
Les remèdes naturels ne guérissent pas une gastrite. Ils peuvent atténuer une brûlure ou une nausée pendant que l’on identifie la cause, le plus souvent une infection à Helicobacter pylori, des anti-inflammatoires ou l’alcool. Sans ce diagnostic, une tisane ou un yaourt ne font que masquer une inflammation qui peut durer des années.
On lit souvent que l’ail, le miel de manuka ou les huiles essentielles « réparent » l’estomac. Une revue systématique de 28 essais sur des aliments et extraits, mise en ligne en 2022 dans Critical Reviews in Food Science and Nutrition, a jugé ce corpus à haut risque de biais. Le NIDDK précise, de son côté, que l’alimentation ne joue pas de rôle important dans la plupart des gastrites.
Un chiffre oriente mieux le choix. Le guide 2024 de l’American College of Gastroenterology rappelle que toute personne qui n’élimine pas spontanément Helicobacter développe une gastrite chronique. Aux États-Unis, ce document privilégie une quadrithérapie au bismuth de 14 jours, puis un test de contrôle au moins 4 semaines plus tard. Les probiotiques, dans une revue-parapluie de 2024, n’améliorent l’éradication que comme complément (risque relatif 1,10) et réduisent surtout les effets indésirables des antibiotiques. Une douleur qui dure plus d’une semaine mérite un rendez-vous ; vomissements de sang ou selles noires, le 15 ou le 112.
Qu’est-ce que la gastrite et d’où viennent les symptômes
La gastrite est une inflammation de la muqueuse qui tapisse l’estomac. Cette couche de mucus protège la paroi des acides et des enzymes ; une fois enflammée, elle peut faire mal, mais beaucoup de personnes n’ont aucun signe. On distingue une forme aiguë, soudaine, et une forme chronique, qui s’installe sur des mois ou des années, selon la Mayo Clinic. Une autre coupure, utile à la Cleveland Clinic, sépare l’atteinte érosive (ulcérations) de l’atteinte non érosive (rougeur, irritation, parfois atrophie plus tard).
Les symptômes, quand ils existent, se concentrent dans le haut du ventre. Brûlure ou douleur sourde, nausées, vomissements, plénitude après peu d’aliments, perte d’appétit. Ces signes, rangés sous le mot dyspepsie par le NIDDK, ne prouvent pas le diagnostic à eux seuls ; un reflux ou un ulcère donnent le même tableau. La certitude vient d’une gastroscopie avec biopsies, rappelle la Cleveland Clinic.
Trois causes reviennent dans les pages officielles. H. pylori s’installe souvent dès l’enfance et entretient une gastrite chronique chez presque toutes les personnes infectées, écrit le NIDDK (données de 2019, observation de long cours). Les AINS (ibuprofène, naproxène, aspirine) et l’alcool abîment la barrière chimique ; MedlinePlus les place encore, en 2025, parmi les origines les plus fréquentes. Une gastrite auto-immune, plus rare, survient quand le système immunitaire attaque les cellules pariétales, surtout en cas de thyroïdite de Hashimoto ou de diabète de type 1.
Le mot « stress » prête à confusion. Dans les textes du NIDDK et de la Mayo Clinic, la gastrite de stress désigne une ischémie de la muqueuse chez un malade de réanimation, brûlé, opéré ou septique, pas une semaine chargée au travail. Un mal de ventre lié à l’anxiété existe, mais ce n’est pas le même mécanisme. Le traiter par la seule relaxation laisse de côté une bactérie ou un comprimé quotidien.
Aux États-Unis, la Cleveland Clinic (2023) estime la gastrite aiguë à environ 8 cas pour 1 000 habitants, et la forme chronique à 2 pour 10 000. Le guide ACG 2024 actualise la prévalence mondiale de H. pylori à un peu plus de 40 %, en baisse depuis 58,2 % (1980-1990) vers 43,1 % (2011-2020). Presque toutes les personnes qui restent infectées développent une gastrite chronique.

Quels remèdes naturels aident vraiment
Les gestes utiles à la maison sont d’abord des retraits, pas des potions. Arrêter l’alcool, ne plus fumer, remplacer si possible l’ibuprofène par du paracétamol, fractionner les repas, éviter les plats qui réveillent la brûlure. Le NHS et la Mayo Clinic décrivent ces mesures comme un appoint, le temps que la cause soit traitée. Elles peuvent calmer une poussée courte ; elles ne ferment pas une gastrite chronique à Helicobacter.
