Types de tumeurs : bénignes, précancéreuses, malignes

Types de tumeurs : bénignes, précancéreuses, malignes

Une tumeur est une masse de tissu dont les cellules se multiplient hors du rythme habituel. Elle n’est pas forcément un cancer. Elle peut rester bénigne, correspondre à une lésion précancéreuse, ou être maligne, c’est-à-dire capable d’envahir les tissus voisins et de former des métastases.

Trouver une boule sous la peau fait souvent craindre le pire. La plupart des masses palpables ne sont pas cancéreuses, et une tumeur bénigne du cerveau peut pourtant, par sa seule place, menacer la vie. L’inverse est vrai aussi. Les leucémies sont des cancers qui, en général, ne forment pas de masse solide, comme le rappelle le National Cancer Institute.

Les estimations GLOBOCAN pour 2022, publiées en 2024, comptaient près de 20 millions de nouveaux cancers dans le monde, soit environ une personne sur cinq au cours de la vie. Une kératose actinique non traitée comporte, selon la Mayo Clinic, un risque d’environ 5 à 10 % de carcinome épidermoïde. Pour un hémangiome infantile qui justifie un traitement par voie générale, la recommandation américaine de 2019 place le propranolol oral en première ligne.

Tumeur ou cancer, quelle est la différence ?

Les médecins parlent de tumeur, parfois de néoplasme. Les deux mots désignent un amas de cellules qui poussent trop, ou qui ne meurent pas quand elles le devraient. Le cancer, lui, est la maladie dans laquelle ces cellules anormales envahissent le voisinage et peuvent voyager vers d’autres organes. Une tumeur maligne est un cancer. Une tumeur bénigne n’en est pas un.

Cette distinction se joue au microscope et, désormais, aussi sur le profil moléculaire de la lésion. Les cellules cancéreuses ignorent les signaux qui ordonnent d’arrêter la division ou de mourir, attirent des vaisseaux pour se nourrir, et accumulent des altérations de l’ADN. Le tabac reste, d’après MedlinePlus (page révisée en juillet 2024), la première cause environnementale de décès par cancer ; d’autres facteurs cités sont l’alcool, le soleil, l’obésité, certaines expositions professionnelles et des virus (papillomavirus pour le col de l’utérus, virus des hépatites B et C pour une partie des cancers du foie, virus d’Epstein-Barr pour certains lymphomes).

Tous les changements de tissu ne sont pas un cancer. L’hyperplasie est un excès de cellules encore d’aspect habituel. La dysplasie ajoute des cellules d’allure anormale, sans invasion. Le carcinome in situ, parfois appelé stade 0, reste confiné à la couche d’origine. Ce n’est pas encore un cancer invasif, mais il est souvent traité parce que le risque de le devenir est réel. Ces trois situations expliquent pourquoi l’on surveille ou l’on retire une lésion « qui n’est pas un cancer » sans attendre qu’elle le devienne.

Le nom d’une tumeur maligne suit en général l’organe de départ et le type de cellule. Un cancer du sein qui forme un nodule dans le poumon reste un cancer du sein métastatique, pas un cancer du poumon, car les cellules gardent l’identité du foyer initial. Ce détail oriente les traitements et évite une confusion fréquente sur les comptes rendus d’imagerie.

Un fibrome souple de la paupière

Tumeurs bénignes, lipomes, fibromes et hémangiomes

Une tumeur bénigne croît le plus souvent lentement, reste localisée et n’envahit pas les tissus voisins. Une fois enlevée en totalité, elle ne récidive en général pas. Elle peut pourtant comprimer un nerf, un vaisseau, une voie aérienne ou le cerveau, et certaines sécrètent des hormones. La Cleveland Clinic, dans une page mise à jour en août 2024, souligne que le lipome (amas de graisse sous la peau) est le type le plus fréquent de tumeur bénigne ; un kyste, lui, est une poche liquidienne, pas une masse cellulaire.

Les adénomes naissent du tissu qui tapisse les glandes et de nombreux organes. Un polype adénomateux du côlon en est l’exemple le plus discuté. Certains de ces polypes peuvent évoluer vers un adénocarcinome, ce qui justifie de les retirer pendant une coloscopie de dépistage. D’autres adénomes siègent dans la thyroïde, les parathyroïdes, l’hypophyse ou le foie ; leur danger vient alors moins d’une « transformation » automatique que de l’excès d’hormone ou de la place occupée.

