Chéilite angulaire : symptômes, causes et traitement

Chéilite angulaire : symptômes, causes et traitement

La chéilite angulaire, ou perlèche, est une inflammation douloureuse d’un coin de la bouche ou des deux, souvent précédée d’une macération par la salive puis d’une infection à Candida ou à des bactéries. Elle n’est en général pas grave et n’est pas contagieuse, contrairement au bouton de fièvre herpétique, mais elle revient souvent si la cause n’est pas corrigée.

Beaucoup de gens se lèchent les commissures pour calmer la brûlure, ce qui aggrave la macération. Le mot perlèche vient du français « par le lécher ». La synthèse StatPearls actualisée en novembre 2025 estime qu’environ 0,7 % de la population américaine est concernée, contre près de 11 % des personnes âgées et jusqu’à 28 % des porteurs de prothèses dentaires. Un suivi de cinq ans, cité dans ce même document, a observé une récidive chez 80 % des patients après un traitement antimicrobien.

Candida albicans est isolé dans environ 93 % des lésions, mais comme seul germe dans 20 à 50 % des cas. Le recueil britannique NICE propose d’abord un émollient et une crème au miconazole si une candidose est probable, ou de l’acide fusidique si l’infection paraît bactérienne. Sans amélioration en deux à trois semaines, un prélèvement local et un bilan (fer, vitamines B, glycémie) deviennent utiles.

Qu’est-ce que la chéilite angulaire, ou perlèche ?

La perlèche est une inflammation localisée aux commissures labiales, là où la peau du visage rejoint la muqueuse de la bouche. Ces charnières bougent à chaque mot et à chaque bouchée, ce qui les rend plus vulnérables à la traction, à l’humidité et aux microfissures que le reste des lèvres.

Le vocabulaire médical emploie aussi stomatite angulaire, chéilose angulaire ou rhagades. Le terme perlèche, d’origine française, insiste sur le rôle du léchage. Ce n’est pas un simple « symptôme flottant ». C’est une lésion inflammatoire à part entière, presque toujours multifactorielle. Infection, anatomie, salive, carence ou maladie de fond se combinent plus souvent qu’ils n’agissent seuls.

La lésion reste en général triangulaire et collée à l’angle de la bouche. Quand elle s’étend, les fissures suivent le ruissellement salivaire le long des plis dits « lignes de marionnette ». DermNet souligne qu’elle n’est pas contagieuse et qu’elle peut durer quelques jours ou persister tant que le facteur déclenchant demeure.

Les très jeunes enfants et les personnes âgées sont les plus touchés, d’après la Cleveland Clinic, avec succion du pouce, tétine et bavage d’un côté, prothèses et relâchement cutané de l’autre. Entre ces âges, la perlèche survient surtout s’il existe une candidose buccale, un diabète mal équilibré, un traitement qui assèche la bouche ou une habitude de se lécher les lèvres.

Chéilite angulaire. Une affection cutanée des coins de la bouche. Crédit d'image: James Heilman, MD, (2009, 8 novembre)

Quels symptômes apparaissent aux commissures des lèvres ?

Les signes siègent au coin d’une lèvre ou, plus souvent, des deux, et s’aggravent à l’ouverture de la bouche. La douleur est souvent modérée (sécheresse, brûlure, démangeaison), mais une fissure profonde peut saigner et rendre la parole ou le repas pénibles.

Les plaques sont souvent rouges, un peu gonflées, de forme triangulaire, d’après StatPearls. Au début, un simple érythème rosé suffit. Avec l’humidité, la peau se macère, devient grisâtre ou blanchâtre, puis se fissure. Les formes plus installées montrent des squames, des croûtes, parfois un suintement. Une atteinte bactérienne peut laisser un exsudat couleur miel ou de petites pustules, proches de celles d’un impétigo.

Cloques, érosions et saignements figurent aussi dans la description de DermNet. Sur peau foncée, la rougeur est parfois discrète, et la zone paraît plutôt pâle, cerclée d’un liseré plus foncé. La lésion reste d’ordinaire limitée aux commissures ; une extension vers les joues ou une candidose de la langue et du palais oriente vers un réservoir buccal.

  • Une rougeur ou une zone macérée se forme au coin d’une lèvre ou des deux commissures.
  • Des fissures douloureuses s’ouvrent surtout lorsque vous écartez largement la bouche.
  • Des croûtes, un suintement ou un saignement peuvent recouvrir la peau irritée.
  • Une brûlure ou une démangeaison reste localisée à la commissure, sans fièvre dans les formes simples.