Les listes d’« huit meilleurs remèdes » mélangent l’anecdote et l’essai. Duque-Buitrago et ses collègues ont passé au crible, jusqu’en décembre 2020, les études humaines sur l’ail, le curcuma, le piment, les germes de brocoli, le jus de canneberge, le miel, des huiles et des aliments fermentés. Ils ont retenu 28 essais et conclu à un risque de biais élevé. Un extrait d’ail ou un miel précieux n’a donc pas le statut d’un traitement validé.
Quelques habitudes restent raisonnables parce qu’elles réduisent l’agression mécanique, même sans promesse de cicatrisation.
- Prendre plusieurs petits repas plutôt qu’un plateau très copieux soulage souvent la tension gastrique.
- Boire de l’eau régulièrement, sans noyer l’estomac pendant le repas, limite la distension douloureuse.
- Noter deux semaines d’aliments et de symptômes aide à repérer un déclencheur personnel.
- Demander au pharmacien un antiacide ou un alginate pour une gêne brève reste un recours encadré.
Les huiles essentielles n’apparaissent comme soin de la gastrite ni chez Mayo, ni au NHS, ni au NIDDK, ni sur MedlinePlus. Les avaler n’a aucune place ici. Une application cutanée diluée n’a pas non plus de preuve solide sur l’inflammation de la muqueuse. Mieux vaut chercher H. pylori, revoir les AINS, et ne pas ignorer un saignement occulte ou une carence en fer ou en B12.
Une gastrite aiguë ponctuelle peut s’arranger une fois l’irritant retiré, écrit la Cleveland Clinic, mais une gêne qui revient ou qui dure demande un avis.
Que manger et que boire en cas de gastrite
L’alimentation ne soigne pas la plupart des gastrites, et elle n’en est pas la cause principale. Régime et nutrition n’ont pas de rôle important dans la majorité des cas, écrit le NIDDK. L’exception nette est l’alcool en grande quantité, capable de provoquer une gastropathie érosive aiguë. Des allergies alimentaires ou, rarement, des comprimés de fer peuvent aussi irriter la muqueuse. Pour le reste, on ajuste l’assiette afin de moins réveiller les symptômes, pas pour « détoxifier » l’estomac.
En période de gêne, le NHS conseille de réduire le café, le thé fort, les colas et les boissons énergétiques, d’éviter alcool et tabac, de ne pas s’allonger dans les 3 à 4 heures après le repas, et de laisser de côté les aliments acides, gazéifiés, épicés ou gras. La Mayo Clinic reprend la même famille d’irritants avant un rendez-vous. Ces conseils sont empiriques. Votre liste personnelle peut différer, et un journal de quelques jours vaut mieux qu’un régime d’exclusion infini.
Beaucoup de personnes tolèrent mieux des textures simples. Riz, flocons d’avoine, pommes de terre, légumes cuits, poisson ou volaille maigre, œufs, yaourt nature si le lait ne gêne pas, fruits peu acides. Rien de tout cela n’est une ordonnance ; c’est un filet pour les jours où l’estomac refuse le piment et l’orange pressée. Perdre du poids en cas de surpoids figure aussi parmi les conseils du NHS, parce que la pression abdominale et le reflux entretiennent la brûlure.
Deux pièges reviennent souvent. Le premier consiste à supprimer gluten, laitages et sucre « anti-inflammatoire » sans preuve que ces aliments causent une gastrite. Le second est de jeûner longtemps, ce qui laisse l’acide agir à vide. Mieux vaut des horaires réguliers et des portions modestes. Si une anémie ferriprive ou une carence en B12 est déjà connue, le régime seul ne suffit pas. Le NIDDK lie ces déficits à H. pylori ou à une gastrite auto-immune, donc à un traitement de la cause et, si besoin, à une supplémentation prescrite.
L’eau reste la boisson la plus neutre. Le miel de manuka n’a pas démontré, dans les sources lues, qu’il cicatrise une gastrite ; il reste un sucre, à manier avec prudence en cas de diabète.
