
Un mal de tête limité au côté gauche est le plus souvent une céphalée primaire, en particulier une migraine ou une algie vasculaire de la face (AVF). Le fait que la douleur reste à gauche n’indique pas, à lui seul, un accident vasculaire ou une tumeur.
Beaucoup de personnes s’inquiètent parce que la douleur revient toujours à la même tempe, souvent après une nuit trop courte ou un repas sauté, et imaginent un problème « du cerveau gauche ». Le National Institute of Neurological Disorders and Stroke rappelle que le cerveau lui-même ne ressent pas la douleur ; ce que vous localisez à gauche vient des nerfs et des structures sensibles autour du crâne.
Chez les adultes de 18 à 65 ans, une méta-analyse de 2025 portant sur 41 614 personnes estime qu’environ 65 % ont eu mal à la tête dans l’année et qu’environ 25 % ont une migraine. La recommandation NICE de 2025 fixe à cinq minutes le délai d’intensité maximale d’une céphalée « en coup de tonnerre », propose de l’oxygène à au moins 12 litres par minute contre l’AVF, et alerte dès 10 jours de triptans par mois.
Pourquoi la douleur reste-t-elle à gauche ?
Une douleur toujours du même côté signifie que les voies de la douleur du trijumeau, des vaisseaux ou des muscles de cette moitié de tête sont activées, pas qu’un hémisphère cérébral est « malade ». La migraine et l’AVF sont souvent unilatérales ; la céphalée de tension, elle, est le plus souvent des deux côtés.
Le côté n’est donc pas un verdict. Il oriente le raisonnement si vous le croisez avec la durée, le rythme et les signes associés. Une crise pulsatile de plusieurs heures, avec nausées et lumière insupportable, ressemble à une migraine. Une douleur atroce autour d’un œil, d’un quart d’heure à trois heures, avec larmoiement du même côté, oriente vers une AVF. Une pression en casque, sans nausée, oriente vers une céphalée de tension, même si un côté paraît plus marqué.
Une céphalée qui revient depuis l’enfance ou l’âge jeune adulte, avec un examen neurologique normal, est rarement de cause grave, souligne le Merck Manual dans sa révision de février 2025. À l’inverse, une douleur nouvelle après 50 ans doit être considérée comme secondaire jusqu’à preuve du contraire, parce que le risque d’artérite à cellules géantes, d’hémorragie ou de masse augmente avec l’âge.
Restez attentif au caractère « coincé » d’un côté. Dans l’algie vasculaire, la douleur est strictement unilatérale autour de l’œil, au-dessus de l’œil ou le long de la tempe. Dans la migraine, elle peut changer de côté d’une crise à l’autre, même si beaucoup de personnes reconnaissent « leur » tempe habituelle. Ce détail, noté dans un journal, aide le médecin traitant plus qu’une impression vague de gravité.

Comment reconnaître une migraine unilatérale ?
La migraine de l’adulte dure de 4 à 72 heures si elle n’est pas traitée, d’après le tableau diagnostique du NICE. La douleur est souvent pulsatile, modérée à intense, d’un seul côté ou des deux, et elle s’aggrave quand vous montez un escalier ou poursuivez vos activités habituelles.
Environ une femme sur cinq et un homme sur seize sont concernés, et les crises sont environ trois fois plus fréquentes chez les femmes, d’après la page Mayo Clinic sur la migraine, mise à jour en juillet 2025. Pendant l’attaque, nausées, vomissements et une sensibilité marquée à la lumière ou au bruit sont fréquents. Certaines personnes ajoutent une intolérance aux odeurs. Le besoin de s’allonger dans une pièce sombre n’est pas un caprice ; il fait partie du tableau.
Environ un tiers des personnes concernées ont une aura, le plus souvent visuelle. Le NICE décrit des symptômes entièrement réversibles, qui s’installent en au moins cinq minutes et durent de 5 à 60 minutes, par exemple des lumières scintillantes, des taches, des lignes, une perte partielle de vision, des fourmillements ou un trouble de la parole. Une faiblesse motrice, une diplopie, une aura limitée à un seul œil ou un trouble de la conscience sortent du cadre typique et justifient des examens plus poussés.
