
Les alcools de sucre, aussi appelés polyols, sont des glucides au goût sucré utilisés pour remplacer le saccharose dans beaucoup de produits « sans sucre ». Ils apportent en général moins de calories que le sucre de table, n’entretiennent pas les caries comme le saccharose et font moins monter la glycémie, sans pour autant être inertes.
Une étiquette « sans sucre » ne dit pas « sans effet ». Une fiche d’éducation nutritionnelle de la FDA (2021) rappelle que ces substances sont absorbées lentement et incomplètement, d’où des gaz, des ballonnements et parfois une diarrhée. En parallèle, des travaux de 2023 et 2024 ont associé des taux élevés d’érythritol et de xylitol dans le sang à davantage d’événements cardiovasculaires, sans démontrer à eux seuls un lien de cause à effet alimentaire.
En Union européenne, l’énergie retenue pour la plupart des polyols est de 2,4 kcal par gramme contre 4 kcal pour le saccharose, et 0 kcal pour l’érythritol. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé en 2023 une dose journalière admissible d’érythritol à 0,5 g par kilogramme de poids corporel, à cause de la diarrhée. Le maltitol a un index glycémique d’environ 35, le xylitol d’environ 13, l’érythritol de 0.
Alcools de sucre et saccharose, quelles différences ?
Ce ne sont ni de l’éthanol ni du sucre de table. Chimiquement, un polyol est un glucide dont le groupe aldéhyde ou cétone a été remplacé par un hydroxyle, ce qui change le goût, l’absorption et le métabolisme. La FDA insiste sur ce point pour le public, car le mot « alcool » fait croire à une boisson fermentée.
Le saccharose est digéré vite, fournit 4 kcal par gramme et sert de substrat aux bactéries de la plaque. Les polyols passent plus lentement la paroi de l’intestin grêle. La fraction non absorbée arrive au côlon, attire l’eau et peut être fermentée. Ce trajet explique à la fois la calorie en moins, la glycémie plus plate et les troubles digestifs.
Ils ne se comportent pas comme les édulcorants intenses (aspartame, sucralose, extraits de stévia). Ces derniers sucrent beaucoup plus fort, n’apportent presque pas d’énergie et, d’après la FDA, ne provoquent pas de hausse brutale de glucose. Les polyols sucrent autant ou moins que le saccharose, occupent du volume dans une recette et restent des glucides. Pour le diabète, la Mayo Clinic les sépare des édulcorants intenses, car ils peuvent élever la glycémie.
Dans un aliment, ils ne servent pas seulement à sucrer. Ils apportent aussi de la charge, de la texture, de l’humidité et, à haute concentration, une sensation froide en bouche, par exemple dans un bonbon dur. Beaucoup d’entre eux ne brunissent pas comme le saccharose à la cuisson, d’où leur usage dans gâteaux, glaces et desserts « sans sucres ajoutés ».
Des fruits (pommes, poires, pêches) et certains légumes en contiennent à l’état de traces. Les doses des produits transformés, obtenues par hydrogénation ou par fermentation, n’ont plus rien à voir avec une poire. La Cleveland Clinic souligne que l’érythritol ajouté peut dépasser d’un facteur 1 000 les niveaux des aliments non enrichis.

Quels polyols se cachent dans les produits « sans sucre » ?
Les noms se terminent souvent par « -ol » sur la liste d’ingrédients. En Europe, ils portent aussi un numéro E. La réévaluation de l’érythritol par l’EFSA en 2023 rappelle le groupe autorisé comme additifs. Sorbitols (E 420), mannitol (E 421), isomalt (E 953), maltitols (E 965), lactitol (E 966), xylitol (E 967) et érythritol (E 968).