Ouvrir la bouche pour rire, bâiller ou mordre dans un sandwich tire sur la fissure et relance le cycle douleur–léchage–humidité. Si manger devient vraiment difficile, le risque n’est pas la perlèche elle-même, rarement cause première de dénutrition, mais le recul alimentaire chez une personne déjà fragile.

Pourquoi les coins de la bouche se fissurent-ils ?

Le mécanisme le plus fréquent est une macération prolongée par la salive. Les enzymes digestives de la salive irritent la peau fine des commissures, comme un eczéma de contact irritatif. La couche cornée se fend, et les microbes qui vivent déjà dans la bouche ou dans le nez s’y installent.

Plusieurs facteurs retiennent la salive dans le pli. Le relâchement de la peau avec l’âge, le tabac ou un amaigrissement rapide creuse les sillons. Une dimension verticale du bas du visage trop courte (dents très usées, édentement, prothèse trop basse) fait surplomber la lèvre supérieure. Une rétrognathie ou des sillons profonds produisent le même effet. Le même tableau est aussi relié, dans le Merck Manual, à des prothèses qui n’écartent pas assez les mâchoires.

La xérostomie (bouche sèche) contribue à environ 5 % des cas dans la synthèse StatPearls, via le syndrome de Sjögren, la radiothérapie, l’isotrétinoïne, l’acitrétine ou d’autres médicaments asséchants. Le paradoxe n’est qu’apparent. Une bouche trop sèche favorise Candida, tandis qu’une salive trop abondante macère la peau. Dans le syndrome de Sjögren, la perlèche est même la lésion orale la plus souvent rapportée, avec une fréquence de 20 à 40 % dans les plus grandes séries d’une revue systématique citée par StatPearls.

Les allergènes et irritants comptent aussi. Jusqu’à 22 % des perlèches relèveraient d’une dermatite de contact, allergique ou irritative, liée au nickel des bagues orthodontiques, aux arômes de dentifrice, aux conservateurs de baumes périmés, aux savons ou au chewing-gum. Un test épicutané peut alors aider, une fois l’infection traitée.

Le léchage, la succion du pouce, une tétine, le bavage nocturne, un fil dentaire trop agressif ou le tabac entretiennent le cercle vicieux. Arrêter ces habitudes ne « soigne » pas une infection déjà installée, mais sans elles le traitement local recule souvent.

Candida, staphylocoque et infections mixtes

Une infection est isolée dans 50 à 80 % des lésions. Candida albicans arrive en tête. Commensal de la bouche chez 40 à 60 % des personnes en bonne santé, il est retrouvé dans 93 % des perlèches, mais comme seul responsable dans 20 à 50 % seulement. Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) est le seul germe dans environ 20 % des cas ; les streptocoques bêta-hémolytiques apparaissent dans 8 à 15 %. Une infection mixte levure plus bactérie concerne 60 à 75 % des patients.

Cette microbiologie oriente le raisonnement, pas une automédication au hasard. Chez le porteur de prothèse, Candida et une stomatite sous-prothétique vont souvent de pair, et il faut traiter la bouche et la prothèse, pas seulement le coin des lèvres. Chez une personne sans appareil dentaire, une origine staphylococcique (parfois à partir des narines) est plus plausible. Le NICE rappelle que levures et bactéries agissent souvent ensemble.

Le diabète non contrôlé favorise Candida, car le glucose salivaire nourrit la levure et l’immunité locale fléchit. Les corticoïdes inhalés ou oraux, les antibiotiques prolongés, la chimiothérapie et l’infection par le VIH réduisent la même défense. Chez le nourrisson, une perlèche s’accompagne presque toujours d’un muguet, que Mayo Clinic décrit aussi par des gerçures et une rougeur aux commissures. Le NHS liste ces crevasses parmi les signes du muguet de l’adulte et précise que cette candidose buccale n’est pas contagieuse.

Un prélèvement n’est pas obligatoire dès le premier épisode. StatPearls et le NICE le réservent surtout aux échecs, afin d’identifier Candida, un staphylocoque ou, plus rarement, un herpès. Traiter « à l’aveugle » un champignon par un antibiotique seul, ou l’inverse, laisse la lésion en place.

Quels terrains favorisent une perlèche ?

Toute personne peut développer une perlèche, mais le risque n’est pas uniforme. Les porteurs de prothèses ont une incidence environ triple, jusqu’à 28 %. Les hommes apparaissent plus souvent atteints, surtout parce qu’ils portent davantage de prothèses et cumulent des maladies associées, pas à cause du sexe en soi.