Probiotiques, ail et thé, ce que montrent les études
Les probiotiques n’éradiquent pas H. pylori à eux seuls. Yang, Zhou, Han et leurs collègues ont publié en mai 2024, dans Scientific Reports, une revue-parapluie de 28 méta-analyses (534 essais randomisés). Ajoutés à un traitement antibiotique standard, les ferments regroupés amélioraient un peu le taux d’éradication (risque relatif 1,10 ; intervalle 1,06-1,14) et diminuaient les effets indésirables globaux (risque relatif 0,54 ; intervalle 0,42-0,70). La qualité de la plupart des méta-analyses a été jugée « critiquement basse ». Le signal le plus constant porte sur la diarrhée et les nausées sous antibiotiques, pas sur une cicatrisation végétale de la muqueuse.
Les souches ne sont pas interchangeables. Les analyses les plus fournies concernent Lactobacillus, Bifidobacterium, Saccharomyces et des mélanges. L’effet sur l’éradication reste de l’ordre de quelques points de pourcentage. Un yaourt du commerce, un kéfir ou une gélule sans nom de souche ni dose ne reproduisent pas ces protocoles. Le pharmacien peut aider à lire une étiquette ; le médecin décide si un adjuvant a un sens pendant une éradication.
L’ail illustre le décalage entre le tube à essai et la clinique. Il figure parmi les 28 essais alimentaires de Duque-Buitrago, déjà entachés de biais. Aucune encyclopédie officielle consultée (Mayo, MedlinePlus, NHS, NIDDK) ne le recommande comme traitement. L’avaler cru pour « tuer Helicobacter » n’a pas de base solide, et l’irritation locale peut augmenter la brûlure.
Le thé vert ou noir « une fois par semaine » n’apparaît pas non plus comme une stratégie validée. Le NHS demande plutôt de réduire la caféine pendant une poussée. Une tasse légère, loin de l’estomac vide, sera éventuellement tolérée ; en faire un remède est un autre discours. Le couple thé plus miel de manuka relève du marketing plus que de la gastro-entérologie.
Si vous prenez déjà un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) ou des antibiotiques, parlez des ferments au médecin ou au pharmacien. L’usage le plus défendable, d’après Yang 2024, reste l’accompagnement d’une éradication prescrite.
Helicobacter pylori, ce que les plantes ne remplacent pas
H. pylori est une bactérie adaptée à l’acide de l’estomac. Le guide ACG de septembre 2024, signé Chey, Howden, Moss et al., la décrit comme l’une des infections chroniques les plus fréquentes au monde, classée cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer. Tous ceux qui ne la clarifient pas spontanément développent une gastrite chronique. La plupart n’auront pas de complication majeure ; une minorité évoluera vers un ulcère, une atrophie, une métaplasie, plus rarement un adénocarcinome ou un lymphome du MALT.
Le document américain de 2024 s’éloigne de la triple thérapie à la clarithromycine, trop souvent inefficace. Quand la sensibilité aux antibiotiques est inconnue, la quadrithérapie au bismuth pendant 14 jours est l’option préférée en Amérique du Nord (IPP, bismuth, tétracycline, métronidazole). Des alternatives empiriques existent sans allergie à la pénicilline (trithérapie à la rifabutine, bithérapie avec un bloqueur d’acide compétitif du potassium). Ces schémas sont ceux des États-Unis. En France, le médecin applique la recommandation locale et choisit les DCI disponibles.
Un point revient d’un texte à l’autre. Il faut terminer la totalité des doses. Un arrêt précoce laisse survivre des bactéries et favorise la résistance, prévient le NIDDK. Après le traitement, un test de contrôle (souffle à l’urée, antigène dans les selles, ou biopsie) est recommandé au moins 4 semaines plus tard. La Mayo Clinic confirme qu’il faut revérifier que la bactérie a disparu. Ce rendez-vous vaut plus qu’un mois de gélules « flore ».
L’ACG 2024 discute, aux États-Unis, une stratégie « tester et traiter » chez les moins de 60 ans sans signe d’alarme. Vomissements, saignement, anémie ferriprive inexpliquée, amaigrissement ou difficulté à avaler poussent plutôt vers une gastroscopie. Les seuils d’âge ne sont pas universels ; votre médecin traitant fixe le parcours. Si les symptômes durent, la question utile est « faut-il un test Helicobacter ou une gastroscopie ».
