
Le test PCR ARN du VHC cherche le matériel génétique du virus de l’hépatite C dans le sang. Un résultat qualitatif dit seulement si cet ARN est détecté ou non ; un résultat quantitatif donne la charge virale, le plus souvent en unités internationales par millilitre (UI/mL). Un ARN détectable signe une infection actuelle. Un ARN indétectable, hors période très précoce après une exposition, indique qu’il n’y a pas de virus en circulation au moment du prélèvement.
Aux États-Unis, un MMWR des CDC de juillet 2023 a rappelé qu’environ un tiers des personnes avec un test d’anticorps réactif n’avaient historiquement pas de recherche d’ARN. Sans cet examen, on ne sait pas si l’infection est encore active. Les CDC demandent désormais un prélèvement unique et un test d’ARN automatique dès que les anticorps sont réactifs, afin d’éviter cette perte de suivi.
L’ARN peut apparaître 1 à 2 semaines après l’exposition, alors que les anticorps mettent souvent 8 à 11 semaines. Un laboratoire quantitatif courant mesure de 15 à 100 000 000 UI/mL. Avec les antiviraux à action directe, plus de 95 % des personnes traitées obtiennent une réponse virologique soutenue, définie par un ARN indétectable au moins 12 semaines après la fin du traitement. Le médecin traitant ou le pharmacien applique le protocole en vigueur en France.
À quoi sert le test PCR ARN du VHC
La PCR (réaction en chaîne par polymérase) amplifie l’ARN du virus de l’hépatite C jusqu’à le rendre mesurable. C’est un test d’amplification des acides nucléiques, parfois nommé TAN. Contrairement aux anticorps anti-VHC, qui témoignent d’un contact passé ou présent, la PCR vise le virus lui-même. Les CDC la placent juste après un test d’anticorps réactif, pour distinguer une infection actuelle d’une infection ancienne résolue ou d’un faux positif sérologique.
Le prélèvement est une prise de sang. D’après la Mayo Clinic, il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Le laboratoire peut d’abord chercher les anticorps, puis, si le résultat est réactif, enchaîner sur le même tube avec la recherche d’ARN. Ce schéma réflexe est celui que les CDC ont consolidé dans leur page de diagnostic mise à jour en 2025 et dans le MMWR de 2023. En pratique française, le circuit exact dépend du laboratoire et de la prescription ; le médecin vous dira si un second tube ou un second rendez-vous est encore demandé.
On utilise aussi la PCR lorsqu’une infection très récente est possible, même si les anticorps sont encore négatifs. Les CDC recommandent une recherche d’ARN chez toute personne exposée dans les six mois précédents, quel que soit le résultat sérologique. Les personnes immunodéprimées, dialysées ou vivant avec le VIH peuvent produire peu d’anticorps ; dans ces situations, attendre uniquement la sérologie retarde le diagnostic.
Une fois l’ARN détecté, le même type de test sert à documenter la virémie avant un traitement antiviral et à vérifier, après la fin des comprimés, que le virus n’est plus mesurable. MedlinePlus rappelle que la PCR sert à la fois à détecter le virus, à mesurer sa quantité et, lorsque c’est encore utile, à préciser le type viral. Le génotype n’est plus systématique avec les associations pangénotypiques, comme le souligne le Merck Manual en 2026 ; la décision reste celle du prescripteur.

Test qualitatif ou test quantitatif, quelle différence ?
Le test qualitatif répond par oui ou non. S’il détecte l’ARN, l’infection est actuelle. S’il ne le détecte pas, il n’y a pas de virus mesurable au moment du prélèvement. D’après Hepatitis C Online (University of Washington, 2024), beaucoup d’essais qualitatifs descendent jusqu’à 10 à 15 UI/mL. Ils ne donnent pas de chiffre de charge virale et ne conviennent pas, à eux seuls, pour suivre un traitement.
Le test quantitatif détecte l’ARN et en estime la quantité. Les résultats, autrefois parfois exprimés en copies par millilitre, sont désormais rendus en UI/mL. Pour le diagnostic et le suivi, les essais quantitatifs doivent détecter au moins 25 UI/mL, selon la même source universitaire, qui s’aligne sur les exigences des sociétés savantes américaines. Un chiffre élevé signifie seulement qu’il y a beaucoup de virus dans le plasma ou le sérum ce jour-là. Il ne dit pas si le foie est déjà cicatriciel.
