
La laitue romaine est une salade très pauvre en calories qui concentre surtout de la vitamine K, du folate et des caroténoïdes. Elle peut enrichir une alimentation variée, sans prévenir le cancer à elle seule et sans empêcher le cholestérol de s’accumuler dans les artères.
Cent grammes de feuilles crues apportent 102,5 µg de vitamine K, soit l’équivalent de l’apport adéquat quotidien retenu aux États-Unis pour une femme adulte, d’après la base FoodData Central du ministère américain de l’Agriculture (entrée 169247, 2019). On mange presque toujours cette portion crue. Le geste conserve les vitamines sensibles à la chaleur et laisse intactes d’éventuelles bactéries de culture, comme l’a montré l’évaluation environnementale de la Food and Drug Administration après l’épidémie de Yuma (210 malades, 96 hospitalisations, 27 syndromes hémolytiques et urémiques, cinq décès).
Une tasse émincée (47 g) fournit 64 µg de folate alimentaire, d’après la fiche folate de l’Office of Dietary Supplements des NIH (2022). Pour toute personne susceptible d’être enceinte, les CDC retiennent 400 microgrammes quotidiens d’acide folique, en plus du folate des aliments. Un rinçage à l’eau courante diminue une partie des microbes, sans les faire disparaître.
Qu’est-ce que la laitue romaine
La romaine est une variété de Lactuca sativa aux feuilles allongées, côtes claires et texture croquante, vendue en pomme, en cœurs ou déjà coupée. Elle appartient au groupe dit « cos », distinct de la laitue pommée type iceberg et des laitues à feuilles lâches. Une page de mars 2024 de la Cleveland Clinic la range parmi les quatre types les plus courants aux États-Unis, avec l’iceberg, la laitue beurre (Boston, Bibb) et les feuilles vertes ou rouges.
Les feuilles plus vertes portent davantage de vitamine A, de vitamine K et de lutéine que le cœur pâle d’une iceberg. La Cleveland Clinic indique que les laitues à feuilles rouges ou vertes peuvent contenir de six à vingt fois plus de ces composés que l’iceberg. Une revue de Yang, Gil, Yang et Tomás-Barberán (janvier 2022) place la romaine parmi les laitues les plus riches en lutéine et en bêta-carotène, le type « crisphead » (iceberg) se situant à l’autre extrémité.
Le goût un peu amer des côtes vient de lactones sesquiterpéniques décrites dans cette revue. Écarter la nervure retire surtout de l’eau et de la fibre, pas les caroténoïdes du limbe vert. On mange la romaine presque toujours crue, ce qui préserve le folate et impose une hygiène plus stricte qu’un légume destiné à être bouilli. Le pharmacien ou le médecin traitant reste le bon interlocuteur si un anticoagulant ou une grossesse change la place de cette salade.

Ce qu’apportent 100 g de romaine crue
Pour 100 g de romaine crue, la base USDA FoodData Central (FDC 169247, 2019) retient 17 kcal, 94,61 g d’eau, 1,23 g de protéines, 3,29 g de glucides, 2,1 g de fibres, 1,19 g de sucres totaux et 0,3 g de lipides. La densité calorique est basse parce que l’eau domine. Plusieurs micronutriments atteignent pourtant des teneurs élevées pour un si faible apport énergétique.
La vitamine K (phylloquinone) atteint 102,5 µg aux 100 g. Le folate alimentaire vaut 136 µg d’équivalent folate alimentaire (DFE). La vitamine A, en équivalent d’activité rétinol, vaut 436 µg RAE, presque entièrement sous forme de bêta-carotène (5 226 µg). La lutéine et la zéaxanthine, qui ne se transforment pas en vitamine A, totalisent 2 312 µg. Le potassium s’élève à 247 mg, le sodium à 8 mg, le calcium à 33 mg, le fer à 0,97 mg. La vitamine C reste modeste, à 4 mg, loin d’un agrume.
