Nausées : meilleurs moyens à la maison et quand consulter

Nausées : meilleurs moyens à la maison et quand consulter

La nausée se calme le plus souvent par de petites gorgées de liquide clair, des repas fades fractionnés et un repos calme, sans bilan immédiat tant qu’aucun signe d’alarme n’apparaît. Les antiémétiques et le gingembre peuvent réduire le malaise selon la cause, mais le même geste ne convient pas à une gastro-entérite, à une grossesse ou au mal des transports.

Le haut-le-cœur après un trajet en voiture n’a rien à voir avec celui qui réveille une femme enceinte avant le petit-déjeuner. Le Green-top Guideline n° 69 du Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, publié en 2024, estime que les nausées et vomissements touchent jusqu’à 90 % des grossesses.

Chez l’adulte, un avis médical s’impose si les vomissements dépassent deux jours, d’après la fiche Mayo Clinic mise à jour en juillet 2026. Le tableau de l’American Academy of Family Physicians de 2024 cite le gingembre à 250 mg en quatre prises quotidiennes pour les nausées de grossesse. Une revue Cochrane de 2022 a observé que les antihistaminiques de première génération empêchaient les symptômes du mal des transports chez 40 % des adultes sensibles, contre 25 % sous placebo.

Que se passe-t-il quand on a mal au cœur ?

La nausée est la sensation désagréable qu’un vomissement pourrait survenir; le vomissement, lui, expulse de force le contenu de l’estomac. Les deux phénomènes peuvent arriver ensemble ou séparément, et il faut les distinguer du reflux simple, où le contenu remonte sans contraction abdominale, comme le rappelle la revue de l’AAFP de mai 2024.

Le centre du vomissement, dans le tronc cérébral, reçoit des messages venus de l’estomac, de l’oreille interne, du sang et des émotions. Une gastro-entérite, un médicament, une hormone de grossesse ou un mouvement de voiture peuvent activer les mêmes voies. Le Merck Manual, révisé en 2026, classe parmi les causes les plus fréquentes la gastro-entérite, les médicaments et les toxiques.

Les vomissements répétés exposent surtout à la déshydratation et à des troubles du potassium. Plus rarement, un effort violent déchire l’œsophage. Si la personne est somnolente, le risque d’inhaler le vomi existe, surtout chez un enfant ou une personne âgée. Une nausée isolée n’est en général pas dangereuse, mais elle peut empêcher de boire.

Aucun test n’est obligatoire au premier épisode bref et sans signe d’alarme. L’AAFP précise qu’un épisode aigu, jusqu’à sept jours, se traite d’abord de façon symptomatique. Au-delà de quatre semaines, le champ des causes s’élargit. Chez une personne en âge de procréer, un test de grossesse fait partie de l’évaluation de base, indique le Merck Manual.

jeune femme allongée sur le canapé qui veut savoir comment se débarrasser des nausées

Quelles causes expliquent le plus souvent les nausées ?

La gastro-entérite virale, souvent appelée à tort « grippe intestinale », et les nausées du début de grossesse sont les deux origines les plus courantes selon la Mayo Clinic (2026). Viennent ensuite l’intoxication alimentaire, la migraine, le mal des transports, certains médicaments et le reflux.

Les virus les plus souvent en cause sont le norovirus, l’adénovirus et le rotavirus. Les Centers for Disease Control and Prevention indiquent, dans leur fiche d’avril 2024, que le norovirus provoque nausées, vomissements et diarrhée après 12 à 48 heures, et que la plupart des personnes se rétablissent en un à trois jours. Les antibiotiques n’agissent pas sur ce virus.

Du côté des médicaments, l’AAFP cite les antibiotiques (surtout macrolides et sulfamides), les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les opioïdes, la metformine, les agonistes du récepteur du GLP-1 et les chimiothérapies. Un comprimé commencé quelques jours plus tôt est une piste à mentionner au pharmacien. Le cannabis pris de façon répétée pendant des années peut entretenir des vomissements cycliques; le Merck Manual décrit un soulagement parfois obtenu sous douche chaude, qui disparaît après l’arrêt.

