
La tendinite des extenseurs est une irritation des tendons qui redressent les doigts et relèvent l’avant du pied. Elle provoque une douleur sur le dos de la main ou sur le dessus du pied, le plus souvent après des gestes répétés, des chaussures trop serrées ou une hausse trop rapide de l’activité.
Vous serrez les lacets d’une chaussure de course un peu étroite, et une douleur apparaît juste sous la languette, au milieu du dos du pied. Ce siège, décrit par le service musculosquelettique du NHS Bexley, correspond au trajet des tendons extenseurs, peu protégés sous une peau mince.
Une forme légère s’améliore souvent en deux à trois semaines, selon le NHS. La Cleveland Clinic situe plutôt la récupération entre quelques semaines et quelques mois. La glace quinze minutes, quatre fois par jour, et les anti-inflammatoires sans dépasser dix jours sans avis médical font partie des premiers soins. Un doigt dont le bout reste tombant n’est pas une tendinite ; c’est une rupture, le doigt en maillet, qui demande une attelle continue six à huit semaines.
Qu’est-ce que la tendinite des extenseurs ?
Les tendons extenseurs relient les muscles aux os pour redresser les doigts, étendre le poignet, lever les orteils et ramener le pied vers le haut. Sur la main, ils courent au revers, juste sous la peau. Sur le pied, ils longent le dos du pied et se poursuivent vers le devant de la jambe, près du tibia. La Cleveland Clinic décrit l’atteinte comme une inflammation ou une irritation de ces cordons fibreux, assez fréquente chez les personnes qui sollicitent beaucoup les mains ou les pieds au travail, dans un sport ou un loisir.
Ces tendons n’ont presque pas de muscle ni de graisse pour les protéger. Un lacet trop serré, une languette de chaussure trop rigide ou un clavier trop bas les frottent à chaque pas ou à chaque frappe. Avec le temps, la charge dépasse ce que le tendon tolère. Il s’irrite, glisse moins bien, et le geste qui était automatique devient douloureux.
Les médecins parlent parfois de zones pour situer le siège (neuf à la main, quatre au pied). Ces cartes servent à l’examen. Elles ne changent pas le premier message. Réduire la charge qui irrite le tendon, puis le recharger progressivement, reste la logique de soin. Continuer à forcer un tendon déjà irritable peut, selon la Mayo Clinic, favoriser une dégradation plus profonde, voire une déchirure.

Tendinite et tendinopathie, deux mots pour des tableaux différents
« Tendinite » désigne, dans le langage courant et sur les pages grand public, un tendon douloureux et irrité. La Mayo Clinic (2026) précise que le mot décrit un gonflement et une irritation d’apparition récente. « Tendinopathie » est le terme parapluie. Il couvre les tableaux aigus comme les tableaux plus anciens, où le tendon a changé de structure.
La revue de Millar, Silbernagel, Thorborg et coll., parue en 2021 dans Nature Reviews Disease Primers, décrit la tendinopathie comme une douleur, une baisse de fonction et une moindre tolérance à l’effort. Les fibres de collagène se désorganisent, mais ce n’est pas l’inflammation classique d’une arthrite. Pour le pied et la cheville, Deu, Coslick et Dreher (2022) parlent surtout de dégénérescence.
Cette distinction explique pourquoi un repos complet prolongé déçoit, et pourquoi les anti-inflammatoires calment parfois la douleur sans « réparer » le tendon. Peu importe que le compte-rendu parle de tendinite, de tendinose ou de tendinopathie. Pour le dos du pied, le NHS Bexley suit la même ligne. Diminuer la charge irritante, puis renforcer le tendon par un travail progressif.
Sur le pied, l’extenseur le plus souvent en cause chemine au milieu du dos du pied. Plus en avant de la cheville, le tibial antérieur peut aussi faire mal. Ce n’est pas le même tendon, mais le mécanisme se ressemble. Surcharge, côtes et reprise trop rapide de la course. Deu et coll. (2022) décrivent une douleur antérieure de cheville et du médio-pied interne, parfois plus nette la nuit.
Quels symptômes au pied et à la main ?