Les fibromes, ou fibromes utérins lorsqu’ils se développent dans l’utérus (léiomyomes), sont des tumeurs du tissu conjonctif ou du muscle lisse. Ils peuvent entraîner des saignements, une douleur pelvienne ou une gêne urinaire. Les faire passer pour un simple stade avant un fibrosarcome serait trompeur, car le léiomyosarcome est une tumeur maligne distincte, rare, et non la « suite naturelle » d’un fibrome banal. La même prudence vaut pour le lipome. Une masse graisseuse molle, mobile et stable n’est pas un liposarcome, tumeur maligne d’emblée, souvent plus ferme, plus profonde et plus rapide.

Les hémangiomes infantiles sont les tumeurs bénignes les plus fréquentes du nourrisson (jusqu’à environ 5 % des nourrissons, d’après le résumé AAFP de la recommandation AAP 2019). La plupart restent petits et s’estompent d’eux-mêmes. La croissance la plus rapide se situe entre 1 et 3 mois, et elle est en général achevée vers 5 mois. Quand un traitement par voie générale est indiqué (menace visuelle, ulcération, voie aérienne, défiguration), l’AAP place le propranolol oral en première ligne, à une posologie de 2 à 3 mg/kg par jour, à prendre pendant ou après une tétée, et à interrompre en cas de vomissements ou de mauvaise prise alimentaire à cause du risque d’hypoglycémie. Les corticoïdes oraux deviennent une option de recours si le bêtabloquant est contre-indiqué ou insuffisant. Laser et chirurgie servent surtout aux séquelles cutanées après involution. En France, le pédiatre et le pharmacien appliquent le protocole local ; ces doses américaines ne se prennent pas sans prescription.

D’autres tumeurs bénignes méritent d’être nommées parce qu’elles trompent sur leur gravité. Un méningiome, né des enveloppes du cerveau, est le plus souvent non cancéreux et peut pourtant, s’il grossit, comprimer le système nerveux au point de menacer la vie. Les ostéomes, schwannomes, hamartomes pulmonaires et angiomes cerise de la peau figurent sur une liste encore plus longue. Le point commun reste le même. L’aspect clinique ne suffit pas toujours, et une masse qui change de taille, de consistance ou de symptômes doit être revue.

Lésions précancéreuses de la peau, du côlon et du col

On parle souvent de « tumeur prémaligne ». Beaucoup de ces situations ne sont pas des masses tumorales au sens courant, mais des plages de cellules déjà anormales, encore sans invasion. Le National Cancer Institute les range sous l’hyperplasie, la dysplasie et le carcinome in situ. Les retirer ou les traiter peut empêcher un cancer, sans garantir que chaque lésion aurait progressé.

La kératose actinique (kératose solaire) est une plaque rêche, souvent de moins de 2,5 cm, sur une peau trop exposée aux ultraviolets (visage, oreilles, cuir chevelu dégarni, dos des mains). Elle apparaît en général après 40 ans, surtout chez les personnes à peau claire. Non traitée, le risque qu’elle donne un carcinome épidermoïde cutané est d’environ 5 à 10 % d’après la Mayo Clinic (page de décembre 2022), et non d’un cinquième des lésions. Une tache squameuse qui persiste, s’épaissit ou saigne se montre au médecin. La prévention repose sur l’ombre, un vêtement couvrant et un écran solaire indice 30 au moins, y compris par temps couvert ; les cabines UV sont à éviter.

Au côlon, le polype adénomateux est la lésion précancéreuse la plus familière des programmes de dépistage. Tous les polypes ne deviennent pas un cancer, mais on ne le sait qu’après analyse. Les retirer pendant la coloscopie coupe la séquence adénome-adénocarcinome pour cette lésion-là. Un compte rendu de « dysplasie de haut grade » ou de « polype dégénéré » change le rythme de surveillance. C’est le gastro-entérologue qui le fixe.

La dysplasie du col de l’utérus, souvent liée au papillomavirus, n’est pas un cancer. Les frottis et tests HPV cherchent précisément ces cellules anormales avant l’invasion. Selon le grade, on surveille, on détruit ou on retire un fragment de col. Le calendrier français de dépistage est fixé localement ; le médecin traitant ou le gynécologue l’applique. Ailleurs dans le corps, d’autres dysplasies, par exemple un nævus atypique de la peau, suivent la même logique, celle d’une anomalie encore non invasive, à documenter et à suivre.

