Alimentation de grossesse : que manger et éviter

Alimentation de grossesse : que manger et éviter

Pendant ces neuf mois, l’alimentation vise des plats denses en nutriments, un complément d’acide folique, et l’arrêt de l’alcool, plus que le doublement des portions. Pour une femme de corpulence habituelle, les CDC (2024) et le Merck Manual (2026) indiquent zéro calorie supplémentaire au premier trimestre, environ 340 kcal par jour au deuxième et environ 450 kcal au troisième.

Seule une femme sur trois a pris le poids recommandé pendant sa grossesse, dans les données 2024 des CDC. Environ une sur cinq est restée en dessous, et près d’une sur deux a dépassé la fourchette. Le slogan « manger pour deux » pousse souvent vers ce surplus, alors que la qualité de l’assiette pèse plus que son volume.

Les doses utiles au quotidien sont précises. Les CDC (2026) retiennent 400 µg d’acide folique par jour dès qu’une grossesse est possible. L’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG, 2026) vise 27 mg de fer et 225 à 340 g de poissons peu mercurés par semaine, avec moins de 200 mg de caféine (avis 2020). La listériose, dix fois plus fréquente chez la femme enceinte d’après les CDC (2025), explique pourquoi la charcuterie se réchauffe jusqu’à fumer.

Une assiette variée plutôt que deux assiettes

Manger « deux fois plus sain », formule de l’ACOG (2026), décrit mieux la cible que « manger pour deux ». L’assiette se compose des cinq groupes alimentaires, avec une moitié de fruits et légumes, des céréales dont une part complète, des protéines variées et des produits laitiers pasteurisés. Les aliments très gras saturés ou très sucrés reculent, sans devenir interdits au gramme près.

Les fruits et légumes se mangent frais, surgelés, en conserve ou séchés. Le jus à 100 % peut compter, mais le fruit entier apporte plus de fibres pour le même sucre. L’ACOG retient 85 mg de vitamine C par jour après 19 ans et 80 mg plus tôt, via agrumes, fraises, tomates et légumes verts. Cette vitamine C aide aussi à absorber le fer des lentilles et des céréales enrichies.

Pain, pâtes, riz, flocons d’avoine et quinoa fournissent l’énergie de base. L’ACOG conseille de viser la moitié des portions en céréales complètes. Les fibres, que le Merck Manual (2026) juge un bon choix, aident un transit souvent ralenti. Les protéines, estimées à environ 71 g par jour par la Mayo Clinic (2025), viennent de la viande maigre, de la volaille, du poisson cuit, des œufs bien cuits, des légumineuses, du tofu, des noix et des graines.

Les matières grasses restent nécessaires. Elles fournissent de l’énergie et participent à la construction du placenta, rappelle l’ACOG. L’huile d’olive, les avocats, les noix et les poissons gras cuits conviennent mieux que les graisses solides des fritures. Aucun document actuel de l’ACOG ou des CDC n’impose un plafond unique de 30 % des calories.

Au quotidien, quelques habitudes tiennent la barre sans calculatrice.

  • Une moitié d’assiette en fruits et légumes, lavés, couvre une grande part des vitamines et des fibres.
  • Une portion de protéine à chaque repas, animale ou végétale, aide à atteindre les 71 g visés.
  • Un laitage pasteurisé, un poisson peu mercuré ou des légumineuses tournent dans la semaine pour le calcium, l’iode et le fer.
Une variété de légumes et de fruits verts à feuilles, illustrant une alimentation saine.

Calories en plus et prise de poids selon l’IMC

Les calories supplémentaires n’arrivent pas dès le test positif. Les CDC (2024) et le Merck Manual (2026) s’accordent, pour un IMC de départ dans la fourchette habituelle, sur un premier trimestre sans extra, puis environ 340 kcal par jour au deuxième trimestre et environ 450 kcal au troisième. Trois cent quarante kilocalories, c’est un yaourt, un fruit et une poignée de noix, pas un second déjeuner.

La prise de poids visée dépend de l’IMC d’avant la conception, pas de l’âge ni du nombre d’enfants déjà nés. Les fourchettes ci-dessous reprennent les recommandations de l’Institute of Medicine (2009), toujours utilisées par les CDC en 2024 et réaffirmées par l’ACOG, avec les équivalents en kilogrammes du Merck Manual.