D’autres origines demandent un regard plus large. Une migraine s’accompagne souvent de nausées. Un vertige de l’oreille interne les aggrave au moindre mouvement. Une occlusion, une appendicite ou une pancréatite s’accompagnent d’une douleur localisée. L’AAFP rappelle aussi les troubles fonctionnels des critères de Rome IV, dont la prévalence avoisine 3 % aux États-Unis.

Que boire et que manger en cas de nausées ?

Le premier objectif n’est pas de trouver un aliment miracle, c’est de remplacer l’eau et les sels sans relancer le vomissement. Les petites gorgées répétées pendant deux heures valent mieux qu’un grand verre avalé d’un coup, précise la fiche de premiers secours de la Mayo Clinic (juillet 2024). Chez l’adulte, l’eau ou une boisson pour sportifs peuvent suffire si les urines restent claires et régulières.

Chez l’enfant, la même fiche déconseille de se limiter à l’eau ou au jus de pomme. Une solution de réhydratation orale, en très petites quantités, parfois à la pipette, est l’option à privilégier. Le sein ou le lait habituel se poursuit. Les CDC (2024) ajoutent que les boissons pour sportifs aident une déshydratation légère, mais qu’elles ne remplacent pas toujours les minéraux; les solutés vendus en pharmacie restent plus adaptés.

Lorsque l’appétit revient, les aliments fades sont un point de départ raisonnable. La Mayo Clinic cite les biscuits salés, le pain grillé, la gélatine, la banane, la compote, le riz et le poulet, à reprendre en petites portions et à interrompre si le malaise revient. MedlinePlus (révision du 15 juillet 2024) propose six à huit petits repas plutôt que trois assiettes copieuses, et vise 2 à 2,5 litres de liquides clairs par jour si l’estomac les accepte.

Le régime souvent résumé par banane, riz, compote et toast n’est plus un traitement à part entière. La Cleveland Clinic (2025) accepte ces aliments fades pour un jour ou deux, pas davantage. Une page du National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, revue en 2018 et donc à lire comme une observation de longue durée, indique que la plupart des experts ne recommandent ni le jeûne ni un régime restreint une fois l’appétit revenu.

Quelques aliments et boissons méritent d’être écartés le temps de la crise, parce qu’ils ralentissent l’estomac ou irritent l’intestin.

  • Les plats gras, frits ou très épicés ralentissent la vidange de l’estomac et relancent souvent le malaise.
  • Le café, l’alcool et le tabac irritent la muqueuse et aggravent une déshydratation déjà commencée.
  • Les produits laitiers entiers et les sodas très sucrés peuvent augmenter diarrhée et ballonnements chez certaines personnes.
  • Les aliments à forte odeur, même s’ils sont « sains », déclenchent parfois le haut-le-cœur avant la première bouchée.

Les boissons gazeuses font l’objet d’un désaccord utile. La Mayo Clinic accepte de petites gorgées froides, parfois gazeuses ou acidulées, comme un soda au gingembre. MedlinePlus conseille d’éviter les boissons carbonatées. Une limonade trop sucrée ou un cola avalé d’un trait aggrave souvent le ballonnement; une boisson plate, éventuellement ouverte pour perdre son gaz, est plus prudente. Après le dernier vomissement, la Mayo Clinic suggère d’attendre environ six heures avant les solides.

Gestes simples qui peuvent calmer le mal au cœur

Le repos calme et l’évitement des déclencheurs aident autant que le contenu de l’assiette. Trop d’activité et un manque de sommeil peuvent amplifier la nausée, écrit la Mayo Clinic. MedlinePlus conseille de rester assis tranquillement, car bouger sans cesse aggrave souvent la sensation. S’allonger tout de suite après avoir mangé est déconseillé; rester assis favorise la vidange de l’estomac.

