
Le test SGOT, aujourd’hui appelé ASAT (aspartate aminotransférase), mesure dans le sang une enzyme abondante dans le foie, mais aussi dans le cœur, les muscles, les reins et d’autres tissus. Une valeur haute traduit surtout une fuite hors de cellules lésées, pas la capacité du foie à fabriquer des protéines ou à épurer le sang.
Beaucoup de comptes rendus parlent encore de « tests de fonction hépatique ». Les recommandations de l’American College of Gastroenterology (2017) et la fiche Mayo Clinic de mai 2025 classent pourtant l’ASAT parmi les marqueurs de lésion. Un chiffre isolé ne pose pas un diagnostic et n’indique pas l’étendue du tissu détruit.
Chez l’adulte, Mayo Clinic (2025) situe souvent le résultat entre 8 et 48 U/L chez les hommes et 8 et 43 U/L chez les femmes, alors que l’encyclopédie MedlinePlus (2025) cite 8 à 33 U/L. Un rapport ASAT/ALAT d’au moins 2 oriente vers une cause alcoolique. Une valeur supérieure à 15 fois la limite du laboratoire, ou un pic qui dépasse 1 000 UI/L selon le NHS SPS (2024), impose un avis médical rapide.
Qu’est-ce que le test SGOT mesure vraiment ?
Le SGOT dose l’aspartate aminotransférase, une enzyme qui accélère le transfert d’un groupe aminé de l’aspartate vers un autre acide. Les laboratoires français l’impriment aussi TGO ou ASAT. L’ancienne étiquette SGOT (serum glutamic-oxaloacetic transaminase) reste fréquente sur les ordonnances et dans les moteurs de recherche.
Cette protéine n’est pas cantonnée au foie. MedlinePlus (2024) la décrit surtout dans le foie, le cœur et les muscles. Merck (novembre 2025) y ajoute les reins, les globules rouges et le pancréas. Quand ces cellules se rompent, l’enzyme passe dans le plasma. C’est pourquoi une ASAT haute peut venir d’une hépatite, d’un effort musculaire ou, plus rarement, d’un infarctus.
Le dosage cherche une lésion, rappelle la fiche Mayo de 2025. Il ne dit pas si le foie conjugue encore la bilirubine ou synthétise les facteurs de coagulation. L’albumine, le temps de prothrombine et l’INR parlent davantage de cette fonction. L’AASLD (janvier 2025) ajoute que la hauteur du pic ne reflète pas l’étendue histologique de l’atteinte.
Le médecin le prescrit rarement seul. Il entre dans un bilan hépatique avec l’ALAT (TGP), les phosphatases alcalines, la bilirubine, parfois la gamma-GT, ou dans un bilan plus large. Ensemble, ces chiffres dessinent un profil cytolytique (transaminases au premier plan) ou cholestatique (phosphatases et bilirubine au premier plan). L’ASAT isolée, sans ALAT, pousse d’abord à chercher une source hors du foie.
Vous pouvez le recevoir sans aucun symptôme, à l’occasion d’un bilan. MedlinePlus le propose aussi en cas de nausées, de fatigue, d’ictère, d’urines foncées, de selles décolorées, de démangeaisons ou de gonflement abdominal, et pour surveiller une hépatite déjà connue, un médicament hépatotoxique, l’alcool, un diabète ou un surpoids.

Quelles valeurs de référence indiquent les laboratoires ?
La « normale » imprimée à droite de votre résultat est celle du laboratoire qui a mesuré l’échantillon, pas une constante universelle. MedlinePlus (2025) donne 8 à 33 U/L. Mayo Clinic (2025) distingue l’âge et le sexe. Hommes de 14 ans et plus, 8 à 48 U/L. Femmes du même âge, 8 à 43 U/L. Garçons de 1 à 13 ans, 8 à 60 U/L. Filles, 8 à 50 U/L. Le NHS SPS (2024) résume souvent 0 à 40 UI/L pour l’ALAT et l’ASAT.
