L’arthroplastie du genou est une procédure chirurgicale courante visant à remplacer une articulation du genou endommagée par l’arthrose, une affection caractérisée par la dégradation du cartilage et des os sous-jacents. Cette opération est généralement envisagée lorsque d’autres traitements, tels que les médicaments ou la thérapie physique, échouent à soulager la douleur et la raideur.
Le processus chirurgical consiste à retirer le cartilage et l’os abîmés, puis à implanter une articulation artificielle fabriquée à partir de métal, de plastique et d’autres matériaux synthétiques.
D’après l’Association américaine des chirurgiens orthopédiques (AAOS), plus de 90 % des personnes ayant subi une arthroplastie totale du genou ressentent une diminution significative de la douleur après l’intervention, ainsi qu’une meilleure capacité à se déplacer et à accomplir les tâches quotidiennes.
Cependant, toute intervention chirurgicale comporte des risques, allant des infections et douleurs aux caillots sanguins. L’AAOS note que plus de 600 000 procédures sont effectuées chaque année aux États-Unis, avec moins de 2 % des patients rencontrant des complications graves.
Des risques
La chirurgie de remplacement du genou présente divers risques. Certains sont liés à l’opération elle-même, tandis que d’autres dépendent de la réponse individuelle du corps à l’intervention.
Anesthésie
Avant l’opération, les patients reçoivent une anesthésie pour éviter toute douleur. En cas d’anesthésie générale, le patient est inconscient et ne ressent aucune douleur. Alternativement, l’anesthésie rachidienne n’engourdit que la jambe ou le bas du corps, permettant au patient de rester éveillé.
L’anesthésie générale peut entraîner des effets secondaires tels que :
- Mal de tête
- Nausées
- Somnolence
- Mal de gorge (en raison de l’utilisation d’un tube respiratoire pendant l’opération)
- Risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (rare)
Les patients souffrant de maladies cardiaques, de problèmes pulmonaires ou d’autres affections graves sont plus susceptibles de rencontrer des complications liées à l’anesthésie générale. En revanche, l’anesthésie rachidienne présente moins d’effets secondaires graves, réduisant ainsi le risque de complications telles que saignements et caillots sanguins. Les effets secondaires possibles incluent :
- Maux de tête
- Difficultés à uriner
- Réactions allergiques
- Lésion nerveuse due à l’aiguille (rare)
Infection
Toute incision dans la peau peut permettre aux bactéries d’entrer, augmentant le risque d’infection. Les chirurgiens prennent des précautions pour minimiser ce risque pendant l’opération.
Après le retour à domicile, il est essentiel de surveiller les signes d’infection, tels que :
- Rougeur
- Gonflement
- Chaleur
- Écoulement du site chirurgical
- Fièvre et frissons
Si une infection survenait, le médecin prescrira des antibiotiques pour y remédier.
Saignement
Il est normal d’observer un saignement pendant et après la chirurgie. Dans de rares cas, une perte de sang excessive peut nécessiter une transfusion.
Après l’intervention, du sang peut s’accumuler sous la peau, entraînant un gonflement. Si cela se produit, une nouvelle intervention peut s’avérer nécessaire pour drainer le sang.
Caillots sanguins
Les caillots sanguins constituent l’un des principaux risques associés à la chirurgie de remplacement du genou. Si un vaisseau sanguin est endommagé ou si le patient reste immobile plusieurs jours après la chirurgie, le flux sanguin peut ralentir, favorisant ainsi la formation de caillots.
Un caillot de sang dans les veines profondes des jambes est appelé thrombose veineuse profonde (TVP). Si un caillot se détache, il peut atteindre les poumons et bloquer le flux sanguin, entraînant une embolie pulmonaire, qui peut s’avérer mortelle. Se déplacer et porter des dispositifs de compression après la chirurgie peut aider à prévenir la formation de caillots.
Douleur et enflure
Douleur et enflure sont des symptômes fréquents après la chirurgie, mais leur intensité varie d’un patient à l’autre. Les analgésiques sont généralement prescrits pour gérer l’inconfort post-opératoire. Bien que ces médicaments soient souvent utilisés sur une courte période, d’autres traitements peuvent être nécessaires si la douleur persiste plusieurs mois après l’opération.
Un gonflement peut également se produire au niveau du genou, de la cheville et du pied. L’application de glace sur la zone touchée et des exercices légers peuvent aider à réduire l’enflure.
Problèmes de respiration
Certains patients éprouvent des difficultés à respirer profondément après l’intervention, surtout s’ils ont subi une anesthésie générale. Un manque d’air peut entraîner une accumulation de mucus dans les poumons, augmentant le risque de pneumonie.
Les infirmières assistent les patients pour les aider à respirer profondément et ainsi restaurer une fonction pulmonaire normale.
Dommages aux nerfs et aux artères
Dans de rares cas, un nerf ou un vaisseau sanguin proche du genou peut être endommagé durant l’opération, nécessitant parfois une intervention chirurgicale corrective. Un nerf sectionné peut entraîner une perte de sensation ou de mouvement, parfois de façon permanente, dans la zone touchée.