Une tasse émincée pèse 47 g dans cette entrée USDA, soit environ 8 kcal, 48 µg de vitamine K, 64 µg de folate et 116 mg de potassium. Une feuille externe pèse 28 g, une interne 6 g, une pomme entière 626 g. Un bol généreux se rapproche plutôt de 80 à 100 g. Les teneurs varient selon la saison, la variété et le stockage. Les chiffres USDA donnent un ordre de grandeur, pas l’étiquette de chaque sachet.
| Nutriment (100 g crus) | Teneur USDA (2019) | Commentaire |
|---|---|---|
| Énergie | 17 kcal | Très faible densité calorique, surtout de l’eau. |
| Vitamine K (phylloquinone) | 102,5 µg | Voisine de l’apport adéquat adulte aux États-Unis. |
| Folate (DFE) | 136 µg | Folate naturel, moins bien absorbé que l’acide folique. |
| Vitamine A (RAE) | 436 µg | Presque tout sous forme de bêta-carotène. |
| Lutéine + zéaxanthine | 2 312 µg | Pigments maculaires, sans conversion en vitamine A. |
| Potassium | 247 mg | Contribution utile, loin des apports quotidiens totaux. |
| Vitamine C | 4 mg | Teneur limitée, à ne pas confondre avec un agrume. |
| Sodium | 8 mg | Naturellement bas, avant assaisonnement. |
D’après la Cleveland Clinic, une tasse de laitue, tous types confondus, reste dans une fourchette de 5 à 10 kcal. Pour la romaine seule, une tasse dépasse 20 % de la valeur quotidienne américaine de vitamine K. L’intérêt nutritionnel dépend du volume réellement mangé et de ce qui l’accompagne (huile, fromage, croûtons).
Vitamine K, coagulation et anticoagulants
La romaine est d’abord une source alimentaire de vitamine K1 (phylloquinone). Cette vitamine sert de cofacteur à une carboxylase indispensable à la fabrication de protéines de la coagulation, dont la prothrombine, et à celle de protéines du métabolisme osseux comme l’ostéocalcine, d’après la fiche professionnelle de l’Office of Dietary Supplements des NIH, mise à jour le 22 octobre 2026. L’apport adéquat américain est de 120 µg par jour pour les hommes de 19 ans et plus, et de 90 µg pour les femmes, y compris pendant la grossesse et l’allaitement.
Cent grammes de romaine crue couvrent, sur le papier, la cible féminine et une grande part de la cible masculine. L’absorption réelle est plus basse. La phylloquinone des légumes verts est liée aux chloroplastes. Les NIH indiquent que l’organisme n’absorbe que 4 % à 17 % de la phylloquinone des épinards par rapport à un comprimé, et que manger les légumes avec un peu de matière grasse améliore le passage intestinal, sans égaler celui des huiles. Une vinaigrette à l’huile n’est pas un caprice. Elle rend une partie de la vitamine K, et des caroténoïdes, plus disponible.
Les personnes sous warfarine, et sous antivitamines K voisines utilisées dans certains pays d’Europe (acénocoumarol, phenprocoumone, tioclomarol), doivent viser un apport stable, pas une éviction. Un saut vers plus de feuilles vertes peut réduire l’effet anticoagulant. Un arrêt soudain peut l’augmenter et majorer le risque de saignement. La fiche NIH invite à ne pas improviser ce changement. En France, le médecin ou le pharmacien ajuste l’INR. Les anticoagulants oraux directs ne suivent pas la même logique. Seul le prescripteur dit ce qui s’applique à votre ordonnance.
La vitamine K carboxyle l’ostéocalcine. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a retenu un lien entre l’apport alimentaire de vitamine K et le maintien d’une ossature normale, d’après la même fiche NIH. Les essais de supplémentation, souvent avec de la vitamine K2 à dose pharmacologique, restent hétérogènes sur la densité minérale et les fractures. Manger de la romaine n’est pas un traitement de l’ostéoporose. Cela contribue à un apport habituel, avec le calcium et la vitamine D.