Ces écarts ne sont pas des erreurs d’impression. Les réactifs, le cofacteur phosphate de pyridoxal (vitamine B6) et la population de référence changent d’un plateau à l’autre. Comparez toujours votre chiffre à la fourchette du même bulletin, dans la même unité (U/L ou UI/L). Un résultat « un peu au-dessus » dans un laboratoire peut rester dans la fourchette d’un autre.
Les recommandations ACG de 2017 ont abaissé ce que beaucoup de cliniques considèrent comme un ALAT vraiment sain, 29 à 33 UI/L chez l’homme et 19 à 25 UI/L chez la femme, après exclusion des personnes à risque de maladie du foie. Ces seuils concernent l’ALAT, plus spécifique du foie, pas l’ASAT. Les appliquer tel quel au SGOT fausserait la lecture. Merck (2025) reprend pourtant cette fourchette d’ALAT pour rappeler que beaucoup de laboratoires affichent encore une limite trop haute, héritée de populations où la stéatose était déjà fréquente.
Un ALAT dans la « normale » du bulletin n’exclut pas une maladie du foie, écrit l’ACG. L’inverse est vrai aussi. Mayo Clinic (2025) souligne que de petites variations d’ASAT sont banales, liées à un repas très gras, à un entraînement ou à un rhume. Un seul numéro ne suffit pas. Le médecin relie le chiffre aux symptômes, aux autres enzymes, à l’alcool, aux médicaments et au poids.
Les valeurs très basses sont rares. Mayo Clinic les rattache à un déficit en vitamine B6, à une maladie rénale chronique, à la dialyse, à une insuffisance hépatique extrême ou à une malnutrition. Elles méritent d’être signalées, sans en faire à elles seules un diagnostic.
Que signifie un taux de SGOT élevé ?
Une ASAT au-dessus de la limite du laboratoire signifie que davantage d’enzyme a quitté des cellules, hépatiques ou non. MedlinePlus (2025) liste parmi les causes hépatiques la cirrhose, l’hépatite, l’ischémie du foie, une tumeur, l’alcool, le paracétamol, l’hémochromatose et la mononucléose. Hors du foie, le même texte cite l’infarctus, une maladie ou un traumatisme musculaire, une pancréatite, des brûlures profondes, une crise convulsive et une opération récente.
La hauteur du chiffre oriente, elle ne classe pas la gravité histologique. L’AASLD (2025) le rappelle. Une stéatose peut rester à 1,5 fois la norme pendant des années. Une hépatite ischémique peut dépasser 1 000 UI/L en quelques heures puis redescendre. L’ACG (2017) propose des bandes pour organiser le bilan, pas pour « noter » le foie.
| Amplitude (ACG, 2017) | Définition | Situations souvent en cause |
|---|---|---|
| Limite | Moins de 2 fois la LSN | Stéatose métabolique, médicaments, alcool, effort |
| Légère | De 2 à 5 fois la LSN | Hépatites chroniques, stéatose, alcool |
| Modérée | De 5 à 15 fois la LSN | Hépatites aiguës, médicaments, maladie auto-immune |
| Importante | Plus de 15 fois la LSN | Ischémie, paracétamol, hépatite virale aiguë |
| Massive | Plus de 10 000 UI/L | Choc hépatique, intoxication |
La revue de Kalas et coll. (2021) coupe plutôt à 5 fois et à 15 fois la limite. Les deux grilles se recoupent. Passé 15 fois la norme, ou le seuil de 1 000 UI/L du NHS SPS (2024), il faut chercher une cause aiguë. Mayo Clinic (2025) parle de danger immédiat au-dessus de 10 000 UI/L, souvent choc hépatique, surdosage de paracétamol ou hépatite virale fulminante.
Une descente brutale des transaminases n’est pas toujours une bonne nouvelle. Merck (2025) décrit le cas où l’enzyme chute pendant que la bilirubine et l’INR montent. Il reste alors trop peu d’hépatocytes pour libérer l’ASAT. C’est le tableau d’une insuffisance hépatique aiguë, à traiter comme une urgence, pas comme une guérison.
