
La tendinite rotulienne, aussi appelée genou du sauteur, est une tendinopathie d’effort du tendon qui relie la rotule au tibia. Le traitement de première intention n’est pas l’immobilisation. La recommandation multidisciplinaire néerlandaise de 2025 place une rééducation de charge progressive du quadriceps, pendant au moins 12 semaines, au premier rang.
Chez beaucoup de joueurs de volley ou de basket, la douleur commence après un week-end de matchs, juste sous la rotule, puis revient à chaque impulsion. Une méta-analyse de 2023 estime la prévalence à 24,8 % chez les volleyeurs et 20,8 % chez les basketteurs, contre 0,1 % dans la population générale.
Une amélioration d’au moins 16 points sur le questionnaire VISA-P sert de jalon dans cette recommandation de 2025. Les injections de corticoïdes dans le tendon sont déconseillées, car elles ont été liées à un risque de rupture. Un claquement avec impossibilité de tendre la jambe relève du 15 ou du 112.
Qu’est-ce que la tendinite rotulienne, ou genou du sauteur ?
C’est une douleur d’effort du tendon rotulien, le cordon fibreux qui relie le bas de la rotule au haut du tibia et permet, avec le quadriceps, d’étendre le genou. Le nom courant reste « tendinite », mais les textes récents parlent de tendinopathie. La revue StatPearls, mise à jour en 2026, rappelle que les cellules de l’inflammation classique sont en général absentes et que le tendon présente surtout une dégénérescence liée à la charge répétée.
Le consensus international sur les tendinopathies de 2019, repris par la recommandation néerlandaise de 2025, définit la tendinopathie comme une douleur persistante du tendon avec perte de fonction, liée à la charge mécanique. Le genou du sauteur n’est donc pas une simple inflammation à éteindre, même si « tendinite » reste le mot le plus employé. Le pôle inférieur de la rotule, là où le tendon s’insère, est le siège habituel des lésions.
Chaque réception, chaque impulsion et chaque changement de direction stockent puis restituent de l’énergie élastique dans ce tendon. Quand la charge dépasse ce qu’il peut réparer entre deux séances, de minuscules déchirures s’accumulent, le tendon s’épaissit et la douleur s’installe. D’après la Mayo Clinic (2025), ce cycle de microdéchirures s’installe quand le tendon n’a pas le temps de récupérer.
« Tendinite rotulienne » et « tendinopathie patellaire » désignent presque toujours cette douleur sous la rotule. Un métier ou un loisir répétitif peut produire le même tableau sans sport de saut. Plus rarement, le tendon du quadriceps au pôle supérieur de la rotule est en cause.

Qui est concerné et d’où vient la douleur ?
La tendinopathie rotulienne touche surtout les sportifs exposés aux sauts et aux réceptions, bien plus que la population générale. Nutarelli et al., dans Orthopaedic Journal of Sports Medicine en 2023, ont regroupé 28 études et 28 171 personnes. La prévalence atteint 18,3 % chez les sportifs et 0,1 % dans la population générale, 21,3 % chez les athlètes de 18 ans ou plus contre 10,1 % avant 18 ans, 17 % chez les hommes sportifs et 11,2 % chez les femmes sportives.
Le volley (24,8 %) et le basket (20,8 %) arrivent très devant le football (6,1 %) dans cette méta-analyse. La Mayo Clinic, en 2025, ajoute le sexe masculin, un volume d’entraînement d’impact supérieur à 20 heures par semaine, une augmentation brutale de la charge, des quadriceps ou des ischio-jambiers raides, et un déséquilibre de force entre groupes musculaires. Un diabète, une maladie rénale ou un rhumatisme inflammatoire, qui altèrent la vascularisation du genou, figurent aussi parmi les facteurs de risque.
Rosen et al., dans le Journal of Athletic Training en 2022, lient un poids corporel plus élevé à la tendinopathie (rapport de cotes 1,92 dans une méta-analyse citée) et notent une diminution fréquente de la force du quadriceps et de la flexion dorsale de la cheville. Le terrain de jeu n’apparaissait pas comme un facteur significatif dans cette synthèse, alors que StatPearls cite des chiffres plus anciens (38 % sur béton contre 20 % ailleurs). Un week-end de tournoi ou une reprise trop rapide suffisent parfois à basculer un tendon jusqu’alors tolérant.