Le pouvoir sucrant et l’énergie ne sont pas les mêmes. Une revue de 2021 dans le Journal of Food and Drug Analysis rassemble les valeurs relatives au saccharose et les coefficients caloriques retenus en Europe, aux États-Unis et au Japon. Pour un lecteur en France, le cadre utile est celui de l’Union européenne. 2,4 kcal/g pour la plupart des polyols, 0 kcal/g pour l’érythritol, contre 4 kcal/g pour le saccharose. Les États-Unis utilisent des chiffres plus fins (par exemple 2,6 kcal/g pour le sorbitol, 1,6 pour le mannitol, 2,1 pour le maltitol). Il ne faut pas coller une table américaine sur une étiquette française.
| Polyol (code UE) | Pouvoir sucrant (saccharose = 1) | Énergie UE | Index glycémique |
|---|---|---|---|
| Xylitol (E 967) | 1,0 | 2,4 kcal/g | 13 |
| Érythritol (E 968) | 0,6 à 0,8 | 0 kcal/g | 0 |
| Sorbitol (E 420) | 0,5 à 0,7 | 2,4 kcal/g | 9 |
| Maltitol (E 965) | environ 0,9 | 2,4 kcal/g | 35 |
| Mannitol (E 421) | 0,5 à 0,7 | 2,4 kcal/g | 0 |
| Isomalt (E 953) | 0,45 à 0,65 | 2,4 kcal/g | 9 |
| Lactitol (E 966) | 0,3 à 0,4 | 2,4 kcal/g | 6 |
Le maltitol sucre presque comme le saccharose, d’où sa présence dans les chocolats et gâteaux « sans sucres ». Son index glycémique d’environ 35 reste plus bas que celui du saccharose (69 dans la même compilation), sans être plat. L’érythritol, moins sucré, n’apporte pas de calorie selon le coefficient européen et a un index glycémique à 0, ce qui a favorisé son usage dans les produits dits cétogènes. Le xylitol égale le saccharose en sucrant, avec une note froide, d’où les gommes et dentifrices.
Sur un paquet importé, des hydrolysats d’amidon hydrogénés peuvent figurer sans numéro E familier. La FDA les cite parmi les polyols, mais ils n’appartiennent pas à la liste européenne rappelée plus haut.
Où les cherche-t-on dans un caddie français ?
- Les chewing-gums et pastilles « sans sucre » alignent souvent xylitol, sorbitol ou maltitol en tête de liste.
- Les chocolats et biscuits allégés en sucres misent surtout sur le maltitol, parfois l’isomalt, pour garder du volume.
- Les glaces et desserts « keto » ou « sans sucres ajoutés » empilent fréquemment de l’érythritol, parfois du xylitol.
- Les sirops contre la toux, vitamines à croquer, bains de bouche et dentifrices peuvent en contenir pour le goût.
Un produit peut combiner plusieurs polyols et un édulcorant intense, ce que la FDA signale. Le mélange reste sucré, et le tube digestif additionne les doses.
Les alcools de sucre font-ils monter la glycémie ?
Oui, pour une partie d’entre eux, et moins que le saccharose à poids égal. Dans une réponse de 2025 sur le diabète, la Mayo Clinic classe les polyols à part des édulcorants intenses. Ils ont environ la moitié des calories du sucre et peuvent élever la glycémie, avec pour exemples le mannitol, le sorbitol et le xylitol.
L’index glycémique de la revue de 2021 donne une échelle plus fine. Érythritol et mannitol à 0, lactitol vers 6, sorbitol et isomalt vers 9, xylitol vers 13, maltitol vers 35, saccharose vers 69. L’index insulinémique suit à peu près la même pente (27 pour le maltitol, 11 pour le xylitol, 2 pour l’érythritol, 48 pour le saccharose). Un gâteau au maltitol n’est donc pas l’équivalent d’une boisson à l’érythritol.
La formulation américaine est plus prudente. Ces substances ne provoquent pas de hausse soudaine de glucose, à la différence du sucre classique, ce qui n’égale pas une hausse nulle. Les personnes qui adaptent une dose d’insuline au gramme de glucide le constatent vite, surtout avec le maltitol, mieux absorbé que le lactitol.