Une légère hausse peut rester transitoire, note Cleveland Clinic (2026), après un médicament, une infection ou de l’alcool un week-end. Si la cause n’est pas évidente, le médecin contrôle et cherche, plutôt que de conclure sur un seul bulletin « presque normal ».
Que montre le rapport ASAT sur ALAT ?
Le rapport ASAT/ALAT, parfois appelé rapport de De Ritis, compare deux enzymes de cytolyse. L’ALAT est plus spécifique du foie. L’ASAT circule aussi depuis le muscle et le cœur. Dans la plupart des hépatites virales chroniques et dans la stéatose métabolique, l’ALAT dépasse l’ASAT, donc le rapport reste inférieur à 1.
Environ 90 % des personnes avec une maladie alcoolique du foie ont une ASAT plus haute que l’ALAT, et plus de 70 % un rapport supérieur à 2, selon l’ACG (2017). Un rapport supérieur à 3 renforce encore cette piste. Les chiffres restent souvent sous 300 UI/L. Merck (2025) explique ce profil par un manque de phosphate de pyridoxal, cofacteur plus critique pour l’ALAT, et par la libération d’ASAT mitochondriale. L’AASLD (2025) donne le même ordre de grandeur, autour de 90 % au-dessus de 2.
Ce rapport n’est pas un test d’alcoolémie. Une cirrhose d’une autre cause peut inverser ASAT et ALAT, en général sans dépasser 2. Une observation citée par l’ACG chez des patients atteints d’hépatite C trouvait un rapport moyen de 0,60 sans cirrhose et de 1,05 avec cirrhose. Une rhabdomyolyse aiguë peut, elle aussi, donner une ASAT très supérieure à l’ALAT au premier jour.
La gamma-GT accompagne parfois cette lecture. L’ACG la juge utile en complément d’un doute sur l’alcool, pas comme dépistage isolé d’une maladie du foie. Une gamma-GT haute avec des phosphatases alcalines hautes oriente vers la bile. Une gamma-GT normale avec une ASAT isolée ramène vers le muscle ou le cœur.
Le médecin lit ce rapport avec l’interrogatoire, pas à la place de celui-ci. Consommation quotidienne, épisode récent, arrêt brutal, autre maladie du foie déjà connue. Les seuils de consommation « à risque » utilisés en France relèvent du médecin ou de l’addictologue, pas d’un barème américain recopié tel quel.
Quand l’élévation ne vient pas du foie
Une ASAT haute n’égale pas automatiquement une hépatite. Merck (2025) la range parmi les enzymes peu spécifiques, présentes aussi dans le cœur, le muscle squelettique, le rein, les globules rouges et le pancréas. Mayo Clinic (2025) ajoute la rhabdomyolyse, un effort extrême, une myopathie, l’insuffisance cardiaque et l’infarctus. ACG (2017) conseille, une fois les causes hépatiques fréquentes écartées, de doser la créatine kinase (CPK) ou l’aldolase.
Une série hospitalière de 215 dossiers de rhabdomyolyse (CPK au moins égale à 1 000 U/L), publiée en 2010 par Weibrecht et coll., trouvait une ASAT anormale dans 93,1 % des cas et une ALAT anormale dans 75 %. L’ASAT redescendait en parallèle de la CPK pendant les six premiers jours. C’est une observation ancienne, mais Mayo Clinic (2025) continue de citer la rhabdomyolyse parmi les causes extra-hépatiques. Si vous avez couru un marathon, soulevé lourd ou présenté des urines couleur cola, dites-le avant qu’on programme une biopsie du foie.
Un entraînement intense la veille suffit parfois. Mayo Clinic demande souvent de l’éviter avant le prélèvement, parce que le muscle libère de l’ASAT. Douleur musculaire, chute, crise convulsive, brûlure profonde ou chirurgie récente appartiennent à la même famille, que MedlinePlus (2025) range parmi les hausses transitoires.