Les odeurs de cuisine, le parfum, la fumée, une pièce confinée, la chaleur et les lumières clignotantes figurent parmi les déclencheurs listés par la Mayo Clinic. Ouvrir une fenêtre correspond aussi au conseil de MedlinePlus de prendre l’air. Un vêtement trop serré à la taille ajoute une pression inutile. Rincer la bouche à l’eau après un vomissement, ou sucer un bonbon dur, atténue le goût acide qui relance le haut-le-cœur.

MedlinePlus propose encore de regarder un film ou d’écouter quelque chose pour détourner l’attention. Ces gestes ne remplacent pas la réhydratation, mais ils évitent de fixer le malaise.

Tenez ces habitudes le temps que l’épisode passe, surtout si les vomissements ont déjà commencé.

  • Buvez à petites gorgées pendant deux heures plutôt que de forcer un grand volume d’un seul coup.
  • Mangez assis, dans une pièce peu odorante, puis restez assis une demi-heure après le repas.
  • Gardez près de vous une solution de réhydratation orale si un enfant vomit ou a la diarrhée.
  • Notez les urines; des urines rares et foncées, un vertige au lever ou une bouche sèche signalent qu’il faut consulter.

Provoquer un vomissement pour « vider l’estomac » n’est recommandé ni par la Mayo Clinic, ni par MedlinePlus, ni par le Merck Manual. Le soulagement est bref, l’irritation de l’œsophage augmente, et le même manuel rappelle le risque de déchirure. En cas de suspicion d’intoxication, le bon réflexe est d’appeler le SAMU au 15, ou le 112, pas d’agir seul.

Le gingembre et les autres plantes aident-ils vraiment ?

Le gingembre peut réduire les nausées de grossesse; son intérêt pour le mal des transports, la chimiothérapie et l’après-opération reste incertain. C’est le résumé de la fiche du National Center for Complementary and Integrative Health, mise à jour en février 2025. La plupart des essais ont testé des compléments, pas un thé ou un biscuit.

L’AAFP (2024) retient le gingembre à 250 mg quatre fois par jour comme option pour les nausées de grossesse et, de façon plus limitée, pour la migraine. Une méta-analyse citée dans cette revue a trouvé un bénéfice sur la nausée par rapport au placebo, comparable à la vitamine B6, sans effet net sur le vomissement. Le Green-top 69 du RCOG (2024) s’appuie sur d’autres classes en première ligne; le rhizome n’y figure pas comme traitement de référence. Le complément n’est pas un substitut à un antiémétique prescrit.

Les effets indésirables du gingembre pris par la bouche comprennent un inconfort abdominal, des brûlures d’estomac, une diarrhée et une irritation de la bouche, d’après le NCCIH. Un avis du pharmacien s’impose en cas de traitement anticoagulant, de calculs biliaires ou de grossesse. On manque encore de données solides sur l’allaitement.

La menthe poivrée apparaît surtout comme tisane dans la fiche Mayo Clinic, parmi les boissons froides qui peuvent aider. Les huiles essentielles n’ont pas le statut d’un médicament; avalées pures, elles irritent les muqueuses, et leur odeur déclenche parfois le malaise. La cannelle, parfois citée pour les règles douloureuses, n’est pas un traitement de la nausée dans les sources primaires de cette mise à jour.

Quels médicaments antiémétiques selon la cause

Le bon antiémétique dépend de la voie nerveuse en cause, pas d’une « force » universelle. L’AAFP (2024) recommande de les utiliser le temps le plus court possible. MedlinePlus indique qu’ils commencent souvent à agir 30 à 60 minutes après la prise; attendre d’être très malade avant d’avaler la dose prévue après une chimiothérapie réduit leurs chances.