Quels symptômes reconnaît-on sous la rotule ?
Le premier signe est une douleur localisée entre le bas de la rotule et l’insertion tibiale, souvent une gêne sourde qui s’accentue quand on tend le genou sous charge. Au début, elle apparaît au démarrage de l’effort ou juste après une séance difficile, puis elle empiète sur le sport, les escaliers et le fait de se lever d’une chaise, comme le décrit la Mayo Clinic en 2025.
La zone juste sous la rotule est souvent sensible au toucher. Une raideur matinale, une sensation de tendon un peu épaissi et une faiblesse du quadriceps sont fréquentes. La Cleveland Clinic, mise à jour en 2024, insiste sur cette douleur antérieure, la sensibilité même à un contact léger et la difficulté à plier ou à tendre le genou. Les squats, les descentes d’escalier et les sauts sont en général les gestes les plus parlants.
Rosen et al. en 2022 décrivent une évolution par paliers. La douleur peut d’abord n’apparaître qu’en début d’exercice et s’estomper à l’échauffement, puis occuper toute la séance avec une baisse de performance, puis gâcher la vie quotidienne, y compris en position assise prolongée. La durée moyenne des symptômes dans les séries citées par cette revue atteint 19 mois et peut dépasser 32 mois chez des sportifs de haut niveau. Ce n’est donc pas une gêne de quelques jours dès que l’on continue à forcer.
La douleur de tendinopathie reste en général localisée, liée à la charge, et s’atténue au repos. Une douleur diffuse derrière la rotule, un grincement ou une appréhension de déboîtement orientent plutôt vers une douleur fémoro-patellaire ou une bursite. Chez l’adolescent, la Cleveland Clinic rappelle de ne pas confondre avec Osgood-Schlatter ou Sinding-Larsen-Johansson.
Comment le diagnostic se pose-t-il ?
Le diagnostic est clinique. Il repose sur une douleur à la palpation du pôle inférieur de la rotule et sur une douleur reproduite par la charge du tendon, surtout en squat sur une jambe ou en descente. Une fois les autres causes de douleur antérieure écartées, la recommandation néerlandaise de 2025 recommande de commencer la rééducation sans attendre une imagerie.
Le médecin ou le kinésithérapeute interroge le sport, le volume d’entraînement, les progressions récentes et les gestes qui déclenchent la douleur. Il compare les deux genoux, palpe le tendon, teste l’extension contre résistance et peut utiliser un squat unipodal en déclive.
Le questionnaire VISA-P (Victorian Institute of Sport Assessment-Patella) va de 0 à 100. Plus le score est élevé, moins la gêne est forte. La recommandation de 2025 retient 16 points de gain comme changement cliniquement pertinent, alors que des travaux plus anciens citaient souvent 13 points. On s’aligne ici sur le document le plus récent.
L’imagerie n’est pas le juge de paix. L’échographie et l’IRM peuvent montrer un épaississement, des zones hypoéchogènes ou un hypersignal, mais des tendons douloureux ont parfois un aspect banal, et des tendons anormaux à l’image peuvent être indolores. Rosen et al. en 2022 rapportent une exactitude d’environ 83 % pour l’échographie (sensibilité 87 %, spécificité 82 %) et d’environ 70 % pour l’IRM (sensibilité 57 %). La radiographie cherche surtout une autre lésion osseuse, une calcification ou une rotule trop haute en cas de suspicion de rupture.
Cette même recommandation de 2025 juge la valeur ajoutée de l’imagerie limitée et propose de la réserver après 12 semaines de rééducation sans progrès, ou d’emblée si le tableau est atypique. En France, le médecin ou le kinésithérapeute applique le parcours local.
Quand consulter pour une tendinite rotulienne ?
Une douleur sous la rotule qui dure plus de quelques jours malgré le repos relatif, qui gêne le sport ou le quotidien, ou qui s’accompagne d’un gonflement ou d’une rougeur, justifie un avis médical, comme l’indique la Mayo Clinic en 2025. Le NHS, dans sa fiche générale sur les tendinites (média révisé en 2024), conseille de consulter si une blessure articulaire ne s’améliore pas en quelques semaines, et d’obtenir de l’aide en urgence en cas de forte douleur ou de suspicion de rupture.