IMC avant la grossesse Catégorie Prise de poids visée (un bébé)
moins de 18,5 insuffisance pondérale 12,5 à 18 kg
18,5 à 24,9 corpulence habituelle 11,5 à 16 kg
25,0 à 29,9 surpoids 7,0 à 11,5 kg
30,0 ou plus obésité 5 à 9 kg

Pour des jumeaux, les fourchettes montent. Une femme dont l’IMC de départ est dans la fourchette habituelle vise alors environ 16,8 à 24,5 kg, d’après les CDC. Au-delà de deux fœtus, le médecin fixe un objectif individuel. Les besoins énergétiques d’une femme en surpoids ou en obésité peuvent aussi différer des 340 et 450 kcal cités plus haut.

Maigrir n’est pas un objectif pendant ces mois, même en cas d’obésité. Le Merck Manual (2026) déconseille un régime amaigrissant, parce qu’une part de prise de poids reste nécessaire au fœtus. Les CDC ajoutent au moins 150 minutes d’activité aérobie d’intensité modérée par semaine, par exemple de la marche rapide, sauf contre-indication médicale. Un écart isolé sur la balance dit peu. Une stagnation prolongée avec un fœtus qui grandit mal, ou une accélération brutale avec œdèmes, mal de tête inhabituel ou tension élevée, se discute au rendez-vous de suivi.

Acide folique, fer, calcium et vitamine D

Quatre micronutriments structurent presque toutes les consultations. L’acide folique (vitamine B9) aide à former le tube neural, qui devient le cerveau et la moelle. Les CDC (2026) demandent 400 µg par jour à toute personne susceptible d’être enceinte, parce que les anomalies du tube neural se jouent souvent avant le retard de règles. Une fois enceinte, l’ACOG (2026) vise 600 µg par jour au total et un complément prénatal d’au moins 400 µg, commencé si possible un mois avant la conception et poursuivi au moins pendant les douze premières semaines.

Si un précédent enfant a présenté une anomalie du tube neural, la dose n’est plus celle du comprimé standard. L’ACOG et le Merck Manual retiennent 4 mg (4 000 µg) d’acide folique par jour, en complément séparé, au moins trois mois avant la conception et pendant le premier trimestre. Cette dose ne se bricole pas en multipliant les vitamines prénatales, à cause d’autres nutriments, dont la vitamine A.

Le fer passe de 18 mg hors grossesse à 27 mg par jour, selon l’ACOG. Il sert à fabriquer l’hémoglobine du volume sanguin supplémentaire. Une anémie ferriprive marquée est associée, d’après la Mayo Clinic (2025), à un risque plus élevé d’accouchement avant 37 semaines, de petit poids de naissance et de dépression du post-partum liée à une ferritine basse après l’accouchement. La revue Cochrane de 2024 (57 essais, 48 971 femmes) montre qu’un fer oral quotidien peut réduire l’anémie à terme (4,0 % contre 7,4 %) et réduit probablement le petit poids de naissance (5,2 % contre 6,1 %). L’effet sur la prématurité reste faible ou incertain. La viande maigre, la volaille, le poisson, les légumineuses et les céréales enrichies en apportent. La vitamine C aide à absorber le fer végétal. Un comprimé de fer pris en même temps que du calcium s’absorbe moins bien.

Le calcium vise 1 000 mg par jour entre 19 et 50 ans, et 1 300 mg entre 14 et 18 ans (ACOG). Lait, yaourt et fromages pasteurisés restent les sources les mieux absorbées. Brocoli, sardines avec arêtes et boissons enrichies complètent si le lait passe mal. La vitamine D, 600 UI soit 15 µg d’après l’ACOG et la Mayo Clinic, travaille avec le calcium. Saumon cuit, lait enrichi et jaune d’œuf en apportent. Un dosage sanguin se discute si l’exposition solaire est faible. En France, la prescription suit le protocole local, souvent différent des 600 UI américaines.

Iode, choline et oméga-3 souvent oubliés

L’iode, 220 µg par jour d’après l’ACOG (2026), participe au développement cérébral du fœtus. Sel de table iodé, produits laitiers, poissons, œufs et certaines viandes en apportent. Une alimentation sans lait, sans poisson et sans sel iodé laisse un trou que le pharmacien peut aider à combler, sans improviser un complément d’iode libre.