Le communiqué de l’OMS du 15 mai 2023 déconseille les édulcorants non sucrés pour contrôler le poids, et exclut de cette définition les alcools de sucre parce qu’ils contiennent des calories. L’avis ne dit ni d’en manger pour maigrir ni de les interdire aux personnes diabétiques. Il vise une autre famille d’ingrédients.
Pour l’érythritol, l’EFSA a jugé en 2023 que les données humaines limitées ne montrent pas d’effet net sur le glucose après un repas, sans étude longue sur ce point. Le message pratique de l’American Diabetes Association reste simple. Un aliment « sans sucre » n’est pas « sans glucides ». Le plus sûr est de regarder les glucides totaux, puis de mesurer la glycémie 1,5 à 2 heures après.
Comment lire l’étiquette d’un aliment sucré aux polyols
Le mot « sans sucre » décrit l’absence de saccharose ou de sucres libres au-dessus d’un seuil, pas l’absence d’énergie. Les fabricants américains sont invités, sur la fiche FDA, à comparer calories, glucides et lipides de la version allégée avec la version classique. Le même réflexe vaut devant un paquet français. Un biscuit au maltitol peut rester dense en farine et en matière grasse.
En Union européenne, un aliment qui contient plus de 10 % de polyols ajoutés doit porter la mention selon laquelle une consommation excessive peut avoir un effet laxatif. L’EFSA a confirmé en 2023 que cet avertissement reste justifié pour l’érythritol, malgré une demande d’exemption. Du côté américain, la mise en garde vise surtout le sorbitol et le mannitol, d’où des libellés différents sur un import.
La liste d’ingrédients se lit par ordre décroissant de poids. Si le maltitol ou le sirop de maltitol arrive en deuxième position, la portion en contient beaucoup. Un chewing-gum qui cite le xylitol en premier en contient davantage qu’une gomme où il apparaît en fin de liste, derrière des gommes et des arômes.
Les allégations « glucides nets » ou net carbs n’ont pas de définition légale aux États-Unis. L’American Diabetes Association ne les reconnaît pas. Soustraire fibres et alcools de sucre des glucides totaux suppose que rien n’est absorbé, ce qui est faux pour le maltitol et inexact pour le mélange de polyols d’un même aliment. L’association conseille de partir des glucides totaux et d’observer la réponse glycémique individuelle.
Quelques gestes concrets avant d’acheter.
- Reliez le mot « sans sucre » à la ligne des glucides totaux, pas seulement à celle des sucres.
- Additionnez les portions si vous grignotez plusieurs bonbons ou barres dans la journée, car l’effet digestif est cumulatif.
- Cherchez les numéros E 420, E 965, E 967 ou E 968 si le nom usuel est absent ou traduit.
- Comparez la version « sans sucres » et la version classique sur l’énergie et les lipides, pas seulement sur le goût.
Le pharmacien peut aider à décoder un sirop, une pastille ou une vitamine à croquer. La composition change d’une marque à l’autre, et un médicament n’a pas la même étiquette qu’un aliment.
Ballonnements, diarrhée et régime pauvre en FODMAP
Les polyols font partie du « P » de l’acronyme FODMAP (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides fermentescibles et polyols). Une absorption incomplète, un effet osmotique et une fermentation colique suffisent à produire gaz, borborygmes, selles molles ou diarrhée. La FDA décrit exactement cette séquence et impose, pour le sorbitol et le mannitol, l’avertissement sur l’effet laxatif.
La dose compte plus que le nom sur l’emballage. La Cleveland Clinic évoque une fourchette de 10 à 15 g par jour souvent présentée comme tolérable, tout en rappelant que de nombreux produits transformés dépassent ce seuil à eux seuls. Dans la revue de 2021, un bolus de 50 g de xylitol dans 200 mL d’eau a provoqué ballonnements et diarrhée chez 70 % des participants. Le mannitol y est décrit comme l’un des moins bien tolérés, avec un seuil laxatif autour de 20 g. L’érythritol, mieux absorbé puis éliminé dans l’urine, dérange en général moins l’intestin, jusqu’à ce que la dose d’une boisson ou d’un dessert soit trop haute.