Pour le mal des transports et les vertiges, les antihistaminiques (diménhydrinate, diphénhydramine, méclozine) et la scopolamine en dispositif transdermique ciblent l’oreille interne. Le tableau de l’AAFP indique, aux États-Unis, 50 mg de diménhydrinate toutes les six heures, 25 mg de méclozine toutes les six heures, et un patch de scopolamine tous les trois jours. Ces chiffres sont ceux d’une revue américaine; le pharmacien appliquera la posologie et les spécialités disponibles en France.

Pour une migraine, une méta-analyse Cochrane reprise par l’AAFP conclut que le métoclopramide associé à l’aspirine réduit mieux nausées et vomissements que l’aspirine seule. Le métoclopramide accélère aussi la vidange gastrique; l’American College of Gastroenterology, cité dans la même revue, limite sa durée à douze semaines à cause du risque de mouvements anormaux et de dyskinésie tardive. L’ondansétron est largement utilisé; les preuves chez l’adulte atteint de gastro-entérite restent limitées, alors qu’elles sont plus nettes chez l’enfant.

Les doses du tableau AAFP 2024 (usage américain, à faire confirmer localement) et les effets les plus fréquents tiennent en quelques lignes.

  • L’ondansétron à 4 mg toutes les huit heures peut donner mal de tête, constipation et allongement de l’intervalle QT.
  • Le métoclopramide à 10 mg quatre fois par jour expose à une somnolence et à des symptômes extrapyramidaux.
  • La prochlorpérazine (5 à 10 mg) et la prométhazine (12,5 à 25 mg) toutes les six heures sédatent et peuvent hypotendre.
  • La doxylamine associée à la pyridoxine, un à deux comprimés par jour aux États-Unis, sédate; la pyridoxine seule se situe entre 10 et 25 mg trois ou quatre fois par jour.

Aucun de ces médicaments n’est anodin chez la personne âgée, en cas de glaucome à angle fermé, de rétention urinaire ou d’allongement connu du QT. Un antiémétique qui a déjà provoqué des contractions musculaires anormales ne doit pas être repris. La conduite et l’alcool se combinent mal avec les molécules sédatives. Le médecin traitant ou le pharmacien choisit la molécule selon la cause, les interactions et les habitudes françaises, qui peuvent différer des schémas américains.

bananes hachées dans un bol

Nausées de grossesse, que faire et quels traitements

Les nausées du premier trimestre sont fréquentes et, dans la grande majorité des cas, sans danger pour l’enfant; elles n’en sont pas moins épuisantes. L’AAFP estime que jusqu’à 75 % des grossesses s’accompagnent de symptômes récurrents. Le RCOG (2024) va jusqu’à 90 % et refuse l’expression « morning sickness », trop réductrice. L’hyperémèse gravidique, forme grave qui empêche de manger et de boire normalement, concerne 0,5 à 1 % des grossesses selon l’AAFP, et 0,3 à 3,6 % selon le RCOG; les deux fourchettes se recoupent sans se confondre.

Le Green-top 69, deuxième édition publiée le 4 février 2024 (la précédente datait de 2016), change un point concret. La cétonurie n’est plus un marqueur de déshydratation et ne doit plus servir à juger la gravité. Le score PUQE, ou l’outil HELP pour les formes graves, décrit mieux le retentissement. Les nausées commencent en général entre la quatrième et la septième semaine, culminent vers la neuvième et s’arrêtent avant la vingtième semaine chez 90 % des femmes.

Manger un biscuit salé avant de se lever, fractionner les repas, éviter le jeûne prolongé et aérer la cuisine sont des conseils repris par la Mayo Clinic et MedlinePlus. Le gingembre, à la posologie du tableau AAFP, peut aider la nausée. La revue Cochrane de 2015, observation de longue durée, concluait déjà à un manque de preuves de haute qualité pour toutes les interventions, plantes comprises; cela ne signifie pas qu’elles sont inefficaces, seulement que les essais étaient hétérogènes.