Côté cœur, l’ASAT n’est plus l’outil du diagnostic d’infarctus, remplacé par la troponine. Elle peut toutefois monter après un syndrome coronarien, une procédure cardiaque ou une insuffisance cardiaque congestive. Douleur thoracique, essoufflement et œdèmes pèsent alors plus que le bilan hépatique.
Comment se passe le prélèvement et comment s’y préparer ?
C’est une prise de sang veineuse, en général au pli du coude, qui dure moins de cinq minutes. Mayo Clinic (2025) décrit une piqûre brève, un tube, un pansement. Les résultats arrivent souvent en un à deux jours. Les risques restent ceux de tout prélèvement. Douleur locale, bleu, saignement, malaise vagal, infection exceptionnelle.
La préparation dépend de ce qui est prescrit avec l’ASAT. L’encyclopédie MedlinePlus (2025) n’exige rien de particulier pour le SGOT seul. La fiche « lab tests » du même site (2024) indique un jeûne possible jusqu’à 12 heures lorsque le dosage est groupé avec d’autres analyses. Demandez la consigne écrite du laboratoire.
L’alcool est à éviter pendant au moins 24 heures, selon Mayo Clinic (2025). Un entraînement lourd la veille peut faire monter l’ASAT d’origine musculaire. Les médicaments et compléments, y compris ceux achetés sans ordonnance, doivent être listés. Paracétamol à très haute dose, extraits de thé vert, certains antibiotiques, statines. MedlinePlus comme Mayo demandent de n’arrêter aucun traitement prescrit sans avis. Un arrêt brutal est souvent plus dangereux qu’un biais de laboratoire.
Signalez une phobie des aiguilles, un malaise lors d’un précédent prélèvement ou un trouble de la coagulation. Si vous vous sentez vaciller, dites-le tout de suite. Le repos allongé suffit le plus souvent.

Quels examens viennent après un SGOT élevé ?
Le premier réflexe n’est pas toujours de « refaire la même prise de sang dans six mois et d’attendre ». Les recommandations britanniques BSG de 2018 (Newsome et coll.) notaient que 84 % des anomalies persistaient à un mois et 75 % à deux ans. Elles demandaient de chercher la cause, plutôt que de répéter indéfiniment le même bilan. C’est une recommandation du Royaume-Uni. En France, le médecin traitant applique la conduite locale. L’idée utile reste la même. Une anomalie confirmée mérite une explication.
Histoire et examen d’abord, selon l’ACG (2017) et l’AASLD (2025). Alcool, médicaments, plantes, risque d’hépatite virale, diabète, tour de taille, antécédents familiaux, signes de maladie chronique du foie (ictère, ascite, angiomes stellaires). Le bilan initial réunit souvent NFS, ASAT, ALAT, phosphatases alcalines, bilirubine, TP/INR, sérologies B et C, bilan du fer et échographie abdominale.
Pour une hausse limite ou légère, ce socle peut suffire. Une hausse modérée fait souvent ajouter les anticorps d’hépatite auto-immune. Passé 15 fois la norme, on cherche une cause toxique (paracétamol), une ischémie, une thrombose veineuse hépatique, une hépatite virale aiguë. Une insuffisance hépatique aiguë (INR allongé et encéphalopathie chez une personne sans cirrhose connue) est une urgence, quel que soit le niveau d’ALAT, rappelle l’ACG.
Chez l’adulte, la BSG liste un écran type (échographie, HBs, VHC, auto-anticorps, immunoglobulines, ferritine et saturation). Wilson, déficit en alpha-1-antitrypsine et maladie cœliaque selon l’âge et le tableau. Le médecin français choisit parmi ces pistes. Il n’est pas tenu par le protocole britannique. L’élastométrie et les scores de fibrose (FIB-4) viennent ensuite, surtout en cas de stéatose métabolique. Une biopsie reste rare.
- Une CPK haute avec une ASAT isolée oriente vers le muscle plutôt que vers le foie.
- Une ferritine et une saturation de transferrine hautes font discuter une hémochromatose.