Certains signes ne relèvent plus de la tendinopathie d’effort. Un claquement ou un « pop » pendant un saut ou une chute, une impossibilité de tendre le genou ou de lever la jambe tendue, un creux sous la rotule, une rotule qui remonte vers la cuisse et un genou qui cède à la marche évoquent une rupture du tendon rotulien, décrite par l’American Academy of Orthopaedic Surgeons. Dans ce cas, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112.
Un genou très chaud, rouge, douloureux au repos, avec fièvre, n’est pas le tableau habituel du genou du sauteur. Une infection ou une autre urgence rhumatologique doit alors être éliminée. Après un choc violent, une déformation ou une incapacité à prendre appui, le passage par les urgences s’impose aussi.
| Signe | Ce qu’il peut indiquer | Conduite |
|---|---|---|
| Douleur sous la rotule après le sport, genou encore utilisable | Tendinopathie probable | Médecin traitant ou kinésithérapeute |
| Douleur qui gagne escaliers, chaise et vie quotidienne | Aggravation de la tendinopathie | Consulter sans attendre plusieurs semaines |
| Claquement, genou qui ne se tend plus, rotule remontée | Rupture possible du tendon | Appeler le 15 ou le 112 |
| Genou rouge, chaud, fièvre | Infection ou autre urgence | Médecin le jour même ou urgences |
| Douleur après un choc, genou déformé, appui impossible | Fracture, luxation ou rupture | 15, 112 ou urgences |
Le pharmacien peut aider pour un antalgique de courte durée. Il ne remplace pas l’examen si la douleur s’installe, si le genou gonfle ou si l’extension devient impossible.
Quels exercices de kiné aident le tendon rotulien ?
La charge progressive du quadriceps, et donc du tendon, est le traitement qui a le plus de données derrière lui, pas le repos complet ni les appareils passifs. La recommandation néerlandaise de 2025 propose un plan en quatre temps, adapté de Rudavsky et Cook. On commence par l’éducation et le conseil de charge, puis un renforcement progressif d’au moins 12 semaines, en privilégiant le travail lent et lourd (heavy slow resistance). Viennent ensuite les exercices de stockage d’énergie (pliométrie) selon le sport, puis l’entretien de la force.
Rosen et al. en 2022 insistent sur le même principe. On réduit d’abord le volume de sauts et de réceptions, puis on recharge le tendon. Le modèle de surveillance de la douleur souvent utilisé tolère jusqu’à environ 5 sur 10 pendant et juste après l’exercice, à condition que la douleur soit redescendue le lendemain. Si elle grimpe d’une semaine à l’autre, on baisse la charge.
Les squats excentriques lents sur planche déclive d’environ 25° restent un outil classique. Le renforcement lent et lourd (presse, squat, hack squat, charges progressives) est aujourd’hui souvent préféré, car il charge le tendon en concentrique et en excentrique et a été associé à une meilleure satisfaction dans des essais comparatifs cités par cette revue.
Les exercices isométriques, contractions sans mouvement, peuvent calmer la douleur à court terme, surtout en saison, et servir de porte d’entrée quand le squat en déclive est trop irritable. StatPearls, en 2026, résume que les protocoles progressifs qui incluent isométriques ou travail lent et lourd peuvent faire mieux que l’excentrique seul. Un essai cité par Rosen (Breda et al.) a observé de meilleurs scores fonctionnels à 24 semaines avec un chargement progressif en trois étapes qu’avec l’excentrique isolé.
Quelques règles concrètes aident à ne pas aggraver le tendon tout en le travaillant.
- On réduit les sauts, les réceptions et les squats profonds douloureux, sans cesser toute activité.
- Le vélo, la natation et la marche restent souvent possibles si la douleur reste acceptable.
- Le programme se construit avec un kinésithérapeute, en progressant sur 12 semaines au moins.
- Une séance qui laisse le genou plus douloureux le lendemain est trop lourde pour ce tendon-là.
- Les étirements du quadriceps et des ischio-jambiers peuvent accompagner le renforcement, pas le remplacer.
Challoumas et al., dans une revue vivante publiée en 2023 dans Sports Medicine – Open, concluent qu’aucun traitement d’appoint n’a démontré de façon convaincante une supériorité par rapport à l’exercice seul. L’exercice reste le traitement de première ligne pendant au moins trois mois. En France, le kinésithérapeute adapte charges et sport à partir de ces données internationales.