AINS, alcool et tabac, ce qu’il faut changer
Retirer l’irritant chimique est le remède le plus documenté. MedlinePlus et la Mayo Clinic placent l’aspirine, l’ibuprofène et le naproxène au premier rang des causes médicamenteuses. Dans sa fiche mise à jour en septembre 2026, l’American College of Gastroenterology rappelle que les AINS peuvent ulcérer l’estomac et l’intestin, parfois sans douleur préalable. Le risque monte avec la dose, la durée, l’âge, un ulcère ancien, H. pylori, l’alcool, et surtout les associations.
Deux chiffres de cette fiche méritent d’être lus jusqu’au bout. Un AINS associé à un corticoïde oral (exemple donné, prednisone à plus de 10 mg) multiplie environ par sept le risque de saignement digestif. Un AINS associé à un anticoagulant oral le multiplie environ par douze. Ces multiplications ne sont pas des destins individuels, mais elles interdisent l’automédication à l’ibuprofène chez une personne déjà sous anticoagulant, sans en parler au médecin.
L’alcool agresse la muqueuse à lui seul et aggrave l’effet des AINS. Le NHS demande de ne pas boire pendant une gastrite ; la Mayo Clinic conseille l’arrêt avant la consultation. Pendant une poussée, l’objectif n’est pas un « verre raisonnable », c’est l’arrêt. Le tabac figure parmi les interdits du NHS ; il entretient l’inflammation et retarde la cicatrisation.
Pour la douleur, discuter le paracétamol, moins agressif pour l’estomac que les AINS, est la piste proposée par la Mayo Clinic. Un antiagrégant prescrit après un infarctus ou un stent ne se coupe pas sans avis ; le bénéfice vasculaire de l’aspirine à faible dose peut l’emporter, et le médecin ajustera (IPP associé, autre stratégie). Apportez la liste complète des médicaments, y compris ceux achetés sans ordonnance.
- L’ibuprofène et le naproxène du placard aggravent une muqueuse déjà inflammée, surtout à dose élevée.
- Boire de l’alcool le soir d’un AINS ajoute une irritation chimique à une autre.
- Le tabac entretient la lésion et réduit l’effet des mesures alimentaires les plus soigneuses.
- Un saignement peut survenir sans brûlure préalable ; surveillez la couleur des selles.

Médicaments qui réduisent l’acide de l’estomac
Quand la muqueuse est à vif, baisser l’acide donne le temps de cicatriser. Ce n’est pas un remède naturel, mais c’est souvent le complément utile des mesures de régime. MedlinePlus (révision janvier 2025) range trois familles classiques ; antiacides, antihistaminiques H2 (famotidine, cimétidine, nizatidine) et IPP (oméprazole, ésoméprazole, lansoprazole, pantoprazole, rabéprazole). Une quatrième classe, les bloqueurs d’acide compétitifs du potassium (PCAB, exemple vonoprazan), apparaît dans cette encyclopédie et dans le guide ACG 2024. La disponibilité varie selon les pays ; pharmacien et médecin appliquent l’offre française.
Les antiacides neutralisent l’acide déjà sécrété et soulagent vite. La Mayo Clinic les juge utiles en appoint, pas comme traitement principal ; constipation ou diarrhée dépendent du sel utilisé. Les anti-H2 diminuent la sécrétion. Les IPP bloquent la pompe à protons et sont plus puissants. Certains se vendent sans ordonnance au Royaume-Uni, note le NHS ; en France, le circuit dépend du produit et de la durée.
Un IPP mérite un regard au long cours. La Mayo Clinic relaie un signal de l’agence américaine du médicament ; l’usage prolongé, surtout à dose élevée, peut augmenter le risque de fractures de la hanche, du poignet et du rachis. On en discute avec le médecin, qui jugera si l’IPP peut être diminué une fois la cause traitée. Avaler un IPP pendant des mois « au cas où », tout en continuant l’ibuprofène quotidien, rate la cible.
Pour H. pylori, l’acide-suppresseur fait partie du cocktail, il ne le remplace pas. Le NIDDK décrit la combinaison habituelle ; au moins deux antibiotiques, un IPP, parfois du bismuth. La Mayo Clinic situe souvent les antibiotiques entre 7 et 14 jours ; l’ACG 2024 ancre le schéma américain de première intention sur 14 jours. Ni l’une ni l’autre ne fixe la pratique française à votre place.