Côté médicaments, le RCOG place en première ligne les antihistaminiques H1, les phénothiazines et l’association doxylamine-pyridoxine, seule spécialité alors licenciée au Royaume-Uni pour cette indication. L’ondansétron devient un second recours; le texte britannique parle d’une très petite hausse du risque absolu de fente labiale ou palatine au premier trimestre, à peser contre une hyperémèse mal traitée. Le métoclopramide est efficace mais reste de seconde ligne à cause des effets extrapyramidaux. Ces schémas sont britanniques et américains. En France, le choix appartient au médecin, à la sage-femme ou au pharmacien.

Une femme qui ne garde aucun liquide, qui perd du poids ou qui urine peu ne doit pas attendre le prochain rendez-vous prévu. Le RCOG rappelle aussi la thiamine chez les femmes hospitalisées ou à très faible apport, surtout avant un soluté glucosé, pour prévenir une encéphalopathie de Gayet-Wernicke. Ce geste se fait à l’hôpital, pas en automédication.

Mal des transports, prévention et médicaments

Les antihistaminiques de première génération réduisent probablement le risque de mal des transports s’ils sont pris avant le trajet, pas une fois le vomissement commencé. La revue Cochrane de Karrim et al., publiée le 17 octobre 2022, a rassemblé neuf essais (658 participants). Dans des conditions naturelles (bateau, avion), les symptômes étaient évités chez 40 % des adultes sensibles sous antihistaminique, contre 25 % sous placebo. La somnolence touchait 66 % des personnes sous traitement, contre 44 % sous placebo.

Aucune des études incluses n’évaluait clairement le traitement une fois les symptômes déjà là, et les données chez l’enfant manquent. Le NCCIH (2025) ajoute que la plupart des essais sur le gingembre dans le mal des transports n’ont pas montré d’effet. Un biscuit au gingembre peut rester un geste de confort; ce n’est pas un équivalent du diménhydrinate.

La Mayo Clinic recommande le diménhydrinate ou la méclozine en vente libre aux États-Unis, et un patch de scopolamine pour un long voyage, sur avis médical. Le Merck Manual range aussi ces deux familles en première intention pour le mal des transports. S’installer à l’avant d’une voiture, regarder loin devant soi, éviter de lire et garder la tête stable réduisent le conflit entre l’œil et l’oreille interne. Un estomac ni vide ni trop chargé, sans alcool ni café, complète ces mesures.

La somnolence des antihistaminiques de première génération interdit de conduire si elle apparaît. Ces molécules sont souvent contre-indiquées en cas de risque de glaucome à angle fermé ou de blocage urinaire. Un patch de scopolamine se pose plusieurs heures avant le départ et peut dessécher la bouche. Le pharmacien indiquera la spécialité adaptée en France et l’heure de prise par rapport au départ.

Nausées persistantes, quand voir un médecin

La plupart des nausées aiguës sans signe d’alarme se gèrent à la maison; certains tableaux exigent un médecin le jour même, d’autres le 15 ou le 112. La Mayo Clinic (2026) demande une aide d’urgence en cas de douleur thoracique, de douleur abdominale intense, de vision trouble, de confusion, de forte fièvre avec raideur de nuque, de sang rectal ou de vomi à odeur fécale. Du sang rouge, un aspect de marc de café ou un vomi vert justifient aussi un passage aux urgences.

La déshydratation se reconnaît à une soif excessive, une bouche sèche, des urines rares et foncées, une faiblesse ou un vertige en se levant. MedlinePlus ajoute l’impossibilité de garder tout liquide, au moins trois vomissements dans la journée, une nausée de plus de 48 heures, une fièvre, une douleur au ventre ou l’absence d’urine pendant huit heures. Chez l’adulte, des vomissements de plus de deux jours, des épisodes qui durent plus d’un mois ou un amaigrissement inexpliqué justifient un rendez-vous. Pour un enfant de moins de deux ans, le seuil tombe à 24 heures; pour un nourrisson, à 12 heures.

