
Un préservatif est une gaine barrière, portée sur le pénis (modèle externe) ou placée dans le vagin ou l’anus (modèle interne), qui retient le sperme et une grande partie des sécrétions. Utilisé du premier contact jusqu’au retrait, il réduit le risque de grossesse et de nombreuses infections sexuellement transmissibles, sans les faire disparaître.
Beaucoup de notices présentent encore le spermicide nonoxynol-9 comme un plus contre les IST. Les Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines des CDC, publiées en 2021, indiquent au contraire que ce composé n’est pas recommandé pour prévenir le VIH ou les IST, car il peut irriter les muqueuses et n’apporte rien de plus qu’une gaine sans spermicide.
D’après Bradley et coll. dans Contraceptive Technology (2023), repris par les CDC, 13 % des personnes qui utilisent le modèle externe de façon habituelle sont enceintes la première année, et 21 % avec le modèle interne. Chez les couples hétérosexuels sérodifférents, l’usage régulier du latex a été associé à 71 % à 80 % de risque de VIH en moins. Une rupture ou un glissement justifie une contraception d’urgence dans les cinq jours, d’après la Mayo Clinic (2024).
Qu’est-ce qu’un préservatif et comment agit-il ?
C’est une barrière physique unique qui empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule et limite l’échange de liquides génitaux. Les CDC distinguent le préservatif externe, enfilé sur le pénis en érection, et le préservatif interne, une poche à deux anneaux portée dans le vagin ou, selon les mêmes pages, dans l’anus.
Le modèle externe, le plus répandu, est le plus souvent en latex. Il existe aussi des versions en plastique (polyuréthane) ou en caoutchouc synthétique (polyisoprène), destinées aux personnes allergiques au latex, et des versions en membrane naturelle, souvent appelée boyau d’agneau. Seuls le latex et les plastiques ou synthétiques sont présentés par les CDC (2024) comme des barrières utiles contre le VIH. La membrane naturelle retient le sperme mais laisse passer des virus.
Le modèle interne, parfois encore nommé préservatif féminin, est aujourd’hui décrit par les CDC comme une poche en nitrile. Le VIH ne traverse pas cette paroi. MedlinePlus rappelle qu’une version plus ancienne était en polyuréthane et qu’une version plus récente, moins coûteuse, est en nitrile. L’anneau interne fermé se place contre le col, l’anneau externe reste hors du vagin et recouvre une partie de la vulve.
La barrière ne sert que si elle est en place avant tout contact entre le pénis et la bouche, le vagin ou l’anus. Le liquide pré-éjaculatoire peut déjà contenir des spermatozoïdes et des agents infectieux, comme le souligne MedlinePlus sur sa fiche du modèle masculin. Un préservatif neuf s’impose à chaque rapport, y compris si l’on passe d’un type de pénétration à un autre. Ni le NHS ni les CDC ne recommandent de superposer deux gaines, interne et externe ou l’une sur l’autre, car le frottement les déchire.
Pilule, implant, stérilet et stérilisation n’offrent aucune barrière contre les IST. Les U.S. Selected Practice Recommendations des CDC, mises à jour le 8 août 2024, demandent donc de parler du préservatif et du risque infectieux à toute personne, quel que soit l’autre contraceptif choisi. Le pharmacien ou le médecin indiquera les produits et le circuit disponibles en France.

Quelle est l’efficacité contre la grossesse ?
En usage courant, le préservatif externe échoue chez 13 % des personnes la première année, et le modèle interne chez 21 %, d’après la fiche contraception des CDC qui cite Bradley et coll. (2023). Ces taux décrivent des couples qui commencent la méthode et l’utilisent comme dans la vie réelle, avec oublis, pose tardive, glissements ou ruptures.
Le NHS, page révisée le 26 janvier 2024, indique jusqu’à 98 % d’efficacité si la gaine est posée correctement à chaque rapport, et 82 % si l’usage n’est pas correct, soit environ une grossesse sur cinq en un an. MedlinePlus donne, pour le modèle interne, 95 % d’efficacité lorsqu’il est bien utilisé à chaque fois, contre 75 % à 82 % en usage habituel. On ne moyenne pas le 13 % américain de 2023 et le 82 % britannique de 2024. Le chiffre le plus récent des CDC pour l’usage courant de l’externe est 13 %.
