
La tinea manuum est une mycose de la peau des mains due à des dermatophytes, des champignons qui vivent de la kératine. Elle atteint souvent une seule paume, parfois le dos de la main ou les espaces entre les doigts, et se soigne d’abord par une crème antifongique, plus rarement par un comprimé prescrit après confirmation.
Beaucoup de personnes traitent pendant des mois « l’eczéma » d’une seule main alors que les deux pieds pelent en silence. Dans une série de 280 cas publiée en 2013 à Nanchang, 84,3 % des tinea manuum coexistaient avec un pied d’athlète, et 88,4 % des patients concernés se gravaient les pieds.
Environ 25 % des personnes rencontrent une dermatophytose au cours de la vie, d’après les données des CDC. Les lésions cutanées peuvent apparaître 4 à 14 jours après le contact. Une crème sans corticoïde pendant 2 à 6 semaines suffit souvent sur une atteinte limitée ; un médecin devient utile si les ongles changent, si une seule main reste sèche malgré le soin, ou si l’éruption s’étend.
Qu’est-ce que la tinea manuum
La tinea manuum, ou mycose des mains, est une infection superficielle de la paume, du dos de la main ou des plis interdigitaux. Les dermatophytes (surtout Trichophyton rubrum) s’accrochent à la couche cornée, digèrent la kératine grâce à des protéases, puis s’y maintiennent. La peau réagit en s’épaississant et en produisant des squames. En français courant, on parle de mycose des mains ; le mot teigne, en France, désigne plus souvent l’atteinte du cuir chevelu.
Le nom anglais ringworm vient de l’anneau que l’on voit surtout sur le dos de la main, pas d’un ver. Sur la paume, l’aspect est tout autre, plus proche d’une peau sèche qui fendille. L’affection est nettement moins fréquente que le pied d’athlète. Les adolescents et les hommes adultes sont plus souvent touchés. Selon le lieu, elle représente une petite part des mycoses diagnostiquées, avec des fourchettes de 0,3 % à 13 % selon les enquêtes rassemblées par StatPearls.
Les champignons en cause viennent des êtres humains (T. rubrum, T. interdigitale, Epidermophyton floccosum), des animaux (Microsporum canis, T. verrucosum, T. erinacei chez le hérisson) ou, plus rarement, du sol. Des moisissures non dermatophytes (Hendersonula toruloidea, Scytalidium hyalinum) ont été décrites de façon exceptionnelle. Le tableau clinique dépend de cette origine. Un germe « humain » donne souvent une paume sèche peu inflammatoire. Un germe animal donne plus facilement plaques rouges, vésicules et pustules.

Quels signes voir sur la paume et la face dorsale
Au dos, la lésion ressemble à une mycose du corps. Une plaque à bordure active, squameuse, parfois vésiculeuse, s’étend vers l’extérieur tandis que le centre paraît plus calme. Plusieurs anneaux concentriques peuvent se former. Sur peau claire, la bordure est souvent rose ou rouge ; sur peau foncée, elle peut paraître brune ou grise. Cette forme annulaire est plus typique après un contact animal ou tellurique.
Sur la paume, le tableau le plus fréquent est une hyperkératose lente. La peau s’épaissit, pèle, démange peu ou pas, et les plis se marquent d’un dépôt blanc farineux. Des fissures profondes peuvent faire mal. DermNet souligne que les dermatoglyphes paraissent accentués. Cleveland Clinic décrit aussi des squames blanches dans les crevasses palmaires. Cette forme trompe, car elle mime une peau sèche, un eczéma chronique ou un psoriasis palmaire.
Une troisième présentation est vésiculeuse. De petites cloques apparaissent par poussées sur les bords des doigts ou sur la paume, avec un liquide clair collant et une sensation de brûlure. Les ongles de la main atteinte s’infectent souvent, ce que l’American Academy of Dermatology souligne. Sans traitement des ongles, la peau se réinfecte. L’infection peut rester discrète pendant des mois. Le retard de consultation, noté par StatPearls, s’explique par cette banalité apparente.
