Coude hyperétendu : que faire et quand consulter

Coude hyperétendu : que faire et quand consulter

Un coude hyperétendu survient lorsque l’articulation est forcée au-delà de son extension habituelle. Ligaments et capsule peuvent s’étirer ou se déchirer, et les surfaces osseuses peuvent même se séparer. Arrêtez l’effort, protégez le bras et faites examiner l’articulation ; une déformation, une main froide ou une impotence totale justifient d’appeler le 15 ou le 112.

Une chute où l’on tend le bras pour se rattraper, un claquement, puis un coude qui refuse de se plier. Le scénario est banal au sport comme sur un trottoir glissant. La revue de Catapano et coll. (2022) estime l’incidence des luxations simples du coude à 6,1 pour 100 000 personnes par an, dont environ 40 % surviennent pendant une activité sportive.

MedlinePlus (2025) recommande de la glace enveloppée dans un linge 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour, et indique 4 à 6 semaines pour une entorse simple. Après une luxation simple remise en place par un professionnel, le panel SMDA-SEC (2025) privilégie une mobilisation dans les 7 jours plutôt qu’un plâtre de trois semaines.

Qu’est-ce qu’un coude hyperétendu ?

L’hyperextension du coude est un traumatisme où l’articulation est poussée plus loin que sa position d’extension naturelle. L’école de médecine McGovern (UTHealth Houston) décrit un étirement ou une déchirure des ligaments et de la capsule, parfois une contusion osseuse, une fracture ou une luxation si la force est plus grande.

Trois os se rejoignent au coude. L’humérus vient du bras ; le radius et le cubitus (ulna) forment l’avant-bras. L’emboîtement huméro-ulnaire fonctionne comme une charnière. Le ligament collatéral médial, souvent appelé cubital, et le ligament collatéral latéral tiennent l’alignement. La capsule antérieure se tend lorsque le bras est tendu et contribue à empêcher l’articulation de partir trop loin en arrière. Quand le bras est verrouillé en extension et qu’une force axiale arrive, ces structures encaissent le choc. Si les fibres cèdent, le coude devient douloureux, gonflé, parfois instable. Si les surfaces osseuses se séparent, on parle de luxation, complète ou partielle (subluxation).

Une entorse du coude n’est pas un « tennis elbow ». L’épicondylalgie latérale est une tendinopathie d’usage. L’hyperextension est un accident unique, souvent daté à la minute près. Le claquement n’appartient pas au tennis elbow ; il n’est pas non plus, à lui seul, la preuve d’un déboîtement.

Homme tenant son coude dans la douleur due à un coude hyperétendu

Quels symptômes après une hyperextension du coude ?

La douleur arrive en général tout de suite, parfois un peu plus tard si la lésion est minime. MedlinePlus décrit douleur, gonflement, bleu, rougeur ou chaleur, douleur au mouvement et, pour certaines orientations, une impression que l’articulation « lâche ». Un bruit de claquement au moment du choc mérite d’être signalé au médecin, car il peut correspondre à une déchirure ligamentaire.

Autour de l’articulation, la peau peut se tacher. Le bras perd de la force. Les amplitudes diminuent, surtout l’extension complète et la flexion maximale. Des spasmes du biceps apparaissent parfois quand on essaie de tendre le bras. L’instabilité se manifeste par une sensation de jeu, de dérobement, ou par la peur de charger le membre.

Les signes qui sortent du cadre d’une simple entorse sont plus francs. Une déformation visible, un olécrane trop saillant, un avant-bras qui paraît raccourci, l’impossibilité totale de bouger le coude orientent vers une luxation. Merck (octobre 2025) rappelle que la plupart des luxations du coude sont postérieures, après une chute sur un bras tendu, et que le patient présente souvent l’articulation fléchie d’environ 45° avec un olécrane proéminent. Une main froide, blanche ou violacée, des fourmillements, une anesthésie ou une paralysie des doigts font craindre une atteinte artérielle ou nerveuse. Ces signes ne se surveillent pas à la maison. Un coude déjà réduit spontanément peut ne laisser qu’un gonflement, ce qui n’enlève rien à l’intérêt d’une radiographie.

Causes et personnes plus exposées

Le mécanisme le plus fréquent est une chute sur la main tendue. La force remonte l’avant-bras, le coude part en arrière, les ligaments s’étirent. MedlinePlus ajoute le choc direct (accident de la route) et la surcharge pendant un geste sportif. L’AAOS décrit aussi la collision où le passager tend le bras pour se protéger, et les sports où la main reste au sol pendant que le corps tourne.