L’écart entre pose parfaite et usage réel vient surtout des erreurs, pas d’un défaut de fabrication. Les CDC (2021) estiment la rupture pendant le rapport et le retrait à environ deux préservatifs pour 100 aux États-Unis, un peu plus lors d’une pénétration anale. La grande majorité des échecs tient à une pose après le premier contact, à un oubli, à un lubrifiant gras sur du latex, ou à un retrait sans tenir l’anneau.
Comparé à un implant ou à un stérilet, dont les CDC citent moins de 1 % d’échecs, la barrière reste moins fiable contre la grossesse. Son intérêt n’est pas d’égaler ces chiffres, mais d’être le seul contraceptif courant qui coupe aussi une grande partie des IST. L’associer à une méthode hormonale ou intra-utérine, c’est la double protection dont parlent l’ACOG et les CDC. Le modèle interne, plus cher et moins étudié contre les IST, peut toutefois se mettre jusqu’à huit heures avant le rapport.
Quelle protection contre le VIH et les IST ?
Le latex, utilisé à chaque rapport et jusqu’au bout, réduit nettement la transmission du VIH, sans l’annuler. Une revue Cochrane (Weller et Davis-Beaty, 2002) a estimé à environ 80 % la baisse d’incidence du VIH chez les couples hétérosexuels sérodifférents qui déclaraient un usage systématique, par rapport à ceux qui n’en mettaient jamais. Les CDC, dans les recommandations IST de 2021, retiennent 71 % à 80 % de risque en moins dans ces couples, et 70 % à 91 % dans deux analyses chez des hommes ayant des rapports avec des hommes.
La protection n’est pas la même pour toutes les IST. Les pages CDC de 2021 et de 2024 sur le VIH le disent clairement. Gonorrhée, chlamydia, trichomonase, hépatite B et VIH circulent surtout dans les liquides. Une gaine intacte, posée avant le contact, coupe une grande partie de cet échange. VPH, herpès et syphilis peuvent aussi passer par la peau ou par une lésion située hors de la zone couverte. Les CDC (2021) notent malgré tout une baisse de risque pour le VPH, l’herpès, la syphilis et le chancre mou lorsque la zone infectée est sous le latex. La fiche VIH de 2024 parle d’une protection moindre contre ces infections transmises par une plaie ou un contact cutané.
Pour le papillomavirus, Winer et coll. (22 juin 2006, New England Journal of Medicine) ont suivi de jeunes femmes au début de leur vie sexuelle. L’incidence d’une infection génitale tombait à 37,8 pour 100 années-personnes lorsque le partenaire utilisait un préservatif à chaque rapport, contre 89,3 sous 5 % d’usage (rapport de risques instantanés ajusté 0,3). Même à 100 %, des infections subsistaient, cohérent avec un virus présent sur la peau non couverte. Le préservatif peut donc réduire l’acquisition du VPH, sans remplacer la vaccination.
Le modèle interne « peut » protéger des IST, écrivent les CDC, avec un niveau de preuve plus faible. MedlinePlus le juge moins bon que le modèle masculin contre les IST. Pour une pénétration anale, les CDC (2021) indiquent que l’efficacité du modèle interne n’est pas établie. Une lubrification abondante reste utile, car le rectum n’a pas la lubrification du vagin.
La PrEP (prophylaxie préexposition) réduit fortement le risque de VIH lorsqu’elle est prise comme prescrit, mais elle ne couvre ni la grossesse ni les autres IST. Les CDC (SPR 2024) demandent d’associer préservatif et lubrifiant à cette stratégie. Après une exposition possible au VIH, la Cleveland Clinic (2023) rappelle que le traitement post-exposition (PEP) doit commencer dans les 72 heures. Le médecin indiquera le protocole en vigueur en France.
Comment poser un préservatif externe ?
Il se pose sur le pénis déjà en érection, avant tout contact buccal, vaginal ou anal, et se retire avant que l’érection ne retombe, en tenant l’anneau. La page CDC de 2024 sur le VIH et le NHS (2024) décrivent la même séquence.
On contrôle la date et l’emballage. Un sachet gonflé d’air, collant, cassant ou décoloré se jette, comme le précise MedlinePlus. Le sachet s’ouvre avec les doigts, pas avec les dents ni un objet tranchant. Si le partenaire n’est pas circoncis, le NHS et les CDC demandent de décalotter avant de poser la gaine.
- On pince le réservoir pour chasser l’air, afin que le sperme ait un volume et que la paroi ne se déchire pas.