- Une échographie avec stéatose et un syndrome métabolique font discuter une MASLD.
- Un TP allongé avec une bilirubine qui monte impose un avis hospitalier rapide.
Alcool, paracétamol et autres médicaments
L’alcool reste une cause fréquente d’ASAT haute, seule ou associée à une autre maladie du foie. L’ACG (2017) parlait d’une consommation « significative » au-dessus de 210 g d’alcool par semaine chez l’homme et 140 g chez la femme. Ces seuils américains ne sont pas la norme française. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien comment lire votre consommation réelle. L’arrêt, même court, peut faire redescendre les enzymes. Le NHS SPS (2024) propose souvent un contrôle après un mois sans alcool lorsque cette piste est retenue.
Le paracétamol (jamais « acétaminophène » sur une ordonnance française) est l’autre grand pourvoyeur de pics. Mayo Clinic (2025) relie les très hautes doses à une lésion hépatique et à une ASAT qui s’envole. Le NHS SPS place le surdosage de paracétamol parmi les tableaux au-dessus de 1 000 UI/L, aux côtés de l’hépatite virale aiguë, de l’ischémie et de l’hépatite auto-immune. Cleveland Clinic (2026) range aussi le paracétamol et les statines parmi les causes courantes d’enzymes hautes. La dose maximale autorisée en France et la conduite en cas de surdosage relèvent du médecin, du pharmacien et du 15. Vérifiez la composition avant d’associer plusieurs sirops, comprimés « rhume » et antalgiques.
Presque tous les médicaments peuvent, un jour, déplacer une transaminase, écrit l’ACG. Antibiotiques, antiépileptiques, antituberculeux, antirétroviraux, AINS, chimiothérapies, extraits de plantes (germandrée, chaparral, thé vert concentré). Les statines font souvent monter un peu l’ALAT et l’ASAT. L’ACG souligne pourtant leur sécurité dans la plupart des maladies chroniques du foie, avec de rares hépatites vraies. Arrêter une statine sur un bulletin isolé, sans avis, fait courir un risque cardiovasculaire pour un bénéfice incertain.
Plantes, fer et vitamine A à haute dose figurent aussi parmi les causes listées par Cleveland Clinic (2026). Apportez les boîtes au rendez-vous. Un calendrier (date de début, date du pic) aide plus qu’un souvenir flou. Si la piste médicamenteuse est retenue, on surveille, on réduit ou on remplace. On n’improvise pas un « lavage de foie ». En cas de doute sur un surdosage de paracétamol, le 15 (SAMU) ou le 112 est le bon numéro.
Grossesse, prééclampsie, HELLP et stéatose aiguë
Une ASAT haute pendant la grossesse n’est pas un simple artefact. Mayo Clinic (2025) prescrit ce dosage lorsque des symptômes hépatiques apparaissent chez une femme enceinte, et liste plusieurs complications. Prééclampsie (hypertension et atteinte d’organe). Syndrome HELLP (hémolyse, enzymes hépatiques hautes, plaquettes basses). Stéatose aiguë gravidique, rare et grave, au troisième trimestre. Cholestase gravidique, plutôt responsable de prurit intense.
Ces tableaux ne se lisent pas sur l’ASAT seule. Tension artérielle, protéines urinaires, plaquettes, bilirubine, douleur sous le rebord costal droit, maux de tête, troubles visuels. L’ACG range le HELLP parmi les causes d’élévation importante des transaminases. Une femme enceinte avec une ASAT qui double, une douleur épigastrique et des plaquettes qui chutent n’attend pas « le contrôle dans quinze jours ».
La stéatose aiguë gravidique peut s’accompagner d’une hypoglycémie, d’une coagulation perturbée et d’une insuffisance hépatique. Mayo Clinic la décrit comme une urgence du dernier trimestre. Le traitement n’est pas un régime. C’est une prise en charge obstétricale, souvent un accouchement, dans un service adapté.