L’EFSA a transformé ce constat en chiffre réglementaire pour l’érythritol. La plus basse dose sans diarrhée observée dans les essais humains retenus est de 0,5 g par kilogramme de poids corporel. La dose journalière admissible a été alignée sur cette valeur, soit 35 g par jour pour une personne de 70 kg. L’autorité estime que les expositions aiguës et chroniques calculées dépassent déjà cette DJA dans tous les groupes, surtout chez les enfants et les adolescents gros consommateurs. Le risque immédiat visé n’est pas un cancer. C’est la diarrhée, avec le déséquilibre hydrique et électrolytique qui peut suivre.
Les personnes suivies pour un syndrome de l’intestin irritable, une maladie de Crohn en poussée ou une sensibilité aux FODMAP réagissent souvent à des doses plus basses. Ce n’est pas une « intolérance au sucre » au sens du lactose. C’est une somme. Fruit au sorbitol le matin, chewing-gums dans la journée, chocolat au maltitol le soir. Un régime pauvre en FODMAP, quand il est indiqué, restreint aussi certains fruits (pomme, poire, prune, pastèque) et champignons, pas seulement les additifs.
Réduisez la dose le jour même en cas de ballonnement douloureux, de gaz abondants, de selles très molles ou d’envie impérieuse après un paquet de bonbons « sans sucre ». Ces effets cessent en général quand on arrête ou qu’on diminue. Ils ne prouvent pas une allergie.
Érythritol et risque cardiovasculaire, ce que montrent les études
L’érythritol n’est plus seulement un « polyol bien toléré ». En février 2023, une équipe de la Cleveland Clinic a publié dans Nature Medicine un faisceau de données. Chez des patients déjà évalués pour leur risque cardiaque, les taux plasmatiques élevés d’érythritol étaient liés à davantage d’événements majeurs (décès, infarctus ou accident vasculaire cérébral non fatals) sur trois ans. Dans deux cohortes de validation, le quartile le plus haut avait un rapport de risques ajusté de 1,80 (États-Unis, 2 149 personnes) et de 2,21 (Europe, 833 personnes) par rapport au quartile le plus bas. Au laboratoire, l’érythritol augmentait la réactivité des plaquettes et la formation de thrombus. Chez huit volontaires sains, l’ingestion a fait monter durablement (plus de deux jours) les taux plasmatiques au-dessus des seuils associés à cette réactivité.
L’EFSA a lu cette littérature jusqu’en septembre 2023. Dans sa réévaluation du 20 décembre 2023, le panel juge que les preuves disponibles ne démontrent pas de relation causale entre l’érythritol alimentaire (E 968) et les maladies cardiovasculaires. Il demande d’autres travaux pour clarifier le lien observé, car le taux sanguin d’érythritol peut aussi refléter le métabolisme interne (le corps en fabrique un peu) et l’état cardiométabolique de départ. Les cohortes de 2023 portaient surtout sur des personnes déjà à haut risque, souvent avec diabète ou obésité, c’est-à-dire le public auquel on vend ces produits.
Des études d’intervention plus tardives n’étaient pas dans le dossier EFSA. La Cleveland Clinic résume en 2024 un essai chez des volontaires. Une portion typique d’érythritol, et non de glucose, a multiplié les taux plasmatiques par plus de 1 000 et a rendu les plaquettes plus réactives. Le même groupe, pour le xylitol, a observé un pic d’environ 1 000 fois en trente minutes, avec un retour vers la ligne de base en quatre à six heures (synthèse des NIH, 25 juin 2024). Ces essais sont de petite taille. Ils ne remplacent pas un suivi de milliers de personnes randomisées. Ils empêchent toutefois de classer l’érythritol comme un ingrédient « neutre pour les vaisseaux ».
