
La DHEA (déhydroépiandrostérone, DCI prastérone) est une hormone stéroïde surtout sécrétée par les surrénales, puis convertie en androgènes et en œstrogènes. Un complément oral n’inverse pas le vieillissement, alors qu’un ovule de 6,5 mg de prastérone est un médicament indiqué pour certains symptômes vulvo-vaginaux après la ménopause.
Les concentrations de sulfate de DHEA (DHEA-S) culminent vers 25 ans, puis redescendent, chez la plupart des adultes, jusqu’aux valeurs de l’enfance vers 80 ans. La déclaration scientifique 2023 de l’Endocrine Society en tire une conclusion nette pour la prise par voie générale, qui n’a pas montré de bénéfice majeur chez les personnes âgées, malgré le marketing des « hormones de jeunesse ».
Un essai oral de 25 à 50 mg le matin n’est envisagé, dans la recommandation 2016 de la même société, que chez certaines femmes déjà substituées pour une insuffisance surrénale primaire. La revue Cochrane 2015 n’a pas trouvé d’amélioration de la qualité de vie à la ménopause, avec un rapport des cotes de 3,77 pour les effets androgéniques. L’Agence mondiale antidopage interdit la substance aux sportifs.
Qu’est-ce que la DHEA dans l’organisme ?
La DHEA est un stéroïde endogène, fabriqué surtout dans la zone réticulée du cortex surrénal, avec des apports plus faibles des gonades et, pour une part, du cerveau. Elle circule surtout sous forme sulfatée (DHEA-S), réservoir dont quelques tissus reconvertissent une partie en DHEA libre avant de la transformer en testostérone, en androstènedione ou en œstradiol. Ce rôle de précurseur explique à la fois l’intérêt médical et les effets indésirables hormonaux du complément.
Chez la femme, la moitié ou plus de la testostérone circulante provient de précurseurs surrénaliens, DHEA, DHEA-S et androstènedione compris. Chez l’homme, la quasi-totalité de la testostérone adulte vient des testicules. Une baisse de production de la zone réticulée pèse donc davantage sur le statut androgénique féminin, et sur l’homme déjà en déficit testiculaire, que sur un homme dont les gonades fonctionnent. La déclaration 2023 de l’Endocrine Society insiste sur ce déséquilibre, trop souvent ignoré dans les publicités « pour les deux sexes ».
Le dosage sanguin utile en clinique est celui de la DHEA-S, pas un bilan de « jeunesse ». MedlinePlus le réserve à la suspicion d’un trouble surrénal ou gonadique. Un taux élevé peut orienter vers une hyperplasie congénitale des surrénales, une tumeur surrénale, un syndrome des ovaires polykystiques, plus rarement une tumeur ovarienne. Un taux bas peut accompagner une maladie d’Addison ou un hypopituitarisme. Le résultat se lit avec l’âge, le sexe et les symptômes, jamais seul. Un DHEA-S élevé chez la femme peut s’accompagner de pilosité excessive, de voix plus grave ou d’acné. Un déficit d’origine surrénale peut donner amaigrissement, nausées et goût du sel. Ces tableaux relèvent d’un bilan, pas d’un achat de gélules.

Pourquoi le taux de DHEA baisse-t-il avec l’âge ?
Le DHEA-S atteint un pic vers 25 ans, puis diminue progressivement, pour retrouver chez la plupart des adultes des concentrations proches de celles de l’enfance vers 80 ans. Cette trajectoire, documentée dans la déclaration scientifique 2023 de l’Endocrine Society, reflète surtout la réduction de taille de la zone réticulée. Le cortisol, lui, ne suit pas la même pente, il reste stable ou augmente légèrement. Le contraste entre androgènes surrénaliens qui chutent et cortisol qui se maintient a nourri l’idée d’un déficit à compenser, sans preuve qu’un comprimé corrige le vieillissement.
Le pic et la pente varient beaucoup d’une personne à l’autre. Dans les études de population, les concentrations de DHEA-S sont plus élevées chez les hommes que chez les femmes. MedlinePlus situe le pic « autour de la puberté », plus large que le chiffre de 25 ans. Ni l’un ni l’autre ne justifie un complément « parce que le taux est bas pour l’âge ».