Gastrite auto-immune, fer et vitamine B12
Quand le système immunitaire détruit les cellules qui fabriquent l’acide et le facteur intrinsèque, l’enjeu n’est plus le piment du dîner. Le NIDDK décrit une gastrite auto-immune chronique, le plus souvent non érosive, capable de bloquer l’absorption du fer et de la vitamine B12. Sans B12, la moelle ne produit plus assez de globules rouges ; c’est l’anémie de Biermer. Fatigue, essoufflement, fourmillements ou trouble de l’équilibre peuvent précéder les signes digestifs, parfois absents.
Le traitement, dans les pages NIDDK, n’est pas une plante. On discute une supplémentation en fer, en acide folique et en B12 pour prévenir l’anémie ; si l’anémie de Biermer est déjà là, des injections de B12 sont souvent proposées, parce que le facteur intrinsèque manque. La voie, la dose et le rythme sont une décision médicale. Des gélules « énergie » achetées en ligne ne corrigent pas un déficit neurologique en cours.
Cette forme est plus fréquente chez les personnes qui ont déjà une maladie auto-immune (diabète de type 1, Addison, Hashimoto), rappellent le NIDDK et la Mayo Clinic. Un bilan de B12 et de ferritine a du sens si une gastrite s’accompagne d’une anémie ou de signes neurologiques, même sans brûlure. L’atrophie chronique, auto-immune ou liée à H. pylori, augmente le risque de lésions précancéreuses, écrit le NIDDK.
Gastrite, quand voir un médecin
Presque tout le monde a déjà eu une indigestion. La Mayo Clinic et le NHS fixent un seuil simple ; une douleur ou une digestion difficile qui dure plus d’une semaine, qui s’aggrave ou qui revient, justifie un rendez-vous. Inutile d’attendre qu’une tisane « fasse son effet » si vous vomissez, si vous maigrissez, si les AINS sont quotidiens, ou si un parent proche a eu un cancer de l’estomac.
Certains signes demandent une prise en charge le jour même. Le NHS envoie aux urgences pour des vomissements de sang rouge ou d’aspect marc de café, des selles noires, poisseuses et très malodorantes, une douleur brutale d’estomac ou de poitrine. En France, on appelle le 15 ou le 112, on ne conduit pas soi-même. La Mayo Clinic ajoute les vomissements incoercibles, les vertiges, le sang dans les selles. MedlinePlus reprend selles noires et vomissements de sang.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Douleur ou digestion difficile depuis plus d’une semaine | Prendre rendez-vous avec le médecin traitant pour chercher la cause |
| Symptômes apparus sous AINS ou aspirine | En parler sans arrêter seul un traitement prescrit au long cours |
| Vomissements de sang ou aspect marc de café | Appeler le 15 ou le 112, ne pas attendre le lendemain |
| Selles noires, poisseuses, très malodorantes | Appeler le 15 ou le 112, saignement digestif possible |
| Douleur brutale d’estomac ou de poitrine | Appeler le 15 ou le 112, ne pas prendre le volant |
| Amaigrissement, satiété précoce, vomissements répétés | Demander un avis médical rapide, au-delà de l’automédication |
Au cabinet, attendez-vous à des questions sur l’alcool, le tabac, tous les antalgiques, et à un examen du ventre. Le médecin peut proposer un test respiratoire, une recherche d’antigène dans les selles, une prise de sang, parfois une gastroscopie. Le diagnostic de certitude est microscopique, donc biopsique, insiste la Cleveland Clinic. Apportez une liste datée des symptômes et des boîtes du placard, puis demandez si un test Helicobacter est indiqué et comment vérifier la disparition de la bactérie après traitement.
Questions fréquentes
Les remèdes de grand-mère suffisent-ils pour une gastrite ?
Non. Ils peuvent atténuer une gêne courte une fois l’alcool, le tabac ou un AINS retirés, mais ils ne traitent ni H. pylori ni une gastrite auto-immune. Si les symptômes durent plus d’une semaine, le NHS et la Mayo Clinic demandent un avis médical plutôt qu’un nouveau produit « naturel ».
Peut-on boire du café quand l’estomac brûle ?
Souvent moins bien qu’à l’habitude. Le NHS conseille de réduire café, thé fort, colas et boissons énergétiques pendant une poussée, parce que la caféine et l’acidité réveillent la brûlure. Une petite tasse après un repas, si elle est tolérée, n’est pas interdite à vie ; ce n’est simplement pas un soin.