Dans de nombreux laboratoires, un seul essai quantitatif fait les deux métiers. Il peut rendre « non détecté », un intervalle chiffré, ou un résultat au-dessous du seuil de quantification. Les CDC acceptent un TAN qualitatif ou un TAN quantitatif comme preuve d’infection actuelle dans leur tableau d’interprétation. Avant un traitement, un dosage quantitatif reste toutefois le moyen habituel de documenter la virémie de départ, y compris lorsque le schéma d’antiviraux ne dépend plus du niveau de charge.
Le 27 juin 2024, la FDA a autorisé aux États-Unis le premier test d’ARN utilisable au plus près du patient, sur une goutte de sang au doigt, avec un résultat en environ une heure. Cet essai Xpert HCV vise le diagnostic chez l’adulte à risque ou symptomatique. Il n’est pas conçu pour surveiller un traitement en cours ni pour qualifier les dons de sang. Sa disponibilité hors des États-Unis n’est pas un fait de cette page ; demandez à votre médecin ou à votre pharmacien ce qui est proposé localement.
Anticorps anti-VHC et ARN, comment lire les deux résultats
Un anticorps réactif ne suffit pas à poser le diagnostic d’hépatite C actuelle. Il peut correspondre à une infection en cours, à une infection ancienne éliminée, ou à un faux positif biologique. Seule la détection de l’ARN (ou, dans certains algorithmes, d’un antigène viral validé) établit qu’il y a encore du virus. Les CDC insistent pour que cette deuxième étape parte du même prélèvement, sans rendez-vous supplémentaire.
Le MMWR de 2023 a documenté le coût de l’ancienne organisation en deux visites. Dans plusieurs cohortes américaines, seulement 62 % à 68 % des personnes avec anticorps réactifs avaient ensuite un résultat d’ARN. Là où le laboratoire enchaînait automatiquement, le taux de tests complets montait nettement, jusqu’à 98 % dans des établissements du système des vétérans. C’est pour cela que la stratégie « revenir plus tard pour une seconde prise de sang » n’est plus celle que les CDC veulent voir utilisée.
| Combinaison | Interprétation (CDC, 2025) | Suite habituelle |
|---|---|---|
| Anticorps non réactifs | Pas d’anticorps détectés | Arrêt dans la plupart des cas ; ARN si exposition récente |
| Anticorps réactifs, ARN non encore fait | Infection présumée seulement | Recherche d’ARN, de préférence réflexe |
| Anticorps réactifs et ARN détecté | Infection actuelle | Évaluation, information, traitement antiviral |
| Anticorps réactifs et ARN non détecté | Pas d’infection actuelle | Souvent aucun geste ; ARN de contrôle si doute sur le prélèvement |
Avant de commencer des antiviraux, les CDC recommandent de confirmer la positivité de l’ARN sur un second échantillon. Ce n’est pas un « troisième test mystérieux », c’est une vérification de la virémie. L’ancienne habitude d’ajouter une amplification à médiation par transcription (TMA) comme étape obligatoire n’est plus le schéma de référence. La TMA n’est qu’une technique d’amplification parmi d’autres, pas une troisième preuve exigée par les CDC.
Si les anticorps sont réactifs et l’ARN indétectable, trois lectures restent possibles, comme le rappelle Mayo Clinic Laboratories. Le test d’anticorps peut être faussement réactif. L’infection peut avoir disparu, spontanément ou après un traitement. Une virémie très basse et fluctuante peut aussi échapper à un seul dosage. Dans ce dernier cas, un nouveau prélèvement à 1 ou 2 mois peut être discuté.
Combien de temps après une exposition le virus est-il détectable
L’ARN précède les anticorps. Sur leur page de diagnostic, les CDC indiquent qu’il faut en général 1 à 2 semaines après l’exposition pour que l’ARN devienne détectable. Un test trop précoce, dans les tout premiers jours, peut encore être négatif.
Les anticorps arrivent plus tard. Les CDC parlent de 8 à 11 semaines pour une infection aiguë. La Mayo Clinic, s’adressant au grand public, parle de 2 à 6 mois. Ces fourchettes se recoupent si on les lit comme des fenêtres, pas comme une date unique. Un dépistage sérologique trop tôt rassure à tort.
