
Le genu valgum, que l’on nomme aussi genoux en X ou jambes en X, décrit un alignement où les genoux se rapprochent alors que les chevilles restent distantes. Chez la plupart des enfants, il s’agit d’une étape normale de la croissance, la plus marquée vers 3 ou 4 ans, qui s’atténue habituellement vers 7 ou 8 ans sans attelle ni opération.
Beaucoup de parents s’inquiètent en voyant les genoux se coller sur une photo de classe ou lorsque l’enfant court avec les pieds un peu écartés. Or, jusqu’à trois quarts des enfants de 3 à 5 ans présentent ce morphotype, d’après les ressources pédiatriques du NHS britannique. Les chaussures spéciales et les attelles n’accélèrent pas ce redressement naturel.
Une distance entre les malléoles internes supérieure à 8 cm, un valgum qui s’aggrave après 7 ans, ou une déviation limitée à une jambe, font rechercher une cause. Chez l’enfant encore en croissance, le traitement de référence d’un valgum pathologique est souvent une hémépiphysiodèse temporaire, dite croissance guidée, lorsque deux années de croissance restent disponibles. Un valgum non corrigé à l’âge adulte peut surcharger le compartiment externe du genou et favoriser une arthrose, et non une ostéoporose.
Qu’est-ce que le genu valgum, ou genoux en X
Le genu valgum est une déviation du membre inférieur dans le plan frontal. Debout, les condyles fémoraux internes se touchent ou se rapprochent, tandis qu’un espace persiste entre les malléoles. Personne n’a les jambes parfaitement droites. L’axe habituel de l’adulte garde même un léger valgum, de l’ordre de 3 à 5 degrés d’après la synthèse StatPearls mise à jour en 2023.
Le mot latin valgum désigne ce basculement vers l’intérieur du genou. L’anglais parle de knock knees. En France, les familles et les orthopédistes pédiatriques disent plutôt genoux en X, jambes en X ou morphotype valgum. Le contraire est le genu varum, les jambes en O, fréquent chez le nourrisson qui commence à marcher.
L’apparence trompe parfois. Une antéversion fémorale marquée, une torsion tibiale externe, un pied plat et un relâchement ligamentaire élargissent l’espace entre les chevilles sans que l’os soit réellement coudé. Si l’on replace les rotules bien de face, le valgum « vrai » peut s’avérer plus discret que sur la photo de face pieds en avant. C’est pourquoi l’examen ne se limite pas à regarder l’enfant habillé.
La déviation naît le plus souvent du fémur distal, plus rarement du tibia proximal, parfois des deux. Distinguer le siège importe lorsque l’on discute d’une correction, car on agit sur l’os responsable. Un valgum physiologique de la petite enfance n’est pas une maladie. Un valgum pathologique, lui, sort des limites d’âge et d’amplitude, ou s’accompagne d’une cause osseuse, métabolique ou traumatique.

Une étape normale de la croissance des jambes
Les nouveau-nés naissent plutôt en varum, les jambes arquées, avec un angle fémoro-tibial de l’ordre de 15 à 20 degrés en varus. L’axe devient à peu près droit vers 18 à 24 mois, puis bascule en valgum. Le pic se situe vers 3 ou 4 ans, avec souvent 10 à 15 degrés de valgum. L’angle redescend ensuite vers un valgum résiduel d’environ 3 à 5 degrés vers 7 ans, d’après StatPearls, qui s’appuie notamment sur la courbe classique de Salenius et Vankka.
La revue de Coppa et coll. dans le World Journal of Orthopedics (2022) situe l’angle anatomique mature vers 8 ans, autour de 6 degrés de valgum, un peu plus marqué chez les filles que chez les garçons. Un valgum supérieur à 15 degrés qui persiste après 8 à 10 ans se corrige rarement tout seul. Ces fourchettes se recouvrent. Elles rappellent surtout qu’un enfant de 4 ans « en X » n’a, le plus souvent, rien d’anormal.