Une DHEA-S basse liée au seul vieillissement peut coïncider avec une baisse du désir, une dysfonction érectile ou un amincissement des tissus vaginaux. Médicaments, sécheresse locale, maladies chroniques et troubles de l’humeur expliquent souvent les mêmes plaintes. Le test sert à chercher une maladie des surrénales ou de l’axe hypophysaire, pas à piloter une automédication. Les rongeurs sécrètent très peu de DHEA, les essais humains pèsent donc davantage que les récits de « fontaine de jouvence ».
La DHEA orale ralentit-elle le vieillissement ?
Non. Les essais de remplacement systémique n’ont pas montré de bénéfice majeur sur la composition corporelle, la force, la cognition ou la qualité de vie des personnes âgées. La déclaration 2023 de l’Endocrine Society le dit après avoir passé en revue des études de 25 à 50 mg par jour pendant un à deux ans, qui restaurent bien le DHEA-S dans la fourchette du jeune adulte et élèvent la testostérone chez la femme, ainsi que l’œstradiol après la ménopause, sans traduire cela en gain clinique net.
L’essai de Nair et collègues, mené à la Mayo Clinic et publié en 2006 dans le New England Journal of Medicine, reste l’observation longue la plus citée. Quatre-vingt-sept hommes âgés et 57 femmes âgées, tous avec un DHEA-S bas, ont reçu de la DHEA, de la testostérone à faible dose (hommes) ou un placebo pendant deux ans. Séparés par sexe, les groupes DHEA n’avaient pas de changement significatif de composition corporelle, ni de force, de consommation d’oxygène, de sensibilité à l’insuline ou de qualité de vie. Quelques hausses de densité osseuse restaient trop modestes pour égaler les traitements de l’ostéoporose.
Harvard Health Publishing, en janvier 2025, reprend le même constat. De petites études cutanées ont décrit une peau un peu plus hydratée, ce qui ne fait pas un programme anti-âge. La fiche Mayo Clinic classe le complément oral en « feu rouge » (à éviter), faute de preuve anti-âge et en raison d’effets hormonaux.
La cognition n’est pas un argument de rattrapage. La revue Cochrane de Grimley Evans et collègues (2006) n’a pas trouvé d’amélioration de la mémoire ni des autres fonctions cognitives chez des personnes d’âge moyen ou âgées sans démence. Un essai a même associé la DHEA à une moins bonne mémoire visuelle après un stress. MedlinePlus le répète, les allégations anti-âge des produits en vente libre n’ont pas de preuve fiable.
La prastérone vaginale, pour qui et à quelle dose ?
L’usage le mieux encadré n’est pas la gélule « jeunesse », c’est l’ovule de prastérone 6,5 mg, une fois par jour au coucher. Aux États-Unis, la notice DailyMed d’Intrarosa (approbation initiale en 2016) l’indique dans la dyspareunie modérée à grave liée à l’atrophie vulvaire et vaginale de la ménopause. Dans l’Union européenne, l’Agence européenne des médicaments a autorisé le même ovule le 8 janvier 2018 pour l’atrophie vulvo-vaginale de la femme ménopausée avec symptômes modérés à graves, un libellé un peu plus large que la seule douleur aux rapports.
Deux essais américains de 12 semaines ont montré une baisse de la douleur, une hausse des cellules superficielles, une baisse des cellules parabasales et une acidification du pH vaginal versus placebo. La différence d’intensité de la douleur aux rapports était de −0,40 (255 femmes) puis de −0,35 (558 femmes). L’EMA, sur 813 femmes, décrit une hausse des cellules superficielles de l’ordre de 6 % et 10 % sous prastérone contre environ 1 % et 2 % sous placebo. L’effet sur la douleur reste modeste, l’excipient lubrifiant du placebo soulage déjà une partie des patientes.
L’effet indésirable le plus fréquent est la perte vaginale (5,71 % contre 3,66 % à 12 semaines, 14,2 % à 52 semaines), avec 2,1 % de frottis anormaux parmi 521 femmes. Un saignement génital non expliqué contre-indique le produit aux États-Unis. L’EMA ajoute cancer du sein connu ou suspecté, maladie thromboembolique veineuse et maladie hépatique aiguë. Le médecin ou le pharmacien appliquera la règle locale, y compris la réévaluation du bénéfice et du risque.