Après une piqûre, un partage de matériel d’injection ou un autre contact sanguin à risque, la question utile n’est donc pas « ai-je déjà des anticorps ». C’est « l’ARN est-il déjà mesurable, et faut-il répéter le test ». Les CDC demandent une PCR (ou un autre TAN) pour toute exposition possible dans les six mois, même si la sérologie est négative. Si l’ARN n’est pas faisable et que la personne n’est pas immunodéprimée, un contrôle d’anticorps plus tard peut montrer une séroconversion. Chez une personne immunodéprimée, c’est encore l’ARN qui a la priorité.
Quelques situations faussent le calendrier.
- Une infection aiguë récente peut laisser la sérologie négative pendant plusieurs semaines, alors que l’ARN est déjà positif.
- Un déficit immunitaire, une dialyse ou une infection par le VIH à lymphocytes CD4 bas peuvent empêcher la production d’anticorps détectables.
- Un nouveau-né de mère infectée porte des anticorps maternels ; aux États-Unis, les CDC demandent une PCR entre 2 et 6 mois, pas une sérologie précoce.
- Une personne déjà guérie garde des anticorps ; seule une nouvelle PCR dit s’il y a réinfection.
Ces délais sont ceux des documents américains cités. Le calendrier exact de contrôle après un accident d’exposition en France est fixé par le médecin du travail, le médecin traitant ou le service d’accueil des urgences, selon le contexte.
Charge virale, ce que les chiffres mesurent vraiment
La charge virale est la quantité d’ARN mesurée dans le sérum ou le plasma. Chez Mayo Clinic Laboratories, l’essai cobas utilisé pour le test HCVQN quantifie entre 15 et 100 000 000 UI/mL. Un résultat « non détecté » signifie que l’ARN est absent de l’échantillon, dans la limite de l’essai. Un résultat « inférieur à 15 UI/mL » signifie que l’ARN est présent mais trop bas pour être chiffré avec précision. Ce n’est pas l’équivalent d’un résultat indétectable.
Au-dessus de 100 000 000 UI/mL, l’essai signale une réplication trop élevée pour être quantifiée dans sa zone linéaire. Entre les deux bornes, le laboratoire rend un nombre en UI/mL et souvent son logarithme. Comparer deux charges n’a de sens que si la méthode est comparable. Un écart d’un facteur deux d’un laboratoire à l’autre peut n’être que du bruit analytique, pas une aggravation clinique.
Beaucoup de lecteurs transposent le modèle du VIH. Pour l’hépatite C, le chiffre sanguin ne raconte pas la cicatrice du foie, point que la Mayo Clinic formule sans équivoque. L’évaluation de la fibrose passe par d’autres outils, élastographie transitoire, élastographie par résonance magnétique, scores sanguins ou, plus rarement, biopsie. Une charge « basse » n’exclut pas une cirrhose. Une charge « haute » n’implique pas des lésions avancées.
Avec les associations pangénotypiques d’antiviraux à action directe, la charge de départ pèse moins sur le choix du schéma qu’à l’époque de l’interféron. Le Merck Manual (2026) indique que le génotypage n’est plus exigé en routine chez les personnes naïves de traitement, parce que les premières lignes couvrent l’ensemble des génotypes. La charge reste utile pour prouver la virémie, pour interpréter un résultat « inférieur au seuil », et pour documenter la réponse après traitement. Elle n’est pas un thermomètre de gravité hépatique.
Suivi sous traitement et réponse virologique soutenue
Dès que l’ARN est détectable, les CDC américains recommandent de traiter, sauf grossesse et enfants de moins de 3 ans, sans attendre une élimination spontanée du virus. L’infection aiguë devient chronique chez environ 65 à 85 % des personnes, selon le Merck Manual, qui s’appuie notamment sur une revue du Lancet de 2023. Mayo Clinic Laboratories situe autour de 75 % la part de ceux qui gardent une réplication. Attendre « pour voir si ça passe tout seul » n’est plus la ligne américaine. En France, le moment de commencer les comprimés reste une décision médicale locale.