Le symptôme central est une douleur le long du tendon ou autour de lui, qui augmente dès que vous utilisez la main ou le pied. Au pied, elle siège souvent au milieu du dos, là où les lacets appuient. À la main, elle se place au revers, parfois vers le poignet. La Cleveland Clinic y ajoute la raideur, le gonflement, une chaleur ou une coloration locale.
Un frottement ou un craquement quand le tendon glisse, décrit par le NHS, n’est pas obligatoire. Son absence n’écarte pas le diagnostic. La douleur peut rester discrète au réveil, puis monter après une heure de marche, un entraînement en côte ou une après-midi de saisie au clavier.
Plusieurs signes aident à reconnaître le tableau, sans le confondre avec une fracture ou une rupture.
- La douleur suit le tendon et s’accentue quand vous redressez les doigts ou relevez le pied.
- Le calme relatif la diminue, alors que reprendre le geste incriminé la ravive dans les heures qui suivent.
- Un gonflement mou, une chaleur locale ou une rougeur peuvent accompagner l’irritation, surtout les premiers jours.
- Au pied, pousser pour avancer, courir ou sauter peut sembler moins net, comme le note le NHS Bexley.
- Un engourdissement franc n’appartient pas à ce tableau et oriente vers un nerf comprimé.
La raideur du matin, citée pour les tendinites du pied par la Cleveland Clinic (2021), se dissipe souvent après quelques pas. Une douleur qui reste identique au repos, une déformation, un hématome étendu ou l’impossibilité de poser le pied racontent une autre histoire. Le doigt dont le bout tombe et que vous ne redressez plus tout seul n’est pas une tendinite. C’est le doigt en maillet, traité plus bas.
Quelles causes et quels facteurs de risque ?
La cause la plus fréquente est une surcharge relative. Le tendon reçoit plus de charge, ou la même charge trop souvent, sans le temps de s’adapter. Cela peut tenir à une seule séance inhabituelle, une randonnée trop longue, un week-end de peinture, ou à une accumulation plus lente. Au pied, marcher ou courir plus que d’habitude, surtout en côte, sollicite fortement les extenseurs, écrit le NHS Bexley. Des chaussures trop étroites frottent le tendon à chaque pas.
À la main, les mouvements répétés reviennent dans toutes les synthèses. Frappe prolongée au clavier, jardinage, lessive énergique, menuiserie, peinture, sports de raquette ou de lancer. Plus rarement, un faux pas, un rattrapage après une glissade ou une torsion brutale du pied ou de la main suffisent, note la Cleveland Clinic.
L’âge compte. Après quarante ans, les tendons perdent de la souplesse et récupèrent plus lentement, notent la Cleveland Clinic et la Mayo Clinic (2026). Les pieds plats, les pieds creux, la polyarthrite rhumatoïde, la goutte, l’arthrose du pied et le tabac augmentent le risque. Un indice de masse corporelle élevé charge davantage les tendons du pied.
Certains médicaments fragilisent les tendons. La Mayo Clinic cite les fluoroquinolones (une famille d’antibiotiques), les corticoïdes, les statines, les inhibiteurs de l’aromatase et les androgènes à dose trop élevée. Ce n’est pas une raison d’arrêter un traitement prescrit. C’est une information à donner au médecin si une douleur tendineuse apparaît pendant le traitement. Le médecin ou le pharmacien appliquera la conduite française, qui peut différer des notices américaines.
Chez les jeunes mères, des tendons du poignet proches des extenseurs du pouce sont plus exposés. Porter le nourrisson répète les mêmes gestes. Il s’agit souvent d’une ténosynovite de De Quervain, voisine mais distincte. Le siège, sur le bord radial du poignet du côté du pouce, aide à les séparer.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic est d’abord clinique. Le médecin écoute l’histoire, palpe le tendon, teste la force et le mouvement, et compare les deux côtés. Il cherche le point douloureux, la douleur à la mise en tension, parfois le gonflement. Une radio, une échographie ou une IRM ne sont pas le premier réflexe. Deu et coll. (2022) écrivent que l’imagerie n’est en général pas nécessaire, sauf suspicion de traumatisme osseux.