Jusqu’à trois quarts des enfants de 3 à 5 ans ont les genoux qui se touchent, d’après les ressources NHS Healthier Together. Le même calendrier, avec un redressement habituel vers 7 ou 8 ans, figure sur la page Cleveland Clinic mise à jour en 2026 et chez Nemours KidsHealth. Le Merck Manual (novembre 2024) précise même qu’un valgum encore marqué se résout souvent spontanément jusqu’à 9 ans. Les filles tendent à garder un peu plus de valgum que les garçons.
Cette phase n’empêche pas de courir, de sauter ni de faire du sport. Les enfants au morphotype physiologique n’ont pas à limiter leurs activités, rappelle Nemours KidsHealth. La gêne, quand elle existe, vient surtout du frottement des genoux, d’une démarche un peu maladroite ou du regard des autres, pas d’une destruction articulaire.
Quelles causes rendent le morphotype pathologique
La grande majorité des valgum de 3 à 5 ans sont physiologiques, sans maladie sous-jacente. Le valgum devient pathologique lorsqu’il persiste ou s’aggrave après 7 ans, lorsqu’il n’atteint qu’un côté, ou lorsqu’une maladie du cartilage de croissance, du métabolisme ou du squelette le produit. Après 7 ans, le Cleveland Clinic Consult QD (2024) considère le valgum comme anormal s’il sort de cette fenêtre.
Les causes bilatérales à rechercher comprennent les dysplasies squelettiques (dysplasie spondylo-épiphysaire, syndrome d’Ellis-van Creveld), les maladies métaboliques de l’os, notamment le rachitisme carentiel ou hypophosphatémique et l’ostéodystrophie rénale, et certaines maladies de surcharge comme le syndrome de Morquio. Une hyperlaxité, parfois dans le cadre d’un syndrome d’Ehlers-Danlos, peut accentuer l’apparence en X. Une carence en vitamine D ou en calcium, plus rare aujourd’hui dans les pays à fort ensoleillement et à alimentation enrichie, reste une piste si la croissance, le rachis ou les poignets sont également inhabituels.
D’un seul côté, on cherche plutôt un traumatisme du cartilage de croissance, une infection osseuse (ostéomyélite), une tumeur bénigne (exostoses, dysplasie fibreuse) ou un phénomène de Cozen. Ce dernier survient après une fracture de la métaphyse tibiale proximale, même peu déplacée. L’hypervascularisation de la consolidation ferait trop pousser le versant interne. Le maximum de déviation apparaît souvent vers un an, puis une correction spontanée est fréquente en un à deux ans, parfois davantage.
Chez l’adulte, le valgum peut rester le témoin d’un morphotype infantile non corrigé, ou apparaître avec une arthrose du compartiment externe, un cal vicieux après fracture, une atteinte ligamentaire ou un excès de poids qui charge le genou en dehors. MedlinePlus et le Merck Manual relient le valgum non traité à une arthrose précoce du genou, pas à une ostéoporose. L’obésité n’est pas une cause unique, mais elle peut modifier la croissance et amplifier l’écart des chevilles.
- Un valgum limité à une jambe oriente vers un traumatisme, une infection ou une lésion locale du cartilage de croissance.
- Une petite taille, sous le dixième percentile, fait chercher un rachitisme ou une dysplasie plutôt qu’un simple morphotype.
- Une fracture du tibia proximal chez l’enfant impose de surveiller un valgum retardé malgré un cliché rassurant.
- Un valgum qui commence à l’adolescence n’est pas le calendrier physiologique et mérite un bilan ciblé.
Douleur, démarche et autres signes associés
Le valgum physiologique est le plus souvent indolore. Les parents consultent pour l’apparence, la peur de chuter ou le frottement des genoux. Douleur, boiterie, faiblesse ou difficulté à courir sortent du tableau banal, d’après Nemours KidsHealth.
Quand la déviation augmente, la marche peut se faire pieds en dehors, les genoux se frottent, et la rotule peut basculer vers le dehors. StatPearls mentionne aussi une subluxation latérale de la rotule et une douleur parfois interne du genou ou de la cheville, éventuellement précédée d’un pied plat. Ces signes ne « prouvent » pas une maladie, mais ils justifient un examen plus attentif.