La choline, 450 mg par jour, entre dans le développement du cerveau et de la moelle. L’ACOG insiste sur un point peu connu. La plupart des compléments prénataux n’en contiennent pas assez, alors que l’organisme n’en fabrique pas suffisamment à lui seul pendant la grossesse. Les œufs, le lait, la viande, les arachides et les produits au soja en fournissent. Deux œufs au déjeuner rattrapent déjà une part utile, à condition que le jaune soit cuit.

Les acides gras oméga-3 des poissons gras sont associés au développement cérébral du fœtus, avant et après la naissance, d’après l’ACOG. Graines de lin moulues et noix en apportent une forme végétale, moins directement utilisable. D’où l’intérêt de deux à trois portions de poisson cuit par semaine, 115 g environ par portion, plutôt que d’éliminer tout le poisson par peur du mercure. Un complément d’iode, de choline ou d’oméga-3 se discute si le régime est restrictif, jamais en gélule achetée au hasard.

Poissons à privilégier et poissons à mercure élevé

Le poisson n’est pas un aliment à bannir. L’ACOG (2026) recommande deux à trois portions par semaine, soit 225 à 340 g, choisies parmi les espèces peu chargées en méthylmercure, avant la conception, pendant la grossesse et pendant l’allaitement. Le mercure, métal lié à des effets sur le développement, s’accumule surtout chez les grands prédateurs.

Les espèces à laisser de côté, d’après l’ACOG, sont le thon obèse, le thazard-bâtard, le marlin, l’hoplostète orange, le requin, l’espadon et le tile du golfe du Mexique. Le thon blanc (germon) se limite à 170 g par semaine. Les choix plus sûrs cités par les CDC (2025) incluent crevettes, thon clair en conserve, saumon, colin et poisson-chat, toujours bien cuits. Le poisson est prêt quand la chair est opaque et se défait à la fourchette, soit environ 63 °C à cœur.

Le cru reste le second écueil. Sushi, sashimi, ceviche, huîtres, moules et palourdes crues exposent à des bactéries et des parasites. Les CDC demandent de les éviter. Le poisson fumé au rayon frais (saumon fumé, truite fumée) se range du même côté, sauf s’il entre dans un plat cuit à cœur ou s’il vient d’une conserve stérile qui se garde hors du réfrigérateur avant ouverture. Les avis sur les poissons de rivière ou de lac s’ajoutent parfois à cette liste, précise l’ACOG. Deux portions cuites de saumon, sardine ou maquereau dans la semaine couvrent une part utile d’oméga-3 et de vitamine D.

Fromages, charcuterie et autres aliments à risque

La listériose, rare, pèse lourd une fois déclarée. Les CDC (2025) estiment les femmes enceintes environ dix fois plus exposées que les autres adultes. Dans leur page de 2025 sur les personnes à risque, environ une infection sur quatre pendant la grossesse se termine par une perte de grossesse ou la mort du nouveau-né peu après la naissance. La mère n’a parfois qu’un syndrome grippal, voire aucun symptôme. D’où des règles d’hygiène plus strictes, pas une panique sur chaque yaourt.

Le lait cru, le brie, le camembert et les pâtes persillées au lait non pasteurisé figurent parmi les choix plus risqués du tableau 2025 des CDC, comme certains fromages frais même pasteurisés de type queso fresco et les fromages tranchés au rayon traiteur s’ils ne sont pas réchauffés. Plus sûrs, les fromages durs pasteurisés (cheddar, parmesan, emmental), le fromage blanc, le fromage frais à tartiner pasteurisé, la feta et la mozzarella au lait pasteurisé. Un fromage à pâte molle pasteurisé peut passer s’il est chauffé jusqu’à 74 °C, jusqu’à fumer. En France, beaucoup de fromages AOP sont au lait cru. Le protocole local, que le professionnel de suivi applique, prime sur une liste américaine. Dans le doute, un comté, un emmental ou un yaourt pasteurisé évitent le débat du plateau.

La charcuterie, les rillettes, les pâtés au rayon frais et les saucisses type hot-dog se réchauffent jusqu’à fumer. Les pâtés en conserve stérile, qui se gardent hors froid avant ouverture, sont l’alternative retenue par les CDC. Les salades traiteur toutes prêtes cèdent la place à une version maison. Les viandes et les volailles se cuisent à cœur. Les CDC retiennent 74 °C pour toute volaille, 71 °C pour les viandes hachées, 63 °C puis trois minutes de repos pour les pièces entières de bœuf, veau, agneau ou porc.