Médicaments, attelle, PRP et ondes de choc
Les antalgiques peuvent aider à bouger, ils ne réparent pas le tendon. Le NHS, en 2024, indique que le pharmacien peut conseiller du paracétamol ou de l’ibuprofène, parfois un gel d’ibuprofène. La glace et un bandage souple occupent les tout premiers jours.
Pour le genou du sauteur, la Cleveland Clinic (2024) précise d’appliquer de la glace 15 minutes, plusieurs fois par jour, dans un linge, et de ne pas prendre d’anti-inflammatoires en vente libre plus de 10 jours d’affilée sans en parler à un soignant. La fiche NHS décrit jusqu’à 20 minutes de glace toutes les 2 à 3 heures. En France, le pharmacien ou le médecin tranche selon vos contre-indications (estomac, reins, cœur, asthme, anticoagulants).
La recommandation néerlandaise de 2025 réserve les médicaments de la douleur aux cas vraiment gênants et ne place pas les anti-inflammatoires au centre, d’autant que la lésion n’est pas d’abord inflammatoire. StatPearls souligne que le bénéfice à long terme des AINS est incertain et que certains travaux évoquent même un effet défavorable sur le tendon. Une sangle rotulienne peut diminuer transitoirement la tension sur le tendon pendant un match ou une séance. Les études sont contradictoires, et la recommandation de 2025 ne l’envisage comme appoint qu’après 12 semaines d’exercice sans progrès suffisant.
Les injections de corticoïdes dans ou autour du tendon rotulien sont à éviter. L’AAOS relie ces infiltrations à une faiblesse accrue du tendon et à un risque plus élevé de rupture. Rosen et al. leur attribuent un soulagement d’environ une semaine, sans bénéfice durable, avec un risque de dégénérescence, et les déconseillent (niveau de recommandation A). Ce n’est pas le même geste que l’attelle de 3 à 6 semaines prévue pour une déchirure partielle, protocole que l’on a parfois collé à tort sur une simple tendinopathie.
Le plasma riche en plaquettes (PRP) n’a pas fait mieux que d’autres injections sur la douleur et la fonction dans la méta-analyse de Barman et al. (2022). Les auteurs ne recommandent ni pour ni contre le PRP tant que des essais plus homogènes n’existent pas. Les ondes de choc (ESWT) n’apportent pas de bénéfice à court terme sur la douleur ou le VISA-P lorsqu’on les ajoute à l’exercice excentrique, d’après Challoumas et al. en 2023, avec un niveau de preuve modéré. Ces techniques, si elles sont discutées, restent des traitements d’appoint après un vrai programme de charge, pas un raccourci.
Rupture du tendon rotulien et place de la chirurgie
Une tendinopathie n’est pas une rupture. La rupture complète sépare le tendon de la rotule. On ne peut plus tendre le genou, un creux se palpe souvent sous la rotule, celle-ci peut remonter, et la marche devient précaire. L’AAOS décrit un « pop », un gonflement, des ecchymoses et l’échec du test d’extension.
Les déchirures partielles minimes peuvent parfois se traiter par attelle bloquant le genou en extension pendant 3 à 6 semaines, béquilles et rééducation. Les ruptures complètes se réparent presque toujours au bloc, de préférence tôt, avec une récupération de l’ordre de 6 mois, parfois davantage.
Cette attelle de plusieurs semaines et ce délai de 6 mois concernent la déchirure, pas le genou du sauteur douloureux mais encore capable d’étendre la jambe. Mélanger les deux conduit à immobiliser trop un tendon qui a besoin d’être chargé, ou à retarder une vraie rupture. Les corticoïdes, les anabolisants, une maladie rénale, un diabète, un rhumatisme inflammatoire ou une chirurgie antérieure du genou (prothèse, ligamentoplastie) fragilisent le tendon, toujours selon l’AAOS.
Pour la tendinopathie chronique qui résiste, la chirurgie n’est pas le premier recours. La recommandation néerlandaise de 2025 la réserve à des cas très sélectionnés, après au moins 6 mois de traitement non opératoire incluant l’exercice, avec discussion des résultats incertains. Rosen et al. retiennent le même seuil d’environ 6 mois. StatPearls rappelle qu’un programme excentrique a été jugé non inférieur à une ténotomie ouverte à 12 mois, d’où l’habitude de mener au moins 12 semaines d’exercice avant même d’évoquer une opération. L’arthroscopie de « nettoyage » n’est pas le traitement standard d’une douleur antérieure isolée.