Pourquoi une seule main et les deux pieds
Le schéma « deux pieds, une main » est la présentation la plus fréquente. Les deux plantes (et souvent les espaces entre les orteils) sont mycosiques, et une seule main, le plus souvent, montre squames ou sécheresse diffuse. Cleveland Clinic, qui reprend une série de cas colligés, chiffre ce tableau à 65 % des tinea manuum. Viennent ensuite les deux pieds et les deux mains (environ 19 %), une main seule (près de 12 %) et les deux mains sans les pieds (environ 4 %).
Ces pourcentages recoupent le travail de Zhan et coll. sur 280 patients. Au total, 84,3 % avaient aussi un pied d’athlète. Plus de 90 % des isolats étaient de la même espèce sur les différents sites d’une même personne, ce qui plaide pour un transfert et non pour deux infections indépendantes. Le geste habituel est le grattage des plantes ou des ongles d’orteil, puis le contact de cette main avec l’autre pied.
Si la mycose des mains est confirmée, les pieds et les ongles doivent être examinés. Un traitement limité à la paume laisse un réservoir sur les plantes. L’asymétrie aide aussi le diagnostic. Un eczéma de contact ou un psoriasis palmaire sont le plus souvent bilatéraux. Une seule main sèche, surtout si les deux pieds pelent, oriente vers un dermatophyte. Quand les deux mains sont atteintes, l’atteinte reste souvent inégale.
Comment l’infection se transmet-elle
La contagion se fait par contact avec une personne infectée, un animal, un objet contaminé ou, plus rarement, un sol riche en spores. Les symptômes cutanés commencent en général 4 à 14 jours après l’exposition, délai indiqué par les CDC. Le champignon survit longtemps sur serviettes, gants, outils de jardin et sols de vestiaires. Il passe aussi d’un site à l’autre chez la même personne, des pieds vers les mains, parfois vers l’aine.
Plusieurs situations favorisent l’implantation. L’humidité prolongée, la transpiration abondante, les douches collectives, les sports de contact, le travail manuel répétitif et le contact professionnel avec des animaux ou des produits chimiques reviennent dans les synthèses de StatPearls et de Cleveland Clinic. Le diabète, l’immunodépression, l’hypertension et l’obésité sont cités comme terrains. Une peau déjà irritée (eczéma des mains, microtraumatismes) offre une porte d’entrée.
Le risque n’est pas le même pour tous les contacts. Une courte poignée de main sur une paume peu squameuse transmet moins qu’un grattage répété des pieds dans des chaussettes humides. Les jeunes chats, chiens et veaux, ainsi que des animaux « exotiques » comme le hérisson, peuvent donner des formes inflammatoires d’une seule main. Laver les mains après le contact avec un animal qui a des plaques alopéciques réduit ce risque, sans le supprimer.
- Le champignon passe souvent des pieds vers une main par le grattage des plantes ou des ongles d’orteil.
- Serviettes, gants, linge de lit et sols de douche collective restent des véhicules classiques de spores.
- Un animal avec une plaque sans poils peut transmettre une forme plus inflammatoire, parfois pustuleuse.
- Une peau macérée, fissurée ou déjà eczémateuse offre un terrain plus accueillant aux dermatophytes.
Comment la distinguer de l’eczéma et du psoriasis
Le diagnostic clinique seul est fragile. Les CDC et l’AAFP (2025) rappellent que psoriasis, eczéma et mycoses se ressemblent, et qu’un traitement au jugé expose à l’erreur. Quelques indices orientent néanmoins, sans remplacer un prélèvement.
L’eczéma des mains (irritatif, allergique ou dyshidrosique) est d’ordinaire bilatéral. Les vésicules de la dyshidrose siègent sur les bords des doigts et démangent beaucoup, souvent par poussées liées au stress ou aux saisons. Le psoriasis palmaire épaissit aussi la peau, mais les plaques sont souvent symétriques, avec des îlots de peau saine, des ongles à cupules ou une tache « goutte d’huile ». La kératolyse exfoliative pèle en collerettes sans bordure annulaire. DermNet ajoute que, dans la mycose chronique, les plis palmaires sont blancs à cause des squames, alors que l’eczéma marque les plis sans ce dépôt farineux.