Quand la gêne dure plus de six semaines, une radiographie peut écarter un problème osseux, une arthrose ou un éperon. L’échographie, moins coûteuse que l’IRM, montre le tendon en mouvement. L’IRM sert surtout si le diagnostic reste flou, si le traitement piétine, ou si une chirurgie est discutée. La Cleveland Clinic mentionne aussi le scanner dans certains bilans, surtout pour l’os.
Le clinicien écarte surtout deux imitateurs. La fracture de fatigue d’un métatarsien, fréquente chez le coureur qui a augmenté trop vite le volume, fait mal au dos du pied mais l’os est en cause, pas le tendon. La rupture, elle, se signale souvent par une douleur brutale, parfois un claquement, et une perte nette de fonction. Le NHS conseille d’appeler un service d’urgence si vous pensez avoir rompu un tendon.
Aucune prise de sang ne « prouve » une tendinite. Un bilan n’a de place que s’il existe des signes d’arthrite inflammatoire, de goutte ou d’infection. Le médecin traitant, un rhumatologue, un chirurgien de la main, un médecin du sport ou un podologue peuvent poser le diagnostic selon le siège. En France, l’orientation dépend de l’examen, pas d’un protocole unique recopié des guides américains.
Quand consulter pour une tendinite des extenseurs ?
La plupart des irritations légères se gèrent quelques jours à la maison. Consultez le médecin traitant si la douleur empêche les gestes habituels, si elle s’aggrave après quelques jours, ou si elle ne s’améliore pas en deux à trois semaines. La Cleveland Clinic demande aussi un avis rapide dès que vous ne pouvez plus vous servir de la main ou du pied comme d’habitude.
Une douleur brutale pendant un effort, un bruit de claquement, un doigt dont le bout tombe, une plaie sur le dos de la main ou un pied que vous ne pouvez plus poser relèvent des urgences. Appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences. Une infection, une fracture ouverte ou une ischémie ne se « reposent » pas avec de la glace.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Douleur du dos de la main ou du pied qui s’atténue au calme | Repos relatif, glace, avis du pharmacien |
| Douleur inchangée après quelques jours, ou gêne quotidienne | Médecin traitant |
| Impossible d’utiliser la main ou le pied comme d’habitude | Consultation sans délai |
| Douleur extrême, gonflement qui augmente, peau qui change de couleur | 15 ou 112, ou urgences |
| Bout du doigt qui tombe, claquement, plaie, pied impossible à poser | 15 ou 112, ou urgences |
Un engourdissement persistant, une faiblesse inhabituelle des orteils ou des doigts, de la fièvre ou une rougeur qui s’étend ne rentrent pas dans le cadre d’une simple irritation. Le NHS oriente vers le 111 britannique en cas de forte douleur ou de suspicion de rupture. En France, le 15 et le 112 jouent ce rôle. Mieux vaut un examen de trop qu’une rupture laissée sans attelle.
Que faire à la maison les premiers jours ?
Les premiers jours visent à calmer l’irritation, pas à immobiliser le membre pour des semaines. Le NHS propose, pendant deux à trois jours, d’éviter de solliciter le tendon, de poser une poche de froid (enveloppée dans un linge) jusqu’à vingt minutes toutes les deux à trois heures, et de soutenir la zone avec une bande élastique, un jersey tubulaire ou une attelle souple, assez serrée sans l’être trop. La bande se retire avant de dormir.
La glace peut aussi se fractionner. Quinze minutes, quatre fois par jour, plus compression et surélèvement au-dessus du cœur, d’après la Cleveland Clinic. Le repos n’impose pas de rester alité, insiste la Mayo Clinic (2026). Vous pouvez marcher, nager ou travailler dès lors que le geste n’augmente pas la douleur ni le gonflement. Après quelques jours, mobiliser doucement l’articulation dans toute son amplitude évite qu’elle ne se raidisse.
Le pharmacien peut proposer du paracétamol ou de l’ibuprofène, parfois un gel d’ibuprofène à appliquer sur la peau. Le paracétamol soulage la douleur. Ce n’est pas un anti-inflammatoire. La Cleveland Clinic demande un avis médical avant de prendre des AINS oraux plus de dix jours. L’ibuprofène et l’aspirine ne conviennent pas à tout le monde (ulcère, reins, cœur, anticoagulants, grossesse). Le pharmacien et le médecin appliquent la conduite française.