Après suture d’une rupture, l’AAOS décrit souvent une attelle, un appui progressif, puis un renforcement. Le retour au sport se discute quand la jambe opérée atteint environ 85 à 90 % de la force de l’autre. Ces chiffres valent pour la réparation, pas pour une tendinopathie suivie en kiné.
Comment limiter une récidive ?
On limite le risque en évitant de jouer avec une douleur déjà installée et en progressant la charge par paliers, pas en ajoutant une genouillère « au cas où ». La Mayo Clinic, en 2025, place en tête l’arrêt des gestes douloureux, la glace, le renforcement du quadriceps (y compris le travail excentrique lent) et la technique du geste sportif. La Cleveland Clinic insiste sur l’échauffement, le retour au calme, les pauses entre les saisons et le refus de s’entraîner toute l’année sans coupure.
Un tendon qui vient de redevenir indolore n’a pas encore la capacité d’un calendrier de matchs complets. La quatrième étape de la recommandation de 2025 est justement l’entretien de la force une fois la pliométrie et le sport repris. Revenir du jour au lendemain au volume qui a blessé le tendon est le scénario le plus banal de récidive.
Quelques habitudes concrètes réduisent la surcharge sans transformer l’entraînement en repos forcé.
- On augmente le volume de sauts ou de courses d’une semaine à l’autre, plutôt que de le doubler d’un coup.
- On garde deux à trois séances de force du quadriceps même après le retour au sport.
- On soigne la technique de réception, genou qui fléchit et bassin stable, avec un entraîneur ou un kiné.
- On laisse au tendon des nuits et des jours de récupération après les matchs denses.
- On ne masque pas la douleur avec de la glace juste avant de sauter, pratique que StatPearls déconseille.
Les chaussures adaptées et l’échauffement, conseillés par le NHS pour les tendinites, n’annulent pas un volume d’entraînement excessif. Si la douleur revient dès la reprise, on redescend d’un cran de charge.
Combien de temps dure la récupération ?
La récupération se compte en semaines à mois, pas en 48 heures de glace. Un programme d’exercice bien conduit se juge à 12 semaines dans la recommandation néerlandaise de 2025. Challoumas et al. en 2023 demandent au moins trois mois d’exercice avant un appoint. Beaucoup de sportifs sentent une amélioration plus tôt, mais la disparition durable des symptômes peut demander plus longtemps, surtout si l’on continue à sauter au même rythme.
Nutarelli et al. en 2023 rappellent que jusqu’à un tiers des joueurs diagnostiqués ne reprennent pas le sport avant plus de 6 mois, et que plus de la moitié interrompent la pratique. Rosen et al. citent une étude prospective de sportifs masculins dans laquelle 53 % ont déclaré avoir arrêté leur carrière à cause des symptômes. Ces chiffres ne condamnent pas chaque genou douloureux. Ils montrent que « jouer malgré tout » a un coût.
La Cleveland Clinic, en 2024, répond que le tendon peut s’améliorer à condition de changer la routine qui l’a blessé, et que forcer trop tôt recule la récupération. Marcher reste en général possible si ce n’est pas le geste déclencheur. Le jalon utile à poser avec le kinésithérapeute est concret. On y met le score VISA-P, la douleur au squat unipodal et le volume de sauts toléré le lendemain. Un plateau après 12 semaines de travail sérieux fait revoir le diagnostic. Un plateau après 6 mois ouvre, dans des cas choisis, la discussion chirurgicale.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à marcher avec une tendinite rotulienne ?
Oui, tant que la marche n’aggrave pas nettement la douleur le lendemain. La Cleveland Clinic indique que l’on peut en général marcher si l’on évite les gestes qui ont blessé le tendon, et qu’il faut s’arrêter si un mouvement fait clairement mal. Le vélo et la natation sont souvent mieux tolérés que les sauts pendant la phase de recharge.
La glace et le repos complet suffisent-ils à guérir le tendon ?
Non. La glace peut calmer la douleur à court terme (15 minutes côté Cleveland Clinic, jusqu’à 20 minutes côté NHS), mais le tendon a besoin d’une charge progressive pour retrouver une tolérance. L’immobilisation prolongée affaiblit muscle et tendon. Le repos relatif, c’est-à-dire moins de sauts, pas zéro mouvement, est la logique retenue par StatPearls et par la recommandation de 2025.