Folate alimentaire, grossesse et limites
Le folate (vitamine B9) de la romaine est du folate naturel, pas de l’acide folique des farines enrichies. Pour 100 g, l’USDA compte 136 µg DFE. La fiche folate des NIH (30 novembre 2022) inscrit une tasse émincée à 64 µg DFE, soit 16 % de la valeur quotidienne américaine. Chez l’adulte, l’apport conseillé américain est de 400 µg DFE par jour, 600 µg DFE pendant la grossesse et 500 µg DFE pendant l’allaitement. Un déficit franc peut se traduire par une anémie mégaloblastique, avec fatigue, pâleur et essoufflement.
Pour le tube neural du fœtus, la forme compte. Toute personne susceptible d’être enceinte devrait, selon les CDC (18 septembre 2026), obtenir 400 µg d’acide folique chaque jour, au moins un mois avant la conception. Seule cette forme, dans les comprimés et les aliments enrichis, a réduit dans des essais les anomalies du tube neural (anencéphalie, spina bifida). Le folate des feuilles reste utile. Il ne remplace pas la dose synthétique retenue par les CDC, l’Institute of Medicine et le US Preventive Services Task Force. Après un antécédent d’anomalie du tube neural, la cible américaine passe à 4 000 µg quotidiens, sur prescription.
Le lien entre romaine et prévention du cancer ne tient pas à ce niveau de preuve. Un apport alimentaire adéquat en folate pourrait s’associer à un risque plus bas de certains cancers dans des études d’observation, résument les NIH. Les essais d’acide folique à dose pharmacologique sont mixtes. Un panel NIH/NTP de 2015 a conclu que ces suppléments ne réduisent pas le risque chez les personnes déjà bien pourvues, et que des doses élevées pourraient favoriser des lésions déjà en place. La romaine n’est ni un bouclier anticancéreux, ni un aliment à craindre pour cette raison. En France, le médecin ou la sage-femme indiquent le complément adapté.
Lutéine, vitamine A et santé des yeux
Le bêta-carotène de la romaine est un précurseur de la vitamine A. L’organisme le convertit en rétinol, avec un rendement alimentaire d’environ 12 µg de bêta-carotène pour 1 µg RAE, d’après la fiche vitamine A des NIH (10 mars 2025). La vitamine A entre dans la rhodopsine de la rétine et dans le maintien des muqueuses oculaires. Un déficit grave, rare en France, peut aller jusqu’à la cécité nocturne puis à des lésions de la cornée. Manger de la romaine aide à l’apport de provitamine A. Cela ne traite pas une carence déjà installée.
La lutéine et la zéaxanthine jouent un autre rôle. Ce ne sont pas des provitamines A. Elles s’accumulent dans la macula, où elles filtrent une partie de la lumière bleue. La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est, d’après les NIH, la première cause de perte visuelle importante chez les personnes âgées. Dans l’essai AREDS, un complément quotidien contenant notamment 15 mg de bêta-carotène, des vitamines C et E, du zinc et du cuivre a réduit de 25 % le risque de DMLA avancée chez des personnes déjà à haut risque, sur cinq ans. AREDS2 a montré que le bêta-carotène n’était pas indispensable, et que 10 mg de lutéine plus 2 mg de zéaxanthine convenaient au moins autant. Chez les fumeurs et anciens fumeurs, le bêta-carotène à dose de complément a augmenté le risque de cancer du poumon dans CARET, ATBC et le suivi d’AREDS2.