Quelques gestes concrets aident sans remplacer l’examen.
- Desserrez les lacets, changez de laçage ou retirez la languette trop rigide qui écrase le dos du pied.
- Interrompez la course, le clavier non adapté ou l’instrument tant que le geste réveille la douleur.
- Gardez une activité de substitution sans impact, marche plane ou natation, si elle ne fait pas monter les symptômes.
- Surélevez la main ou le pied le soir, surtout s’il existe un gonflement visible.
Au stade irritable, la glace et le repos relatif diminuent la douleur, puis un programme d’exercices progressifs reprend le dessus. Rester immobile des semaines affaiblit le tendon au lieu de le préparer à revoir la charge.

Quels traitements prescrit le médecin ?
Si les symptômes durent au-delà de quelques semaines, le médecin peut orienter vers la kinésithérapie. Un travail d’amplitude, d’étirement et de renforcement du muscle et du tendon est le cœur du traitement des tendinopathies durables, selon la Mayo Clinic. Pour le dos du pied, le NHS Bexley place un programme d’exercices gradués comme l’option la mieux étayée. Étirements de mollet, relevés d’orteils, pince d’une serviette, dorsiflexion contre élastique. Les doses d’exercice se règlent avec le kinésithérapeute, pas sur une vidéo générique.
Les chaussures larges, amorties, et parfois une orthèse ou une semelle, réduisent le frottement. Une botte de marche courte sert dans les formes très douloureuses, surtout pour le tibial antérieur, d’après Deu et coll. (2022). À la main, une attelle souple peut mettre le poignet au repos pendant les gestes répétés, sans figer les doigts pour des mois.
Les infiltrations de corticoïdes diminuent l’inflammation et la douleur à court terme. Elles ne sont pas le premier choix. La Mayo Clinic (2026) avertit que des injections répétées peuvent affaiblir le tendon et augmenter le risque de rupture. La revue de Coombes, Bisset et Vicenzino, parue dans The Lancet en 2010, a regroupé 41 essais et 2 672 patients. Pour l’épicondylite latérale, l’infiltration soulageait nettement à court terme, puis l’avantage s’inversait à moyen et long terme. Parmi 991 personnes ayant reçu un corticoïde, une seule rupture de tendon a été rapportée (0,1 %). Le NHS Bexley réserve l’infiltration du dos du pied aux cas où le reste a échoué, précisément à cause de cet affaiblissement.
Ondes de choc, plasma riche en plaquettes, piqûres sèches dans le tendon (dry needling) et ultrasons figurent parmi les options des tendinopathies rebelles, d’après la Mayo Clinic. Deu et coll. (2022) jugent leurs preuves encore minces pour la plupart des tendons du pied et de la cheville. Ce ne sont pas des raccourcis, encore moins une première ligne. La chirurgie, rare, se discute si les mesures conservatrices n’ont pas suffi pendant des mois, ou s’il existe une rupture. Pour certaines tendinites du pied, ce seuil se situe autour de six mois (Cleveland Clinic, 2021). Le chirurgien français appliquera l’indication locale.
Doigt en maillet, une rupture et non une tendinite
Le doigt en maillet, parfois appelé doigt en marteau ou « baseball finger », n’est pas une tendinite. Un choc sur le bout du doigt, souvent une balle, arrache ou déchire le tendon extenseur terminal. Le bout du doigt tombe. Vous ne le redressez plus tout seul. Vous pouvez le relever avec l’autre main. La Cleveland Clinic (2025) insiste sur ce déficit actif, qui sépare nettement la rupture de l’irritation.
Sans traitement, le déséquilibre des forces peut figer le doigt, voire aboutir à une déformation en col de cygne. Chez l’enfant, le cartilage de croissance peut être en jeu. Le traitement habituel n’est pas le repos vague d’une tendinite. C’est une attelle qui maintient le bout du doigt droit, jour et nuit, pendant au moins six à huit semaines, souvent davantage. Dans les formes graves, la récupération peut aller jusqu’à seize semaines. Retirer l’attelle et laisser le bout plier recommence le compteur.