À l’âge adulte, le valgum déplace la charge vers le compartiment externe. La douleur se localise alors plutôt sur le versant latéral, parfois avec une impression d’instabilité interne, le ligament collatéral médial étant étiré. Une arthrose fémoro-patellaire ou une rotule qui se dérobe peuvent s’y associer. Ces mécaniques expliquent pourquoi l’on corrige un valgum pathologique avant la fermeture des cartilages, plutôt que d’attendre une usure installée.
La raideur, un genou qui se bloque, un gonflement chaud ou de la fièvre n’appartiennent pas au morphotype de croissance. Ils font évoquer une arthrite, une infection ou un blocage mécanique et changent complètement l’urgence de la consultation.
Quand le genu valgum justifie une consultation
Un enfant de 3 ou 4 ans, les deux genoux symétriques, qui court sans se plaindre, n’a en général besoin que d’une surveillance par le médecin traitant. On consulte plus vite si le morphotype sort du calendrier, s’il est asymétrique, douloureux, ou associé à une petite taille. L’Académie américaine de pédiatrie, sur HealthyChildren (mise à jour en décembre 2025), retient notamment un valgum qui persiste après 7 ans, une courbure extrême, un seul côté atteint et une taille inhabituellement basse.
Les seuils chiffrés aident, sans remplacer l’examen. StatPearls juge pathologique une distance intermalléolaire supérieure à 8 cm, genoux en contact. Coppa et coll. retiennent plus de 7 cm après 7 ans, ou plus de 15 degrés d’angle fémoro-tibial après 8 à 10 ans. Le NHS britannique conseille de revoir un médecin si le valgum reste très marqué après 8 ans, s’il n’est pas le même des deux côtés, ou s’il existe une douleur nocturne, un gonflement, un genou qui se bloque ou une impossibilité de plier et d’étendre l’articulation.
En France, le médecin traitant ou le pédiatre pose d’abord le cadre, puis oriente vers un orthopédiste pédiatrique si besoin. Le calendrier d’imagerie et d’opération suivra la pratique locale, qui peut différer des repères américains ou britanniques cités ici.
| Situation clinique | Interprétation habituelle | Conduite souvent proposée |
|---|---|---|
| Genoux en X symétriques entre 2 et 6 ans, sans douleur ni boiterie | Morphotype physiologique de croissance | Surveillance, photos à quelques mois d’intervalle |
| Distance intermalléolaire supérieure à 8 cm | Valgum jugé excessif | Examen spécialisé, souvent radiographie des membres en charge |
| Un seul côté atteint, ou différence nette entre les deux jambes | Cause locale plus probable (fracture, infection, lésion) | Imagerie et avis d’orthopédie pédiatrique |
| Persistance ou aggravation après 7 ou 8 ans | Valgum pathologique possible | Bilan d’alignement, discussion d’une croissance guidée |
| Fièvre, genou chaud et gonflé, impossibilité de marcher | Urgence articulaire, pas un simple morphotype | Appeler le 15 ou le 112 |
- Une douleur qui réveille l’enfant la nuit n’est pas un simple inconfort de croissance et doit être examinée.
- Un genou qui se bloque ou refuse de se tendre sort du cadre du morphotype en X.
- Une fièvre avec rougeur et chaleur locales fait craindre une infection et justifie un appel au 15 ou au 112.
Comment le médecin évalue l’alignement
Le diagnostic est d’abord clinique. Le médecin mesure la taille et le poids, replace l’enfant sur sa courbe, compare les deux jambes, observe la marche et palpe les genoux. La distance intermalléolaire, condyles fémoraux au contact, donne un chiffre reproductible d’une visite à l’autre, même si sa précision a des limites. L’angle fémoro-tibial au goniomètre complète le geste. On cherche aussi une inégalité de longueur, une hyperlaxité, un pied plat et un profil torsionnel (rotation de hanche, angle cuisse-pied).
Les radiographies ne sont pas indiquées pendant la phase physiologique, chez un enfant de 2 à 5 ans, indolore, symétrique et de taille normale. StatPearls les réserve à l’asymétrie, à un valgum cliniquement excessif, à un âge hors calendrier, à une taille sous le dixième percentile, ou à un antécédent de traumatisme ou d’infection. L’image de référence est alors une radiographie des membres inférieurs en charge, de la hanche à la cheville, rotules de face.