Réaction allergique
Rarement, des réactions allergiques aux matériaux métalliques utilisés dans les implants de genou peuvent survenir. Pour certaines personnes ayant des allergies aux métaux, les composants de l’implant peuvent déclencher des symptômes tels que gonflement, éruptions cutanées et cloques.
Dans des cas exceptionnels, des réactions allergiques peuvent provoquer des symptômes systémiques tels que fatigue, diarrhée, maux de tête et perte de fonction dans la région de l’implant. Les personnes ayant déjà eu des réactions cutanées à des bijoux en métal devraient consulter leur médecin pour un éventuel test d’allergie avant la chirurgie.
Échec de l’implant
Bien que la technologie des remplacements articulaires ait considérablement évolué, elle reste perfectible. Un nouvel implant peut se desserrer, s’user ou perdre sa stabilité. En cas d’échec de l’articulation, le patient peut souffrir de douleur et de raideur après l’opération, nécessitant potentiellement une nouvelle intervention.
Réduire les risques
Pour garantir un résultat positif, il est primordial que le patient suive les recommandations du chirurgien. En cas de questions sur la gestion du nouveau genou, il est conseillé de consulter le médecin.
Voici quelques conseils pour prévenir ou atténuer les complications courantes du remplacement du genou :
- Prenez-le lentement : il est essentiel de se reposer pendant quelques jours après l’opération. La reprise des activités normales peut nécessiter de trois à six semaines, notamment pour des gestes comme monter des escaliers ou conduire.
- Exercice : il est important de se lever et de bouger. Les exercices recommandés par le médecin aideront à retrouver de la mobilité au niveau du genou, tout en réduisant le risque de caillot sanguin.
- Utiliser de la glace : appliquer de la glace sur le genou peut diminuer l’enflure et la douleur dans les jours suivant la chirurgie. Surélever le genou sur plusieurs oreillers peut également aider à réduire le gonflement.
- Soulagement de la douleur : le chirurgien prescrira des médicaments pour gérer la douleur après l’opération. Une bonne gestion de la douleur peut permettre au patient de rester actif, favorisant ainsi une récupération plus rapide.
- Dispositifs de compression : le médecin pourrait recommander de porter des bas de compression ou un dispositif similaire à une botte, exerçant une pression constante sur la jambe, afin d’éviter la formation de caillots sanguins.
- Nettoyer la plaie : des instructions seront fournies par le chirurgien pour le soin de la plaie. Une bonne hygiène peut aider à prévenir toute infection.
Autres options
Avant d’opter pour une chirurgie de remplacement du genou, plusieurs traitements non invasifs peuvent être envisagés pour soulager la douleur et la raideur causées par l’arthrose :
- Appareils d’assistance tels que des orthèses de chaussures, une canne ou un déambulateur
- Exercices et physiothérapie
- Analgesiques comme l’acétaminophène (Tylenol) ou des AINS tels que l’ibuprofène (Motrin), le naproxène (Naprosyn) et le célécoxib (Celebrex)
- Injections de stéroïdes ou d’acide hyaluronique dans le genou
- Perte de poids
Questions à poser
Pour garantir le meilleur résultat possible de la chirurgie et réduire le risque de complications, les patients devraient poser les questions suivantes au médecin avant la procédure :
- Quel type de résultat puis-je espérer ? Comment l’arthroplastie du genou m’aidera-t-elle ?
- Ai-je d’autres options que la chirurgie pour soulager ma douleur et ma raideur ?
- Que puis-je faire pour me préparer avant la chirurgie pour améliorer mes chances de succès ?
- Quels sont les risques potentiels d’une chirurgie de remplacement du genou ?
- Que puis-je faire pour réduire le risque de complications ?
- Quels sont les signes indiquant une complication ?
- Quand devrais-je vous appeler ?
L’arthroplastie du genou est une intervention relativement courante qui permet d’améliorer la mobilité et la qualité de vie de nombreuses personnes. Moins de 2 patients sur 100 rencontrent des complications graves, généralement liées à des problèmes de santé préexistants. Il est crucial de discuter de toutes les options avec votre médecin avant de prendre une décision.
Nouvelles Perspectives en 2024
En 2024, des recherches récentes ont mis en lumière des avancées significatives concernant l’arthroplastie du genou. Des études montrent que l’utilisation de matériaux biocompatibles dans la fabrication des implants pourrait réduire le risque de réactions allergiques et prolonger la durabilité de l’implant. Selon une étude de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons, ces nouvelles techniques pourraient augmenter le taux de satisfaction des patients et réduire le besoin de révisions chirurgicales.
De plus, des données récentes indiquent que l’intégration de la réhabilitation précoce post-opératoire, y compris la thérapie physique dès le lendemain de la chirurgie, a conduit à une récupération plus rapide et à une diminution des douleurs. Les patients qui suivent des protocoles de réhabilitation personnalisés montrent des améliorations significatives dans leur mobilité et leur qualité de vie.
En conclusion, bien que l’arthroplastie du genou comporte des risques, les avancées technologiques et les nouvelles approches en matière de soins pré et post-opératoires promettent d’améliorer les résultats pour les patients, augmentant ainsi leur qualité de vie après l’intervention.