Ce n’est pas un traitement des bouffées de chaleur, du sommeil ou du poids. Harvard Health Publishing le distingue des symptômes vasomoteurs, pour lesquels la DHEA orale n’a pas de bénéfice constant. La voie vaginale vise le tissu local et ne remplace pas le bilan d’un saignement post-ménopausique.
Insuffisance surrénale, un essai ciblé plutôt qu’un réflexe
Chez la femme atteinte d’insuffisance surrénale primaire, la surrénale ne fournit plus les précurseurs androgéniques. La recommandation 2016 de l’Endocrine Society propose alors, avec un niveau de preuve faible, un essai de DHEA si la libido, les symptômes dépressifs ou l’énergie restent bas malgré une substitution déjà optimale. La dose citée est de 25 à 50 mg le matin, pendant six mois. Sans bénéfice durable, on arrête. Le suivi se fait sur la DHEA-S du matin, avant la prise, en visant le milieu de la normale.
Ce n’est pas une substitution de première ligne. Hydrocortisone (ou équivalent) et, s’il y a un déficit d’aldostérone, fludrocortisone restent le socle. La même recommandation 2016 le rappelle avant même d’évoquer la DHEA. Au Royaume-Uni, le guide NICE NG243 (décembre 2024) détaille hydrocortisone 15 à 25 mg par jour en plusieurs prises et fludrocortisone si besoin, sans inscrire la DHEA dans la gestion médicamenteuse de routine. Les pratiques divergent donc selon les pays. En France, c’est le médecin endocrinologue qui tranche selon le dossier, pas un complément acheté en ligne.
Les méta-analyses chez ces femmes n’ont pas toutes montré un grand écart versus placebo. Le Manuel MSD cite une synthèse où la DHEA peut améliorer la qualité de vie et les symptômes dépressifs, sans effet clair sur l’anxiété ni sur le bien-être sexuel. D’où un essai limité dans le temps, pas une prescription automatique. Les hommes et les enfants avec insuffisance surrénale ne sont pas dans cette suggestion 2016. Prendre de la DHEA « parce que le taux est bas », sans ce diagnostic, expose à des effets androgéniques sans bénéfice attendu.
Dépression, lupus, os et ménopause, ce que montrent les essais
Pour la dépression, les données existent mais restent fragiles. La méta-analyse de Peixoto et collègues (2020), 15 essais, 853 personnes, trouve une amélioration des symptômes versus placebo (différence moyenne standardisée −0,28). La qualité de la preuve est très basse, les échantillons sont petits, les diagnostics hétérogènes. Harvard Health Publishing souligne que la DHEA n’est pas un traitement de première intention. Le Manuel MSD rappelle qu’un réseau canadien de recommandations l’a citée en 2016 comme option de troisième ligne, ce qui n’en fait pas un antidépresseur de substitution.
À la ménopause, la revue Cochrane de Scheffers et collègues (2015) a regroupé 28 essais et 1 273 femmes. Aucune amélioration de la qualité de vie versus placebo. Les effets androgéniques, surtout l’acné, avaient un rapport des cotes de 3,77. L’effet sur les bouffées de chaleur restait incertain. La fonction sexuelle s’améliorait un peu (différence 0,31). Le NCCIH juge encore incertain l’intérêt contre les symptômes de ménopause et signale un possible effet hépatique même à court terme.
Le lupus érythémateux systémique a été testé parce que les taux de DHEA y sont souvent bas. La revue Cochrane de Crosbie et collègues (2007), 7 essais, 842 participants, trouve peu d’effet sur l’activité légère à modérée, une amélioration modeste du bien-être et deux fois plus d’acné. Ce n’est pas un traitement de fond. Sur l’os, une analyse groupée citée par le Manuel MSD a montré une hausse de densité lombaire chez les femmes, pas chez les hommes, et une petite baisse de masse grasse chez 1 353 hommes âgés sans gain sur la qualité de vie. Cela ne remplace pas un traitement de l’ostéoporose.
