement si la palpation de la base du cinquième métatarsien a été faite et si une attelle fonctionnelle, plutôt qu’un repos prolongé sans rééducation, est prévue. C’est cette question, plus qu’un nouveau tube de gel, qui évite de transformer une douleur de quelques jours en instabilité de plusieurs mois.
Sources
- Vuurberg G, Hoorntje A et al. : Diagnosis, treatment and prevention of ankle sprains: update of an evidence-based clinical guideline. British Journal of Sports Medicine, 7 mars 2018.
- Deu RS, Coslick AM, Dreher G : Tendinopathies of the Foot and Ankle. American Family Physician, mai 2022.
- Peroneal Tendonitis. Cleveland Clinic, 27 octobre 2021.
- Sprained Ankle – OrthoInfo. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2024.
- Stress Fractures of the Foot and Ankle. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2024.
- Toe and Forefoot Fractures. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2024.
- Tarsal Coalition. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2024.
- Durall CJ : Examination and treatment of cuboid syndrome: a literature review. Sports Health, novembre 2011.
- Sprained ankle – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 19 juin 2026.
- Ibuprofen: MedlinePlus Drug Information. MedlinePlus, 15 septembre 2023.
- Bunions – OrthoInfo. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2024.
- Arthritis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 3 mars 2026.