Gymnastique, basket-ball, sports de contact et haltérophilie figurent parmi les activités citées par UTHealth Houston. Toute réception où le bras est verrouillé en extension peut suffire. Les personnes nées avec des ligaments plus lâches, ou avec une trochlée cubitale peu profonde, ont un risque plus élevé de luxation selon l’AAOS. Les fiches de Cleveland Clinic citent aussi les sportifs de contact, les moins de 16 ans, les plus de 65 ans, les hypermobilités (dont le syndrome d’Ehlers-Danlos) et les gestes répétitifs de lancer. Catapano et coll. notent que les hommes sont atteints de luxation simple environ 2 à 2,5 fois plus souvent que les femmes dans les séries colligées.

On ne prévient pas toutes les chutes. On peut en revanche éviter de rejouer ou de retravailler avec un coude encore douloureux, une consigne reprise par Cleveland Clinic.

Entorse, subluxation et luxation, comment les distinguer

Une entorse est une lésion des ligaments, sans séparation durable des os. Une subluxation est une séparation partielle. Une luxation complète sépare tout à fait les surfaces. Cleveland Clinic classe aussi les luxations en simples (ligaments, pas de fracture majeure) et complexes (fractures associées), et réserve le terme de luxation grave aux lésions nerveuses ou vasculaires.

Cette distinction change la conduite. Une entorse bénigne se gère souvent au cabinet, avec repos relatif, glace, compression et suivi. Une luxation est une urgence. Il ne faut pas essayer de « remettre » l’articulation soi-même, ni laisser un coéquipier le faire. Une réduction mal conduite peut aggraver une fracture, un nerf ou une artère, d’où l’interdiction formulée par Cleveland Clinic.

Lésion Ce que cela veut dire Conduite
Entorse simple Ligaments étirés ou partiellement déchirés, os en place Repos relatif, glace, avis médical dans les jours qui viennent
Entorse grave Rupture ligamentaire, instabilité Avis urgent, parfois attelle, parfois chirurgie
Subluxation Surfaces encore en contact, mal alignées Urgences, ne pas forcer l’articulation
Luxation simple Os déboîtés, ligaments lésés, pas de fracture majeure Urgences pour réduction par un professionnel
Luxation complexe Luxation plus fracture (tête radiale, coronoïde, etc.) Urgences, souvent chirurgie secondaire

Le tableau ne remplace pas l’examen. Un coude très gonflé masque la déformation. Merck souligne que les rapports anatomiques peuvent être difficiles à lire à cause de l’œdème. D’où la radiographie, même lorsque « ça a l’air remis ».

Premiers gestes après s’être hyperétendu le coude

Tant que l’articulation n’est pas déformée, que la main est chaude et colorée et que vous pouvez encore bouger un peu le coude, les premiers soins visent à limiter le saignement et le gonflement sans figer le bras pour des semaines. MedlinePlus, pour l’entorse du coude, reprend encore le schéma RICE (repos, glace, compression, élévation). La Mayo Clinic (2024) décrit la même logique pour les entorses en général.

Le repos, ici, veut dire arrêter le sport ou le geste qui a blessé, éviter de soulever avec ce bras, et ne pas forcer la flexion-extension douloureuse. Ce n’est pas un alitement. Un éditorial du British Journal of Sports Medicine (Dubois et Esculier, 2020) a proposé le schéma PEACE puis LOVE pour les lésions des tissus mous. On protège 1 à 3 jours, on élève, on comprime, on explique, puis on recharge progressivement. Le repos prolongé, selon ces auteurs, affaiblit le tissu. La douleur sert de feu rouge.

La glace reste le geste le plus enseigné au public. MedlinePlus indique 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour, glace dans un linge, jamais à même la peau. La Mayo Clinic, pour les entorses, autorise 4 à 8 applications pendant les 48 premières heures, toujours sans dépasser 20 minutes, avec un linge entre le froid et la peau. Un froid trop long peut lui-même léser les tissus. Dubois et Esculier contestent l’usage systématique de la cryothérapie, faute de preuves de haut niveau et parce que le froid pourrait retarder certaines étapes de la réparation. Beaucoup de médecins continuent pourtant de s’en servir pour calmer la douleur. Ce n’est pas une obligation de soigner par le froid à tout prix.