Ces chiffres concernent des compléments chez des patients déjà à haut risque, pas une salade du soir. Un suivi alimentaire des cohortes AREDS a toutefois associé les quintiles les plus élevés d’apport en vitamine A, en bêta-carotène ou en lutéine-zéaxanthine à un risque plus bas de DMLA tardive. Yang et coll. (2022) classent la romaine, parmi les laitues, du côté des teneurs élevées en lutéine et en bêta-carotène. Une assiette régulière de feuilles vertes s’inscrit dans cet apport. Elle ne remplace ni un suivi ophtalmologique, ni la formule AREDS2 si un médecin l’a prescrite.
Légumes-feuilles, potassium et cœur
La romaine n’est pas un médicament de la tension. Elle entre dans le groupe des légumes-feuilles, souvent associés, dans les études d’observation, à un profil cardiovasculaire plus favorable. La Cleveland Clinic insiste sur le potassium, le folate et les caroténoïdes des laitues plus foncées, et sur le volume d’un bol qui rassasie pour peu de calories. L’USDA attribue 247 mg de potassium à 100 g de romaine. C’est utile, et loin des apports quotidiens totaux. Une pomme de terre ou des légumineuses en apportent davantage. La romaine aide surtout si elle remplace des aliments très salés, pas si elle s’ajoute à une sauce César chargée.
Le folate participe à la reméthylation de l’homocystéine. Un taux élevé s’associe, en observation, à un risque coronaire plus haut. Abaisser ce taux avec des vitamines B n’a pas clairement réduit les infarctus dans les essais. Prêter à la romaine un pouvoir de décomposer le cholestérol des artères dépasse les données. Chez l’humain, le bénéfice se discute à l’échelle du régime, pas d’une variété de laitue.
Le sodium naturel est bas (8 mg/100 g). L’assaisonnement décide du bilan. Deux cuillerées de vinaigrette du commerce peuvent verser plus de sel que toute la salade. Pour un régime pauvre en sel, ce détail compte davantage que le choix entre romaine et iceberg. La Cleveland Clinic cite une étude de 2018 dans laquelle une portion quotidienne de légumes-feuilles s’associait à de meilleurs scores de mémoire chez des adultes âgés. C’est une association, pas une preuve de prévention de la maladie d’Alzheimer.

Escherichia coli et épidémies liées à la romaine
Le principal risque documenté n’est pas un excès de vitamines. C’est une contamination par des Escherichia coli productrices de shigatoxines (STEC), surtout O157:H7. Dans son évaluation du 1er novembre 2018, la FDA a retracé la plus vaste épidémie américaine d’E. coli O157:H7 liée à la romaine depuis 2006. Deux cent dix malades dans 36 États, 96 hospitalisations, 27 syndromes hémolytiques et urémiques, cinq décès. Quatre-vingt-sept pour cent des cas interrogés avaient mangé de la romaine dans la semaine précédant les symptômes. La souche a été retrouvée dans un canal d’irrigation du comté de Yuma. L’agence juge cette eau la voie la plus probable. Les ruminants sont le réservoir classique des STEC, souvent sans être malades eux-mêmes.
Entre 2009 et 2017, la FDA et les CDC avaient recensé 28 épidémies de STEC liées aux feuilles vertes aux États-Unis. En 2019, le MMWR du 7 mai 2021 a dénombré 23 cas d’O157:H7 dans 12 États, avec 60 % d’hospitalisations et aucun décès. Parmi les personnes dont l’alimentation était connue, 11 sur 13 avaient mangé de la romaine. Le MMWR rappelle qu’un lavage retire une partie des bactéries, pas toutes, et que la prévention à la ferme reste décisive parce que la romaine se mange crue.
Le tableau des enquêtes de la FDA signale encore 89 cas d’E. coli O157:H7 liés à de la romaine (affichés le 4 décembre 2024, enquête close), puis 14 cas du même pathogène (affichés le 1er juillet 2026). Ces chiffres américains ne se transposent pas tels quels aux filières françaises. Ils montrent que le couple feuilles crues et STEC n’est pas clos. Un sachet périmé, gonflé, abîmé ou visé par un rappel n’a pas sa place dans l’assiette. Le bio ne protège pas, à lui seul, contre E. coli. La contamination vient de l’eau, du fumier, des animaux et des circuits de lavage. Mélanger des feuilles de plusieurs champs dans un bac peut amplifier une contamination faible, comme le note la FDA pour la quatrième gamme.