Hors de ces urgences, une légère hausse isolée existe aussi. MedlinePlus rappelle que la grossesse peut élever l’ASAT. Le médecin départage alors une variation bénigne, une cholestase (prurit, acides biliaires) et un début de prééclampsie. Apportez le bulletin le jour même s’il s’accompagne d’autres signes. Un chiffre isolé, à peine au-dessus de la norme, se discute avec l’équipe de suivi. Les protocoles français relèvent du gynécologue-obstétricien ou de la sage-femme.
Quand le SGOT impose de consulter
Toute ASAT hors norme n’envoie pas aux urgences. Mayo Clinic (2025) décrit de petites hausses fréquentes, à relire avec le reste du bilan. À l’inverse, certains tableaux ne se « surveillent » pas à la maison.
Un avis hospitalier urgent s’impose, selon le NHS SPS (2024), en cas d’ictère, de perte de poids, de cholestase marquée, d’ascite, d’encéphalopathie, de saignement, d’albumine basse, d’INR allongé ou de bilan très dérangé. Appelez le 15 ou le 112 si une jaunisse s’installe en quelques heures, si vous vomissez du sang, si vous ne parvenez plus à tenir une conversation cohérente, si le ventre gonfle d’un coup ou si un saignement ne s’arrête pas.
Une ASAT à plus de 15 fois la limite du laboratoire, un résultat au-dessus de 1 000 UI/L, ou un pic à 10 000 UI/L, relèvent du même niveau d’alerte, d’après l’ACG, le NHS SPS et Mayo Clinic. Dites si vous avez pris du paracétamol en grande quantité, si vous avez eu un collapsus, une douleur thoracique ou un effort musculaire extrême. Ces trois pistes changent l’orientation.
Sans ces drapeaux rouges, prenez rendez-vous avec le médecin qui a prescrit le dosage, en apportant le bulletin complet. Listez l’alcool de la semaine, les médicaments, les plantes et un éventuel entraînement intense. Une grossesse en cours, même débutante, doit être mentionnée. Chez l’enfant, la BSG (2018) demandait un seuil bas d’adressage pédiatrique, parce que les causes de l’adulte y sont plus rares.
- Un ictère d’apparition récente, des selles décolorées ou des urines très foncées justifient un contact médical le jour même.
- Une confusion, une somnolence inhabituelle ou un saignement qui ne s’arrête pas relèvent du 15 ou du 112.
- Une ASAT isolée après un marathon, sans ictère, oriente d’abord vers un contrôle avec CPK chez le médecin traitant.
- Une hausse persistante au-delà d’un contrôle, même modeste, mérite une cause plutôt qu’une nouvelle attente.
Questions fréquentes
Faut-il être à jeun pour doser le SGOT ?
Pas forcément si l’ASAT est prescrite seule. L’encyclopédie MedlinePlus (2025) n’impose pas de préparation particulière. Un jeûne de 10 à 12 heures devient fréquent dès que le laboratoire ajoute un bilan plus large (sucre, triglycérides). Suivez la consigne écrite sur votre ordonnance.
Un SGOT un peu au-dessus de la norme est-il grave ?
Souvent non, à lui seul. Mayo Clinic (2025) décrit des variations légères liées à l’effort, à l’alimentation ou à un médicament. La BSG (2018) rappelait pourtant que même une anomalie « un peu au-dessus » peut révéler une maladie chronique. Le médecin confirme le chiffre et cherche une cause, au lieu de conclure sur un seul bulletin.
Quelle est la différence entre ASAT (SGOT) et ALAT (SGPT) ?
Les deux sont des transaminases de cytolyse. L’ALAT (TGP) est plus spécifique du foie. L’ASAT (TGO) existe aussi dans le muscle et le cœur. Une hausse des deux plaide pour une atteinte hépatique. Une ASAT haute avec une ALAT presque normale pousse à doser la CPK et à revoir le contexte musculaire ou cardiaque.
Un effort physique peut-il fausser le résultat ?