Traiter une lésion précancéreuse ne « guérit » pas un cancer, puisqu’il n’y en a pas encore. Cela réduit un risque. Le tabac, le soleil et certains virus restent les leviers concrets. Arrêter de fumer, protéger la peau, se faire vacciner contre le HPV et les hépatites selon les indications du médecin, ce n’est pas un détail cosmétique, c’est de la prévention primaire documentée par MedlinePlus et par GLOBOCAN.

Tumeurs malignes, carcinomes, sarcomes et métastases

Une tumeur maligne envahit, peut récidiver après exérèse, et peut essaimer. La fiche patient de JAMA Oncology (Patel, 2020) rappelle que les métastases circulent par le sang ou la lymphe et siègent surtout au foie, aux poumons, au cerveau et aux os. La gravité dépend du type cellulaire, du siège, de la taille, de l’extension et de l’état de la personne, pas d’un seul mot « cancer » posé sur le dossier.

Les carcinomes, nés des cellules épithéliales qui tapissent la peau et les organes, sont le groupe le plus fréquent. L’adénocarcinome part de cellules qui produisent mucus ou sécrétions. La plupart des cancers du sein, du côlon et de la prostate en sont. Le carcinome épidermoïde part de cellules plates (peau, voies aérodigestives, col de l’utérus, une partie des poumons). Le carcinome basocellulaire de la peau et le carcinome urothélial de la vessie illustrent d’autres lignées épithéliales. Dans les chiffres GLOBOCAN 2022, poumon (12,4 %), sein féminin (11,6 %) et côlon-rectum (9,6 %) dominent l’incidence mondiale, et ce sont, pour l’essentiel, des carcinomes.

Les sarcomes naissent de l’os ou des tissus mous (muscle, graisse, vaisseaux, tissus fibreux). Ils sont plus rares. Un ostéosarcome, un liposarcome, un léiomyosarcome ou un rhabdomyosarcome n’ont pas le même âge de survenue ni le même pronostic. Une masse des parties molles qui grossit, surtout si elle est profonde ou peu mobile, n’est pas « un gros lipome » par défaut. C’est précisément le tableau pour lequel le NICE britannique (NG12, recommandations sarcomateuses conservées dans la version mise à jour en 2026) propose une échographie urgente chez l’adulte.

Le mélanome, le myélome et les tumeurs neuroendocrines complètent le tableau. Le mélanome part des cellules à pigment ; il peut siéger sur la peau ou, plus rarement, dans l’œil. Les tumeurs neuroendocrines, parfois hormonosécrétantes, peuvent être bénignes ou malignes. Un carcinoïde digestif lent n’a rien à voir, en rythme, avec un carcinome anaplasique. Le compte rendu de pathologie, avec le grade, vaut plus qu’un nom générique entendu à la va-vite.

Sans traitement, beaucoup de tumeurs malignes mettent la vie en danger. Avec un diagnostic précoce et des traitements adaptés (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées, immunothérapie), certaines se contrôlent longtemps, d’autres peuvent être guéries, d’autres encore se traitent comme une maladie chronique. Aucune statistique d’ensemble ne remplace le type et le stade de cette tumeur-là.

Leucémies, lymphomes et tumeurs germinales

Les cancers du sang bousculent l’image de la « boule ». Les leucémies naissent dans la moelle osseuse et inondent le sang de globules blancs anormaux, sans former, en règle générale, de tumeur solide. Fatigue, infections à répétition, saignements, sueurs nocturnes ou amaigrissement inexpliqué orientent plutôt vers une prise de sang que vers une palpation. Quatre grands cadres existent (aiguës ou chroniques, lymphoblastiques ou myéloïdes) ; la vitesse et la lignée cellulaire changent tout.

Les lymphomes partent des lymphocytes et se logent souvent dans les ganglions, la rate ou, parfois, un organe (forme extra-ganglionnaire). Ils sont « solides » au sens d’une masse palpable, à la différence des leucémies. On distingue la maladie de Hodgkin, avec cellules de Reed-Sternberg, et le vaste groupe des lymphomes non hodgkiniens, indolents ou agressifs. Un ganglion du cou, de l’aisselle ou de l’aine qui ne redescend pas en deux semaines, surtout s’il s’accompagne de fièvre ou de sueurs, se montre au médecin, comme le recommande le NHS.