Une fièvre à 39 °C ou plus, une diarrhée sanglante ou une confusion font aussi partie des critères de la fiche gastro-entérite de la Mayo Clinic (2024). Chez le nourrisson, des couches sèches plus de trois heures, une fontanelle creusée, des pleurs sans larmes ou une somnolence inhabituelle comptent autant que le nombre de vomissements.

Situation Signes observés Conduite à tenir
Urgence vitale Douleur thoracique, confusion, raideur de nuque avec forte fièvre Appelez le 15 ou le 112 sans attendre
Urgence hospitalière Sang ou aspect de marc de café, douleur abdominale intense, vomi vert Se rendre aux urgences ou appeler le 15
Déshydratation Soif intense, urines rares et foncées, vertige au lever Consultation rapide, parfois une perfusion
Durée chez l’adulte Vomissements au-delà de deux jours, ou nausées au-delà d’un mois Prendre rendez-vous avec le médecin traitant
Enfant de moins de 2 ans Vomissements qui durent plus de 24 heures Voir un médecin le jour même
Nourrisson Vomissements qui durent plus de 12 heures, couches sèches Avis médical sans délai
Grossesse Impossibilité de boire, perte de poids, malaise au lever Contacter le médecin ou la sage-femme

L’AAFP liste aussi, parmi les signes qui imposent d’aller plus loin, un amaigrissement involontaire de plus de 5 %, une dysphagie progressive, un âge de plus de 55 ans, un ictère ou un déficit neurologique. Ces éléments aident à décrire précisément ce qui se passe au médecin, pas à s’autodiagnostiquer.

Acupression au poignet et autres aides complémentaires

Presser le point P6 (Neiguan), sur la face interne du poignet entre les deux tendons, est une manœuvre que l’on peut apprendre, avec un bénéfice possible et des preuves encore limitées. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center, dans une fiche mise à jour le 2 septembre 2026, explique comment le localiser. On pose trois doigts sous le pli du poignet, puis le pouce dans le sillon entre les tendons, et l’on presse en petits cercles pendant deux à trois minutes, assez fort pour sentir une tension, jamais jusqu’à la douleur. La manœuvre se répète sur l’autre poignet, plusieurs fois par jour.

La revue Cochrane de 2015 sur les nausées de début de grossesse trouvait des preuves limitées pour l’acupression P6 et aucun bénéfice net de l’acupuncture. Dans la chimiothérapie, d’anciennes synthèses suggéraient un petit effet de l’acupression sur la nausée aiguë, pas sur le vomissement. L’acupression reste un appoint. On l’évite si la peau du poignet est lésée, rouge ou infectée.

D’autres approches circulent avec moins d’appui. Les bracelets du commerce reproduisent l’idée du point P6; leur efficacité n’est pas établie de façon homogène. Le cannabis médical a montré un intérêt dans certains essais en cancérologie, d’après une méta-analyse citée par l’AAFP, mais le cannabis récréatif chronique peut au contraire entretenir une hyperémèse. La réalité virtuelle et les probiotiques n’apparaissent pas dans les recommandations de l’AAFP, du RCOG ou de la Mayo Clinic.

Une nausée qui revient chaque semaine pendant des mois, sans cause trouvée, relève d’un bilan, pas d’une accumulation de compléments. L’AAFP rappelle que les symptômes chroniques sont plus difficiles à traiter que l’épisode aigu. Le bon moment pour en parler au médecin traitant est celui où le malaise empêche de boire, de travailler ou de dormir.

Questions fréquentes

Peut-on se faire vomir pour calmer une nausée ?

Non. Vider l’estomac n’apporte qu’un répit court et augmente l’irritation, la déshydratation et, rarement, une déchirure de l’œsophage. Aucune des sources citées plus haut ne recommande ce geste. Si vous soupçonnez une intoxication, appelez le 15 ou le numéro européen 112.