Avant la douleur, un prodrome d’un jour ou deux peut passer inaperçu. La Mayo Clinic cite constipation, changements d’humeur, envies alimentaires, raideur de nuque, envies fréquentes d’uriner ou bâillements répétés. Après la crise, un postdrome d’épuisement ou de confusion peut durer jusqu’à une journée. Reconnaître ces phases évite de croire à une « nouvelle maladie » à chaque palier.
Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre. Un parent atteint de migraine élève le risque chez l’enfant, autour de 50 % selon la même page Mayo. Tenir un calendrier de crises sert à voir ces liens, pas à s’accuser. Parmi les facteurs souvent cités par ce centre figurent notamment les suivants.
- Les variations d’œstrogènes autour des règles peuvent précipiter une crise chez de nombreuses femmes.
- L’alcool, surtout le vin, et un excès de caféine réveillent la douleur chez une partie des patients.
- Le manque de sommeil, l’excès de sommeil ou un repas sauté suffisent parfois à lancer l’attaque.
- Les lumières vives, les odeurs fortes et les fromages affinés reviennent souvent dans les journaux de crise.
La céphalée de tension touche-t-elle un seul côté ?
La céphalée de tension est d’habitude bilatérale. Le NICE la décrit comme une douleur en pression ou en serrement, d’intensité légère à modérée, qui n’empêche pas les gestes du quotidien et n’apporte ni nausée ni vomissement.
La méta-analyse de Husøy et collègues, publiée en octobre 2025 dans The Journal of Headache and Pain, estime sa prévalence sur un an autour de 33 % chez les 18-65 ans, un peu au-dessus de la migraine dans ce groupe d’âge. Le NINDS, dans sa fiche révisée en mars 2026, parle d’une sensation de bande serrée autour de la tête, souvent liée au stress, au manque de sommeil, à une posture prolongée devant un écran, à la déshydratation ou à l’alcool. La durée va de 30 minutes à plusieurs jours ; la forme chronique revient au moins 15 jours par mois pendant plus de trois mois.
Un côté peut sembler plus douloureux si les muscles du cou, de l’épaule ou de la mâchoire sont plus contractés à gauche. Cela ne transforme pas pour autant le tableau en migraine. L’effort de marcher n’aggrave pas typiquement une céphalée de tension, alors qu’il aggrave souvent une migraine. L’absence d’aura, de vomissements et de photophobie intense conforte cette lecture, sans remplacer un avis médical.
Le NICE déconseille les opioïdes pour traiter cette douleur. Paracétamol, aspirine (sauf avant 16 ans, en raison du syndrome de Reye) ou un anti-inflammatoire non stéroïdien peuvent suffire pour un épisode, à condition de ne pas en faire un réflexe quotidien. Pour la forme chronique, jusqu’à 10 séances d’acupuncture sur 5 à 8 semaines sont une option discutée dans la même recommandation, à côté d’un travail sur le stress et le sommeil.
Algie vasculaire de la face autour d’un œil
L’AVF, nom usuel en France de la céphalée en grappe, donne une douleur strictement unilatérale, très intense, autour d’un œil, au-dessus de l’œil ou le long de la tempe. Une crise non traitée dure de 15 à 180 minutes ; elle peut revenir d’une fois tous les deux jours jusqu’à huit fois par jour.
La douleur atteint souvent son maximum en quelques minutes, une crise dure plus souvent 30 à 45 minutes, et beaucoup d’attaques surviennent la nuit, une à deux heures après le coucher, précise la Mayo Clinic dans sa fiche d’août 2025. Sur le côté douloureux, le NICE attend au moins un signe autonome ou une agitation qui pousse à marcher en rond.
- L’œil du côté douloureux devient rouge, larmoyant, ou la paupière gonfle ou tombe.
- Le nez se bouche ou coule du même côté que la douleur de la tempe.
- Une sueur du front ou du visage, ou une pupille rétrécie, accompagne souvent la crise.
Le début se situe le plus souvent entre 20 et 40 ans, avec une prédominance masculine et une association au tabac, d’après le NINDS. L’alcool, surtout en saison douloureuse, peut déclencher une attaque. Les périodes douloureuses durent souvent des semaines à des mois, puis une rémission de plus d’un mois définit la forme épisodique ; si la rémission tient moins d’un mois sur douze, on parle de forme chronique. Certaines personnes confondent ces saisons de crises avec une allergie, parce qu’elles reviennent au printemps ou à l’automne.