Une mycose inflammatoire à dermatophyte animal peut mimer un panaris herpétique, un impétigo bulleux ou une cellulite. La douleur, l’œdème et de rares lymphangites trompent alors vers une infection bactérienne. À l’inverse, un « eczéma » d’une seule main traité pendant des mois par corticoïde local doit faire suspecter une dermatophytose. Merck retient aussi le schéma deux pieds–une main et un examen KOH positif comme arguments en faveur d’une tinea plutôt que d’une dermatose inflammatoire isolée.
Quels examens confirment le diagnostic
Le médecin inspecte les deux mains, les pieds et les ongles, puis, si possible, confirme la mycose au laboratoire. Un grattage des squames sèches, ou un écouvillon sur une lésion suintante, est monté dans de la potasse (KOH). Les filaments septés apparaissent souvent en moins de 24 heures. StatPearls rappelle que cet examen n’est pas parfait. Les chiffres de sensibilité et de spécificité souvent cités (environ 73 % et 48 %) viennent d’une analyse groupée sur le pied d’athlète, pas d’une étude dédiée aux mains. Un résultat négatif n’élimine donc pas l’infection.
La culture identifie l’espèce et, de plus en plus, la sensibilité aux antifongiques. Elle demande 2 à 6 semaines. On ne retarde pas un traitement topique en l’attendant. Elle devient précieuse avant un comprimé, en cas d’échec, ou s’il faut retrouver un animal source. L’AAFP 2025 recommande, lorsque c’est possible, un test au cabinet (préparation KOH) avant de prescrire. Un panel d’experts (Hill et coll., 2024) juge aussi la confirmation mycologique souhaitable avant un traitement prolongé, à cause des souches peu sensibles. PCR et méthodes moléculaires existent dans certains laboratoires.
La dermatoscopie, loupe éclairée, peut montrer des squames blanches concentrées dans les sillons palmaires. Cleveland Clinic et StatPearls décrivent cet aspect comme évocateur. Il ne remplace pas la mycologie. Une biopsie n’est utile que si une autre maladie de peau est sérieusement suspectée. En France, le médecin traitant ou le dermatologue choisit les examens selon les habitudes locales ; les recommandations américaines ne se substituent pas à la pratique du prescripteur.
Quelle crème antifongique et pendant combien de temps
Pour une atteinte limitée de la peau, le traitement de premier recours est une crème, une pommade ou une lotion antifongique, sans corticoïde. Les CDC indiquent, pour les mycoses cutanées du type pied d’athlète ou eczéma marginé, une application pendant 2 à 4 semaines, en allant jusqu’au bout même si les squames reculent. Pour les mains, StatPearls décrit des schémas souvent plus longs, 4 à 6 semaines, à cause de la couche cornée palmaire. Cleveland Clinic situe aussi le soin à domicile jusqu’à six semaines, une à deux fois par jour.
Les familles utiles sont les allylamines (terbinafine, naftifine) et les imidazolés (clotrimazole, miconazole, éconazole, kétoconazole). StatPearls ne trouve pas d’écart net de taux de guérison mycologique entre ces classes sur la tinea manuum. Une revue Cochrane de 2014, portant sur le corps et l’aine et non sur les mains, a observé un avantage de la terbinafine et de la naftifine topiques face au placebo, avec un niveau de preuve bas. Merck note que la terbinafine topique est fongicide et peut raccourcir la durée. En pharmacie française, le choix précis, la posologie et la durée figurent sur la notice et se confirment auprès du pharmacien.
La nystatine, utile sur Candida, n’a pas d’action fiable sur les dermatophytes. L’appliquer sur une tinea manuum fait perdre du temps. L’American Academy of Dermatology recommande d’étendre le produit au-delà du bord visible et de se laver les mains après le soin des autres sites, pour ne pas ensemencer une zone saine. Il faut traiter en même temps pieds, aine ou ongles s’ils sont atteints. Arrêter dès que la rougeur pâlit est une cause classique d’échec. La squame part souvent avant l’érythème résiduel.