- On déroule ensuite jusqu’à la base, la partie enroulée vers l’extérieur, sans laisser de poche d’air le long de la verge.
- Si la gaine refuse de descendre, elle est souvent à l’envers. On la jette et on en prend une neuve, car le premier essai a pu toucher le gland.
- Après l’éjaculation, on tient l’anneau, on se retire pendant que le pénis est encore dur, puis on glisse la gaine sans renverser le contenu.
- On enveloppe le tout et on le jette à la poubelle, jamais dans les toilettes, qui se bouchent.
Un lubrifiant à base d’eau ou de silicone, sur la face externe une fois la gaine en place, diminue le risque de déchirure. Les CDC (2021 et 2024) interdisent les produits gras avec le latex. Si l’on sent une rupture pendant le rapport, on s’arrête, on retire la gaine cassée, on en met une neuve. Le NHS conseille alors d’obtenir sans délai un avis pour une contraception d’urgence et, au besoin, un dépistage.
Le NHS (2024) déconseille le latex en cas d’allergie, et aussi lorsqu’un antifongique est appliqué sur les organes génitaux ou l’anus, car ces crèmes peuvent fragiliser le matériau. Le pharmacien vérifiera la notice du traitement local. Les sachets se conservent au frais et au sec, pas dans un portefeuille ni dans une boîte à gants. La chaleur et le frottement les abîment, comme le rappellent les CDC et l’ACOG.
Comment utiliser un préservatif interne ?
C’est une poche à deux anneaux, aujourd’hui le plus souvent en nitrile, que l’on peut insérer jusqu’à huit heures avant le rapport. MedlinePlus, les CDC (2024) et l’ACOG décrivent la pose de la même façon. La notice du produit en main prime, car les formes varient légèrement.
Les mains sont lavées. Le sachet s’ouvre sans être déchiré. Une position confortable (accroupie, un pied surélevé, allongée) facilite la pose. L’anneau interne, à l’extrémité fermée, se pince entre le pouce et l’index, puis se pousse au fond du vagin jusqu’au col. L’anneau externe, plus fin, reste dehors et recouvre l’entrée du vagin. La poche ne doit pas être vrillée.
Pendant le rapport, le pénis doit entrer dans l’ouverture, pas entre la paroi vaginale et la gaine. Si l’anneau externe rentre, ou si le pénis glisse à côté, on s’arrête, on retire, on en met une autre. Après le rapport, et avant de se lever, on tord l’anneau externe pour retenir le sperme, on tire doucement, on jette à la poubelle. Un seul usage.
Les CDC (2024) autorisent n’importe quel lubrifiant avec le modèle interne, y compris gras, ce qui le distingue du latex. MedlinePlus conseille malgré tout quelques gouttes d’un gel à base d’eau sur le pénis si le confort l’exige. On ne combine jamais modèle interne et modèle externe. Le frottement les fronce ou les déchire, point répété par les CDC, MedlinePlus, l’ACOG et le NHS.
Pour une pénétration anale, les CDC indiquent que l’on peut pousser l’anneau interne aussi loin que possible dans l’anus, l’anneau externe restant dehors. L’efficacité contre les IST dans cet usage n’est pas établie avec la même solidité que pour le latex externe. Un lubrifiant généreux, à l’intérieur et à l’extérieur de la poche, limite le glissement.
Latex, plastiques et membrane naturelle
Le latex reste le matériau de référence contre le VIH, d’après la page CDC de 2024 sur la prévention par préservatif. Le polyuréthane et le polyisoprène conviennent en cas d’allergie au latex. La même page note que les gaines en plastique se rompent plus souvent que le latex. Les recommandations IST de 2021, un peu plus anciennes, jugent la protection du polyuréthane comparable à celle du latex pour le VIH, les IST et la grossesse, et le trouvent plus résistant au vieillissement. Ces deux documents ne se recoupent pas sur le risque de casse. On les cite séparément plutôt que de les fondre.
