
Le sucre de l’alimentation n’est pas un cancérogène qui ferait grossir une tumeur plus vite dès qu’on en mange. Le lien le plus solide, retenu par le World Cancer Research Fund et le National Cancer Institute américain, passe par les sucres ajoutés et surtout les boissons sucrées, qui favorisent le surpoids, lui-même associé à au moins treize cancers.
Couper tous les glucides pour « affamer » des cellules tumorales ne repose pas sur des preuves chez l’humain. La page du NCI mise à jour le 24 juillet 2024 indique qu’aucun travail n’a montré qu’arrêter le sucre fasse rétrécir un cancer. Une canette de cola peut contenir l’équivalent d’environ neuf morceaux de sucre, au-delà de la limite quotidienne de sucres libres retenue au Royaume-Uni pour un adulte (30 g, soit environ sept morceaux), d’après le NHS en 2023.
La fiche OMS sur l’alimentation saine, actualisée le 26 janvier 2026, maintient le seuil de sucres libres sous 10 % de l’énergie, soit 50 g pour 2 000 kcal. Les documents internes du Project 259, relus en 2017, décrivent une enzyme urinaire chez le rat, pas une preuve de cancérogénicité humaine. Les cohortes relient surtout sodas et prise de poids, avec des hausses de risque souvent modestes et de certitude basse.
Le sucre cause-t-il vraiment un cancer ?
Non, le sucre de table n’est pas classé comme une substance qui déclenche un cancer à elle seule. Les organismes de prévention situent le risque du côté des sucres libres consommés en trop grande quantité, parce qu’ils apportent des calories sans rassasier et poussent au gain de poids.
Dans sa page revue en novembre 2024, le World Cancer Research Fund rappelle que les sucres naturellement présents dans les fruits, les légumes et les produits laitiers n’ont pas à être restreints. Ces aliments apportent fibres, vitamines et minéraux. Les sucres ajoutés dans les céréales sucrées, les sodas, les biscuits, les gâteaux et les pâtisseries n’apportent presque aucun nutriment utile et se cumulent vite.
Une pomme arrive avec de l’eau, des fibres et une satiété plus durable. Un soda se boit en quelques minutes, sans vraiment rassasier, et le surplus d’énergie se dépose si l’activité ne le compense pas. C’est ce mécanisme, et non un poison unique dans le saccharose, que le WCRF retient. Il conseille aussi de limiter la restauration rapide et les produits ultra-transformés riches en graisses, amidons ou sucres. Manger du sucre n’a pas été montré, dans les pages du NCI et de la Mayo Clinic, comme une cause qui ferait s’étendre un cancer déjà là.

D’où vient l’idée que le sucre nourrit les tumeurs ?
Elle vient d’une observation biologique vraie, mal traduite en conseil alimentaire. Les cellules cancéreuses consomment souvent plus de glucose que les cellules saines, mais toutes les cellules du corps ont besoin de glucose. On ne peut pas « couper le robinet » aux unes sans priver les autres.
Otto Warburg a décrit dans les années 1920 un détour métabolique. Beaucoup de tumeurs fermentent le glucose en lactate même en présence d’oxygène. Ce raccourci, l’effet Warburg, intéresse la recherche de médicaments. Il ne justifie pas un régime sans pain, sans fruits ni féculents pendant un traitement, écrit Cancer Research UK le 16 août 2023.
La tomographie par émission de positons (TEP) a entretenu le malentendu. L’examen utilise un traceur proche du glucose, davantage capté par les tissus très actifs. Cela ne prouve pas qu’un dessert accélère la maladie. D’après la Mayo Clinic (21 janvier 2026), donner plus de sucre aux cellules tumorales ne les fait pas pousser plus vite, et en retirer par l’assiette ne les ralentit pas. La fiche du NCI du 24 juillet 2024 ajoute qu’aucun essai n’a montré qu’arrêter le sucre fasse disparaître un cancer. Le corps fabrique du glucose à partir des graisses et des protéines, et les tumeurs utilisent aussi acides aminés et lipides.
Que dit le projet 259 de l’industrie sucrière ?
Il s’agit d’une étude animale inachevée, financée par la Sugar Research Foundation, puis arrêtée avant publication. Ce n’est pas une démonstration que le saccharose est un cancérogène humain, et ce n’est pas non plus un dossier réglementaire de la FDA.