Faut-il une IRM pour confirmer le diagnostic ?
Pas au premier abord. Le diagnostic est clinique et l’imagerie a une valeur ajoutée limitée, selon la recommandation néerlandaise de 2025, qui propose de l’envisager surtout après 12 semaines sans progrès ou si le tableau est atypique. L’IRM reste utile pour une suspicion de rupture, un geste chirurgical ou une autre lésion.
Les anti-inflammatoires sont-ils utiles sur la durée ?
Ils peuvent soulager quelques jours, pas reconstruire le tendon. La Cleveland Clinic limite les AINS en vente libre à 10 jours d’affilée sans avis soignant. StatPearls juge le bénéfice à long terme incertain. Le pharmacien ou le médecin choisit paracétamol, ibuprofène ou gel selon vos antécédents.
Combien de temps avant de reprendre le volley ou le basket ?
Pas avant que la douleur à la charge contrôlée soit stable et que le tendon tolère des sauts progressifs sans flambée le lendemain. Douze semaines d’exercice structuré sont le minimum retenu par la recommandation de 2025 avant de juger l’échec du traitement. Le retour au match se fait ensuite par paliers de pliométrie, pas en rejouant un tournoi entier.
Une injection de cortisone est-elle recommandée ?
Non pour le tendon rotulien. L’AAOS et Rosen et al. (2022) lient les corticoïdes locaux à un risque de rupture et à l’absence de bénéfice durable. Si une infiltration est malgré tout évoquée, c’est une décision médicale individuelle, en connaissant ce risque, pas un soin de routine.

Conclusion
Le genou du sauteur est une affaire de charge, pas d’une inflammation à éteindre en quelques jours. La recommandation néerlandaise de 2025, les synthèses de Rosen (2022) et de Challoumas (2023) convergent. Douze semaines au moins d’exercice de quadriceps, surveillance de la douleur, traitements d’appoint seulement si rien ne bouge, chirurgie après des mois et pour des cas choisis. Les chiffres de Nutarelli (2023) rappellent que le volley et le basket paient le plus lourd tribut, et que l’arrêt du sport n’est pas rare quand on ignore la douleur.
Le prochain geste utile n’est pas d’acheter une attelle « pour 3 à 6 semaines » pensée pour une déchirure. C’est de faire examiner le genou, de distinguer une tendinopathie d’une rupture, et de repartir avec un programme de charge daté, un seuil de douleur acceptable et une date de réévaluation à 12 semaines, VISA-P ou squat unipodal à l’appui.
Si un claquement a précédé l’incapacité de tendre la jambe, le 15 ou le 112 prime sur tout protocole de kiné. Pour les autres, le tendon s’améliore plus souvent quand on le recharge avec méthode que quand on l’immobilise en attendant une guérison que les données ne promettent pas.
Sources
- Patellar tendinitis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 17 juin 2025.
- Patellar Tendinitis (Jumper’s Knee): Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 27 août 2024.
- Ophey M, Koëter S, van Ooijen L et al. : Dutch multidisciplinary guideline on anterior knee pain: Patellofemoral pain and patellar tendinopathy. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 24 juillet 2024.
- Nutarelli S, Mondini Trissino da Lodi C, Cook JL et al. : Epidemiology of Patellar Tendinopathy in Athletes and the General Population: A Systematic Review and Meta-analysis. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 5 juin 2023.
- Patellar Tendon Tear. OrthoInfo, American Academy of Orthopaedic Surgeons, septembre 2021.
- Tendonitis – NHS. National Health Service, 1 avril 2024.
- Rosen AB, Wellsandt E, Nicola M et al. : Clinical Management of Patellar Tendinopathy. Journal of Athletic Training, 1er juillet 2022.
- Mabrouk A, Lee CYM, Sherman AL : Patellar Tendinopathy (Jumper’s Knee). StatPearls, 26 février 2026.
- Barman A, Sinha MK, Sahoo J et al. : Platelet-rich plasma injection in the treatment of patellar tendinopathy: a systematic review and meta-analysis. Knee Surgery & Related Research, 4 mai 2022.
- Challoumas D, Crosbie G, O’Neill S et al. : Effectiveness of Exercise Treatments with or without Adjuncts for Common Lower Limb Tendinopathies: A Living Systematic Review and Network Meta-analysis. Sports Medicine – Open, 9 août 2023.