Comment laver et conserver les feuilles
Aucun lavage domestique n’élimine toutes les bactéries. Une page d’archives des CDC (3 mars 2022) écrit que le produit le plus sûr est cuit, que le suivant est lavé, et qu’aucune méthode ne retire tous les germes. Pour des feuilles crues, lavez-vous les mains, nettoyez le plan de travail, écartez les feuilles externes d’une pomme ainsi que celles qui sont déchirées, rincez sous l’eau courante en frottant doucement, puis séchez. Si l’emballage porte « prêt à consommer », « triple lavage » ou « lavage inutile », un second lavage n’est pas nécessaire. Il peut contaminer des feuilles propres si l’évier est sale.
Séparez les feuilles de la viande, de la volaille et du poisson crus, y compris dans le caddie. Réfrigérez-les dans les deux heures, et dans l’heure au-dessus de 32 °C. L’évaluation FDA de 2018 confirme que le lavage réduit les STEC sans les éliminer. Un saladier d’eau stagnante n’est pas plus sûr qu’un rinçage sous le robinet. L’eau du bol peut redistribuer des bactéries.
Choisissez des pommes fermes, sans zones visqueuses. Un sachet doit rester au froid au magasin. Consommez les feuilles dans les jours qui suivent l’ouverture. Une romaine visqueuse ou malodorante se jette. Pendant un rappel, les personnes pour qui une infection digestive grave serait dangereuse peuvent préférer des légumes cuits. Les consignes françaises de rappel relèvent des autorités locales.
Signes d’alerte après une salade contaminée
Une infection à STEC commence souvent par des crampes abdominales et une diarrhée, parfois sanglante, trois à quatre jours après l’ingestion. La fiche symptômes des CDC (14 mai 2024) décrit aussi des nausées, des vomissements et une fièvre plutôt basse. La plupart des personnes guérissent en une semaine. Certaines évoluent vers un syndrome hémolytique et urémique (SHU), urgence médicale qui peut aller jusqu’à l’insuffisance rénale, des séquelles et, rarement, le décès.
Appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences, si apparaissent un arrêt ou une raréfaction des urines, une pâleur des joues et de la face interne des paupières, des bleus inexpliqués ou un tapis de petits points rouges, du sang dans les urines, une fatigue brutale, une irritabilité marquée ou une baisse de vigilance. Ces signes, listés par les CDC pour le SHU, ne se discutent pas à domicile. Chez un jeune enfant, la déshydratation (soif intense, urines très foncées ou absentes, vertiges, larmes absentes) va vite. Il faut lui proposer de boire et consulter sans attendre.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Diarrhée ou vomissements de plus de deux jours | Consulter un médecin sans reporter au lendemain. |
| Selles ou urines sanglantes | Contacter un médecin le jour même, ou le 15 si l’état général chute. |
| Fièvre supérieure à 38,9 °C (102 °F) | Consulter. Les CDC retiennent ce seuil pour appeler un médecin. |
| Soif intense, urines très foncées ou absentes, vertiges | Boire si possible et consulter, surtout chez un enfant. |
| Signes évocateurs de SHU (pâleur, bleus, urines rares) | Appeler le 15 ou le 112. Ne pas improviser un anti-inflammatoire. |
| Rappel de lots en cours et symptômes digestifs | Signaler la consommation au médecin. Garder l’emballage si vous l’avez. |
Les CDC demandent aussi de consulter en cas de vomissements qui empêchent de boire. N’utilisez pas d’antibiotique ni d’antimotilité « au cas où ». Dans certaines infections à STEC, un antibiotique mal choisi a été associé à un risque plus élevé de SHU. Seul un médecin pose l’indication, après le contexte et, si besoin, une coproculture. Le paracétamol peut aider pour la fièvre si le médecin l’autorise. L’ibuprofène et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens se discutent avec lui, surtout s’il y a un risque rénal.