La membrane naturelle, fabriquée à partir du cæcum d’agneau, a des pores allant jusqu’à 1 500 nm. C’est plus de dix fois le diamètre du VIH et plus de vingt-cinq fois celui du virus de l’hépatite B, écrivent les CDC (2021). Des travaux de laboratoire ont montré que VIH, VHB et virus de l’herpès peuvent passer. Ces produits retiennent le sperme, donc ils peuvent limiter une grossesse, mais ils ne sont pas un outil de prévention des IST.
| Matériau | Grossesse | VIH et IST | Lubrifiant |
|---|---|---|---|
| Latex | Oui | Matériau privilégié (CDC, 2024) | Eau ou silicone seulement |
| Polyuréthane | Oui | Comparable au latex (CDC, 2021) ; casse plus souvent (CDC, 2024) | Eau, silicone ; huile souvent possible (CDC, 2021) |
| Polyisoprène | Oui | Alternative au latex (CDC, 2024) | Suivre la notice ; les CDC 2021 autorisent souvent l’huile sur les synthétiques |
| Membrane naturelle | Oui | Non (pores jusqu’à 1 500 nm) | Sans intérêt pour les IST |
| Nitrile (interne) | Oui | Barrière au VIH (CDC, 2024) | Tout type (CDC, 2024) |
Les CDC (2021) rappellent que l’efficacité des autres synthétiques contre les IST n’a pas été autant étudiée, et que l’étiquetage américain réserve parfois ces produits aux personnes allergiques au latex. En France, le pharmacien indiquera les références sans latex disponibles. Le critère utile reste un déroulé complet jusqu’à la base, sans anneau qui étrangle.

Lubrifiants et erreurs d’utilisation
Avec le latex, seuls l’eau et le silicone conviennent. Vaseline, huile de bébé, huile de massage, lotion pour le corps, beurre, huile de cuisine et crème grasse type cold-cream fragilisent le latex et font casser la gaine. Les CDC (2021) donnent cette liste presque mot pour mot. Le polyuréthane tolère souvent un lubrifiant gras. Pour le polyisoprène, les notices de marque divergent parfois de la phrase générale des CDC 2021 sur les « autres synthétiques ». En cas de doute, le sachet et le pharmacien tranchent.
Le lubrifiant se met surtout à l’extérieur, une fois la gaine posée. Un excès à l’intérieur, entre le latex et la peau, favorise le glissement. Pour une pénétration anale, une quantité généreuse n’est pas un luxe. Le rectum ne se lubrifie pas comme le vagin, et les microfissures facilitent le passage d’agents infectieux. Les CDC (2021) notent un peu plus de ruptures et de glissements dans cet usage.
Les erreurs qui font le plus souvent échouer la méthode sont répétées par le NHS, MedlinePlus et les CDC.
- Poser la gaine après que le pénis a déjà touché la vulve, la bouche ou l’anus laisse passer fluides et spermatozoïdes.
- Garder un sachet périmé, collant ou trop longtemps au chaud dans un portefeuille fragilise la paroi.
- Superposer deux préservatifs, ou un interne et un externe, augmente le frottement et la déchirure.
- Réutiliser une gaine, même sans nouvelle éjaculation, n’est jamais prévu par les notices.
- Ouvrir le sachet avec les dents, un ongle ou un piercing peut y faire un trou invisible.
Les CDC (2021) et l’ACOG déconseillent le nonoxynol-9 parce qu’il irrite. Cette irritation n’est pas un détail de confort. Elle peut, si elle est répétée, faciliter le VIH.
Double contraception et spermicides
Le préservatif seul est moins sûr contre la grossesse qu’un implant ou un stérilet, mais c’est lui qui coupe les IST. L’ACOG résume la logique. Pour limiter à la fois grossesse et infections, on associe une gaine et une autre méthode (pilule, anneau, implant, stérilet), plutôt que deux barrières l’une contre l’autre.
Le spermicide au nonoxynol-9, seul, a un taux d’échec de 21 % en usage courant sur la fiche contraception des CDC. Certains préservatifs en sont enduits. L’ACOG précise que la quantité déposée sur la gaine est faible et n’améliore pas forcément la contraception par rapport à un préservatif sans spermicide. Surtout, le nonoxynol-9 n’agit pas contre les IST. Un usage fréquent, plusieurs fois par jour, peut modifier l’épithélium du vagin et du rectum et augmenter le risque d’acquérir le VIH auprès d’un partenaire séropositif. L’ACOG réserve donc le spermicide, seul ou avec une autre barrière, aux personnes à faible risque de VIH.
Les CDC (2021) sont encore plus nets pour la prévention des IST. Les préservatifs au nonoxynol-9 ne valent pas mieux que les mêmes sans cette substance. Le N-9, seul ou dans une gaine, n’est pas recommandé contre les IST et le VIH. Il a aussi été lié à davantage d’infections urinaires bactériennes chez les femmes. L’ancienne consigne « préservatif plus spermicide pour maximiser la protection contre les IST » ne tient plus.