Les sodas et le cola aident-ils vraiment ?

Pas de façon fiable. La Mayo Clinic accepte de petites gorgées froides parfois gazeuses; MedlinePlus déconseille les boissons carbonatées, trop sucrées et ballonnantes. Une eau plate, une solution de réhydratation ou une boisson pour sportifs peu sucrée restent plus sûres qu’un cola avalé pour « calmer l’estomac ».

Le régime banane, riz, compote et toast reste-t-il utile ?

Seulement comme pont d’un jour ou deux, pas comme régime de traitement. La Cleveland Clinic limite ces aliments fades à quelques jours. Le NIDDK, dans une page de 2018, indique que la plupart des experts ne recommandent plus de régime restreint une fois l’appétit revenu. Reprendre une alimentation habituelle, en petites portions, est alors préférable.

Combien de temps durent les nausées d’une gastro-entérite ?

Souvent un à trois jours pour un norovirus, d’après les CDC (2024). Les vomissements de plus de deux jours chez l’adulte, de plus de 24 heures chez un enfant de moins de deux ans ou de plus de 12 heures chez un nourrisson justifient un avis médical, selon la Mayo Clinic. Une diarrhée qui se prolonge plusieurs jours ou qui devient sanglante change aussi la conduite.

Le cannabis soulage-t-il ou aggrave-t-il les nausées ?

Les deux situations existent. Certains cannabinoïdes de synthèse ont été étudiés contre les nausées de chimiothérapie, avec des résultats inégaux. Un usage quotidien prolongé peut au contraire provoquer un syndrome d’hyperémèse, soulagé parfois par une douche chaude et, de façon durable, par l’arrêt, décrit par le Merck Manual (2026). Ce n’est pas un remède de premier recours.

Faut-il rester à jeun après avoir vomi ?

Quelques heures de repos gastrique suffisent, pas un jeûne prolongé. La Mayo Clinic propose d’attendre environ six heures après le dernier vomissement avant les solides, tout en continuant les petites gorgées. Le NIDDK déconseille le jeûne une fois l’appétit de retour. Un estomac vide trop longtemps relance souvent le malaise, surtout en début de grossesse.

Conclusion

Le mal au cœur se gère d’abord avec de l’eau ou une solution de réhydratation en toutes petites gorgées, des aliments fades dès que l’appétit revient, du repos et l’éviction des odeurs. Le gingembre peut aider certaines nausées de grossesse, à une dose de l’ordre de 250 mg en quatre prises dans le tableau américain de 2024; il déçoit le plus souvent dans le mal des transports. L’antiémétique utile n’est pas le même pour une migraine, un bateau ou un premier trimestre; la durée courte et l’avis du pharmacien évitent les effets extrapyramidaux du métoclopramide et la somnolence des antihistaminiques.

Si les vomissements dépassent deux jours, si un enfant de moins de deux ans vomit plus de 24 heures, ou si les urines se raréfient, le médecin traitant doit voir la situation. Une douleur de poitrine, un vomi sanglant, une confusion ou une raideur de nuque avec fièvre relèvent du 15 ou du 112. En grossesse, l’impossibilité de boire et la perte de poids justifient un appel à la sage-femme ou au médecin, sans s’appuyer sur une bandelette de cétones pour décider.

Avant la prochaine consultation, notez depuis quand le malaise a commencé, ce que vous arrivez encore à boire, la couleur des urines, les médicaments commencés récemment et, le cas échéant, la date des dernières règles. Ces cinq éléments orientent plus vite qu’une liste de remèdes essayés au hasard.

Sources

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  2. Gastroenteritis: First aid. Mayo Clinic, 23 juillet 2024.
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  11. Acupressure for Nausea and Vomiting. Memorial Sloan Kettering Cancer Center, 2 septembre 2026.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.