Quand un comprimé antifongique devient utile
La crème ne suffit pas toujours. L’AAD écrit que, sur les mains, un antifongique plus fort, terbinafine ou itraconazole par voie orale, est souvent nécessaire, et qu’une atteinte unguéale impose un comprimé. StatPearls réserve la voie orale à l’ongle associé, à l’atteinte d’au moins deux territoires (dont le schéma deux pieds–une main), à l’immunodépression, aux récidives et à l’échec du topique. Les deux molécules orales les plus citées pour cette indication sont la terbinafine et l’itraconazole, avec des taux de succès comparables dans cette synthèse.
La dose, la durée et les contrôles biologiques relèvent de la prescription. Merck conseille, aux États-Unis, un bilan hépatique de base et des contrôles si le traitement oral dépasse un mois, car une atteinte du foie reste rare mais possible. Ces médicaments passent par le cytochrome P450 et interagissent avec beaucoup d’autres. Le médecin et le pharmacien français appliquent le résumé des caractéristiques local, qui peut différer des schémas américains. On ne copie pas une posologie lue sur une notice étrangère.
Un comprimé ne dispense pas de soigner les pieds et de sécher les plis. Si l’ongle d’orteil reste un réservoir, la paume se recolonise. Les CDC rappellent qu’une onychomycose se confirme avant traitement, car beaucoup d’ongles épais ne sont pas mycosiques. L’AAFP 2025 place la terbinafine orale en première ligne des onychomycoses, sur la base d’une revue Cochrane dédiée aux ongles, distincte de celle de 2014 sur les crèmes du corps.
Pourquoi les corticoïdes aggravent souvent le tableau
Les crèmes corticoïdes, seules ou associées à un antifongique, sont un piège fréquent. Les CDC demandent de ne pas les utiliser sur une teigne ni sur une éruption qui pourrait en être une. Le stéroïde calme un temps le prurit, affaiblit la défense locale, élargit les plaques et en change l’aspect. On parle alors de tinea incognito. Le diagnostic devient plus difficile. L’AAFP 2025 déconseille les associations du type clotrimazole-bétaméthasone. Ces tubes, souvent à corticoïde de puissance moyenne ou forte, allongent le traitement et brouillent le diagnostic, ce que les CDC décrivent aussi pour les crèmes stéroïdes vendues sans ordonnance.
StatPearls évoque encore, dans des formes très inflammatoires, un corticoïde limité à la première semaine, toujours avec l’antifongique. Cette nuance d’expert ne correspond pas à la consigne grand public des CDC ni à la ligne de l’AAFP 2025. Pour un lecteur en France, le message utile est simple. Une crème « anti-eczéma » cortisonée n’a pas sa place, en automédication, sur une seule main squameuse. Si un médecin l’associe un temps à un antifongique, c’est une décision clinique encadrée, pas un geste d’automédication.
Depuis une dizaine d’années, des dermatophytoses peu répondeuses, notamment à Trichophyton indotineae, se sont étendues à partir du sous-continent indien, puis ont été reconnues aux États-Unis. Hill et coll. (2024) et l’AAFP 2025 en font un enjeu de santé publique. Les CDC demandent de consulter si l’éruption est plus étendue que d’habitude, si elle résiste au traitement, ou après un contact avec une forme grave, en signalant les voyages. L’usage répété de tubes mixant stéroïde et antifongique est suspecté de favoriser ces échecs. Confirmer la mycose avant un traitement long n’est plus un luxe de laboratoire.
Mycose des mains, quand voir un médecin
Une crème de pharmacie peut se tenter sur une petite plaque typique, surtout si les pieds pelent déjà. Un avis médical reste utile dès que le tableau sort de ce cadre. La Mayo Clinic, pour les mycoses cutanées du corps, conseille de consulter si un produit sans ordonnance n’améliore pas l’éruption en deux semaines. Sur une paume épaisse, ce délai est un minimum. Cleveland Clinic oriente vers le soignant si l’infection n’a pas cédé en six semaines de traitement bien suivi.