Sur ce cliché, l’axe mécanique relie le centre de la tête fémorale au centre de la cheville. Il devrait traverser le milieu du genou. Un valgum le fait passer en dehors. Les angles mLDFA et MPTA, normalement voisins de 85 à 90 degrés, disent si la déviation vient du fémur, du tibia ou des deux. Un consensus international publié en 2025 dans le Journal of Pediatric Orthopaedics (Ranade et coll.) s’accorde pour obtenir ce grand cliché de face et mesurer les angles d’orientation articulaires.
Une prise de sang n’est utile que si l’on suspecte un rachitisme ou une maladie métabolique. L’IRM n’est pas l’examen de première intention pour l’alignement. Elle peut venir plus tard, pour une tumeur, un cartilage ou une rotule, sur indication ciblée. Porter les anciennes semelles usées à la consultation aide parfois à voir un appui inégal, sans remplacer la radiographie.

Ce que valent observation, attelles et exercices
Pour un valgum physiologique, le traitement est l’observation. Si l’inquiétude persiste, un rendez-vous de contrôle tous les 3 à 6 mois suffit, avec une radiographie seulement en cas d’aggravation clinique, d’après Coppa et coll. Rassurer les parents fait partie du soin. Des photos prises de face, à quelques mois d’intervalle, montrent souvent mieux l’évolution qu’un souvenir.
Les attelles, barres de connexion, coins de chaussures et semelles n’accélèrent pas le redressement d’un morphotype normal. Ces dispositifs, autrefois prescrits, se sont révélés inutiles et ne sont plus employés, d’après Nemours KidsHealth. L’Académie américaine de pédiatrie écrit que les attelles, les chaussures correctrices et l’exercice aident rarement et peuvent même gêner le développement. Les ressources NHS Healthier Together aboutissent à la même conclusion.
Une attelle de nuit après 7 ans apparaît encore dans l’encyclopédie MedlinePlus mise à jour en octobre 2024. Les textes d’orthopédie pédiatrique plus spécialisés ne la retiennent pas pour le valgum physiologique. En cas de discordance, on s’en tient à l’avis de l’orthopédiste qui suit l’enfant, et à la pratique française que le médecin vous expliquera.
La kinésithérapie ne redresse pas un os en croissance. Elle peut, en revanche, aider un enfant douloureux, maladroit, ou un adulte dont les muscles du genou sont faibles, à mieux contrôler l’appui. Des exercices pour soutenir les articulations, évoqués par la Cleveland Clinic, visent un valgum marqué et gênant, pas à « recoller » les chevilles d’un enfant de 4 ans. Un excès de poids charge les genoux. Viser un poids adapté à l’âge, avec l’aide du médecin traitant, est raisonnable. Ce n’est pas une méthode miracle de correction d’axe.
Si un rachitisme est confirmé, le traitement est d’abord médical (vitamine D, calcium, parfois prise en charge d’une forme génétique par un endocrinologue). Certaines déviations métaboliques s’améliorent une fois la maladie traitée, d’après StatPearls. Les doses se décident au cas par cas, selon un protocole local et une ordonnance.
Croissance guidée, ostéotomie et remplacement du genou
Lorsque le valgum pathologique persiste chez un enfant qui a encore de la croissance, l’hémépiphysiodèse temporaire est le traitement de choix. Une petite plaque en bande de tension, des agrafes ou une vis transphysaire ralentissent le cartilage interne du fémur distal, parfois du tibia proximal. Le versant externe continue de pousser, et l’axe se redresse progressivement. Le principe est celui de Hueter-Volkmann. Une compression ralentit la croissance, une traction la favorise.
Le consensus Delphi de 2025, obtenu auprès de 29 chirurgiens de 17 pays, ne recommande pas d’opérer sur la seule distance intermalléolaire. Il retient une indication lorsque l’axe mécanique tombe en zone 2 ou au-delà du plateau tibial, du côté externe, et une croissance guidée par plaque en bande de tension s’il reste au moins deux ans de croissance. La revue systématique d’Artioli et coll. (The Knee, 2023) sur 237 patients trouve un âge moyen de 11,4 ans, un traitement d’environ 12 mois, et un rebond de la déviation dans 6,7 % des cas. Les auteurs proposent, comme ordre de grandeur, un âge d’au moins 8 ans, une distance intermalléolaire supérieure à 8 cm et un mLDFA inférieur à 87 degrés.