Que faire si le préservatif se rompt ?
On s’arrête, on retire la gaine, on n’essaie pas de rattraper avec une deuxième gaine superposée. Trois questions se posent alors. Grossesse, IST, et, si le partenaire a le VIH ou si son statut est inconnu, délai pour une PEP.
Pour la grossesse, la Mayo Clinic (2 juillet 2024) décrit la contraception d’urgence comme un rattrapage, pas comme une méthode habituelle. Les comprimés de lévonorgestrel agissent surtout en retardant l’ovulation. Ils fonctionnent le mieux dans les 72 heures, et restent utilisables jusqu’à 120 heures. L’acétate d’ulipristal se prend aussi dans les cinq jours. Le lévonorgestrel est en vente libre aux États-Unis, l’ulipristal sur ordonnance. Le pharmacien indiquera le circuit français, qui n’est pas celui de la FDA. Si des vomissements surviennent dans les trois heures, il faut redemander si une nouvelle prise s’impose. Un stérilet au cuivre, posé dans les cinq jours, est l’option la plus efficace d’après les CDC. La pilule d’urgence laisse intact le risque d’IST et ne remplace pas un contraceptif pour les jours suivants.
Pour les IST, la Cleveland Clinic (15 mai 2023) conseille un avis rapide, pas les urgences hospitalières sauf véritable détresse. Gonorrhée et chlamydia se cherchent sur urine ou prélèvement, y compris gorge et rectum si ces contacts ont eu lieu. VIH, herpès et VPH ne se voient pas tout de suite sur une prise de sang. Si une exposition au VIH est plausible, la PEP se discute dans les 72 heures. Le 15 ou le 112 n’est pas le premier réflexe pour une rupture isolée, sans signe vital.
Un test de grossesse a du sens si les règles n’arrivent pas dans les trois semaines après une contraception d’urgence, d’après la Mayo Clinic (2024). MedlinePlus, sur sa fiche du modèle interne, suggère de demander au pharmacien ou au médecin s’il est utile d’avoir un comprimé d’urgence chez soi lorsque le préservatif est la méthode habituelle. Ces comprimés ne sont pas faits pour un usage répété à la place d’une méthode régulière.
Allergie au latex et signes qui justifient une consultation
Une allergie au latex peut se limiter à une irritation locale (démangeaisons, rougeur, gonflement) ou, rarement, aller jusqu’à une réaction générale. MedlinePlus juge ces réactions rares. Le premier réflexe est de passer à un modèle sans latex (polyuréthane, polyisoprène, nitrile interne) et d’en parler au pharmacien, qui vérifiera la composition. Le boyau d’agneau n’est pas un bon remplacement en cas d’allergie si vous voulez aussi une barrière contre les IST.
Des picotements justes après la pose peuvent venir du lubrifiant, d’un spermicide ou d’un parfum, pas forcément du latex. Changer de marque, passer à un gel sans parfum, éviter le nonoxynol-9, suffit parfois. Si les symptômes reviennent à chaque usage du latex et disparaissent avec un synthétique, l’allergie devient plus probable. Un médecin allergologue tranchera si le tableau est ambigu.
Certains signes ne se gèrent pas à la maison. Une gêne respiratoire, un gonflement du visage ou de la gorge, un malaise brutal après contact avec du latex relèvent d’une urgence. En France, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112. Après un rapport non protégé, une douleur pelvienne intense, de la fièvre, des pertes malodorantes, une brûlure urinaire persistante ou une éruption génitale justifient un rendez-vous rapide. Un suivi (dépistage, vaccination VPH et hépatites selon le statut, discussion d’une PrEP) se construit avec le médecin traitant ou un centre de santé sexuelle.
Questions fréquentes
Peut-on superposer deux préservatifs pour plus de sûreté ?
Non. Deux gaines l’une sur l’autre, ou un modèle interne avec un modèle externe, se déchirent par frottement. CDC, NHS, MedlinePlus et ACOG le déconseillent tous. Une seule barrière bien posée, avec un lubrifiant compatible, reste la règle.
Le préservatif sert-il aussi pour un rapport oral ?
Oui, à condition de le mettre avant tout contact entre la bouche et le pénis, et d’en changer si l’on passe ensuite à une autre pénétration. Les CDC demandent une gaine neuve pour chaque acte, y compris oral. Un modèle sans goût de savon ni de spermicide est souvent plus tolérable en bouche, sans que cela change l’efficacité mesurée.