Le myélome multiple est un cancer des plasmocytes, qui fabriquent les anticorps. Les cellules s’accumulent dans la moelle et peuvent creuser l’os. Ce n’est ni un carcinome ni un sarcome. Le diagnostic passe souvent par des analyses de sang et une biopsie ostéomédullaire, pas par l’ablation d’une « tumeur » unique.

Les tumeurs germinales naissent des cellules destinées à donner spermatozoïdes ou ovules. Elles siègent surtout dans le testicule ou l’ovaire, parfois dans le médiastin, l’abdomen ou le cerveau. Elles peuvent être bénignes (certains tératomes matures) ou malignes (séminome, carcinome embryonnaire). Une masse testiculaire se montre sans attendre. Le NHS range explicitement les boules du testicule, comme celles du sein, parmi les motifs de consultation, même avant le délai de deux semaines retenu pour une boule banale sous la peau.

Hémangiome sur la peau

Cerveau et blastomes dans la classification OMS de 2021

Les tumeurs du système nerveux central se nomment d’après la cellule et le siège, et elles peuvent être bénignes ou malignes. Un astrocytome part des astrocytes ; un méningiome, des méninges. La cinquième édition de la classification OMS des tumeurs du SNC, résumée par Louis et coll. dans Neuro-Oncology en 2021, a déplacé le centre de gravité vers le diagnostic moléculaire (mutation IDH, méthylome, fusions), tout en gardant l’histologie.

Le glioblastome n’est plus rangé parmi les tumeurs embryonnaires. Dans cette édition, le glioblastome sans mutation IDH (dit wildtype) appartient aux gliomes diffus de type adulte, distincts des tumeurs embryonnaires. Le médulloblastome, lui, reste une tumeur embryonnaire, aujourd’hui aussi définie par des groupes moléculaires (voie WNT, SHH, non-WNT/non-SHH). Confondre les deux parce que leur nom se termine par « -blastome » mélange une tumeur fréquente de l’adulte et une tumeur surtout pédiatrique, avec des traitements et des pronostics différents.

Les vrais blastomes embryonnaires hors du cerveau portent le suffixe pour une autre raison. Ils rappellent un tissu fœtal. Neuroblastome, rétinoblastome, hépatoblastome, néphroblastome (tumeur de Wilms) concernent surtout l’enfant. L’OMS pédiatrique et les recommandations de recours (au Royaume-Uni, le NICE prévoit par exemple une radiographie très urgente en cas de gonflement osseux inexpliqué chez l’enfant) ne se superposent pas aux circuits de l’adulte. En France, le pédiatre oriente vers le centre compétent.

Cette reclassification n’est pas un détail d’experts. Elle explique pourquoi un compte rendu moderne parle d’« astrocytome IDH-muté » plutôt que d’un ancien grade isolé, et pourquoi deux personnes avec le même mot « gliome » n’ont pas la même maladie. Demander au médecin ce que le compte rendu signifie pour ce type, ce grade et ces marqueurs est plus utile que de chercher un pronostic générique sur internet.

Biopsie et examens pour trancher le diagnostic

L’imagerie (échographie, scanner, IRM, TEP) localise une masse, en estime la taille et cherche des signes d’extension. Elle ne dit pas, à elle seule, si les cellules sont cancéreuses. Pour la plupart des cancers, la biopsie reste l’examen qui tranche, écrit la Mayo Clinic (texte du 24 décembre 2025). Un pathologiste examine le prélèvement, précise le type, et souvent le grade (de 1, peu agressif d’aspect, à 4, très agressif).

Plusieurs techniques existent, choisies selon le siège et la question posée.

  • L’aspiration à l’aiguille fine retire des cellules et du liquide avec une aiguille fine, utile pour un ganglion ou un nodule accessible.
  • La biopsie au trocart (carotte) prélève une colonne de tissu, plus informative que l’aspiration seule.
  • Le guidage par image (échographie, scanner, IRM) permet d’atteindre un foie, un poumon ou une prostate non palpables.
  • La biopsie endoscopique passe par un tube (coloscopie, fibroscopie bronchique, cystoscopie) pour pincer la muqueuse suspecte.
  • La biopsie cutanée peut raser la surface, emporter un cylindre à l’emporte-pièce ou retirer toute une lésion (exérèse).
  • La biopsie ostéomédullaire, souvent à l’os iliaque, sert surtout aux maladies du sang.
  • La biopsie chirurgicale, incisionnelle ou excisionnelle, s’impose si les autres voies sont impossibles ou non concluantes.