L’autorité européenne n’a pas retiré l’additif et a fondé la DJA sur la diarrhée, pas sur le cœur. Les auteurs de Nature Medicine demandent des études de sécurité à long terme. Pour une personne qui a déjà un diabète, une maladie coronaire ou un antécédent d’accident vasculaire, multiplier les desserts « keto » à l’érythritol n’a plus l’évidence d’un choix anodin. Remplacer un soda sucré par de l’eau reste le conseil le plus solide.

Xylitol, caries, chiens et coagulation
Le xylitol est le polyol le plus vendu pour les dents. Les bactéries cariogènes en tirent peu d’énergie, et la mastication d’une gomme sans sucre augmente le flux salivaire, ce qui dilue les acides. La FDA classe l’ensemble des alcools de sucre comme non promoteurs de caries. La preuve d’un bénéfice actif, au-delà du « ça ne creuse pas », est plus mince qu’on ne le lit sur les paquets.
Une revue Cochrane de 2015 a analysé 10 essais et 5 903 participants. Le résultat le plus net, de faible qualité, concerne un dentifrice fluoré contenant 10 % de xylitol. Sur 2,5 à 3 ans, il pourrait réduire les caries d’environ 13 % par rapport à un dentifrice fluoré seul, chez des enfants. Sirops, pastilles et lingettes n’ont pas assez de preuves. Un dentifrice craché n’expose pas aux mêmes doses qu’une gomme avalée toute la journée, ce que les NIH rappellent en 2024. C’est la consommation alimentaire élevée qui interroge.
Le volet cardiovasculaire du xylitol a suivi celui de l’érythritol. Dans l’European Heart Journal (2024), le même groupe a associé le tertile plasmatique le plus haut à un rapport de risques ajusté de 1,57 pour un événement majeur à trois ans. Une boisson sucrée au xylitol a ensuite augmenté plusieurs marqueurs de réactivité plaquettaire chez dix volontaires sains. Comme pour l’érythritol, association n’est pas preuve que le chewing-gum du quotidien provoque un infarctus. Le signal existe, surtout à dose alimentaire, et il n’était pas dans les textes grand public plus anciens.
Chez le chien, le danger n’est pas théorique. La FDA décrit une hypoglycémie parfois en 10 à 60 minutes, parce que le pancréas canin libère un pic d’insuline que le pancréas humain ne produit pas avec le xylitol. Vomissements, faiblesse, incoordination, convulsions, atteinte du foie. Une plaquette de gommes, un beurre de cacahuète « sans sucre », un dentifrice humain ou une glace allégée suffisent. Chat et furet ne réagissent pas de la même façon. Le furet peut néanmoins faire un bas glucose. Le réflexe est d’appeler un vétérinaire ou une clinique animalière de garde, sans attendre.
Quand parler des polyols à votre médecin
Le sujet mérite un rendez-vous dès que les polyols ne sont plus un chewing-gum occasionnel mais une habitude quotidienne, surtout en cas de diabète traité par insuline ou d’intestin irritable. Apportez un paquet, pas seulement le souvenir du goût. La liste d’ingrédients et la portion disent plus qu’une allégation « adapté aux diabétiques ».
Les signes digestifs qui justifient un avis rapide sont une diarrhée abondante, des crampes qui empêchent de boire, des vertiges, une bouche sèche ou une confusion chez un enfant ou une personne âgée. Dans ces cas, le risque est la déshydratation, pas le polyol en lui-même. Appelez le 15 ou le 112 s’il existe un malaise grave, un pouls très rapide, une somnolence ou une impossibilité de garder l’eau. Un pharmacien peut déjà aider à estimer la dose avalée et à choisir une solution de réhydratation.