Le suivi est serré, tous les 3 à 4 mois, pour retirer le matériel à temps et éviter une hypercorrection en varum. Un léger dépassement est parfois accepté chez les plus jeunes, car le cartilage interne peut « rebondir » après le retrait, calendrier décrit par Paez et Gurd (Cleveland Clinic Consult QD, 2024). Les complications possibles comprennent le bris de vis, surtout en cas d’obésité, un défaut de correction, une infection et, très rarement, une fermeture prématurée du cartilage si le matériel reste trop longtemps ou s’il est posé sous le périoste.
Après fermeture des cartilages, ou s’il ne reste plus assez de croissance, on passe à l’ostéotomie, le plus souvent fémorale distale (coin interne refermé ou coin externe ouvert). Une ostéotomie tibiale qui ramène un valgum vers le varus met le nerf fibulaire en jeu. Le consensus 2025 s’accorde pour une décompression de ce nerf lors d’une ostéotomie d’ouverture aiguë de plus de 20 degrés, pas pour une correction progressive. Chez l’adulte avec arthrose externe isolée, l’ostéotomie fémorale distale vise à reporter la charge vers le dedans et à reculer le moment d’une prothèse. Shivji et coll. (2021) rapportent une survie de 89 % à 10 ans dans une série britannique de 86 ostéotomies, avec 4,7 % de complications. Une prothèse totale ou partielle reste une option lorsque l’usure est étendue. Le chirurgien en France appliquera les indications locales, qui peuvent différer des séries nord-américaines ou britanniques.
Si le valgum persiste à l’âge adulte
Un léger valgum d’adulte, dans les 3 à 7 degrés, est banal et n’appelle aucun geste. Le problème est le valgum marqué, douloureux, ou associé à une usure externe. Le Merck Manual et MedlinePlus lient le défaut d’axe non traité à une arthrose du genou. Coppa et coll. décrivent le cercle de Hueter-Volkmann. La surcharge comprime encore le cartilage de croissance du côté concave chez l’enfant, ce qui peut aggraver la déviation. Chez l’adulte, la même surcharge use le cartilage articulaire externe.
Le seuil exact à partir duquel un valgum « fabrique » une arthrose n’est pas établi, d’après la synthèse StatPearls de 2023. Une opération ne prévient donc pas l’usure à coup sûr. Un axe recentré soulage souvent la douleur latérale, améliore la mécanique et peut retarder une prothèse, comme le montrent les survies d’ostéotomie à 10 ans. La décision pèse l’âge, le sport, le poids, l’état du cartilage interne et la motivation à une rééducation plus longue qu’après une prothèse.
Les adultes qui consultent pour des genoux en X ont parfois un autre diagnostic au premier plan. Une arthrose déjà avancée, une instabilité rotulienne, une rupture ligamentaire ancienne ou une inégalité de longueur peuvent dominer le tableau. Le bilan d’alignement en charge reste le bon point de départ, puis le chirurgien du genou discute ostéotomie, reconstruction ligamentaire ou prothèse. Les exercices, le poids et éventuellement des semelles visent ici le confort, pas une correction osseuse.
Questions fréquentes
Mon enfant de 4 ans a les genoux qui se touchent, est-ce normal ?
Oui, c’est l’âge où le morphotype en X est le plus fréquent et le plus marqué. S’il court, qu’il ne se plaint pas et que les deux jambes se ressemblent, une simple surveillance suffit le plus souvent. On revoit le médecin si la déviation s’aggrave, devient unilatérale ou s’accompagne d’une douleur.
Les semelles ou les attelles corrigent-elles les genoux en X ?
Non, pas pour un valgum physiologique de l’enfance. Nemours KidsHealth, l’Académie américaine de pédiatrie, Coppa et coll. et le NHS indiquent que semelles, attelles et chaussures spéciales n’accélèrent pas le redressement naturel. Elles peuvent encore servir, plus tard, à soulager un appui douloureux, sans redresser l’os.
Faut-il une radiographie pour un genu valgum ?