La compression se fait avec une bande élastique ou un manchon, assez ferme pour limiter l’œdème, jamais au point d’engourdir les doigts ou de les cyanoser. L’élévation place le coude au-dessus du niveau du cœur, y compris la nuit si le gonflement est marqué. Une écharpe aide à se déplacer sans balancer le bras. Si le coude est visiblement tordu, si vous n’arrivez plus à le bouger, ou si la main change de couleur, immobilisez dans la position la moins douloureuse, sans tirer, et allez aux urgences.

  • Vous arrêtez l’activité en cours et vous évitez de charger le bras blessé.
  • Vous appliquez une poche de froid enveloppée 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour.
  • Vous serrez une bande élastique sans faire pâlir ni picoter les doigts.
  • Vous surélevez l’avant-bras sur des coussins dès que vous êtes assis ou allongé.
  • Vous n’avalez pas d’aspirine si la personne blessée a moins de 19 ans.

Coude hyperétendu, quand consulter un médecin

Toute suspicion d’hyperextension mérite un avis médical, parce que la frontière entre entorse, fracture et luxation ne se voit pas toujours à l’œil. MedlinePlus envoie à l’hôpital (ou au numéro d’urgence local) si l’articulation paraît hors de son axe, si la douleur est très vive, si l’on croit à une fracture, ou si un claquement s’accompagne d’une perte immédiate de fonction. La Mayo Clinic ajoute l’incapacité d’utiliser l’articulation, l’instabilité, l’engourdissement et la douleur à l’aplomb des os.

En France, le 15 (SAMU) et le 112 conviennent lorsqu’il faut un transport médicalisé. Une main froide, blanche ou violette, l’absence de pouls au poignet, un gonflement qui augmente à vue d’œil, une plaie, des fragments osseux sous la peau ou une impuissance totale du membre relèvent de cette filière. L’AAOS rappelle que, dans les luxations les plus graves, artère et nerfs qui croisent le coude peuvent être lésés. Le clinicien vérifie les pouls au poignet et la sensibilité-motricité de la main avant et après toute réduction.

Signe Conduite
Déformation, coude visiblement tordu Urgences, ne pas tenter de remettre l’articulation
Main froide, blanche ou violacée, pouls faible Appelez le 15 ou le 112
Impotence totale, claquement puis bras inutilisable Urgences le jour même
Fourmillements, anesthésie, doigts qui ne bougent plus Urgences, examen nerveux
Douleur et gonflement sans déformation, le coude bouge encore Médecin traitant rapidement, radio si doute
Gonflement qui augmente, instabilité, soins à domicile inefficaces Revoir le médecin sans attendre

Il faut revoir un soignant si une entorse ne s’améliore pas en deux ou trois jours, indique la Mayo Clinic (2024). Pour l’entorse du coude, MedlinePlus demande un contact si le gonflement ou la douleur augmentent, si les soins à domicile n’aident pas, ou si l’articulation semble glisser. Un gonflement qui ne décroît pas en 48 heures, une peau chaude, rouge, douloureuse, ou une fièvre au-dessus de 38 °C font chercher une autre cause, dont une infection. Une luxation non réduite n’évolue pas favorablement toute seule.

Examens pour confirmer le diagnostic

Le médecin commence par le récit du geste et par l’inspection. Il palpe, compare les deux coudes, teste avec prudence les amplitudes et la stabilité, et vérifie la peau, les pouls et les nerfs. L’AAOS décrit le contrôle du pouls au poignet. Une main froide, blanche ou violette oriente vers une artère lésée. Une main partiellement insensible ou inerte oriente vers un nerf (ulnaire, médian, plus rarement radial).

La radiographie est l’examen de première ligne dès que l’on suspecte une luxation ou une fracture. Le panel SMDA-SEC (2025) recommande une radio standard dans tous les cas suspects, y compris chez l’enfant, parce qu’un diagnostic manqué aggrave le résultat fonctionnel. Merck indique que les clichés sont diagnostiques pour la luxation. Après réduction, on refait des clichés pour vérifier l’alignement et ne pas rater une fracture.

Le scanner précise l’os lorsque la radio est difficile à lire (coronoïde, tête radiale, fragments). L’IRM montre ligaments, capsule et tendons. L’AAOS note qu’elle est rarement nécessaire au moment même de la luxation ; on la réserve plutôt à l’évaluation secondaire d’une instabilité. MedlinePlus l’envisage aussi pour une entorse, afin de voir si les tissus mous sont étirés ou rompus. UTHealth Houston ajoute l’échographie dans certains cas. Aucun de ces examens ne se prescrit par principe le jour de l’accident.