Le diabète revient dans toutes les synthèses cliniques, avec une salive plus sucrée, une cicatrisation plus lente et une candidose plus fréquente. Les maladies inflammatoires de l’intestin aussi. StatPearls cite 7,8 % des patients atteints de Crohn et 5 % de ceux atteints de rectocolite hémorragique à un moment de la maladie. Dans la granulomatose orofaciale, rare, la fréquence peut approcher 20 %. Le syndrome de Down, via macroglossie et bavage, concerne environ 25 % des patients dans les séries citées.

Les carences restent moins banales dans les pays à haut revenu, mais elles pèsent chez la personne âgée, après chirurgie bariatrique, en cas de maladie cœliaque, de régime très restrictif ou d’alcoolisme. Jusqu’à 25 % des perlèches s’associent à un manque de fer ou de vitamines du groupe B (riboflavine, folate, B12). Zinc et dénutrition protéique figurent aussi sur la liste. Merck mentionne explicitement la vitamine B2 et le fer. Une glossite, des ongles en cuillère, une diarrhée chronique ou une anémie doivent faire chercher autre chose qu’un simple baume oublié.

  • Une prothèse trop basse ou mal adaptée laisse la salive stagner dans le pli commissural.
  • Un diabète mal équilibré augmente le glucose salivaire et la croissance de Candida.
  • Un déficit en fer, en vitamine B2, B12, en folate ou en zinc retarde la cicatrisation des commissures.
  • Une immunodépression, une infection par le VIH ou des corticoïdes prolongés favorisent candidose buccale et perlèche associée.

La revue JAMA de 2024, consacrée aux affections buccales fréquentes, rappelle que la sécheresse buccale touche environ 23 % des adultes dans une méta-analyse et augmente le risque de candidose orale. Cette candidose, dont C. albicans cause 76,8 % des isolats dans ce travail, est plus fréquente en cas de VIH (prévalence de candidose orale autour de 35 %) et après les antibiotiques. La perlèche n’est qu’une des faces visibles de ce déséquilibre.

Comment distinguer une perlèche d’un bouton de fièvre ?

La confusion est banale, et le traitement n’est pas le même. L’herpès labial (HSV-1) commence souvent par un fourmillement, puis des vésicules groupées qui se rompent et croûtent, en général d’un seul côté, parfois juste sur la commissure. La perlèche est plus souvent bilatérale, sans véritable bouquet de vésicules, sur un fond de macération.

Un point pratique, souligné par la Cleveland Clinic, sépare les deux tableaux. Le bouton de fièvre est contagieux, la perlèche ne l’est pas. Un prélèvement viral n’est utile que si le tableau hésite. DermNet place aussi l’herpès parmi les diagnostics à cultiver sur écouvillon, aux côtés de Candida et du staphylocoque.

D’autres pièges existent. L’impétigo, l’eczéma atopique, la dermatite séborrhéique, une allergie de contact, un lichen plan érosif ou une papule syphilitique (plus souvent unilatérale) peuvent imiter la commissure fissurée. Une lésion unique qui ne répond à rien, surtout unilatérale, doit faire évoquer une cause locale traumatique, un herpès, une syphilis ou, rarement, une tumeur. StatPearls en fait un signe d’alerte, pas un diagnostic de premier recours.

L’histoire des symptômes compte autant que l’aspect de la lésion. Une récidive toujours au même endroit après un soleil ou une fièvre, avec des vésicules en bouquet, oriente vers l’herpès. Une prothèse, le léchage, un muguet et les deux coins à la fois orientent vers la perlèche. Appliquer une crème antivirale sur une candidose, ou un antifongique sur un HSV, fait perdre des jours.

Docteur inspectant la bouche et la langue d'un patient.

Quels examens le médecin peut-il demander ?

Le diagnostic est d’abord clinique. Il repose sur l’interrogatoire (prothèse, médicaments, diabète, léchage, croûtes) et sur l’examen des commissures plus de toute la bouche. Un premier épisode typique, chez une personne sinon en bonne santé, n’exige pas forcément de prise de sang.

Si rien ne bouge en deux à trois semaines d’un traitement local bien conduit, StatPearls recommande d’élargir le bilan, avec hémoglobine et volume globulaire moyen, ferritine et fer, folate, vitamines B2, B6 et B12, glycémie à jeun ou HbA1c. Un écouvillon pour culture mycologique et bactérienne guide alors l’antibiotique ou l’antifongique. Un test VIH se discute devant une candidose orale inexpliquée chez l’adulte, de même qu’un regard vers le syndrome de Sjögren si la bouche et les yeux sont secs.

La bouche entière fait partie de l’examen. Plaques blanches détachables, palais rouge sous prothèse, langue lisse ou losange médian imposent de traiter le réservoir, pas seulement l’angle des lèvres. Mayo Clinic invite à consulter pour un muguet chez l’enfant plus âgé, l’adolescent ou l’adulte en bonne santé apparente, car une cause sous-jacente est alors plus plausible. Le NHS conseille un médecin si le gel antifongique n’améliore pas le muguet en une semaine, en cas de douleur à avaler, ou si l’immunité est affaiblie.