| Situation | Forme étudiée | Ce que montrent les données |
|---|---|---|
| Anti-âge, force, cognition | Voie orale | Pas de bénéfice majeur (Endocrine Society, 2023) |
| Douleur aux rapports après ménopause | Ovule 6,5 mg | Médicament FDA (2016) et EMA (2018) |
| Femme avec insuffisance surrénale primaire | 25 à 50 mg le matin | Essai de 6 mois si symptômes persistants (2016) |
| Symptômes de ménopause (bouffées, qualité de vie) | Surtout voie orale | Pas de gain de qualité de vie (Cochrane, 2015) |
| Symptômes dépressifs | Voie orale | Petit effet, preuve de très basse qualité (2020) |
| Performance sportive | Voie orale | Aucun gain ; substance interdite (ODS, 2024) |

Sport, muscle et igname, ce qui ne marche pas
Les études disponibles ne soutiennent pas la DHEA pour la force, la masse maigre ou la testostérone des sportifs. La fiche de l’Office of Dietary Supplements (NIH), mise à jour en avril 2024, cite deux essais. Quarante haltérophiles (âge moyen 48 ans) ont reçu 100 mg par jour pendant 12 semaines, sans écart de force, de masse maigre ni de testostérone. Vingt hommes de 19 à 29 ans ont reçu 150 mg par jour pendant 6 semaines sur 8, avec musculation, sans bénéfice versus placebo.
La sécurité de ces doses sportives n’a pas été bien évaluée. Les deux essais courts chez l’homme n’ont pas signalé d’effet indésirable franc, lipides et foie restant dans les limites. Chez la femme, des mois de prise élèvent la testostérone sérique, pas forcément l’estradiol, avec acné et pilosité faciale. L’Agence mondiale antidopage et l’association universitaire sportive américaine (NCAA) classent la DHEA parmi les substances interdites. Un complément « naturel » n’est pas un argument de défense en contrôle.
L’igname sauvage mexicaine sert souvent de matière première de synthèse en laboratoire. Le Manuel MSD le précise, le corps humain ne convertit pas ces précurseurs alimentaires en DHEA. Manger de l’igname ou du soja n’élève donc pas l’hormone. Les allégations de perte de poids chez la personne jeune n’ont pas de base solide dans ces sources. Une petite baisse de masse grasse chez certains hommes âgés ne se traduit pas clairement en force.
Effets indésirables, interactions et personnes à risque
Les effets androgéniques sont les plus constants, acné, peau grasse, pilosité de type masculin chez la femme (hirsutisme), cycles irréguliers, sensibilité mammaire, prise de poids. Chez l’homme, gynécomastie, baisse du nombre de spermatozoïdes si la DHEA s’ajoute à la testostérone, irritabilité. Harvard Health Publishing juge la prise généralement étudiée jusqu’à deux ans à 50 mg par jour, avec acné, troubles digestifs et changements d’humeur parmi les effets légers. Au-delà, ou plus longtemps, le risque d’effets graves augmente.
La Mayo Clinic déconseille la DHEA en cas de cancer hormono-dépendant (sein, prostate notamment), de grossesse ou d’allaitement. Elle invite aussi à l’éviter si le HDL est déjà bas ou s’il existe une maladie ischémique du cœur, car l’hormone peut faire baisser le « bon » cholestérol. Les troubles de l’humeur peuvent s’aggraver, avec un risque de manie. Le Manuel MSD ajoute des cas de manie, un cas de convulsion, une possible hausse des triglycérides et une aggravation d’un tableau de type ovaires polykystiques. Harvard exclut aussi les maladies du foie et le SOPK.
Les interactions les plus documentées dans ces sources sont hormonales et psychiatriques.
- Associer DHEA et œstrogènes peut majorer nausées, céphalées et insomnie, selon la fiche Mayo Clinic.
- Associer DHEA et testostérone peut favoriser gynécomastie et baisse de spermatozoïdes chez l’homme, et des traits androgéniques chez la femme.
- La DHEA peut déclencher une manie chez une personne sous antidépresseur, signalé par la Mayo Clinic et le Manuel MSD.
- Le triazolam peut voir son effet sédatif augmenté, avec un risque sur la respiration et le rythme cardiaque.
- Tamoxifène, inhibiteurs de l’aromatase (anastrozole) et fulvestrant peuvent voir leur action anti-œstrogène contrée.
- Les anticoagulants peuvent s’accompagner d’un saignement plus important, et le vaccin BCG pourrait être moins efficace.
Cleveland Clinic, pour les gélules, ajoute benzodiazépines, certains antidiabétiques et antiagrégants. Un pharmacien peut croiser l’ordonnance complète, y compris les produits sans ordonnance.