Les antiviraux à action directe, pris par voie orale pendant 8 à 12 semaines dans la plupart des schémas, permettent d’éliminer le virus chez plus de 95 % des personnes traitées, d’après les CDC (2025). L’objectif n’est plus une baisse de 2 log à la quatrième semaine, critère hérité de l’interféron. C’est l’absence d’ARN mesurable après la fin du traitement.
La réponse virologique soutenue (RVS) est atteinte lorsque le virus n’est plus trouvé pendant au moins 12 semaines après l’arrêt des médicaments. MedlinePlus reprend le même délai. Le Merck Manual ajoute qu’après une RVS, la chance de rester sans ARN détectable dépasse 99 %, et que les personnes concernées sont en général considérées comme guéries sur le plan virologique. Guérir le virus ne protège pas d’une nouvelle contamination.
Le suivi pendant les comprimés s’est allégé. La mise à jour AASLD-IDSA de 2023 insiste sur un traitement simplifié de l’hépatite chronique de l’adulte, avec moins de contrôles. Certains catalogues de laboratoire mentionnent encore un dosage à 4 semaines. Ce n’est plus le cœur du parcours simplifié américain. En cas d’ALAT qui ne baissent pas, de doute sur l’observance, d’interactions médicamenteuses ou de cirrhose décompensée, le médecin peut malgré tout demander des prises de sang plus rapprochées. Un contrôle d’ARN 12 semaines après la dernière prise reste, lui, le rendez-vous qui tranche.
Avant les antiviraux dirigés contre le VHC, les CDC demandent de chercher une infection par le virus de l’hépatite B (antigène HBs, anticorps anti-HBs et anti-HBc totaux). Des réactivations du VHB, parfois graves, ont été observées pendant ou après un traitement d’AAD. Un bilan VIH, une vaccination contre les hépatites A et B si besoin, et un point sur l’alcool font partie du même filet de sécurité, côté américain. Le détail des molécules et des durées se discute avec le prescripteur, car les autorisations et les schémas remboursés varient selon les pays.

Ce que la PCR ne dit pas sur le foie
La PCR ne mesure pas la fibrose, pas l’hypertension portale, pas un cancer. Elle dit si le virus circule et, le cas échéant, en quelle quantité. Pour le foie, la Mayo Clinic décrit l’élastographie transitoire (une échographie qui envoie une vibration et mesure la raideur), l’élastographie par résonance magnétique, des tests sanguins de cicatrisation, et la biopsie guidée par échographie lorsque les méthodes non invasives ne suffisent pas. MedlinePlus liste aussi l’albumine, les enzymes hépatiques et le temps de prothrombine.
Ces examens répondent à une autre question que la charge virale. Ils aident à savoir si une surveillance du carcinome hépatocellulaire restera nécessaire après une RVS, surtout en cas de fibrose avancée ou de cirrhose. Le Merck Manual rappelle que l’hépatite C chronique évolue vers une cirrhose chez 15 à 30 % des personnes en vingt ans, et que le carcinome hépatocellulaire survient surtout une fois la cirrhose installée. Une PCR indétectable après traitement diminue fortement ce risque, sans le faire disparaître d’emblée chez ceux qui ont déjà une maladie avancée.
Le génotype, longtemps indispensable pour choisir l’interféron, n’est plus une étape obligatoire du premier traitement pangénotypique. Il redevient utile après un échec, pour distinguer une rechute d’une réinfection, ou lorsque le médecin envisage un schéma spécifique d’un génotype. Six grands génotypes sont décrits ; le génotype 1 représente environ 70 % des hépatites C chroniques aux États-Unis, d’après le Merck Manual. Ce n’est pas un pourcentage français. Votre laboratoire indiquera s’il a encore besoin de cet examen.
Il n’existe pas de vaccin contre le VHC. En revanche, les virus A et B peuvent aggraver un foie déjà sollicité. CDC, Mayo Clinic et MedlinePlus s’accordent pour proposer ces vaccins aux personnes qui n’y sont pas déjà protégées. L’alcool accélère les lésions ; la Mayo Clinic recommande de l’arrêter. Ces conseils ne remplacent pas la PCR. Ils évitent d’attendre d’un seul chiffre sanguin ce qu’il ne peut pas fournir.