Les ongles changés, une atteinte étendue, un terrain immunodéprimé, un diabète, des récidives, un contact animal inflammatoire ou un doute avec un psoriasis justifient un rendez-vous, avec prélèvement si possible. Une main très douloureuse, chaude, rapidement gonflée, avec une traînée rouge vers l’avant-bras ou de la fièvre, n’est plus une simple mycose de surface. StatPearls décrit des lymphangites, surtout dans les formes zoonotiques. Dans cette situation, appelez le 15 ou le 112.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Une paume sèche et deux pieds qui pelent | Conseil du pharmacien, puis médecin si le doute persiste |
| Aucune amélioration après deux semaines de crème | Voir le médecin traitant pour un prélèvement |
| Ongles épaissis, jaunis ou décollés | Consulter, un comprimé n’est prescrit qu’après confirmation |
| Plaques après contact avec un animal lésé | Consulter, la forme est souvent plus inflammatoire |
| Corticoïde local déjà appliqué des semaines | Arrêter l’automédication stéroïdienne et demander un avis |
| Main très gonflée, traînée rouge, fièvre | Appeler le 15 ou le 112 |
| Éruption étendue, voyages, échecs répétés | Consulter et signaler l’histoire au médecin |
Comment réduire la contagion et les récidives
La prévention vise l’humidité, le réservoir des pieds et les objets partagés. Cleveland Clinic insiste sur le lavage et le séchage des mains, les ongles courts, le traitement rapide du pied d’athlète et l’absence de partage des serviettes. Les CDC relient aussi la transmission aux sols humides de vestiaires et aux objets communs. Traiter un pied d’athlète jusqu’au bout diminue le passage vers les paumes. Éviter de se gratter les plantes avec les ongles n’est pas un détail.
Le linge qui a touché les squames se lave à haute température, dans la limite de l’étiquette. Un gant de toilette n’est pas recyclé d’un jour sur l’autre sur la zone malade. Les outils de jardin, les gants de travail et les manettes d’une machine peuvent porter des spores. Les membres du foyer qui ont les pieds qui pèlent méritent un examen. Un animal avec une plaque chauve se fait voir par un vétérinaire. Ces gestes n’annulent pas le risque. Ils le réduisent, surtout après une première poussée.
La récidive est fréquente tant que l’ongle, la chaussure fermée ou le partenaire de vestiaire restent sources, constat que Merck étend à l’ensemble des dermatophytoses. Un traitement trop court, une crème cortisonée ou l’oubli des pieds transforment une paume « guérie » en rechute. Le bon ordre reste celui-ci. Confirmer s’il y a doute, traiter tous les sites, finir la durée prévue, puis assécher plis et chaussures.
- Les espaces entre les doigts et entre les orteils se séchent soigneusement après chaque lavage.
- Le pied d’athlète se traite en même temps que la main, plantes et talons compris, pas seulement les commissures.
- Serviettes et gants utilisés sur les squames se lavent à part, à la température la plus chaude acceptable.
- Un animal qui perd le poil par plaques se fait examiner avant les contacts répétés à mains nues.
Questions fréquentes
La mycose des mains est-elle contagieuse ?
Oui. Les dermatophytes se transmettent par la peau, les objets et parfois les animaux. Le délai d’apparition des lésions cutanées est souvent de 4 à 14 jours selon les CDC. Le risque concret dépend de l’humidité, des fissures et de la quantité de squames, pas d’une poignée de main isolée.
Peut-on la soigner avec un produit de pharmacie ?
Une forme limitée de la peau peut s’améliorer avec une crème antifongique sans corticoïde, utilisée 2 à 6 semaines selon le produit et l’épaisseur palmaire. Les CDC et Cleveland Clinic insistent pour aller jusqu’au bout de la durée. Si rien ne bouge en deux semaines, ou si un ongle est atteint, un médecin doit revoir le diagnostic.
Faut-il traiter les pieds en même temps ?