Le délai de résultat se compte souvent en quelques jours, parfois plus si des colorations spéciales ou un profil moléculaire sont demandés. Pendant une intervention, un examen extemporané peut donner une orientation en quelques minutes, à confirmer ensuite. Un compte rendu « non concluant » n’est pas un échec. Il conduit souvent à un second prélèvement, mieux ciblé.

D’autres examens accompagnent la biopsie sans la remplacer (prise de sang, radiographie, bilan hépatique, marqueurs dans des situations précises). MedlinePlus rappelle que le traitement dépend du type, du caractère cancéreux ou non, et du siège. Une tumeur bénigne dans une zone « sûre », sans symptôme, peut relever de la simple surveillance programmée. La même histologie près du tronc cérébral ne se discute pas de la même façon.

Masse sous la peau, quand voir le médecin

La plupart des boules sous la peau sont banales (lipome, kyste, ganglion réactionnel). Cela n’autorise pas à les ignorer. Le NHS (page révisée le 5 février 2024) conseille de consulter un médecin si la masse persiste plus de deux semaines, si elle grossit, si elle est douloureuse, rouge ou chaude, si elle est dure et immobile, si elle réapparaît après ablation, si elle siège au sein ou au testicule, ou s’il s’agit d’un gonflement du cou, de l’aisselle ou de l’aine qui ne redescend pas en deux semaines.

Le NICE britannique (recommandation NG12) propose, chez l’adulte, une échographie en accès direct urgent devant une masse des tissus mous inexpliquée qui augmente de volume, puis un circuit « cancer suspecté » si l’image évoque un sarcome ou reste douteuse. Chez l’enfant, le délai visé pour cette échographie est de 48 heures. En France, le médecin traitant choisit le circuit local (échographie, avis dermatologique, chirurgical ou d’un centre des sarcomes). La règle britannique n’est pas un barème français. Une masse qui grossit n’est pas un motif de « on verra dans six mois ».

Certains tableaux ne relèvent plus de la consultation différée. Une détresse respiratoire, un trouble brutal de la conscience, une faiblesse d’un hémicorps, des maux de tête en coup de tonnerre ou un collapsus font appeler le 15 ou le 112. Une masse du cou qui gêne le souffle, un hémangiome du nourrisson qui s’ulcère largement ou menace l’œil se traitent le jour même. La douleur n’est pas un bon tri. Beaucoup de tumeurs malignes des tissus mous sont d’abord indolores, alors qu’un kyste enflammé fait très mal et reste bénin.

Situation Conduite
Masse sous la peau depuis plus de 2 semaines, ou qui grossit Médecin traitant
Masse dure, fixe, douloureuse, rouge ou chaude Médecin traitant sans attendre la fin de la 2ᵉ semaine
Boule du sein ou du testicule Médecin traitant, sans s’imposer le délai de 2 semaines
Ganglion du cou, de l’aisselle ou de l’aine persistant Médecin traitant (NHS, s’il ne redescend pas en 2 semaines)
Masse des parties molles inexpliquée qui augmente Échographie rapide ; au Royaume-Uni, accès urgent NICE NG12
Détresse respiratoire, déficit neurologique brutal, malaise grave 15 ou 112

Apporter à la consultation une date d’apparition, une mesure (photo avec une pièce à côté), et la liste des symptômes associés (fièvre, sueurs, amaigrissement, douleur osseuse) accélère le tri. Percer ou compresser une boule « pour voir » n’aide pas et peut infecter un kyste.

Questions fréquentes

Une tumeur est-elle forcément un cancer ?

Non. Une tumeur est une masse de cellules anormales ; le cancer commence quand ces cellules envahissent et peuvent essaimer. Beaucoup de tumeurs restent bénignes toute la vie. Seul l’examen des tissus, le plus souvent une biopsie, permet de classer la lésion.

Une tumeur bénigne peut-elle devenir maligne ?

Certaines lésions bénignes ou précancéreuses portent un risque, comme une partie des polypes coliques ou une kératose actinique. La plupart des lipomes et des fibromes utérins n’empruntent pas ce chemin. On surveille ou on retire selon le type, pas selon une peur générale de « transformation ».