Un préservatif interne convient-il à une pénétration anale ?
Les CDC décrivent la pose dans l’anus, anneau interne au fond, anneau externe dehors. Ils ajoutent que l’efficacité contre les IST dans cet usage n’est pas établie. Un lubrifiant abondant, compatible avec le matériau, limite glissement et déchirure. Le modèle externe en latex, avec du gel eau ou silicone, reste le schéma le mieux documenté.
Faut-il un préservatif si l’on prend déjà la pilule ?
Oui, si vous voulez aussi une barrière contre les IST. La pilule, l’implant et le stérilet ne coupent pas le VIH ni la gonorrhée. Les CDC (SPR 2024) demandent ce conseil à toute personne, quelle que soit l’autre méthode. La gaine devient alors le volet « infections » de la double protection.
Un préservatif périmé reste-t-il utilisable ?
Non, pas comme barrière fiable. Le NHS et les CDC demandent de lire la date et de jeter un sachet collant, cassant ou décoloré. MedlinePlus ajoute qu’un latex trop vieux casse plus facilement. Un sachet trop longtemps au chaud dans un portefeuille vieillit de la même façon.
Les préservatifs en boyau d’agneau protègent-ils du VIH ?
Non. Les pores de la membrane, jusqu’à 1 500 nm, dépassent largement la taille du VIH et du VHB, d’après les CDC (2021). Ces produits peuvent limiter une grossesse. Ils ne sont pas un outil de prévention des IST. En cas d’allergie au latex, un synthétique (polyuréthane, polyisoprène, nitrile) convient, pas le boyau.

Conclusion
Le préservatif reste le seul contraceptif largement disponible qui retient à la fois le sperme et une grande partie des sécrétions. Contre la grossesse, l’usage courant laisse un écart net avec l’implant ou le stérilet (13 % d’échecs la première année pour l’externe selon Bradley 2023, repris par les CDC). Contre le VIH, l’ordre de grandeur documenté chez les couples sérodifférents se situe autour de 70 % à 80 % de risque en moins, pas à 100 %. Contre le VPH, l’herpès et la syphilis, la protection existe surtout si la lésion est sous la gaine, et elle reste partielle.
Le nonoxynol-9 n’améliore pas la prévention des IST et peut irriter. Le boyau d’agneau ne remplace pas le latex contre les virus. La pose avant tout contact, un lubrifiant compatible, une seule gaine à la fois et un sachet encore dans les dates font plus, pour l’efficacité réelle, que le choix d’une marque extra-fine.
Si une gaine glisse ou se déchire, le geste utile est d’aller le jour même en pharmacie ou auprès d’un médecin pour une contraception d’urgence, et de parler dépistage, voire PEP si le VIH est en jeu. Un modèle sans latex à la maison est prudent si l’un des partenaires réagit au caoutchouc, avec un gel eau ou silicone. Le 15 ou le 112 n’intervient que si une réaction allergique grave (gêne respiratoire, gonflement du visage) apparaît.
Sources
- Preventing HIV with Condoms. Centers for Disease Control and Prevention, 24 avril 2024.
- Contraception and Birth Control Methods. Centers for Disease Control and Prevention, mis à jour en 2024.
- Primary Prevention Methods. Centers for Disease Control and Prevention, 2021.
- Curtis KM, Nguyen AT et al. : U.S. Selected Practice Recommendations for Contraceptive Use, 2024. MMWR Recommendations and Reports, 8 août 2024.
- Weller SC, Davis-Beaty K : Using condoms consistently reduces sexual transmission of HIV infection. Cochrane Database of Systematic Reviews, 21 janvier 2002.
- Winer RL, Hughes JP et al. : Condom Use and the Risk of Genital Human Papillomavirus Infection in Young Women. New England Journal of Medicine, 22 juin 2006.
- Condoms. National Health Service, 26 janvier 2024.
- Female condoms. MedlinePlus, 17 mars 2026.
- Barrier Methods of Birth Control: Spermicide, Condom, Diaphragm, and Cervical Cap. American College of Obstetricians and Gynecologists, septembre 2026.
- Morning-after pill. Mayo Clinic, 2 juillet 2024.
- What You Should Do if a Condom Breaks. Cleveland Clinic, 15 mai 2023.
- Condoms – male. MedlinePlus, 1er octobre 2025.