Entre juin 1968 et septembre 1970, W. F. R. Pover, à l’université de Birmingham, a reçu 29 304 dollars (l’équivalent de 187 583 dollars de 2016) pour comparer saccharose et amidon chez des rats, y compris des rats axéniques. Kearns, Apollonio et Glantz ont relu les archives dans PLOS Biology le 21 novembre 2017. Un rapport de 1969 notait que l’urine des rats au régime amidon contenait davantage d’un inhibiteur de la bêta-glucuronidase que celle des rats au saccharose. Une activité élevée de cette enzyme avait déjà été associée, dans la littérature de l’époque, au cancer de la vessie.
Les auteurs de 2017 estiment que publier ce signal préliminaire aurait pu faire examiner le saccharose comme cancérogène potentiel, d’autant que la FDA venait de retirer les cyclamates de la liste des aliments généralement reconnus comme sûrs (GRAS) en octobre 1969. En septembre 1970, John Hickson a jugé la valeur du projet « nulle » pour l’industrie, et les douze semaines supplémentaires n’ont pas été financées.
La Sugar Association a invoqué retard, dépassement de budget et restructuration en International Sugar Research Foundation. Les deux lectures restent des interprétations d’archives. Une enzyme urinaire de rat, jamais publiée, ne vaut pas une étude de cancérogénicité. Le travail de Kearns et collègues éclaire une stratégie industrielle. Il ne remplace pas les recommandations actuelles.
Que valent les études sur souris au saccharose ?
Elles montrent qu’un régime très riche en saccharose peut accélérer des tumeurs mammaires chez la souris, surtout via le fructose. Elles ne prouvent pas qu’un dessert occasionnel provoque un cancer du sein chez la femme.
Jiang et collègues, au MD Anderson, ont publié ces modèles dans Cancer Research en janvier 2016. Chez des souris MMTV/neu, à six mois, 30 % des animaux au régime amidon avaient une tumeur mesurable, contre 50 à 58 % aux régimes à 125, 250 et 500 g de saccharose par kg d’aliment. Dans le modèle 4T1, le fructose, plus que le glucose seul, semblait favoriser les métastases pulmonaires et la production de 12-HETE, un médiateur lié à la 12-lipoxygénase. Le poids des souris ne différait pas nettement, ce qui a été lu comme un effet au-delà de la simple obésité.
Ces doses restent éloignées d’une alimentation humaine mixte, et les modèles sont transgéniques ou des greffes cellulaires. La Mayo Clinic (2026) note des signaux épidémiologiques pour certains cancers, dont l’œsophage, lorsque la consommation de sucre est très élevée, mais la relation directe reste à préciser. Jiang 2016 vaut comme piste mécanique, pas comme preuve qu’un dessert cause un cancer du sein.
Les boissons sucrées augmentent-elles le risque ?
Oui, surtout parce qu’elles font prendre du poids, avec en plus des associations modestes dans les cohortes pour quelques cancers. Le WCRF juge convaincante la preuve que les boissons sucrées causent le surpoids chez l’enfant et l’adulte, en particulier si elles sont fréquentes ou en grandes portions.
Une méta-analyse de Pan et collègues, parue le 15 mai 2023 dans l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, a regroupé 42 articles, 37 cohortes et plus de 4,5 millions de personnes. Pour chaque 250 ml de boisson sucrée par jour, le risque relatif de cancer du sein était de 1,17, celui de cancer colorectal de 1,10, celui des voies biliaires de 1,30 et celui de prostate de 1,10. La certitude GRADE était faible ou très faible, et les écarts absolus restaient petits, de l’ordre de huit cas de sein et de deux cas colorectaux en plus pour 1 000 personnes.
Les jus à 100 % n’échappaient pas à cette synthèse. Une hausse de 250 ml par jour s’associait à un risque plus élevé de cancer toutes localisations, de thyroïde et de mélanome, toujours avec une certitude limitée. Les sodas light avaient un signal isolé pour les leucémies, jugé incertain.
Le WCRF indique qu’il n’existe pas de preuve humaine solide que les boissons édulcorées causent un cancer, et que la preuve qu’elles aident à contrôler le poids n’est pas cohérente. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et le JECFA ont classé l’aspartame avec une preuve limitée de cancérogénicité chez l’humain. L’eau et les boissons non sucrées restent le choix le plus sûr. Un verre de jus, même sans sucre ajouté, se rapproche d’une boisson sucrée pour la charge calorique.
Surpoids, hormones et les 13 cancers concernés
Le surpoids et l’obésité sont le relais le plus documenté entre sucres libres et cancer. Treize localisations figurent sur la fiche NCI revue le 28 janvier 2025, pour lesquelles un excès de graisse corporelle augmente le risque.