Les œufs se cuisent jusqu’à blanc et jaune fermes. Pâte à biscuits crue, mayonnaise maison et mousse au jaune cru sortent du menu, sauf œufs pasteurisés. Les graines germées crues (luzerne, haricot mungo) se font cuire jusqu’à la vapeur. Fruits et légumes se lavent. Un melon déjà découpé ne reste pas plus de deux heures à température ambiante. Les jus non pasteurisés se portent à ébullition au moins une minute, ou se remplacent par une bouteille pasteurisée.

La viande, le poisson, la volaille et les œufs crus ou saignants, ainsi que la litière du chat, s’ajoutent à la liste à cause du parasite Toxoplasma, précise le Merck Manual (2026). Une viande bien cuite et des crudités lavées réduisent ce risque. Le statut vis-à-vis de la toxoplasmose se discute dans le suivi habituel en France, selon le protocole local.

Femme enceinte tenant un verre de vin, symbolisant les conseils sur l'alcool pendant la grossesse.

Alcool, caféine et hydratation

Aucune quantité d’alcool n’est connue comme sûre pendant la grossesse, et aucun moment de ces neuf mois n’est un créneau protégé, écrivent les CDC (mise à jour 2026). Vin, bière, cidre et spiritueux passent tous le placenta. L’exposition est associée à un risque plus élevé de fausse couche, d’accouchement prématuré, de mortinaissance et de mort subite du nourrisson, ainsi qu’aux troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF), ensemble de difficultés physiques, cognitives et comportementales parfois définitives. Le cerveau du fœtus se construit jusqu’au terme. S’arrêter dès l’annonce, même après des verres pris avant le test, reste utile. Un verre « pour fêter » n’a pas de dose plancher documentée.

La caféine n’exige pas la même abstinence totale. L’ACOG (2020) retient qu’une consommation modérée, moins de 200 mg par jour, ne semble pas un facteur majeur de fausse couche ni d’accouchement prématuré. C’est l’ordre de grandeur d’une tasse de 355 ml de café. Thé, chocolat, sodas et boissons énergisantes s’additionnent dans le même compteur. La caféine peut aussi aggraver les nausées, le sommeil court et la déshydratation, via un effet diurétique. Les sirops contre le rhume en contiennent parfois. Le pharmacien lit l’étiquette avant un achat.

L’eau reste la boisson de référence. L’ACOG vise 8 à 12 tasses par jour, réparties, pas seulement quand la soif apparaît. Les sodas sucrés multiplient les calories sans aider la prise de poids visée. Une tisane occasionnelle n’a pas le même dossier que le café, mais les plantes concentrées relèvent d’un avis médical, prévient la Mayo Clinic (2025). Tabac, cannabis et drogues illicites n’ont pas leur place, rappelle le Merck Manual. Un sevrage se fait avec le médecin, pas seul. Il n’est jamais trop tard pour couper l’exposition.

Compléments prénataux, fer extra et vitamine A

Même une assiette soignée laisse des trous. L’ACOG (2026) et le Merck Manual (2026) recommandent un complément prénatal quotidien contenant du fer et de l’acide folique, en plus de l’alimentation. Un seul comprimé par jour, selon la mention de la boîte, suffit. Doubler la dose pour « rattraper » une carence est une erreur, parce que la vitamine A en excès, sous forme de rétinol, peut être tératogène. L’ACOG situe le besoin quotidien de vitamine A autour de 770 µg après 19 ans et 750 µg entre 14 et 18 ans, via carottes, légumes verts et patates douces, pas via une deuxième plaquette.

Les gommes vitaminées, pratiques si les nausées bloquent les comprimés, contiennent souvent trop peu de fer. L’ACOG le signale et propose alors un fer séparé, dosé par le médecin. Le fer oral peut provoquer nausées, brûlures d’estomac et constipation, effets décrits par le Merck Manual. Les prendre pendant un repas, parfois à dose progressive, réduit une partie de ces gênes. Le jus d’orange non enrichi en calcium aide l’absorption. Un jus enrichi en calcium, au contraire, la diminue, note la Mayo Clinic.