Le paracétamol, les anti-inflammatoires, les opioïdes, les dérivés de l’ergot et les triptans en comprimés n’ont pas leur place en crise, d’après le NICE. Le traitement de crise retenu est l’oxygène pur, au moins 12 litres par minute, avec un masque sans réinhalation et un ballon réservoir, et/ou un triptan sous-cutané ou nasal. Le vérapamil peut être envisagé en prévention durant la saison douloureuse, avec un avis spécialisé et un suivi électrocardiographique si le prescripteur n’est pas habitué à cet usage.
Le galcanézumab a été autorisé par la Food and Drug Administration en injection mensuelle tant que les crises épisodiques sont groupées, indique la Mayo Clinic. L’indication, le remboursement et la disponibilité en France relèvent du médecin et du pharmacien, qui appliquent la règle locale. Une première période de crises justifie aussi de discuter d’une imagerie avec un neurologue, pour ne pas rater une cause secondaire qui imiterait le tableau.
Sinus, cou et médicaments, autres causes à gauche
Une douleur à gauche n’est pas toujours une céphalée primaire. Les sinus, les cervicales, les dents, l’articulation de la mâchoire, un glaucome aigu ou un abus d’antalgiques peuvent donner une douleur localisée, parfois trompeuse.
Beaucoup de « sinusites » douloureuses sont en réalité des migraines. La Cleveland Clinic, dans sa fiche de 2023, rapporte que des études ont trouvé une migraine chez environ 80 % des personnes qui pensaient avoir une céphalée sinusienne. Une vraie douleur sinusienne s’accompagne plutôt de fièvre, d’écoulement purulent et d’une douleur de visage des deux côtés, aggravée en se penchant ; elle cède souvent quand l’infection virale passe, en une semaine environ. Sans ces signes, le diagnostic de sinusite isolée mérite d’être repris.
La céphalée cervicogène part du cou et remonte d’un seul côté vers l’occiput, la tempe ou l’arrière de l’œil. Elle concerne environ 0,4 % à 4 % des personnes qui ont des céphalées, d’après la Cleveland Clinic (2024). Les mouvements du cou la majorent souvent, et le tableau migraineux (nausées, photophobie) manque. Une kinésithérapie ciblée peut réduire la fréquence ; une étude citée par la même fiche a observé, à 12 mois, au moins 50 % de crises en moins chez 72 % des participants. Fracture, hernie discale ou tumeur cervicale restent des causes plus rares, à chercher après un traumatisme ou si la douleur s’aggrave.
L’abus d’antalgiques crée sa propre céphalée. Le NICE parle de céphalée d’abus médicamenteux si, pendant au moins trois mois, les triptans, opioïdes, ergotés ou associations sont pris au moins 10 jours par mois, ou le paracétamol, l’aspirine ou un AINS au moins 15 jours par mois. La Cleveland Clinic estime la prévalence mondiale autour de 1 % (fourchette 0,5 % à 2,6 %), plus élevée chez les femmes, avec des douleurs souvent présentes au réveil. Le traitement repose sur l’arrêt de l’antalgique surconsommé, encadré par le médecin, car la douleur peut empirer avant de s’améliorer, souvent en deux mois.
Mal de tête à gauche, quand voir un médecin
Certains signes imposent un avis rapide, parfois le 15 ou le 112, même si la douleur est « seulement » à gauche. Le NICE demande d’évaluer, et souvent d’orienter, toute céphalée qui s’aggrave avec de la fièvre, qui atteint son maximum en moins de cinq minutes, qui s’accompagne d’un déficit neurologique nouveau, d’un trouble cognitif, d’un changement de personnalité ou d’une conscience altérée.
Un traumatisme crânien dans les trois mois, une douleur déclenchée par la toux, un effort de poussée ou l’exercice, une douleur qui change avec la posture, des symptômes d’artérite à cellules géantes ou de glaucome aigu, ou un changement franc du profil habituel, figurent sur la même liste. Après 50 ans, une douleur nouvelle et persistante des tempes, un cuir chevelu douloureux, une claudication de la mâchoire à la mastication ou un trouble visuel font craindre une artérite à cellules géantes (maladie de Horton). Sans traitement, cette inflammation artérielle peut conduire à une cécité, rappelle la Mayo Clinic ; 40 % à 50 % des personnes concernées ont aussi une polymyalgie rhumatismale.