Les hausses les plus fortes concernent l’endomètre et l’œsophage. Pour les cancers de l’endomètre liés à l’excès d’œstrogènes, le risque est environ deux à quatre fois plus élevé en cas de surpoids ou d’obésité, et environ sept fois plus élevé en cas d’obésité sévère, par rapport à un poids considéré comme sain. Pour l’adénocarcinome de l’œsophage, l’obésité plus que double le risque, et l’obésité sévère le multiplie par près de cinq. Pour les autres localisations, les hausses vont d’environ 10 % à un doublement.
Le tissu adipeux produit des œstrogènes, entretient une insulinorésistance avec un facteur de croissance insulinomimétique (IGF-1) élevé, et maintient une inflammation chronique. Ces voies concernent, entre autres, le sein après la ménopause, le côlon, le pancréas et le foie. Aux États-Unis, une estimation pour 2019 attribuait à l’excès de poids environ 4,8 % des nouveaux cancers chez les hommes et 10,6 % chez les femmes de 30 ans et plus. Ces pourcentages ne se recopient pas tels quels en France, mais le mécanisme est le même. Un projet de perte de poids se discute avec le médecin traitant, surtout en cas de dénutrition ou de traitement en cours.
| Localisation liée au surpoids | Ordre de grandeur du surrisque (NCI, 2025) | Commentaire |
|---|---|---|
| Endomètre (type lié aux œstrogènes) | Environ 2 à 4 fois (surpoids/obésité), jusqu’à 7 fois (obésité sévère) | Lien le plus fort parmi les 13 cancers |
| Œsophage (adénocarcinome) | Plus de 2 fois (obésité), près de 5 fois (obésité sévère) | Deuxième lien le plus marqué |
| Sein après la ménopause, côlon, pancréas, foie, rein | Environ +10 % jusqu’à un doublement | Gradient moins abrupt, mais population large |
| Ovaire, thyroïde, vésicule, estomac proximal, myélome, méningiome | Inclus dans les 13 localisations CIRC/NCI | Mécanismes hormonaux et inflammatoires mêlés |
Combien de sucres libres par jour ?
L’OMS recommande, de façon forte, de rester sous 10 % de l’énergie totale, soit 50 g de sucres libres pour une personne d’environ 2 000 kcal par jour, et propose de façon conditionnelle de descendre sous 5 %, soit environ 25 g. Ce cadrage figure dans la fiche « Healthy diet » du 26 janvier 2026, qui reprend la ligne de 2015.
Les sucres libres comprennent le saccharose, le glucose et le fructose ajoutés par l’industriel, le cuisinier ou vous-même, ainsi que les sucres du miel, des sirops, des jus de fruits et des concentrés. Ils ne comprennent pas les sucres des fruits entiers ni ceux du lait. Au Royaume-Uni, le NHS (page revue le 19 mai 2023) et le WCRF retiennent 30 g par jour pour les plus de 11 ans, soit environ sept morceaux. Ce n’est pas une norme française. Le médecin ou le pharmacien vous indiquera le cadrage local. Les deux références servent de repère chiffré, pas de régime personnel.
L’OMS précise aussi, dans la même fiche 2026, que la baisse des sucres libres devrait se faire sans basculer vers les édulcorants non sucrés. Acesulfame K, aspartame, cyclamates, saccharine, sucralose, stévia et dérivés sont cités. Le message n’est pas « remplacez le cola par du cola light sans limite ». Il s’agit de réduire la place des liquides sucrés, y compris les jus, et de garder l’eau, le thé et le café sans sucre comme boissons principales.
| Référentiel | Seuil | Pour qui | Date du document |
|---|---|---|---|
| OMS, recommandation forte | Moins de 10 % de l’énergie (50 g pour 2 000 kcal) | Adultes et enfants | Ligne 2015, fiche 26 janvier 2026 |
| OMS, recommandation conditionnelle | Moins de 5 % de l’énergie (environ 25 g) | Adultes et enfants | 2015, rappel 2026 |
| Royaume-Uni (NHS / WCRF) | 30 g de sucres libres par jour | Plus de 11 ans | NHS 2023, WCRF 2024 |
| Jus de fruit, repère WCRF | Un petit verre, 150 ml, pas davantage au quotidien | Population générale | WCRF, novembre 2024 |
Une canette peut à elle seule dépasser le seuil britannique de 30 g. Cela n’en fait pas un aliment « cancérigène à la gorgée ». Cela montre pourquoi les recommandations ciblent d’abord les boissons, plus faciles à multiplier sans s’en apercevoir que les fruits entiers.
Faut-il tout supprimer pendant un cancer ?