Le football américain peut causer un coude hyperétendu

Immobilisation brève et mobilisation précoce

Le traitement d’une entorse simple vise à calmer la douleur, à protéger les ligaments le temps qu’ils cicatrisent, puis à récupérer le mouvement. MedlinePlus évoque une écharpe, parfois un plâtre ou une attelle 2 à 3 semaines si l’entorse est importante, et souligne qu’il faut bouger le coude si le médecin l’autorise, pour éviter la raideur. Une chirurgie de réparation ligamentaire reste réservée aux ruptures avec instabilité persistante.

Pour une luxation, la première étape est la réduction par un professionnel, en général aux urgences, sous sédation et antalgiques. Merck décrit une traction douce et soutenue, puis un test de stabilité (flexion-extension et prono-supination) et de nouveaux clichés. Si l’articulation est stable, une écharpe suffit souvent, avec reprise du mouvement vers une semaine. Si elle reste lâche, une attelle et un suivi orthopédique s’imposent. Cleveland Clinic situe l’immobilisation d’une luxation simple autour d’une à deux semaines, suivie de plusieurs semaines de kinésithérapie.

Le point qui a changé dans la littérature récente est la durée de l’immobilisation après luxation simple. La fiche patient de l’AAOS décrit encore 1 à 3 semaines d’immobilisation avant les exercices d’amplitude. L’essai néerlandais FuncSiE (Iordens et coll., British Journal of Sports Medicine, 2017), 100 adultes, a comparé une mobilisation précoce à trois semaines de plâtre. À un an, le handicap (Quick-DASH) était comparable. À 6 semaines, le groupe mobilisé avait moins de gêne (Quick-DASH 12 contre 19) et un arc flexion-extension plus large (121° contre 102°). Le retour au travail se faisait en 10 jours contre 18. Aucune reluxation n’a été observée. Les complications (12 patients) n’étaient pas liées au type de traitement.

La revue de Catapano et coll. (2022) a confirmé, sur 15 études, que la mobilisation précoce accélère amplitudes, fonction et reprise du travail, au prix d’une douleur un peu plus forte pendant les six premières semaines. Les reluxations étaient de 1,3 % (3/237) avec mobilisation précoce contre 2,2 % (12/549) avec plâtre. L’ossification hétérotopique, dépôt osseux dans les tissus mous, était moins fréquente (36 % contre 54 %). Le consensus SMDA-SEC de 2025 recommande donc, pour la luxation simple, un traitement non opératoire et une mobilisation dans les 7 jours. La réparation ligamentaire d’emblée n’a pas montré de meilleur arc de mobilité ni de meilleur score de Mayo (MEPS) que le traitement conservateur.

Le médecin français appliquera la recommandation locale. Ce que les essais disent, c’est qu’un plâtre de trois semaines n’améliore pas le résultat à un an et retarde la récupération. Une attelle trop longtemps portée pour « être prudent » peut donc coûter de l’extension. L’AAOS rappelle qu’un déficit d’extension persistante est fréquent, et que le coude peut malgré tout servir très bien au quotidien. La chirurgie entre en jeu si la réduction fermée échoue, si des fractures associées rendent l’articulation incohérente, si vaisseaux ou nerfs doivent être réparés, ou si une instabilité persiste.

Médicaments contre la douleur et le gonflement

Les antalgiques d’officine peuvent aider, sans réparer le ligament. MedlinePlus, pour l’entorse du coude, cite l’ibuprofène ou le naproxène pour la douleur et le gonflement, et le paracétamol pour la douleur seule (il ne réduit pas l’inflammation). Respectez la notice. Ne dépassez pas la dose indiquée. Parlez-en au médecin ou au pharmacien si vous avez une maladie du cœur, une hypertension, une maladie du rein ou du foie, un ulcère ou un saignement digestif ancien.

Côté paracétamol, la fiche MedlinePlus sur les antalgiques en vente libre (2024) fixe, aux États-Unis, un plafond de 4 g par jour chez l’adulte, car le surdosage atteint le foie ; 2 g si le foie est déjà malade, sauf avis contraire. Ce n’est pas la posologie française, que le pharmacien vous indiquera. Le même texte juge l’aspirine et les AINS acceptables pour la plupart des gens s’ils durent au plus 10 jours. Après une luxation, Cleveland Clinic demande aussi de ne pas prendre d’antalgiques d’officine plus de 10 jours d’affilée sans en parler au soignant. L’aspirine est déconseillée avant 19 ans à cause du syndrome de Reye.