Dose, qualité des produits et cadre en France
Il n’existe pas de dose « anti-âge » validée. Les essais de remplacement chez l’adulte âgé ont surtout utilisé 25 à 50 mg par jour. L’essai ciblé d’insuffisance surrénale primaire chez la femme se situe dans la même fourchette, le matin, avec un arrêt à six mois sans bénéfice. Les protocoles sportifs à 100 ou 150 mg n’ont pas montré de gain et ne sont pas un modèle à copier. L’ovule de prastérone est une dose locale de 6,5 mg, sans rapport avec ces comprimés.
La DHEA orale se vend aux États-Unis comme complément alimentaire. Cleveland Clinic écrit que la FDA n’a pas évalué ces gélules pour un usage médical, et que la teneur peut varier. Harvard Health Publishing et la Mayo Clinic signalent un contrôle de qualité souvent médiocre. Dans l’Union européenne, l’ovule de prastérone est un médicament soumis à prescription. Pour un produit oral, le médecin ou le pharmacien indiquera ce qui est autorisé localement.
Un taux de DHEA-S « bas pour l’âge » sur une prise de sang de routine ne crée pas, à lui seul, une indication. MedlinePlus rappelle que le test sert à explorer surrénales et gonades. Commencer un complément pour « corriger le chiffre » inverse la logique clinique. Les enfants ne doivent pas recevoir de DHEA en automédication, écrit le Manuel MSD. Grossesse et allaitement sont des contre-indications (Mayo Clinic, Harvard). Cleveland Clinic évoque des malformations graves possibles avec le complément oral.
DHEA et signaux d’alerte, quand consulter
Un projet de complément de DHEA se discute avec le médecin traitant ou le pharmacien avant la première gélule, surtout en cas de cancer hormono-dépendant, de maladie du cœur, de diabète, de maladie du foie, de SOPK, de trouble de l’humeur ou de traitement anticoagulant, hormonal ou anticancéreux. Un saignement vaginal après la ménopause impose un avis gynécologique avant tout ovule, c’est une contre-indication tant que la cause n’est pas établie (notice DailyMed).
Certains signes demandent un avis rapide, le jour même.
- Une réaction allergique avec gonflement du visage, des lèvres ou de la langue, ou une gêne respiratoire, justifie d’appeler le 15 ou le 112.
- Une douleur sous le rebord droit des côtes, des urines très foncées, des selles décolorées ou un jaunissement de la peau font craindre un effet hépatique (Cleveland Clinic, NCCIH).
- Une excitation inhabituelle, une impulsivité, une hostilité ou un virage vers la manie impose d’arrêter le produit et de contacter le médecin, a fortiori sous antidépresseur.
- Une douleur thoracique, un essoufflement brutal ou un malaise avec perte de connaissance relèvent du 15 ou du 112.
Le diabète demande une surveillance rapprochée de la glycémie si un médecin a malgré tout validé une prise, Harvard Health Publishing signalant une interférence possible avec l’insuline. Les sportifs licenciés doivent savoir que le produit est interdit, même acheté comme « complément ». Apporter la boîte, l’ordonnance et le dernier bilan accélère une décision, y compris celle de ne rien ajouter.
Questions fréquentes
Peut-on augmenter la DHEA en mangeant de l’igname ou du soja ?
Non. L’igname sauvage mexicaine sert de matière première en laboratoire, mais l’organisme ne convertit pas ces précurseurs alimentaires en DHEA, précise le Manuel MSD. Le soja n’élève pas non plus l’hormone par cette voie. Un changement d’assiette ne remplace ni un médicament prescrit ni un bilan surrénal.
La DHEA est-elle interdite aux sportifs ?
Oui. L’Office of Dietary Supplements des NIH indique que l’Agence mondiale antidopage et les fédérations universitaires américaines interdisent la DHEA, classée comme précurseur hormonal. Les essais n’ont pas montré de gain de force ou de masse maigre. Un contrôle positif ne se discute pas avec l’argument « c’était un complément naturel ».
Faut-il doser la DHEA-S avant d’acheter un complément ?
Un dosage a un sens pour chercher une maladie des surrénales, des ovaires ou des testicules, selon MedlinePlus, pas pour lancer une automédication anti-âge. Dans l’insuffisance surrénale primaire féminine, la DHEA-S du matin sert à suivre un essai déjà décidé, avant la prise du jour. Un chiffre isolé « un peu bas pour l’âge » ne crée pas une indication.