Non. Cancer Research UK écrit qu’aucun régime « sans sucre » n’a montré qu’il abaissait le risque d’avoir un cancer ou qu’il améliorait les chances de survie. Pendant un traitement, une restriction sévère en glucides peut même devenir dangereuse si elle fait perdre trop de poids, trop de fibres ou trop de calories. Le cerveau, le cœur et le système immunitaire utilisent le glucose. Si l’assiette n’en fournit pas, le foie en fabrique. Vouloir affamer une tumeur par le régime, c’est souvent affamer la personne.
Un régime cétogène, alcalin ou de jus entre dans l’expérimentation, pas dans les soins validés. Limiter sodas et pâtisseries industrielles reste raisonnable, surtout si le poids augmente ou si un diabète se profile. Cela se discute avec l’équipe d’oncologie et, si possible, un diététicien de l’hôpital. En France, le cadrage nutritionnel pendant un cancer relève de votre médecin, pas d’un protocole américain copié tel quel.
Comment repérer les sucres ajoutés dans l’assiette ?
Ils se cachent moins dans le sucrier que dans les listes d’ingrédients. Le NHS explique que le chiffre « dont sucres » mélange sucres libres et sucres du lait ou des fruits. Un yaourt nature peut afficher 8 g de sucres issus du lait, sans sucres libres. Une pomme peut en contenir environ 11 g, encore hors sucres libres tant que le fruit n’est pas pressé. Au Royaume-Uni, un produit est riche en sucres au-delà de 22,5 g pour 100 g, et pauvre à 5 g ou moins. Si le sucre arrive tôt dans la liste, le produit est probablement chargé en sucres libres. Saccharose, glucose, fructose, dextrose, maltose, sirop de glucose-fructose, miel, nectar, concentré de jus ou sirop d’agave désignent souvent la même famille.
Quelques gestes concrets, sans régime d’éviction totale, figurent sur la page WCRF de 2024.
- Comparez les étiquettes des céréales du petit-déjeuner et choisissez la version la moins sucrée pour le même grammage.
- Remplacez biscuits et yaourts sucrés par un fruit, des noix non salées ou un yaourt nature, selon votre appétit.
- Gardez gâteaux et chocolat pour des portions plus rares, plutôt que comme encas quotidien de bureau.
- Cuisinez plus souvent à la maison afin de doser vous-même le sucre des recettes et des sauces.
- Buvez d’abord de l’eau, du thé ou du café sans sirop, et limitez le jus à un petit verre.
Ketchup, vinaigrettes, pains de mie et plats préparés en contiennent souvent. Lire une étiquette une fois par semaine et remplacer une boisson sucrée quotidienne par de l’eau pèse davantage, sur le poids et donc sur le risque à long terme, qu’une semaine de privation.
Quand parler sucre et cancer à votre médecin ?
Dès que vous envisagez un régime très restrictif, que vous avez un cancer en cours de traitement, un diabète, une perte de poids non voulue, ou que les sodas occupent plusieurs verres par jour. L’objectif n’est pas de « tester le sucre », c’est d’éviter une restriction qui affaiblit.
Pendant un traitement, une alimentation trop pauvre en glucides peut compromettre la récupération, d’après Cancer Research UK. Si vous maigrissez sans le vouloir, si l’appétit s’effondre ou si avaler devient difficile, parlez-en à l’équipe soignante avant de couper le pain et les fruits. Un diététicien hospitalier ajuste les textures et les calories. En cas de malaise brutal, de confusion, de déshydratation grave ou d’impossibilité de boire, appelez le 15 ou le 112.
Précisez combien de verres sucrés vous buvez par jour, comment le poids a évolué sur six mois, et quels traitements sont en cours. L’OMS donne un plafond de 50 g de sucres libres pour 2 000 kcal. Votre médecin dira si ce chiffre a un sens pour vous. Les recommandations américaines et britanniques ne se substituent pas à la pratique française.
Questions fréquentes
Le sucre nourrit-il les cellules cancéreuses plus vite que les autres ?
Non. Les cellules tumorales consomment souvent davantage de glucose, mais augmenter le sucre de l’assiette n’accélère pas une tumeur de façon démontrée chez l’humain. Le NCI (2024) et la Mayo Clinic (2026) écartent l’idée qu’arrêter le sucre fasse rétrécir un cancer. Le levier alimentaire reste le poids et les sucres libres des boissons.
Les fruits sucrés augmentent-ils le risque de cancer ?
Non, pas lorsqu’ils sont mangés entiers. Le WCRF (2024) indique que les sucres des fruits, légumes et laitages n’ont pas à être limités, parce qu’ils arrivent avec des fibres et des micronutriments. Le jus, même 100 % fruit, compte comme sucres libres. Un petit verre (150 ml) par jour est le plafond souvent cité, pas une carafe.