Dubois et Esculier (2020) estiment que les AINS ne devraient pas faire partie du soin standard des lésions des tissus mous, parce que l’inflammation participe à la réparation, surtout à forte dose. Ils ne nient pas l’effet antalgique. Ils contestent l’idée qu’il faille supprimer l’inflammation dès la première heure. Si vous prenez un AINS, une courte durée, à la plus petite dose utile, reste la ligne de MedlinePlus. N’associez pas deux AINS. Signalez les anticoagulants, les corticoïdes oraux et certains antidépresseurs, qui augmentent le risque de saignement digestif. Aucun comprimé ne replace une radiographie manquante.

Rééducation, délais de récupération et reprise du sport

Les délais dépendent de ce qui a vraiment cédé. MedlinePlus indique 4 à 6 semaines pour une entorse simple du coude, et 7 à 10 jours pour une entorse bénigne en général, plusieurs semaines si elle est importante. Cleveland Clinic parle de plusieurs semaines après une luxation simple, avec une à deux semaines d’immobilisation puis de la kinésithérapie. Une luxation complexe ou une chirurgie allonge nettement le calendrier.

La kinésithérapie n’est pas une liste d’étirements du poignet à copier depuis un écran. Après une lésion du coude, le programme vise d’abord les amplitudes indolores, puis la force des fléchisseurs et des pronateurs de l’avant-bras, qui aident à stabiliser le versant médial, puis la proprioception et les gestes du sport ou du métier. Catapano et coll. décrivent, dans les protocoles publiés, un début souvent en position couchée pour limiter les contraintes en varus et en extension, puis des exercices debout, le bras le long du corps, après quelques semaines. Ces détails appartiennent au kinésithérapeute qui vous voit.

Le critère de reprise n’est pas « la douleur a baissé de moitié ». C’est une amplitude utile, une force comparable à l’autre côté, une stabilité sans appréhension, et l’accord du prescripteur. Reprendre trop tôt augmente le risque d’une nouvelle luxation ou d’une nouvelle entorse, souligne Cleveland Clinic. À l’inverse, attendre que chaque raideur ait disparu avant de bouger favorise l’enraidissement. L’AAOS prévient qu’une extension complète peut ne jamais revenir. Ce n’est pas un échec si le bras sert à s’habiller, à porter et à travailler. Un coude mal aligné, qui ne tourne plus ou qui se reluxe, expose plus tard à l’arthrose.

  • Vous ne reprenez pas le sport tant que l’amplitude utile et la force n’ont pas été revues par le soignant.
  • Vous signalez une sensation de dérobement, un gonflement qui revient ou une douleur nocturne nouvelle.
  • Vous travaillez d’abord la mobilité indolore, puis la force, puis les gestes spécifiques du métier ou du sport.
  • Vous acceptez qu’une perte d’extension de quelques degrés reste compatible avec une vie normale.

Comment limiter le risque d’une nouvelle blessure ?

On ne commande pas une chute. On peut réduire certaines prises de risque. Cleveland Clinic recommande l’équipement adapté, l’échauffement, le retour au calme, le repos après un effort intense, et surtout de ne pas jouer malgré la douleur. Ranger les obstacles au sol, se servir d’un marchepied plutôt que d’une chaise, et utiliser une canne ou un déambulateur si la marche est instable, réduisent les chutes à domicile, en particulier après 65 ans.

Au sport, la technique de réception et le renforcement de l’épaule, du tronc et de l’avant-bras comptent autant qu’une attelle. Porter une orthèse pendant l’effort après une première lésion est une option que certains médecins proposent ; ce n’est pas un bouclier. MedlinePlus, pour les entorses en général, rappelle l’échauffement, des chaussures adaptées et d’éviter les activités pour lesquelles on n’est pas préparé. Les gestes de lancer répétés usent plutôt le ligament collatéral cubital, une lésion différente de l’hyperextension unique. Dans les deux cas, ignorer la douleur pour finir un match est un mauvais calcul.

Questions fréquentes

Un craquement au coude veut-il dire que le ligament est rompu ?

Pas forcément. MedlinePlus demande toutefois de signaler un « pop » au moment du choc, car il peut correspondre à une déchirure. Seuls l’examen et, au besoin, l’imagerie tranchent entre un claquement bénin, une entorse grave et une luxation déjà réduite.