La DHEA orale calme-t-elle les bouffées de chaleur ?
C’est incertain. Cochrane 2015 n’a pas pu conclure sur les symptômes de ménopause, trop hétérogènes, et n’a pas trouvé de gain de qualité de vie. Harvard Health Publishing ne voit pas de bénéfice constant sur les bouffées de chaleur. L’ovule de prastérone cible la douleur aux rapports et le tissu vaginal, pas les sueurs nocturnes.
Peut-on prendre de la DHEA pendant une grossesse ou un allaitement ?
Non. Mayo Clinic et Harvard Health Publishing contre-indiquent la DHEA chez la femme enceinte ou qui allaite. Cleveland Clinic signale un risque de malformations graves avec le complément oral. Un désir de grossesse se discute avant toute prise, y compris d’un produit acheté sans ordonnance.
Combien de temps un essai de DHEA peut-il durer ?
Chez la femme avec insuffisance surrénale primaire, l’Endocrine Society propose six mois, puis l’arrêt sans bénéfice durable. Pour un complément oral hors de ce cadre, Harvard évoque des données de tolérance surtout jusqu’à deux ans à 50 mg par jour, ce qui n’est pas une invitation à prolonger. L’ovule de prastérone, lui, se réévalue avec le gynécologue tant que le bénéfice l’emporte sur le risque.

Conclusion
La DHEA n’est pas une hormone de jouvence à remettre au niveau de 25 ans. C’est un précurseur stéroïde dont la baisse avec l’âge est réelle, et dont le remplacement oral n’a pas fait la preuve d’un bénéfice majeur, d’après la déclaration 2023 de l’Endocrine Society et l’essai de deux ans mené à la Mayo Clinic. Les revues Cochrane et la méta-analyse 2020 sur l’humeur dessinent au mieux des effets petits et de faible certitude, contre des effets androgéniques fréquents.
Deux situations restent distinctes. L’ovule de 6,5 mg de prastérone est un médicament, autorisé aux États-Unis pour la dyspareunie post-ménopausique et dans l’Union européenne pour l’atrophie vulvo-vaginale symptomatique. Un essai oral de 25 à 50 mg pendant six mois peut se discuter, dans la recommandation 2016 de l’Endocrine Society, chez une femme déjà bien substituée pour une insuffisance surrénale primaire, alors que le guide NICE 2024 n’en fait pas un traitement de routine. Ailleurs, le rapport bénéfice-risque d’une gélule achetée comme complément est défavorable.
Avant d’ouvrir une boîte, posez trois questions précises au médecin ou au pharmacien. S’agit-il d’une sécheresse ou d’une douleur locale, qui relèverait d’un ovule prescrit plutôt que d’une hormone générale ? Existe-t-il une insuffisance surrénale documentée, déjà équilibrée, ou seulement un DHEA-S « bas pour l’âge » ? Quels médicaments, anticoagulants, hormones, antidépresseurs, traitements du cancer, rendent la prise trop risquée ? La réponse utile est souvent de ne pas commencer.
Sources
- DHEA (dehydroepiandrosterone). Mayo Clinic, 12 mai 2026.
- Shane-McWhorter L : Dehydroepiandrosterone (DHEA). MSD Manual Professional Edition, mis à jour en juin 2026.
- Primary Adrenal Insufficiency Guideline Resources. Endocrine Society, 19 février 2016.
- Cappola AR, Auchus RJ et al. : Hormones and Aging: An Endocrine Society Scientific Statement. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2023.
- Scheffers CS, Armstrong S et al. : Dehydroepiandrosterone for women in the peri- or postmenopausal phase. Cochrane Database of Systematic Reviews, 22 janvier 2015.
- Dietary Supplements for Exercise and Athletic Performance – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 1er avril 2024.
- INTRAROSA (prasterone) vaginal inserts. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 2016.
- Intrarosa (prasterone). European Medicines Agency, 8 janvier 2018.
- DHEA supplements: Are they safe? Or effective?. Harvard Health Publishing, 27 janvier 2025.
- Peixoto C, José Grande A et al. : Dehydroepiandrosterone for depressive symptoms: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Neuroscience Research, 15 septembre 2020.
- DHEA Sulfate Test. MedlinePlus, mis à jour en 2024.
- Adrenal insufficiency: identification and management. National Institute for Health and Care Excellence, 18 décembre 2024.