| Situation | Conduite | D’après |
|---|---|---|
| Douleur maximale en moins de 5 minutes | Appeler le 15 ou le 112 | NICE CG150, 2025 |
| Fièvre, raideur de nuque, confusion | Appeler le 15 ou le 112 | NICE CG150 et Mayo Clinic |
| Faiblesse, trouble de la parole, vision double | Appeler le 15 ou le 112 | NICE, Mayo Clinic, NINDS |
| Douleur après un choc à la tête | Consulter sans attendre, urgences si aggravation | NICE (traumatisme < 3 mois) |
| Douleur nouvelle après 50 ans, tempe sensible, mâchoire douloureuse | Voir un médecin le jour même | Mayo Clinic (artérite à cellules géantes) |
| Œil rouge douloureux, halos colorés, vision brouillée | Urgences ophtalmologiques | NICE (glaucome aigu) |
| Crises de plus en plus fréquentes, vie quotidienne empêchée | Prendre rendez-vous avec le médecin traitant | NICE et NINDS |
D’autres pistes secondaires, rarement en cause, figurent dans le Merck Manual. Une intoxication au monoxyde de carbone (chauffage mal ventilé) peut donner mal à la tête à plusieurs personnes du même logement. Un glaucome par fermeture de l’angle donne une douleur frontale unilatérale avec halos. Une névralgie du trijumeau provoque des décharges brèves et très vives d’un côté du visage, différentes d’une migraine de plusieurs heures.

Journal de céphalées et examens utiles
Le diagnostic d’une céphalée primaire repose d’abord sur l’histoire de la douleur, pas sur une IRM de « contrôle ». Le NICE déconseille de prescrire une imagerie uniquement pour rassurer, une fois le diagnostic de migraine, de céphalée de tension, d’algie vasculaire ou d’abus médicamenteux posé.
Un journal d’au moins huit semaines aide à classer les crises. Notez la fréquence, la durée, l’intensité, les signes associés, tous les médicaments (y compris ceux du comptoir), les déclencheurs possibles et le lien avec les règles. Ce carnet distingue une migraine épisodique (moins de 15 jours de céphalée par mois) d’une migraine chronique (15 jours ou plus, dont au moins 8 jours de migraine, pendant plus de trois mois). Il montre aussi si vous approchez les seuils d’abus d’antalgiques.
L’examen clinique cherche une fièvre, une raideur de nuque, un œil rouge, une artère temporale douloureuse, une douleur des articulations temporo-mandibulaires, une raideur cervicale et un déficit neurologique. Le NINDS rappelle que le médecin peut ensuite demander des analyses de sang, un scanner ou une IRM si le tableau sort de la céphalée primaire. Une première période d’algie vasculaire se discute avec un neurologue, y compris pour l’imagerie. Une suspicion d’artérite à cellules géantes oriente vers une VS et une CRP, puis souvent une biopsie d’artère temporale, d’après le Merck Manual.
Apportez au rendez-vous la liste complète des prises, y compris l’ibuprofène « de temps en temps » et les comprimés caféinés. Beaucoup de personnes sous-estiment le nombre de jours traités. Ce chiffre oriente autant le diagnostic que la description de la douleur.
Traitements de crise et traitements de fond
Le bon médicament de crise dépend du type de céphalée, pas du côté gauche. Pour une migraine, le NICE propose en première intention un triptan oral associé à un AINS ou au paracétamol ; en monothérapie, un triptan, un AINS, 900 mg d’aspirine ou du paracétamol restent possibles, selon vos autres maladies et vos préférences.
Un antiémétique peut être ajouté même sans nausée franche. Si les formes orales échouent, une voie non orale (métoclopramide ou prochlorpérazine, puis AINS ou triptan non oral) se discute. Les dérivés de l’ergot et les opioïdes ne sont pas recommandés en crise de migraine. Pour l’algie vasculaire, on revient à l’oxygène à haut débit et au triptan injectable ou nasal, pas aux comprimés d’antalgiques.
Le traitement de fond se discute quand les crises sont fréquentes, invalidantes, ou quand vous approchez les seuils d’abus. Le NICE, mis à jour en juin 2025, cite le propranolol, le topiramate et l’amitriptyline, après un échange sur les risques (surdose de propranolol, programme de prévention de grossesse du topiramate, sevrage d’antidépresseur). La gabapentine n’est pas recommandée en prévention de la migraine. La riboflavine à 400 mg une fois par jour peut réduire fréquence et intensité chez certaines personnes.