Les études de 2023-2024 ne transforment pas un dessert à l’érythritol en urgence. Une douleur thoracique, un déficit brutal d’un bras, un visage asymétrique ou un trouble de la parole relèvent du 15 ou du 112, quel que soit le dernier aliment. Si vous avez déjà une maladie cardiovasculaire, un diabète de type 2 ou un antécédent de caillot, posez la question du cumul des produits « keto » et « sans sucre » à votre médecin traitant ou à un diététicien.
Pour un animal, le délai est plus court. Si un chien a pu manger du xylitol, la FDA demande d’appeler sans attendre un vétérinaire ou une clinique de garde. Ne faites pas vomir sans consigne vétérinaire. Notez le nom du produit et, si possible, la quantité. Chez l’enfant, l’EFSA craint surtout le dépassement de la DJA d’érythritol via les boissons, parce que le poids corporel est plus bas.
Comment les utiliser au quotidien
Ils peuvent encore servir, à petite dose, à réduire le saccharose d’une recette ou à sucrer un chewing-gum après un repas, sans en faire le socle de l’alimentation. L’intérêt calorique existe. 2,4 kcal/g au lieu de 4, et 0 pour l’érythritol selon le coefficient européen. L’intérêt dentaire existe surtout par rapport au sucre, pas comme substitut du fluor. L’intérêt glycémique existe surtout si l’on évite le maltitol en grande portion et si l’on mesure sa propre réponse.
Trois règles tiennent debout une fois les études de 2023-2024 lues.
- Traitez un produit « sans sucre » comme un aliment ordinaire en comptant la portion, les glucides totaux et le gras.
- Restez sous la dose qui dérange votre ventre, souvent autour de 10 à 15 g par jour, parfois moins en cas de SII.
- En cas de risque cardiovasculaire élevé, ne comptez pas sur l’érythritol ou le xylitol alimentaires pour protéger le cœur.
Les polyols rendent service quand ils évitent une poignée de saccharose dans une gomme ou un sirop, pas quand ils autorisent à manger trois barres « keto » parce que l’étiquette rassure. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien comment compter un polyol dans votre cas (pompe à insuline, régime FODMAP, enfant, grossesse). Un chiffre américain de calories par gramme ou une allégation de « glucides nets » n’est pas une ordonnance.
Questions fréquentes
Un aliment « sans sucre » est-il sans calories ?
Non. Les polyols apportent souvent 2,4 kcal par gramme en étiquetage européen, sauf l’érythritol à 0 kcal/g, et l’aliment peut rester riche en farine et en lipides. La FDA rappelle de comparer la version « sans sucre » à la version classique. Lisez l’énergie et les glucides totaux, pas seulement le bandeau du paquet.
Quelle quantité tolère-t-on sans diarrhée ?
Cela varie selon le polyol et selon la personne. La Cleveland Clinic cite souvent 10 à 15 g par jour comme zone où beaucoup d’adultes restent à l’aise, tandis que l’EFSA a fixé 0,5 g/kg/j pour l’érythritol afin de limiter la diarrhée. Un bolus élevé, par exemple 50 g de xylitol dans une étude reprise en 2021, a dérangé 70 % des participants. Testez une petite portion, puis additionnez ce que vous mangez dans la journée.
Les édulcorants intenses et les alcools de sucre, c’est la même chose ?
Non. Les édulcorants intenses (aspartame, sucralose, glycosides de stéviol) sucrent très fort à dose minuscule et n’apportent quasiment pas de calorie. Les polyols sucrent autant ou moins que le saccharose, occupent du volume et restent des glucides partiellement absorbés. La Mayo Clinic souligne que ces derniers peuvent élever la glycémie, contrairement aux premiers.
Faut-il soustraire les « glucides nets » pour l’insuline ?
L’American Diabetes Association déconseille cette soustraction automatique. « Glucides nets » n’a pas de définition officielle, et une partie des polyols est tout de même absorbée, surtout le maltitol. Partez des glucides totaux et contrôlez la glycémie 1,5 à 2 heures après, avec l’aide de l’équipe de diabétologie.