Les plantes, extraits d’herbes et toniques vendus en ligne n’ont pas le même contrôle qu’un médicament. La Mayo Clinic demande d’en parler avant toute prise. En France, le pharmacien et le médecin restent le filtre, d’autant que certains produits mélangent vitamine A, iode et plantes. Un régime végétalien, une maladie chronique ou une anémie déjà connue justifient des compléments ciblés, pas un panier de gélules.

Le foie concentre à la fois le fer et le rétinol. L’ACOG le cite parmi les sources de fer et de vitamines B, tout en interdisant de multiplier les vitamines prénatales à cause de la vitamine A. La place du foie dans l’assiette se décide avec le professionnel qui suit la grossesse.

Alimentation végétarienne et transit

Un régime végétarien ou végétalien peut rester compatible avec une grossesse, à condition de compenser ce que la viande et le poisson apportent facilement. L’ACOG (2026) demande un complément de vitamine B12 pour les personnes qui ne mangent pas de produits animaux. Le besoin affiché est de 2,6 µg par jour. Fer, iode, choline, oméga-3 à longue chaîne et, parfois, calcium demandent aussi un plan, souvent avec une diététicienne.

Les légumineuses, le tofu, les céréales enrichies, les noix et les graines portent les protéines et une partie du fer. Associer lentilles et poivron, ou pois chiches et agrumes, aide l’absorption du fer végétal. Les œufs, si le régime les accepte, rendent la choline plus accessible. Le sel iodé et les laitages pasteurisés couvrent une part d’iode et de calcium. Sans poisson, un complément d’oméga-3 adapté à la grossesse se discute avec le pharmacien.

Les nausées du premier trimestre déforment l’assiette. L’essentiel est de maintenir l’acide folique et l’hydratation. Si les vomissements empêchent de garder le comprimé, le médecin peut changer l’horaire, la forme du complément, ou traiter les nausées. Un jeûne prolongé, une perte de poids rapide ou l’impossibilité de boire relèvent d’une consultation rapide. Le fer oral peut constiper, effet décrit par le Merck Manual. Céréales complètes, légumes, fruits et eau aident le transit. Un laxatif se choisit avec le pharmacien.

Problème alimentaire pendant la grossesse, quand consulter

Un écart unique, un sushi avant l’annonce de la grossesse, n’équivaut pas à une urgence. Les CDC (2025) demandent d’appeler le professionnel de santé en cas de fièvre, de fatigue et de courbatures plus fortes que d’habitude, surtout si un aliment rappelé ou à risque a été mangé dans les semaines précédentes. Un traitement précoce peut limiter le passage de Listeria au fœtus.

Des signes plus francs relèvent des urgences.

  • Vomissements incoercibles, sang dans les selles, diarrhée avec vertiges ou confusion justifient d’appeler le 15 ou le 112.
  • Une fièvre élevée après un repas douteux se signale sans attendre le prochain rendez-vous de suivi.
  • Une viande saignante isolée, sans fièvre ni courbatures, se mentionne à la consultation suivante plutôt qu’aux urgences.

Le suivi habituel sert aussi l’assiette. Une numération pour l’anémie, la lecture de l’étiquette du complément (acide folique 400 µg, fer, iode, vitamine A) et la question du lait cru dans les fromages du coin tiennent en peu de temps. Les CDC rappellent qu’environ une femme enceinte sur 25 000 aux États-Unis contracte Listeria chaque année. Le chiffre est bas, le coût d’un cas est élevé, d’où le réflexe de réchauffer la charcuterie. Apporter la boîte de vitamines évite les doublons, surtout pour la vitamine A et pour l’acide folique à 4 mg.

Questions fréquentes

Peut-on manger du camembert ou du brie ?

Brie, camembert et pâtes persillées au lait cru restent des fromages plus risqués pour la listériose, d’après les CDC (2025). Un fromage à pâte molle pasteurisé, chauffé jusqu’à fumer, redevient un choix plus sûr dans leur tableau. En France, beaucoup de ces fromages sont au lait cru. La sage-femme ou le gynécologue appliquent la liste locale. En attendant cet avis, un fromage à pâte pressée cuite pasteurisé évite le doute.

Le saumon fumé est-il interdit ?