Comment l’intégrer dans les repas
L’intérêt de la romaine tient au volume, au croquant et aux micronutriments, pas à une recette unique. Une salade César classique (parmesan, croûtons, sauce) peut verser davantage de sel, de graisses saturées et d’énergie que les feuilles n’en compensent. Rien n’interdit d’en manger. Il suffit de savoir que le bénéfice nutritionnel se joue alors dans l’accompagnement. Une version plus simple, avec une huile, du citron, du poivre et une protéine maigre (poulet grillé, œuf, pois chiches, tofu), garde le rapport nutriments/calories du légume.
Les feuilles assez rigides remplacent l’iceberg dans un burger ou un taco, ou servent de barquette pour une farce. Grillée à la poêle ou au four, la romaine change de texture et, surtout, passe du côté des aliments cuits. Les CDC rappellent que cuit reste plus sûr que cru vis-à-vis des bactéries. Le grill ne transforme pas pour autant la salade en plat stérile si le cœur reste froid. Il réduit le risque par rapport à une feuille crue mal rincée.
- Une tasse de 47 g reste un accompagnement, un bol de 90 g se rapproche des teneurs pour 100 g.
- Une huile dans la vinaigrette aide l’absorption de la vitamine K et des caroténoïdes, d’après les NIH.
- Sous antivitamine K, gardez la même fréquence de salade d’une semaine à l’autre.
- Pendant une grossesse, comptez la romaine dans le folate alimentaire et gardez le comprimé indiqué.
- En période de rappel, jetez le lot visé, car le lavage ne rattrape pas un produit retiré du marché.
Les personnes qui surveillent le potassium (maladie rénale, certains médicaments) parlent des légumes-feuilles avec leur néphrologue ou leur médecin traitant. La romaine n’est pas l’aliment le plus riche en potassium, mais les volumes de salade s’additionnent. À l’inverse, dans un objectif de légumes quotidiens, elle est un véhicule commode, peu cher, disponible toute l’année.
Questions fréquentes
La laitue romaine est-elle plus nutritive que l’iceberg ?
Oui, surtout pour la vitamine K, le folate, le bêta-carotène et la lutéine. Les laitues plus foncées peuvent contenir de six à vingt fois plus de vitamine A, de vitamine K et de lutéine que l’iceberg, d’après la Cleveland Clinic. L’USDA donne à la romaine crue 102,5 µg de vitamine K et 136 µg de folate aux 100 g. L’iceberg reste croquante et hydratante, avec moins de micronutriments.
Peut-on manger de la romaine sous anticoagulant ?
Oui, si l’apport reste régulier et que le médecin le sait. Les NIH demandent aux personnes sous warfarine et sous antivitamines K comparables de ne pas faire varier brutalement la vitamine K alimentaire. Un bol tous les jours vaut mieux qu’une semaine sans feuilles puis un plat copieux. L’INR se règle sur vos habitudes, pas sur une éviction.
Faut-il relaver une salade en sachet déjà rincée ?
Non, si l’emballage indique qu’elle est prête à consommer, triple lavée ou sans lavage nécessaire. Les CDC le précisent pour les feuilles emballées. Un second lavage dans un évier mal propre peut ajouter des microbes. Jetez les feuilles abîmées, tenez le sachet au froid et respectez la date.
La romaine suffit-elle comme vitamine B9 pendant une grossesse ?
Non pour la prévention des anomalies du tube neural. Les CDC retiennent 400 µg d’acide folique par jour, en plus du folate des aliments. Une tasse de romaine apporte 64 µg de folate alimentaire, d’après les NIH. C’est un appoint, pas le comprimé. En France, suivez la posologie indiquée par le médecin, la sage-femme ou le pharmacien.