Une radio cherche un arrachement osseux ou un déplacement de l’articulation. La chirurgie se discute surtout en cas de fracture instable, de plaie, ou d’impossibilité de porter l’attelle. Confondre ce tableau avec une « tendinite des doigts » et se contenter d’ibuprofène fait perdre des semaines. Toute plaie du dos de la main, tout hématome sous l’ongle, tout doigt qui ne se redresse plus, justifie un avis rapide, idéalement dans la semaine.
Combien de temps dure la récupération ?
Une irritation légère peut s’atténuer en deux à trois semaines si la charge diminue, d’après le NHS. La Cleveland Clinic décrit une fourchette plus large, de quelques semaines à quelques mois, selon le degré d’irritation. Pour la tendinopathie des extenseurs du pied, le NHS Bexley table plutôt sur huit à douze semaines de travail progressif, parfois plus. Ces durées ne se contredisent pas. Elles décrivent des stades différents, d’une poussée récente à un tendon déjà fatigué.
Reprendre trop tôt le geste qui a blessé rallonge le calendrier. Forcer malgré la douleur peut, selon la Cleveland Clinic, mener à une déchirure. À l’inverse, l’arrêt total trop long diminue la capacité du tendon à encaisser la charge, ce que rappellent Deu et coll. La bonne jauge est clinique. Une douleur légère pendant l’exercice, qui ne monte pas dans les vingt-quatre heures, est souvent acceptable. Une douleur qui augmente le lendemain signale que la dose était trop haute.
Après une chirurgie, rare, la Cleveland Clinic (2021) évoque six à douze mois de récupération, souvent avec kinésithérapie. Le pronostic d’une tendinite non rompue reste favorable. La plupart des personnes peuvent retrouver une fonction normale, à condition de ne pas brûler les étapes. Un antécédent d’atteinte tendineuse augmente le risque de récidive sur le même site. La reprise du sport ou du poste de travail se planifie, elle ne se décrète pas le matin où la douleur a baissé.
Ces délais britanniques et américains ne sont pas des normes françaises. Le médecin, le kinésithérapeute ou le podologue adapteront le rythme. La logique, elle, se transpose. Charge réduite, puis charge reconstruite, plutôt que repos infini ou infiltration d’emblée.
Comment limiter les récidives ?
On ne prévient pas toutes les irritations. On réduit les occasions. Le NHS conseille d’échauffer avant l’effort, d’étirer après, de porter des chaussures qui tiennent le pied, et de ménager des pauses dans les gestes répétitifs. Ne pas démarrer un sport nouveau sans un minimum de technique, ne pas enchaîner les mêmes exercices sur un muscle déjà fatigué.
Une hausse trop brutale du volume ou de la difficulté, un sol trop dur, des chaussures usées, une mauvaise posture au clavier ou un geste technique approximatif chargent le tendon, écrit la Mayo Clinic (2026). Varier les sports, alterner course et vélo ou natation, soulage les mêmes fibres. Au travail, la hauteur du siège, du clavier et de l’écran n’est pas un détail de confort. C’est une question de levier sur le poignet.
Au pied, le laçage en échelle, une languette plus souple et une chaussure à la bonne largeur diminuent le frottement. Une semelle, si elle est indiquée, corrige parfois un trouble d’appui. Ce n’est pas un accessoire magique. Éviter le tabac, garder un poids compatible avec vos articulations et ne pas forcer malgré la douleur réduisent aussi le risque, d’après la Cleveland Clinic. Un tendon douloureux après l’effort a besoin d’une nuit, parfois de quelques jours, pas d’une série supplémentaire.
Les manchons de poignet ou de cheville, cités par la Cleveland Clinic, peuvent soulager une fin de journée irritée. Ils ne remplacent ni le renforcement ni l’ajustement du geste. Si le métier a causé l’atteinte, le médecin du travail peut discuter d’aménagements. Le tendon guérit mal si la cause reprend le lendemain à l’identique.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à courir avec une douleur sur le dos du pied ?
Souvent oui, à condition que la douleur reste légère et n’augmente ni pendant la séance ni dans les heures suivantes. La Cleveland Clinic note que la plupart des personnes marchent encore avec une irritation des extenseurs, mais déconseille de reprendre la course sans avis si c’est elle qui a déclenché les symptômes. Remplacez les côtes et les séances longues par de la marche plane ou du vélo le temps que le tendon se calme.