Le saumon fumé du rayon frais, comme les autres poissons fumés réfrigérés, est un aliment plus risqué pour Listeria d’après les CDC (2025). Il redevient acceptable dans un plat cuit à cœur, ou s’il vient d’une conserve stérile. Le saumon frais bien cuit, lui, fait partie des poissons peu mercurés à viser deux ou trois fois par semaine.

Faut-il de l’acide folique si l’on mange déjà des légumes verts ?

Oui. Les CDC (2026) rappellent que seule la forme « acide folique » des compléments et des aliments enrichis a démontré une baisse des anomalies du tube neural. Les légumes verts apportent des folates alimentaires utiles, rarement suffisants pour les 400 µg quotidiens visés avant et en tout début de grossesse. L’ACOG ajoute qu’une fois enceinte, le total monte à 600 µg par jour.

Que faire après avoir mangé un aliment à risque ?

Il faut surveiller la température et l’état général pendant les jours suivants, et signaler l’épisode au professionnel qui suit la grossesse. Les CDC demandent un appel plus rapide en cas de fièvre avec courbatures, ou si l’aliment fait l’objet d’un rappel. Un sushi isolé avant le test de grossesse, sans fièvre, ne déclenche pas à lui seul le 15.

Les graines germées sont-elles dangereuses ?

Crues, oui, plus que cuites. Les CDC (2025) rangent luzerne, haricot mungo et autres germes crus parmi les choix plus risqués. Une poêlée jusqu’à la vapeur les fait passer du côté plus sûr. Les salades du commerce qui en contiennent se laissent de côté.

Un régime végétarien suffit-il pendant ces neuf mois ?

Il peut suffire si l’on planifie fer, iode, choline, calcium, oméga-3 et surtout la vitamine B12, que l’ACOG (2026) demande en complément chez les personnes sans produits animaux. Une diététicienne habituée à la grossesse évite les trous. Le complément prénatal ne remplace pas cette planification.

Conclusion

L’assiette de grossesse se joue sur quelques chiffres, pas sur un régime d’exception. Zéro calorie en plus au premier trimestre, puis environ 340 puis 450 kcal, 400 µg d’acide folique dès qu’une conception est possible, 27 mg de fer, moins de 200 mg de caféine, 225 à 340 g de poissons peu mercurés, et pas d’alcool. La charcuterie se réchauffe. Le lait cru attend. Ces gestes, tirés des CDC, de l’ACOG et du Merck Manual, pèsent plus que n’importe quel aliment miracle.

Avant les prochaines courses, trois lignes sur un papier suffisent. Quelle est la dose d’acide folique du comprimé. Quels fromages du rayon sont au lait pasteurisé. Quels poissons de l’étal restent dans la liste courte. Ces questions, posées au pharmacien ou à la sage-femme, calent l’ordinaire mieux qu’une liste d’interdits copiée sur un forum.

Si une fièvre, des courbatures ou des vomissements violents surviennent après un repas douteux, le 15 ou le 112 existent pour ça. Le reste du temps, le rendez-vous de suivi sert à lire ensemble la courbe de poids, la numération et l’étiquette du complément, puis à corriger un seul point à la fois.

Sources

  1. Healthy Eating During Pregnancy. American College of Obstetricians and Gynecologists, mars 2026.
  2. Pregnancy diet: Focus on these essential nutrients. Mayo Clinic, 31 janvier 2025.
  3. Weight Gain During Pregnancy. Centers for Disease Control and Prevention, 15 mai 2024.
  4. Safer Food Choices for Pregnant Women. Centers for Disease Control and Prevention, 31 janvier 2025.
  5. About Alcohol Use During Pregnancy. Centers for Disease Control and Prevention, 14 août 2026.
  6. How much coffee can I drink while I’m pregnant?. American College of Obstetricians and Gynecologists, octobre 2020.
  7. Finkelstein JL, Cuthbert A, Weeks J et al. : Effects of daily oral iron supplementation during pregnancy. Cochrane Database of Systematic Reviews, 15 août 2024.
  8. Muñoz JL : Self-Care During Pregnancy. Merck Manual Consumer Version, juillet 2026.
  9. About Folic Acid. Centers for Disease Control and Prevention, 18 septembre 2026.
  10. People at Increased Risk for Listeria Infection. Centers for Disease Control and Prevention, 24 septembre 2025.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.