Les anticorps et les gépants dirigés contre le CGRP (peptide relié au gène de la calcitonine) ont changé la prévention. En mars 2024, l’American Headache Society a jugé ces traitements (érénumab, frémanézumab, galcanézumab, eptinézumab, rimégépant, atogépant) utilisables d’emblée, sans exiger l’échec d’autres classes. Au Royaume-Uni, le NICE 2025 les réserve encore, pour la prévention, aux adultes qui ont au moins 4 jours de migraine par mois après échec, intolérance ou contre-indication de trois traitements de fond. Votre médecin ou votre pharmacien indiquera la règle applicable en France, qui peut différer de ces deux documents.
| Type de céphalée | Traitement de crise (NICE 2025) | À éviter en crise |
|---|---|---|
| Migraine | Triptan oral plus AINS ou paracétamol ; sinon monothérapie | Opioïdes et dérivés de l’ergot |
| Céphalée de tension | Paracétamol, aspirine ou AINS | Opioïdes |
| AVF | Oxygène 100 % ≥ 12 l/min et/ou triptan sous-cutané ou nasal | Paracétamol, AINS, opioïdes, dérivés de l’ergot, triptan oral |
| Céphalée d’abus médicamenteux | Arrêt de l’antalgique surconsommé, avec suivi | Continuer les prises fréquentes « pour tenir » |
Au bout de 12 semaines, un inhibiteur du CGRP est arrêté s’il ne réduit pas les crises d’au moins 50 % en migraine épisodique, ou d’au moins 30 % en migraine chronique, d’après le NICE. La toxine botulique de type A reste une option de prévention de la migraine chronique après trois échecs, à condition que l’abus médicamenteux soit aussi pris en charge. Ces seuils viennent de la recommandation britannique ; le schéma français sera fixé avec votre neurologue.
Habitudes qui réduisent la fréquence des crises
Aucun rituel de sommeil ne « guérit » une migraine, mais un rythme trop irrégulier la déclenche souvent. La Mayo Clinic résume une méthode simple, sommeil régulier, activité physique progressive, repas à heures stables, journal de crises, et outils contre le stress (thérapie, pleine conscience, biofeedback). Pendant une période d’algie vasculaire, le même centre conseille de ne pas décaler le sommeil et d’éviter l’alcool.
Buvez de l’eau, sans transformer la consigne en régime extrême. Le NINDS cite la déshydratation parmi les déclencheurs de céphalée de tension. Les siestes trop longues, qui grignotent le sommeil profond de la nuit, peuvent paradoxalement entretenir les crises chez certains adultes. Un oreiller qui soutient la nuque et une posture d’écran qui n’écrase pas l’épaule gauche réduisent la part cervicogène de la douleur, sans remplacer un avis si un mouvement du cou la réveille à chaque fois.
Limitez les antalgiques de crise à un nombre de jours bas, même s’ils « marchent ». Franchir 10 jours de triptans ou 15 jours de paracétamol ou d’AINS, mois après mois, prépare le terrain de l’abus. Si vous avez déjà besoin d’un comprimé plus de deux jours par semaine, le sujet n’est plus le comprimé du jour, c’est un traitement de fond à discuter. Les gépants semblent, d’après la Cleveland Clinic, moins liés à l’abus que les anciennes classes, mais ils se prennent selon la prescription, pas « au feeling ».
Les femmes qui ont une migraine avec aura ne se voient pas proposer en routine une contraception œstroprogestative, d’après le NICE. Pendant une grossesse, le paracétamol reste le recours de crise le plus souvent cité par cette recommandation ; triptan ou AINS se discutent au cas par cas, et un traitement de fond pendant la grossesse relève d’un avis spécialisé. Ces règles britanniques ne remplacent pas l’avis de votre médecin traitant ou de votre gynécologue.
Questions fréquentes
La douleur toujours à gauche annonce-t-elle un accident vasculaire ?
Non. Une migraine ou une AVF siège souvent du même côté pendant des années. Un accident vasculaire s’accompagne plutôt d’un déficit brutal (faiblesse, parole, vision) ou d’une douleur en coup de tonnerre ; dans ces cas, appelez le 15 ou le 112.