La cuisson détruit-elle tout l’intérêt de la romaine ?
Elle réduit surtout les vitamines hydrosolubles les plus fragiles, comme une partie du folate et de la vitamine C, déjà peu abondante. En contrepartie, un légume cuit est plus sûr vis-à-vis des bactéries, d’après les CDC. Une romaine braisée ou grillée reste un légume vert. Elle n’a plus le même profil qu’une feuille crue.
Combien de romaine faut-il manger par jour ?
Il n’existe pas de dose médicale de romaine. Une portion quotidienne de légumes-feuilles, de l’ordre d’une tasse à un bol, s’aligne sur les habitudes associées, dans les études, à un meilleur apport en vitamine K, en folate et en lutéine. L’essentiel est la régularité, la variété des légumes, et la prudence microbiologique. Sous AVK ou en maladie rénale, le volume se discute avec le prescripteur.

Conclusion
La romaine mérite sa place dans une alimentation ordinaire parce qu’elle apporte, pour très peu de calories, de la vitamine K, du folate et des pigments utiles à la macula. Les bénéfices souvent promis (prévention du cancer, nettoyage des artères, bouclier contre la DMLA) dépassent ce que les essais et les fiches NIH permettent de dire. Le geste utile est plus prosaïque. Remplacer une partie d’une garniture pauvre en micronutriments par des feuilles plus foncées, les manger avec un peu d’huile, et garder un comprimé d’acide folique si une grossesse est possible.
Le risque qui a changé le dossier, ce n’est pas un nutriment en trop. Ce sont des épidémies répétées d’E. coli O157:H7 attachées à des lots de romaine, des canaux d’irrigation aux sacs de quatrième gamme. Lavez sous l’eau courante, jetez les feuilles abîmées, tenez compte des rappels, et ne croyez pas qu’un trempage désinfecte. Une diarrhée sanglante, une fièvre au-dessus de 38,9 °C ou des signes de SHU après une salade relèvent du médecin, du 15 ou du 112.
Si vous prenez une antivitamine K, posez une question précise à votre pharmacien ou à votre médecin. Combien de salade mangez-vous d’une semaine à l’autre, et faut-il stabiliser cette quantité avant le prochain INR ? Cette phrase-là, collée à votre ordonnance, vaut mieux qu’un régime d’éviction improvisé.
Sources
- Lettuce, cos or romaine, raw (FDC ID 169247). USDA FoodData Central, 1er avril 2019.
- Vitamin K – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 22 octobre 2026.
- Folate – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 30 novembre 2022.
- Vitamin A and Carotenoids – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 10 mars 2025.
- About Folic Acid. Centers for Disease Control and Prevention, 18 septembre 2026.
- Symptoms of E. coli Infection. Centers for Disease Control and Prevention, 14 mai 2024.
- Hoff C, Higa J et al. : Notes from the Field: An Outbreak of Escherichia coli O157:H7 Infections Linked to Romaine Lettuce Exposure — United States, 2019. MMWR. Morbidity and Mortality Weekly Report, 7 mai 2021.
- Environmental Assessment of Factors Potentially Contributing to the Contamination of Romaine Lettuce Implicated in a Multi-State Outbreak of E. coli O157:H7. U.S. Food and Drug Administration, 1er novembre 2018.
- Investigations of Foodborne Illness Outbreaks. U.S. Food and Drug Administration, mis à jour en 2026.
- Is Lettuce Good for You?. Cleveland Clinic, 1er mars 2024.
- Yang X, Gil MI, Yang Q et al. : Bioactive compounds in lettuce: Highlighting the benefits to human health and impacts of preharvest and postharvest practices. Comprehensive Reviews in Food Science and Food Safety, janvier 2022.
- E. coli Outbreak Linked to Packaged Salads. Centers for Disease Control and Prevention, 3 mars 2022.