Les anti-inflammatoires réparent-ils le tendon ?
Non. Ils peuvent diminuer la douleur à court terme. Deu et coll. (2022) rappellent même qu’ils sont susceptibles de modifier le remodelage du tendon. Le NHS et la Cleveland Clinic les placent parmi les soins de confort, avec un plafond d’une dizaine de jours pour les AINS oraux sans avis médical. Le travail de charge progressive reste le traitement de fond.
Une injection de cortisone est-elle utile ?
Elle peut calmer la douleur quelques semaines. L’avantage s’estompe, et parfois s’inverse, comme l’a montré la revue de Coombes et coll. (2010) pour l’épicondylite latérale. Des injections répétées fragilisent le tendon. Pour le dos du pied, ce n’est pas un traitement de première intention. La décision appartient au médecin, au cas par cas.
Faut-il une radio ou une IRM ?
Pas au premier examen, si le tableau est typique. Deu et coll. (2022) réservent la radio aux formes de plus de six semaines ou en cas de choc, et l’échographie ou l’IRM aux diagnostics incertains ou aux échecs de traitement. Une imagerie ne change souvent pas la conduite des premières semaines.
Une opération est-elle souvent nécessaire ?
Non. La Cleveland Clinic la décrit comme rare, discutée seulement si les autres mesures n’ont pas suffi. Une rupture, une fracture associée ou un doigt en maillet instable relèvent d’une autre logique. Le chirurgien de la main ou du pied posera l’indication selon l’examen et l’imagerie.
Le paracétamol est-il un anti-inflammatoire ?
Non. C’est un antalgique. Le NHS le propose, comme l’ibuprofène, pour soulager la douleur d’une tendinite. Seul l’ibuprofène (et les autres AINS) a un effet anti-inflammatoire. Le pharmacien aide à choisir la molécule adaptée à votre dossier, notamment en cas d’ulcère, de traitement anticoagulant ou de grossesse.

Conclusion
Une douleur au revers de la main ou sous les lacets, née d’une répétition ou d’une chaussure trop étroite, correspond souvent à une irritation des tendons extenseurs. Le tableau est fréquent, en général réversible, et se soigne d’abord en baissant la charge, en glaçant, en soulageant la douleur, puis en reconstruisant la tolérance du tendon. Les délais vont de deux à trois semaines pour une poussée simple à huit à douze semaines pour une tendinopathie du dos du pied déjà installée.
Deux pièges méritent d’être nommés. Le premier est de traiter une rupture, doigt en maillet ou claquement brutal, comme une simple irritation. Le second est d’attendre d’une infiltration, d’ondes de choc ou d’une injection de plasma un raccourci que les revues n’ont pas démontré. Les AINS et le paracétamol aident à tenir les jours douloureux. Ils ne remplacent pas le travail de rééducation.
Notez le geste qui a déclenché la douleur, la date et ce qui l’aggrave. Essayez le repos relatif et la glace quelques jours. Si la gêne persiste, emportez cette liste chez le médecin traitant et demandez s’il s’agit d’une tendinopathie, d’une fracture de fatigue ou d’une rupture, et si un kinésithérapeute peut construire le rechargement. Douleur extrême, membre inutilisable, doigt qui tombe ou claquement. Dans ces cas, le 15 ou le 112.
Sources
- Extensor Tendonitis: What It Is, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 7 mai 2022.
- Tendinitis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 9 juin 2026.
- Tendinitis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 9 juin 2026.
- Tendonitis. National Health Service, 1 avril 2024.
- Deu RS, Coslick AM, Dreher G : Tendinopathies of the Foot and Ankle. American Family Physician, mai 2022.
- Millar NL, Silbernagel KG, Thorborg K et al. : Tendinopathy. Nature Reviews Disease Primers, 7 janvier 2021.
- Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B : Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. The Lancet, 20 novembre 2010.
- Extensor Tendinopathy (Foot). NHS Bexley Musculoskeletal Service, consultée en 2026.
- Foot Tendonitis: Causes, Symptoms, Treatment & Prevention. Cleveland Clinic, 26 octobre 2021.
- Mallet Finger: What It Is, Complications & Recovery Time. Cleveland Clinic, 16 février 2025.