L’OMS déconseille-t-elle les alcools de sucre pour maigrir ?
Non, pas dans la ligne de 2023. L’Organisation mondiale de la santé a déconseillé les édulcorants non sucrés pour contrôler le poids, et a exclu de cette définition les polyols parce qu’ils fournissent des calories. Cela ne les transforme pas en outils amaigrissants. Cela évite seulement de leur coller un avis qui vise l’aspartame ou le sucralose.
Que faire si un chien avale un chewing-gum au xylitol ?
Contactez immédiatement un vétérinaire ou une clinique d’urgence animalière, même si l’animal semble encore normal. La FDA décrit une hypoglycémie possible en 10 à 60 minutes, parfois suivie de troubles du foie. Gardez l’emballage pour identifier la dose. N’attendez pas les convulsions.
Conclusion
Les alcools de sucre restent des outils de formulation, pas des aliments santé. Ils sucrent avec moins de calories que le saccharose, ménagent davantage les dents que le sucre et, pour plusieurs d’entre eux, épargnent une partie du pic de glucose. Ils fermentent dans l’intestin, laxent à dose trop haute, et deux d’entre eux (érythritol, xylitol) sont désormais liés, dans des cohortes et de petits essais, à une plus grande réactivité des plaquettes.
Le cadrage utile tient à des documents datés. Fiche FDA de 2021 sur l’absorption incomplète et l’étiquette. Réévaluation EFSA de 2023 avec une DJA d’érythritol à 0,5 g/kg/j et un avertissement laxatif maintenu au-delà de 10 % de polyols. Articles de 2023 et 2024 sur les événements cardiovasculaires, que l’EFSA n’a pas jugés causals pour l’alimentation, mais que les essais d’ingestion rendent difficiles à ignorer. Revue Cochrane de 2015, qui ramène le xylitol dentaire à un bénéfice modeste et de faible certitude, et mise en garde vétérinaire de la FDA pour les chiens.
Le geste le plus utile, demain dans la cuisine ou au supermarché, est concret. Prenez un produit que vous croyez « sans sucre », additionnez les grammes de polyols de la portion et de la journée, et demandez à votre pharmacien ou à un diététicien comment le compter dans votre cas (diabète, SII, enfant, risque cardiovasculaire). Si le paquet ne permet même pas ce calcul, ce n’est pas un aliment à multiplier.
Sources
- Interactive Nutrition Facts Label — Sugar Alcohols. U.S. Food and Drug Administration, octobre 2021.
- Artificial sweeteners: Any effect on blood sugar?. Mayo Clinic, 18 février 2025.
- Re-evaluation of erythritol (E 968) as a food additive. European Food Safety Authority, 20 décembre 2023.
- Witkowski M, Nemet I et al. : The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk. Nature Medicine, 27 février 2023.
- Witkowski M, Nemet I et al. : Xylitol is prothrombotic and associated with cardiovascular risk. European Heart Journal, 6 juin 2024.
- Riley P, Moore D, Ahmed F et al. : Xylitol-containing products for preventing dental caries in children and adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 26 mars 2015.
- Get to Know Carbs. American Diabetes Association, mis à jour en 2024.
- Paws Off Xylitol; It’s Dangerous for Dogs. U.S. Food and Drug Administration, 2021.
- WHO advises not to use non-sugar sweeteners for weight control in newly released guideline. World Health Organization, 15 mai 2023.
- Msomi NZ, Erukainure OL, Islam MS : Suitability of sugar alcohols as antidiabetic supplements: A review. Journal of Food and Drug Analysis, 2021.
- Xylitol may affect cardiovascular health. National Institutes of Health, 25 juin 2024.
- What You Should Know About Sugar Alcohols. Cleveland Clinic, 17 juin 2024.