Oui, dès qu’ils pelent, sentent le macéré ou montrent des ongles changés. Dans la série de Zhan, plus de huit tinea manuum sur dix s’accompagnaient d’un pied d’athlète. Laisser les plantes infectées, c’est réensemencer la main. Le soignant examine aussi les ongles d’orteil.
Un animal de compagnie peut-il être en cause ?
Oui, chats, chiens, veaux et hérissons figurent parmi les sources de dermatophytes. La main montre alors plus souvent plaques rouges, vésicules ou pustules. L’animal a fréquemment une plaque sans poils. Il doit être traité par un vétérinaire, sinon la peau humaine se réinfecte.
La nystatine est-elle utile sur les mains ?
Non pour une tinea manuum à dermatophytes. StatPearls et Merck réservent la nystatine aux candidoses. Sur une mycose à Trichophyton, elle laisse le champignon en place. Le pharmacien oriente vers une allylamine ou un imidazolé adapté, selon les spécialités disponibles en France.
Combien de temps avant que la peau redevienne normale ?
Une atteinte cutanée limitée peut s’assouplir en quelques semaines de crème bien conduite. Les mains et les ongles demandent plus longtemps, parfois un comprimé. L’AAD le souligne. Une peau qui paraît nette trop tôt n’est pas un signal pour arrêter. La rechute suit souvent cet arrêt prématuré.

Conclusion
Une seule paume sèche, farineuse dans les plis, alors que les deux pieds pelent, n’est pas un eczéma « bizarre ». C’est le visage le plus banal de la tinea manuum, documenté par les séries cliniques et par le lien statistique avec le pied d’athlète. La face dorsale, elle, peut porter l’anneau que chacun reconnaît. Les deux formes relèvent des mêmes champignons et du même piège, le corticoïde local pris pour une crème d’eczéma.
Le geste le plus utile, aujourd’hui, n’est pas d’empiler les tubes. C’est de regarder pieds et ongles, d’utiliser une crème antifongique sans stéroïde pendant toute la durée prévue, et de demander un prélèvement si le tableau dure, s’étend, ou touche l’ongle. Les recommandations américaines de 2024-2025 insistent sur cette confirmation mycologique, à cause des résistances émergentes. En France, le médecin traitant, le dermatologue et le pharmacien traduisent cela dans les produits et les durées du marché local.
Si la main gonfle, si une traînée rouge monte vers le bras ou si la fièvre s’en mêle, le 15 ou le 112 prend le relais. Pour tous les autres cas, un rendez-vous avec une question précise suffit. « Une seule main pèle, mes pieds aussi, faut-il un examen KOH avant la crème ? » Cette phrase oriente mieux qu’une photographie floue d’une paume sèche.
Sources
- Chamorro MJ, Syed HA, House SA : Tinea Manuum. StatPearls, 1 mars 2024.
- Treatment of Ringworm. Centers for Disease Control and Prevention, 9 février 2026.
- Clinical Overview of Ringworm. Centers for Disease Control and Prevention, 29 avril 2026.
- Tinea Manuum: Symptoms, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 25 août 2022.
- Ringworm: Diagnosis and treatment. American Academy of Dermatology, mis à jour en 2026.
- Tinea manuum. DermNet, créé en 2003.
- Overview of Dermatophytoses. Merck Manual Professional Edition, octobre 2025.
- Caplan AS, Gold JAW et al. : Diagnosis and Management of Tinea Infections. American Family Physician, octobre 2025.
- El-Gohary M, van Zuuren EJ et al. : Topical antifungal treatments for tinea cruris and tinea corporis. Cochrane Database of Systematic Reviews, 4 août 2014.
- Hill RC, Caplan AS et al. : Expert Panel Review of Skin and Hair Dermatophytoses in an Era of Antifungal Resistance. American Journal of Clinical Dermatology, 18 mars 2024.
- Zhan P, Geng C, Li Z et al. : The epidemiology of tinea manuum in Nanchang area, South China. Mycopathologia, 14 juin 2013.
- Ringworm (body). Mayo Clinic, 26 avril 2022.