Peut-on remettre un coude déboîté soi-même ?

Non. Cleveland Clinic demande d’aller aux urgences et d’interdire à quiconque, coéquipier ou proche, de pousser l’articulation. Une réduction hors cadre médical peut aggraver une fracture, un nerf ou une artère. Tenez le bras le plus immobile possible jusqu’à l’arrivée des soignants.

Combien de temps porter une attelle après un coude hyperétendu ?

Cela dépend de la lésion. MedlinePlus situe souvent 2 à 3 semaines d’écharpe, d’attelle ou de plâtre pour une entorse importante, tout en demandant de bouger si le médecin l’autorise. Après luxation simple, Cleveland Clinic parle d’une à deux semaines, et les recommandations de 2025 visent une mobilisation dans les 7 jours. Une attelle indéfinie favorise la raideur.

Faut-il prendre de l’ibuprofène dès le premier jour ?

Pas de façon automatique. MedlinePlus l’accepte, avec le naproxène, pour la douleur et le gonflement, sous réserve des contre-indications cardiaques, rénales, digestives. Dubois et Esculier (2020) déconseillent d’en faire le soin standard, car l’inflammation participe à la réparation. Le paracétamol reste une option pour la douleur. Demandez la posologie au pharmacien.

Une IRM est-elle indispensable tout de suite ?

Non. La radio vient d’abord pour écarter fracture et luxation. L’AAOS réserve l’IRM au bilan des ligaments, rarement le jour de la luxation. MedlinePlus l’envisage pour une entorse si l’on doit préciser une déchirure. C’est le médecin qui juge, pas le degré de gonflement à lui seul.

Peut-on reprendre le sport dès que la douleur diminue ?

Une douleur plus faible n’égale pas un ligament prêt. Cleveland Clinic lie une reprise trop précoce à un risque de nouvelle luxation. Attendez des amplitudes utiles, une force revue et l’accord du prescripteur. FuncSiE a montré un retour au travail plus rapide avec mobilisation précoce (10 jours contre 18), pas une reprise du sport de contact à cette échéance.

Homme haltérophilie avec un observateur

Conclusion

L’hyperextension du coude recouvre plusieurs lésions, de l’entorse simple à la luxation avec fracture. Le premier tri se fait sur la déformation, la couleur de la main, la possibilité de bouger et la violence de la douleur. Glace enveloppée 15 à 20 minutes, bras surélevé, bande non constrictive, et surtout pas de réduction artisanale.

Les documents récents ont déplacé le curseur de l’immobilisation. MedlinePlus (2025) parle encore de quelques semaines de protection pour une entorse, avec consigne de bouger dès que c’est autorisé. Après luxation simple réduite, l’essai FuncSiE et le document SMDA-SEC (2025) plaident pour une mobilisation dans la première semaine, parce que trois semaines de plâtre retardent le travail et les amplitudes sans gagner de stabilité à un an.

Si le coude est déformé, si la main est froide ou engourdie, composez le 15 ou le 112. Sinon, faites faire une radiographie dès qu’un doute existe, puis demandez au médecin à partir de quel jour vous avez le droit de plier et de tendre sans attendre que la raideur s’installe. C’est cette date, plus qu’une durée magique, qui oriente les semaines suivantes.

Sources

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  2. Sprains: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er avril 2025.
  3. Over-the-counter pain relievers. MedlinePlus, 27 octobre 2024.
  4. Sprain: First aid. Mayo Clinic, 3 avril 2024.
  5. Dislocated Elbow. Cleveland Clinic, 11 mai 2023.
  6. Elbow Dislocation. American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2023.
  7. McCue JY : Elbow Dislocations. Merck Manual Professional Edition, octobre 2025.
  8. Dubois B, Esculier JF : Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine, janvier 2020.
  9. Iordens GIT, Van Lieshout EMM et al. : Early mobilisation versus plaster immobilisation of simple elbow dislocations: results of the FuncSiE multicentre randomised clinical trial. British Journal of Sports Medicine, 2017.
  10. Catapano M, Pupic N et al. : Early functional mobilization for non-operative treatment of simple elbow dislocations: a systematic review. Shoulder & Elbow, avril 2022.
  11. Lu S, Shen Y et al. : Conservative and surgical management of simple elbow dislocations: SMDA-SEC consensus and guidelines. Orthopedic Reviews, 29 avril 2025.
  12. Hyperextension Injury of the Elbow. McGovern Medical School, UTHealth Houston, mis à jour en 2026.
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