Résultat PCR et signes qui justifient une consultation
Un ARN détectable, même sans aucun symptôme, justifie un rendez-vous pour parler de traitement. Les CDC rappellent que 75 à 85 % des personnes n’ont pas de signes, et que près d’une sur trois ignore son infection aux États-Unis. Attendre « d’aller mal » laisse le virus répliquer. Le médecin traitant peut prescrire la PCR, lire le compte rendu avec vous et, si besoin, vous orienter vers un hépatologue ou un infectiologue. En France, le circuit de prescription et de délivrance des AAD est celui que votre médecin et votre pharmacien connaissent.
MedlinePlus invite à contacter un professionnel de santé en cas de symptômes d’hépatite ou si vous pensez avoir été exposé. Les signes les plus parlants sont un ictère (peau ou yeux jaunes), des urines foncées, des selles décolorées, une douleur de l’hypochondre droit, une fatigue inhabituelle, de la fièvre, des nausées ou une perte d’appétit. Un ventre gonflé par de l’ascite, décrit dans la même source, appartient déjà à un stade plus avancé.
Le Merck Manual cite parmi les complications de la cirrhose l’ascite, l’hypertension portale et l’encéphalopathie. Si un ictère s’accompagne d’une confusion, d’une somnolence inhabituelle ou d’un ventre douloureusement distendu, appelez le 15 ou le 112. Ce n’est pas le scénario le plus fréquent au moment d’un premier test PCR. C’est celui qu’il ne faut pas relativiser.
Apportez au rendez-vous les deux résultats, anticorps et ARN, avec les unités. Demandez si l’ARN est « non détecté » ou seulement « inférieur au seuil de quantification ». Demandez aussi si un bilan de fibrose et une sérologie VHB/VIH sont prévus. Si l’exposition est récente et que seule la sérologie a été faite, posez la question d’une PCR sans attendre six mois. Ces questions évitent de partir avec un demi-diagnostic, celui-là même que le MMWR de 2023 voulait faire disparaître.
Limites du test, résultats discordants et réinfection
Aucun essai n’est infaillible. Un anticorps faussement réactif existe, surtout lorsque l’on dépiste des populations à très faible prévalence. Un ARN faussement négatif peut suivre un prélèvement mal conservé, des inhibiteurs dans le sérum, ou une virémie inférieure au seuil. Mayo Clinic Laboratories rend parfois un résultat « non conclusif » et demande un nouveau tube. Un ARN faussement positif est plus rare, mais la FDA le mentionne parmi les risques du test délocalisé, avec la conséquence d’un traitement inutile.
Les personnes déjà traitées ou déjà guéries spontanément gardent des anticorps, souvent à vie, comme l’explique la page de dépistage de la Mayo Clinic mise à jour en 2026. Rechercher à nouveau des anticorps ne sert alors à rien. Seule une PCR (ou un autre TAN) peut montrer une réinfection. Les CDC le rappellent pour les personnes qui continuent à s’exposer, notamment par le partage de matériel d’injection. Guérir une fois n’immunise pas.
Chez le nourrisson, les anticorps maternels brouillent la sérologie pendant des mois. La recommandation américaine d’octobre 2023, reprise sur la page CDC de diagnostic, est une PCR entre 2 et 6 mois de vie. Un ARN indétectable clôt en général le suivi, sauf raison clinique. Ce calendrier est celui des CDC ; le pédiatre français applique la conduite locale.
Le test au doigt autorisé par la FDA en 2024 raccourcit le délai diagnostique aux États-Unis. Il ne remplace pas un essai de laboratoire pour le suivi thérapeutique, et il n’est pas validé pour le don de sang. Un résultat discordant, un prélèvement fait trop tôt, ou un doute sur la conservation du tube, se tranchent par un nouveau dosage, pas par une interprétation forcée du premier chiffre.
Questions fréquentes
Un résultat PCR ARN positif signifie-t-il une hépatite C chronique ?
Non. Il signifie qu’il y a une infection actuelle, aiguë ou chronique. La chronicité se définit par la persistance de l’ARN au-delà de six mois. Le médecin s’appuie sur l’histoire, les examens antérieurs et parfois un second prélèvement pour dater l’infection.
Faut-il être à jeun avant la prise de sang ?
Non, d’après la Mayo Clinic. Vous pouvez manger et prendre vos médicaments habituels, sauf consigne contraire écrite sur l’ordonnance. Signalez toutefois tous les traitements, y compris ceux vendus sans ordonnance.