Les sodas light sont-ils sans risque pour le cancer ?
Ils n’ont pas de preuve humaine solide d’un lien causal avec le cancer, d’après le WCRF. L’évaluation du Centre international de recherche sur le cancer et du JECFA en 2023 n’a retenu qu’une preuve limitée pour l’aspartame. Ces boissons n’aident pas de façon constante à contrôler le poids. L’eau reste le choix le plus sûr. Les sodas, sucrés ou non, restent acides pour les dents si on les multiplie.
Une journée sans aucun sucre protège-t-elle du cancer ?
Non. CRUK (2023) n’a pas de preuve qu’un régime sans sucre abaisse le risque ou améliore la survie. Le corps fabrique du glucose même sans glucides alimentaires. Réduire les sodas chaque semaine pèse davantage qu’un défi de 24 heures.
Le fructose du sucre de table est-il plus dangereux que le glucose ?
Chez la souris, Jiang et collègues (2016) ont vu davantage de métastases pulmonaires avec le fructose qu’avec le glucose seul. Chez l’humain, les recommandations ciblent les sucres libres dans leur ensemble, surtout liquides, sans isoler le fructose du sucre de table. Le fructose des fruits entiers n’est pas traité comme celui des sodas.
Un régime cétogène peut-il soigner un cancer ?
Non. Cancer Research UK n’a pas de preuve qu’une alimentation très pauvre en glucides soigne un cancer ou en abaisse le risque. Pendant un traitement, une telle restriction peut affaiblir au lieu d’aider. Parlez-en à l’oncologue avant de l’entreprendre, surtout si vous perdez déjà du poids.
Conclusion
Le récit d’un sucre qui « nourrirait » les tumeurs comme un carburant exclusif ne tient pas face aux pages du NCI, de la Mayo Clinic et de Cancer Research UK. Les cellules cancéreuses aiment le glucose, comme le reste de l’organisme. Les cohortes et les recommandations du WCRF et de l’OMS déplacent le problème vers les sucres libres, les boissons sucrées et le poids, avec au moins treize cancers concernés par l’excès de graisse corporelle.
Les archives du Project 259 montrent qu’une industrie a pu interrompre un travail animal gênant. Elles ne transforment pas une enzyme urinaire de rat en preuve qu’un morceau de sucre cause un cancer de la vessie. Les souris de Jiang 2016 et la méta-analyse de Pan 2023 ajoutent des signaux, animaux d’un côté, modestes et de faible certitude de l’autre. Aucun de ces documents n’autorise un régime d’éviction totale pendant un traitement.
Si vous voulez un geste utile, remplacez une boisson sucrée quotidienne par de l’eau, gardez les fruits entiers, et lisez une fois la ligne « dont sucres » plus la liste d’ingrédients. Si un cancer, un amaigrissement ou un régime trouvé en ligne entre dans votre actualité, posez la question à votre médecin traitant ou au diététicien de l’équipe, avec le chiffre OMS de 50 g de sucres libres pour 2 000 kcal comme point de départ, pas comme une doctrine.
Sources
- Common Cancer Myths and Misconceptions. National Cancer Institute, 24 juillet 2024.
- Cancer causes: Popular myths about the causes of cancer. Mayo Clinic, 21 janvier 2026.
- Sugar and cancer. World Cancer Research Fund, mis à jour en novembre 2024.
- Limit sugar-sweetened drinks. World Cancer Research Fund, mis à jour en 2024.
- Obesity and Cancer Fact Sheet. National Cancer Institute, 28 janvier 2025.
- Healthy diet. World Health Organization, 26 janvier 2026.
- Kearns CE, Apollonio D, Glantz SA : Sugar industry sponsorship of germ-free rodent studies linking sucrose to hyperlipidemia and cancer: An historical analysis of internal documents. PLOS Biology, 21 novembre 2017.
- Jiang Y, Pan Y, Rhea PR et al. : A Sucrose-Enriched Diet Promotes Tumorigenesis in Mammary Gland in Part through the 12-Lipoxygenase Pathway. Cancer Research, janvier 2016.
- Pan B, Lai H, Ma N et al. : Association of soft drinks and 100% fruit juice consumption with risk of cancer: a systematic review and dose–response meta-analysis of prospective cohort studies. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 15 mai 2023.
- Sugar and cancer – what you need to know. Cancer Research UK, 16 août 2023.
- Sugar: the facts. National Health Service, 19 mai 2023.