Une IRM est-elle nécessaire dès la première crise à gauche ?
Pas si le tableau est celui d’une migraine connue et que l’examen neurologique est normal. Le NICE réserve l’imagerie aux signes d’alerte ou à un changement franc du profil, et déconseille le scanner « pour être rassuré » une fois le diagnostic de céphalée primaire posé.
Comment distinguer une migraine d’une sinusite ?
La migraine dure des heures, pulsatile, souvent unilatérale, avec nausées ou photophobie, sans fièvre ni pus nasal. Une sinusite douloureuse s’accompagne plutôt d’un visage sensible, d’un écoulement et parfois de fièvre ; environ 80 % des « sinusites » douloureuses se révèlent être des migraines.
Combien de jours par mois peut-on prendre un antalgique ?
Le NICE alerte dès 10 jours par mois de triptans, d’opioïdes ou d’associations, ou dès 15 jours de paracétamol, d’aspirine ou d’AINS, pendant au moins trois mois. Au-delà, une céphalée d’abus médicamenteux peut s’installer et le journal de prises devient un outil de diagnostic.
L’oxygène soulage-t-il aussi la migraine ?
Le NICE le réserve à l’AVF, à haut débit, avec un masque adapté. Pour la migraine, les traitements de crise restent les triptans, les AINS ou le paracétamol, éventuellement combinés, et non l’oxygène à domicile.
Le côté douloureux peut-il changer d’une crise à l’autre ?
Oui pour beaucoup de migraines, même si une tempe « favorite » est fréquente. Dans l’AVF, le côté reste en général le même au fil d’une saison, et peut parfois basculer lors de la saison suivante, d’après la Mayo Clinic.

Conclusion
Le côté gauche de la tête n’est pas un diagnostic. Il devient parlant quand on y ajoute la durée (quelques minutes, quelques heures, toute la journée), les signes de l’œil et du nez, les nausées, et le nombre de jours avec un comprimé dans le mois. Les chiffres récents, autour de 65 % de céphalées sur un an chez les 18-65 ans et d’environ 25 % de migraine, rappellent que le problème est fréquent ; les listes d’alerte du NICE rappellent qu’il cesse d’être banal dès que le profil change.
Avant le prochain rendez-vous, tenez huit semaines de journal, en notant surtout les jours d’antalgiques et les signes autour de l’œil. Si une douleur atteint son maximum en moins de cinq minutes, si un déficit neurologique apparaît, ou si après 50 ans une tempe devient sensible avec une mâchoire douloureuse à la mastication, n’attendez pas la fin du carnet ; appelez le 15 ou le 112, ou voyez un médecin le jour même.
Demandez clairement s’il s’agit d’une migraine, d’une AVF ou d’un abus d’antalgiques, et quelle règle locale s’applique pour un traitement de fond, y compris les médicaments anti-CGRP. Le pharmacien peut relire avec vous les seuils de 10 et 15 jours ; le neurologue intervient si les crises restent invalidantes ou si une première période d’algie vasculaire vient de commencer.
Sources
- Headaches in over 12s: diagnosis and management. National Institute for Health and Care Excellence, 3 juin 2025.
- Husøy AK, Yu S, Liu R et al. : The global prevalence of headache disorders of public-health importance: a meta-analysis of population-based individual participant data from 41,614 adults from 17 countries. The Journal of Headache and Pain, 7 octobre 2025.
- Migraine – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 8 juillet 2025.
- Cluster headache – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 12 août 2025.
- Cluster headache – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 12 août 2025.
- Giant cell arteritis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 2 juin 2026.
- Rebound Headaches: What They Are, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 2 août 2023.
- Cervicogenic Headache: What It Is, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 11 juillet 2024.
- Sinus Headaches: Symptoms, Causes & Relief. Cleveland Clinic, 12 juillet 2023.
- Silberstein SD : Approach to the Patient With Headache. Merck Manual Professional Edition, février 2025.
- Headache | National Institute of Neurological Disorders and Stroke. National Institute of Neurological Disorders and Stroke, 13 mars 2026.
- Charles AC et al. : Calcitonin gene-related peptide-targeting therapies are a first-line option for the prevention of migraine: An American Headache Society position statement update. Headache, avril 2024.