Oui. Mayo Clinic (2025) déconseille un entraînement lourd avant le prélèvement, car le muscle libère de l’ASAT. Une rhabdomyolyse peut faire grimper l’enzyme sans hépatite. Signalez une séance intense, une chute ou des urines très sombres. Un contrôle à distance de l’effort, avec une CPK, évite souvent des examens inutiles.
Un SGOT bas est-il inquiétant ?
C’est beaucoup plus rare qu’une hausse. Mayo Clinic (2025) l’associe à un manque de vitamine B6, à une maladie rénale chronique, à la dialyse, à une insuffisance hépatique extrême ou à une malnutrition. Le médecin interprète ce chiffre avec l’état nutritionnel et les autres analyses, pas isolément.
Le test SGOT diagnostique-t-il un cancer du foie ?
Non. Mayo Clinic (2025) écrit qu’il ne sert pas à diagnostiquer un cancer, même s’il peut accompagner d’autres examens lorsqu’une tumeur est déjà suspectée. MedlinePlus cite tumeur ou cancer parmi les causes possibles d’ASAT haute, au milieu d’une longue liste. L’imagerie et, si besoin, un avis spécialisé tranchent. L’enzyme ne « voit » pas une tumeur.
Conclusion
Le SGOT n’est ni un verdict ni une note de « fonction » du foie. C’est un signal de fuite enzymatique, à relire avec l’ALAT, les phosphatases, la bilirubine, le TP et votre histoire (alcool, paracétamol, effort, grossesse, médicaments). Les fourchettes varient d’un laboratoire à l’autre. Les bandes de l’ACG (2017) et les seuils Mayo (15 fois la norme, 10 000 UI/L) ou NHS SPS (1 000 UI/L) servent à trier l’urgence, pas à poser un nom de maladie.
Si votre bulletin sort de la fourchette imprimée, le geste utile est concret. Reprenez le document entier, pas seulement la ligne SGOT. Notez l’alcool des sept derniers jours, la liste des comprimés et des plantes, un éventuel entraînement intense. Apportez cela au médecin prescripteur. Demandez si une CPK, une échographie ou des sérologies d’hépatite sont indiquées, plutôt qu’un nouveau dosage isolé dans six mois.
Ictère d’installation rapide, confusion, saignement, ventre gonflé, douleur vive de l’hypochondre droit, grossesse avec maux de tête et plaquettes basses, ou chiffre au-delà de 15 fois la norme. Dans ces cas, le 15 ou le 112, ou les urgences, précèdent le rendez-vous de contrôle. Ailleurs, une cause identifiée (stéatose, alcool, médicament, muscle) se discute, se surveille et se traite. L’enzyme, elle, n’est que le témoin.
Sources
- AST Test: MedlinePlus Medical Test. MedlinePlus, mis à jour en 2024.
- Aspartate aminotransferase (AST) blood test. MedlinePlus Medical Encyclopedia, 1er janvier 2025.
- Aspartate aminotransferase (AST) blood test. Mayo Clinic, 20 mai 2025.
- Saiman Y : Laboratory Tests of the Liver and Gallbladder. Merck Manual Professional Edition, novembre 2025.
- Kwo PY, Cohen SM, Lim JK : ACG Clinical Guideline: Evaluation of Abnormal Liver Chemistries. American Journal of Gastroenterology, janvier 2017.
- How to approach elevated liver enzymes?. American Association for the Study of Liver Diseases, 17 janvier 2025.
- Elevated Liver Enzymes: Causes, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 4 mai 2026.
- Assessing liver function and interpreting liver blood tests. NHS Specialist Pharmacy Service, 1er mai 2024.
- Newsome PN, Cramb R et al. : Guidelines on the management of abnormal liver blood tests. Gut (BMJ Journals), janvier 2018.
- Kalas MA, Chavez L, Leon M et al. : Abnormal liver enzymes: A review for clinicians. World Journal of Hepatology, 27 novembre 2021.
- Weibrecht K, Dayno M, Darling C et al. : Liver aminotransferases are elevated with rhabdomyolysis in the absence of significant liver injury. Journal of Medical Toxicology, septembre 2010.