Pas chez un jeune enfant indolore, symétrique et dans la bonne fenêtre d’âge. Une radiographie des membres en charge, hanche-cheville, devient utile après 7 ou 8 ans, en cas d’asymétrie, de petite taille, de traumatisme ou de valgum très marqué.
Le surpoids aggrave-t-il les jambes en X ?
Il peut augmenter l’écart visible entre les chevilles et charger les genoux. Ce n’est pas une cause unique. Un poids plus adapté, discuté avec le médecin traitant, soulage les articulations. Il ne remplace pas le bilan d’un valgum pathologique.
Un adulte peut-il développer un genu valgum ?
Oui, par persistance d’un morphotype de l’enfance, arthrose externe, cal vicieux ou relâchement ligamentaire. La douleur se situe souvent sur le versant latéral du genou. Le bilan d’axe en charge guide alors une éventuelle ostéotomie ou une prothèse.
La vitamine D prévient-elle les genoux en X ?
Elle ne prévient pas le valgum physiologique, qui n’est pas une carence. Elle entre dans le traitement d’un rachitisme avéré, prescrit par le médecin, parfois avec du calcium. On ne donne pas de doses « pour redresser les jambes » sans diagnostic.

Conclusion
Le genu valgum de la petite enfance est, dans l’immense majorité des cas, un morphotype de croissance et non une maladie. Il culmine vers 3 ou 4 ans, concerne une grande partie des enfants de cet âge, et s’atténue le plus souvent vers 7 ou 8 ans. Attelles et semelles n’ont pas montré d’effet sur cet axe naturel. Il reste à reconnaître le petit nombre de situations où le valgum est excessif, unilatéral, douloureux ou trop tardif.
Si vous êtes parent, un bon premier geste est de prendre une photo de face, pieds nus, rotules au milieu, et de la comparer trois à quatre mois plus tard. Entre-temps, notez si l’enfant se plaint, boite, ou si une jambe « tire » plus que l’autre. Ces éléments, plus qu’une angoisse sur l’esthétique, aident le médecin traitant à décider d’une mesure de la distance intermalléolaire, d’une radiographie en charge ou d’un avis d’orthopédie pédiatrique.
Chez l’adolescent encore en croissance, la question utile à poser porte sur le temps de croissance restant et sur la position de l’axe mécanique, pas seulement sur l’écart des chevilles. Chez l’adulte douloureux, le même cliché d’alignement permet de discuter ostéotomie ou prothèse plutôt que de « vivre avec ». Un valgum négligé expose surtout à une usure externe du genou. Ce risque se discute avec des chiffres et des clichés, pas avec des promesses de correction garantie.
Sources
- Patel M, Nelson R : Genu Valgum – StatPearls – NCBI Bookshelf. StatPearls, 29 mai 2023.
- Coppa V, Marinelli M et al. : Coronal plane deformity around the knee in the skeletally immature population: A review of principles of evaluation and treatment. World Journal of Orthopedics, 18 mai 2022.
- Knock Knees (Genu Valgum): What Is It, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 16 mars 2026.
- Knock knees: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 20 octobre 2024.
- Genu Varum (Bowlegs) and Genu Valgum (Knock-Knees). Merck Manual Professional Edition, novembre 2024.
- Bowlegs and Knock-Knees. HealthyChildren.org (American Academy of Pediatrics), 23 décembre 2025.
- Knock Knees (Genu Valgum). Nemours KidsHealth, avril 2020.
- Artioli E, Mazzotti A et al. : Indications and timing in isolated medial femoral hemiepiphysiodesis for idiopathic genu valgum: A systematic review. The Knee, janvier 2023.
- Ranade AS, Oka GA et al. : An International Consensus on Evaluation and Management of Idiopathic Genu Valgum: A Modified Delphi Survey. Journal of Pediatric Orthopaedics, 4 février 2025.
- Shivji FS, Foster A et al. : Ten-year survival rate of 89% after distal femoral osteotomy surgery for lateral compartment osteoarthritis of the knee. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, février 2021.
- Bow Legs and Knock Knees. NHS Healthier Together, mis à jour en 2026.
- Paez C, Gurd D : Treating Idiopathic Genu Valgum (Knock Knees). Cleveland Clinic Consult QD, 7 novembre 2024.