Un yaourt ou un kéfir remplacent-ils les antibiotiques contre Helicobacter ?
Non. La revue-parapluie de Yang (2024) ne montre un petit gain d’éradication que lorsque les probiotiques s’ajoutent à un traitement standard, avec un niveau de preuve encore fragile. Seuls, ils ne font pas disparaître la bactérie. Le yaourt reste un aliment, éventuellement plus confortable que le lait, pas une ordonnance.
Combien de temps une gastrite aiguë met-elle à s’améliorer ?
Souvent quelques jours une fois la cause aiguë levée, écrit la Cleveland Clinic, et davantage si la muqueuse a déjà été abîmée. La Mayo Clinic attend une amélioration sous traitement, et un contrôle si rien ne change. Une gêne qui dépasse une semaine, ou qui revient dès que l’on arrête l’IPP, n’est plus un simple épisode à gérer seul.
L’ibuprofène est-il déconseillé si l’on a mal à l’estomac ?
Oui, en première intention. MedlinePlus et l’ACG rangent ibuprofène, naproxène et aspirine parmi les causes fréquentes d’inflammation et d’ulcère. Le paracétamol est en général mieux toléré, d’après la Mayo Clinic, mais un antiagrégant prescrit ne se coupe pas sans avis. Signalez aussi corticoïdes et anticoagulants, qui multiplient le risque de saignement.
Une gastrite peut-elle augmenter le risque de cancer de l’estomac ?
Rarement, et surtout si elle devient chronique et atrophique. Le NIDDK lie ce surrisque à H. pylori non traité et à la gastrite auto-immune, via l’atrophie et la métaplasie. L’ACG 2024 rappelle que Helicobacter est un cancérogène certain. Traiter l’infection et surveiller une anémie inexpliquée réduit ce risque lointain bien plus qu’un régime dit antioxydant.

Conclusion
Avant d’acheter un nouveau complément, regardez les trois leviers que les sources officielles répètent ; alcool, tabac, AINS du placard. Notez depuis quand le haut du ventre brûle, ce que vous prenez pour la douleur, et si les selles ont changé de couleur. Si la gêne dépasse une semaine, prenez rendez-vous et demandez un test Helicobacter (souffle ou selles) plutôt qu’une énième tisane.
Quand la bactérie est là, les plantes reculent d’un cran. Le guide ACG 2024, valable pour l’Amérique du Nord, a allongé et renforcé les schémas de première intention (14 jours, quadrithérapie au bismuth si la sensibilité est inconnue) et exige un test de guérison. Votre médecin adaptera le cocktail aux molécules et aux résistances d’ici. Un probiotique, d’après Yang 2024, n’a de place éventuelle qu’en appoint pour mieux tolérer les antibiotiques.
Gardez le 15 ou le 112 en tête pour le sang dans les vomissements, les selles noires ou une douleur brutale. Pour le reste, un pharmacien peut conseiller un antiacide ou un IPP de courte durée, et le médecin traitant tranche entre test, gastroscopie et changement d’antalgique. Les remèdes naturels ont une fonction étroite ; soulager quelques jours, jamais remplacer le diagnostic.
Sources
- Gastritis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 14 février 2024.
- Gastritis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 14 février 2024.
- Gastritis: What It Is, Symptoms, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 14 juillet 2023.
- Definition & Facts for Gastritis & Gastropathy. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mis à jour en août 2019.
- Treatment of Gastritis & Gastropathy. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mis à jour en août 2019.
- Eating, Diet, & Nutrition for Gastritis & Gastropathy. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mis à jour en août 2019.
- Gastritis: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 24 janvier 2025.
- NHS : Gastritis – NHS. National Health Service, mis à jour en 2026.
- Chey WD, Howden CW, Moss SF et al. : ACG Clinical Guideline: Treatment of Helicobacter pylori Infection. The American Journal of Gastroenterology, 1 septembre 2024.
- Yang Z, Zhou Y, Han Z et al. : The effects of probiotics supplementation on Helicobacter pylori standard treatment: an umbrella review of systematic reviews with meta-analyses. Scientific Reports, 2 mai 2024.
- Duque-Buitrago LF, Tornero-Martínez A, Loera-Castañeda V et al. : Use of food and food-derived products in the treatment of gastritis: A systematic review. Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 6 janvier 2022.
- Aspirin and NSAIDS. American College of Gastroenterology, septembre 2026.