Quelle est la différence entre un kyste et une tumeur ?

Un kyste est une poche remplie de liquide. Une tumeur, même bénigne, est un amas de cellules. L’échographie sépare souvent les deux ; en cas de doute, un prélèvement tranchera.

Quand faut-il montrer une boule sous la peau ?

Si elle dure plus de deux semaines, grossit, devient dure ou fixe, fait mal, rougit, ou siège au sein, au testicule, au cou, à l’aisselle ou à l’aine, prenez rendez-vous. Une masse qui vous inquiète se montre même avant ces délais.

Comment sait-on si une tumeur est cancéreuse ?

L’examen clinique et l’imagerie orientent. Le diagnostic de certitude repose, pour la plupart des cancers, sur la biopsie lue par un pathologiste, parfois complétée de tests moléculaires. Le grade décrit l’agressivité d’aspect, le stade décrit l’extension.

Un hémangiome du nourrisson doit-il toujours être traité ?

Non. La majorité régresse. Un traitement, aujourd’hui souvent le propranolol oral lorsqu’une voie générale est nécessaire, se discute si la lésion menace une fonction, s’ulcère ou risque une défiguration. Le pédiatre fixe l’indication.

Les cancers du sang sont-ils des tumeurs ?

Ce sont des néoplasmes, donc des proliférations cellulaires anarchiques. Les leucémies ne forment en général pas de masse solide ; les lymphomes, si. Le mot « tumeur » au quotidien désigne surtout une boule, ce qui explique la confusion.

Faut-il une biopsie pour toute masse ?

Non. Un lipome typique, un kyste évident ou un hémangiome du nourrisson de diagnostic clinique peuvent se surveiller. Toute atypie (croissance, profondeur, douleur, siège à risque) fait discuter imagerie puis prélèvement.

Diviser les cellules cancéreuses en laboratoire

Conclusion

Le mot « tumeur » rassemble des maladies trop différentes pour un pronostic unique. Une masse bénigne peut n’exiger qu’une surveillance ; une lésion précancéreuse se traite pour couper un risque ; une tumeur maligne se définit par son type cellulaire, son siège et son extension, pas par la peur qu’elle inspire. Les leucémies rappellent qu’un cancer n’a pas toujours besoin d’une boule, et les tumeurs bénignes du cerveau rappellent qu’une boule non cancéreuse n’est pas toujours anodine.

Si vous palpez une masse, notez depuis quand elle est là, si elle grossit, et si des signes généraux l’accompagnent. Un rendez-vous avec le médecin traitant dans les délais du NHS (persistance au-delà de deux semaines, ou plus tôt si sein, testicule, ganglion ou masse dure) est le geste utile, pas l’attente que « ça se tasse ». Pour une masse des tissus mous qui augmente, l’échographie est l’examen de premier recours que les recommandations britanniques ont rendu urgent ; en France, c’est le médecin qui déclenche le circuit équivalent.

Apportez à cette consultation la question précise qui compte. De quel type histologique s’agit-il, faut-il une biopsie maintenant, et quels signes doivent faire revenir plus tôt ? Le compte rendu de pathologie, pas le nom entendu dans la salle d’attente, décide de la suite.

Sources

  1. What Is Cancer?. National Cancer Institute, mis à jour en 2025.
  2. Tumor: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 15 juillet 2024.
  3. Benign Tumor: Definition, Types & Symptoms. Cleveland Clinic, 15 août 2024.
  4. Biopsy: Types of biopsy procedures used to diagnose cancer. Mayo Clinic, 24 décembre 2025.
  5. Actinic keratosis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 17 décembre 2022.
  6. Lumps. National Health Service, 5 février 2024.
  7. Suspected cancer: recognition and referral. National Institute for Health and Care Excellence, 15 avril 2026.
  8. Infantile Hemangioma: AAP Releases Guideline for Management. American Family Physician, 1er août 2019.
  9. Patel A : Benign vs Malignant Tumors. JAMA Oncology, 30 juillet 2020.
  10. Louis DN, Perry A et al. : The 2021 WHO Classification of Tumors of the Central Nervous System: a summary. Neuro-Oncology, 2 août 2021.
  11. Bray F, Laversanne M et al. : Global cancer statistics 2022: GLOBOCAN estimates of incidence and mortality worldwide for 36 cancers in 185 countries. CA: A Cancer Journal for Clinicians, 4 avril 2024.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.