Un résultat inférieur à 15 UI/mL est-il négatif ?
Non. Sur l’essai Mayo Clinic Laboratories, cela veut dire que l’ARN est détecté mais trop bas pour être chiffré. Seul un résultat « non détecté » correspond à l’absence d’ARN mesurable. Un contrôle à 1 ou 2 mois peut être proposé.
Les anticorps disparaissent-ils après une RVS12 ?
Le plus souvent, non. Ils restent visibles alors que le virus a disparu. Après une guérison, le bon examen en cas de nouvelle exposition est une PCR, pas une sérologie.
Peut-on se réinfecter une fois la PCR indétectable ?
Oui. Ni une disparition spontanée du virus ni un traitement réussi n’immunisent. Les CDC et la Mayo Clinic insistent sur ce point. En cas d’exposition répétée, c’est l’ARN qu’il faut surveiller.
Le génotype reste-t-il indispensable avant tout traitement ?
Non. Le Merck Manual de 2026 ne le juge plus indispensable en routine lorsque le traitement est pangénotypique. Il redevient utile après un échec ou pour certains schémas. Votre médecin indiquera s’il en a besoin.

Conclusion
La PCR ARN du VHC dit s’il y a du virus dans le sang au moment du prélèvement, et en quelle quantité. Les anticorps ne suffisent pas. Un ARN détectable ouvre la discussion d’un traitement par antiviraux à action directe, avec, dans les données américaines des CDC, plus de 95 % de réponses virologiques soutenues en 8 à 12 semaines. Un ARN indétectable 12 semaines après la dernière prise est le critère de RVS. Un résultat « inférieur au seuil » n’est pas un indétectable.
Les délais comptent autant que les chiffres. L’ARN peut se lire dès 1 à 2 semaines, les anticorps souvent seulement après 8 à 11 semaines. Une sérologie seule, trop tôt, rassure à tort. Une sérologie réactive sans PCR laisse un diagnostic incomplet, exactement le trou que les CDC ont voulu fermer en 2023 en imposant le test réflexe sur le même prélèvement. La charge virale, elle, ne note pas le foie ; l’élastographie et le bilan biologique le font.
Si vous avez déjà un compte rendu, relisez la ligne ARN avant la ligne anticorps. Demandez à votre médecin traitant si le virus est non détecté ou seulement trop bas pour être chiffré, et si un bilan de fibrose plus une sérologie VHB sont prévus avant les comprimés. Après une exposition récente, posez d’emblée la question d’une PCR, sans attendre que les anticorps apparaissent. En cas d’ictère brutal avec confusion ou de ventre douloureusement distendu, appelez le 15 ou le 112.
Sources
- Clinical Screening and Diagnosis for Hepatitis C. Centers for Disease Control and Prevention, 31 janvier 2025.
- Cartwright EJ, Patel P, Kamili S et al. : Updated Operational Guidance for Implementing CDC’s Recommendations on Testing for Hepatitis C Virus Infection. MMWR. Morbidity and Mortality Weekly Report, 14 juillet 2023.
- Clinical Care of Hepatitis C. Centers for Disease Control and Prevention, 31 janvier 2025.
- Hepatitis C – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 22 août 2025.
- Hepatitis C: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 21 avril 2025.
- Kumar S : Hepatitis C, Chronic. Merck Manual Professional Edition, septembre 2026.
- FDA Permits Marketing of First Point-of-Care Hepatitis C RNA Test. U.S. Food and Drug Administration, 27 juin 2024.
- Martinello M, Solomon SS, Terrault NA et al. : Hepatitis C. The Lancet, 23 septembre 2023.
- Corcorran MA, Spach DH : Lesson 3. Hepatitis C Diagnostic Testing. Hepatitis C Online, University of Washington, 16 juillet 2024.
- Hepatitis C Virus (HCV) RNA Detection and Quantification by Real-Time Reverse Transcription-PCR, Serum. Mayo Clinic Laboratories, mis à jour en 2026.
- Bhattacharya D, Aronsohn A, Price J et al. : Hepatitis C Guidance 2023 Update: AASLD-IDSA Recommendations for Testing, Managing, and Treating Hepatitis C Virus Infection. Clinical Infectious Diseases, 25 mai 2023.
- Hepatitis C screening. Mayo Clinic, 17 mars 2026.