Une biopsie reste exceptionnelle, réservée aux lésions atypiques, unilatérales et rebelles, lorsqu’on craint une autre dermatose ou une tumeur. Le patch-test vient après, si l’histoire oriente vers un dentifrice, un baume ou un métal d’appareil dentaire.

Quels traitements locaux sont proposés ?

Le traitement vise la cause, pas seulement la croûte. Une barrière (vaseline, émollient, baume simple) réduit la macération et, pour une perlèche surtout salivaire, peut suffire. Le NICE juge l’affection souvent spontanément résolutive une fois le facteur corrigé, tout en proposant déjà un émollient, le miconazole si une candidose légère est probable, et l’acide fusidique si l’infection paraît bactérienne.

Les essais comparatifs sont rares. La revue narrative de Cabras et coll., dans Oral Diseases en 2020, n’identifie que deux essais randomisés sur les antifongiques, tous deux antérieurs aux années 1990. JAMA 2024 constate le même vide et décrit une pratique fréquente aux États-Unis, un mélange à parts égales d’une crème antifongique (nystatine 100 000 UI/g ou clotrimazole 1 %) et d’un corticoïde (triamcinolone 0,1 %), parfois associé à la mupirocine 2 % si une bactérie est suspectée. Ce n’est pas une norme française ; le médecin ou le pharmacien choisit la spécialité disponible et la recommandation locale.

Option Indication citée Rythme ou durée dans les sources Document
Émollient, vaseline, baume Macération salivaire, protection de barrière Applications répétées tant que le pli reste humide NICE, StatPearls, Merck
Miconazole crème 2 % Candidose légère ; activité aussi sur coques à Gram positif Souvent environ deux semaines, selon le prescripteur NICE, StatPearls
Nystatine ou clotrimazole 1 % Alternative antifongique locale Nystatine deux fois par jour dans StatPearls StatPearls, JAMA 2024
Acide fusidique 2 % Infection d’allure bactérienne Trois à quatre fois par jour, une à deux semaines NICE, StatPearls
Mupirocine 2 % S. aureus, parfois aussi les narines Trois à quatre fois par jour StatPearls, JAMA 2024
Hydrocortisone 1 % associée Inflammation marquée, formes non répondeuses Court ; jamais seul si une infection n’est pas écartée NICE, StatPearls

StatPearls détaille des schémas américains. Les antifongiques locaux s’appliquent en général trois fois par jour pendant deux semaines. Le miconazole 2 % s’utilise avec ou sans hydrocortisone 1 %, la mupirocine 2 % trois à quatre fois par jour, l’acide fusidique 2 % quatre fois par jour pendant une à deux semaines, avec application possible aux narines si le nez est un réservoir. Un corticoïde local (hydrocortisone 1 % ou désonide 0,05 %) peut calmer l’inflammation, mais pas en monothérapie tant qu’une infection n’a pas été écartée.

Le gel de miconazole utilisé dans la bouche est absorbé, et le NICE demande de peser les interactions. Les triazolés oraux (fluconazole et apparentés) inhibent des enzymes hépatiques et peuvent augmenter l’effet de la warfarine, de certaines statines ou de la phénytoïne, d’après StatPearls. Ces précautions concernent surtout un traitement systémique ou un gel buccal, pas un conseil de comptoir improvisé. En France, le pharmacien vérifie l’ordonnance et les associations.

Si la candidose dépasse les commissures, il faut traiter la bouche. L’IDSA, dans sa mise à jour 2016, recommande pour une candidose oropharyngée légère des comprimés à sucer de clotrimazole 10 mg cinq fois par jour ou un comprimé buccal de miconazole 50 mg une fois par jour, pendant 7 à 14 jours ; la nystatine en suspension est une alternative. Une forme modérée à grave relève du fluconazole oral 100 à 200 mg par jour pendant 7 à 14 jours. Ces schémas américains ne se substituent pas à la prescription française ; ils montrent pourquoi négliger le muguet fait échouer la crème commissurale.

Les injections de produit de comblement ou les implants, parfois évoqués pour remonter un sillon, restent un recours d’anatomie persistante, après échec des mesures dentaires, et non un traitement de première intention.

Que faire à la maison pour limiter les récidives ?

Les crèmes ne tiennent pas si le pli reste trempé ou si la prothèse sert de nid à Candida. La Cleveland Clinic et DermNet insistent sur des gestes simples. Le léchage des commissures entretient la macération, alors qu’un baume sans parfum ni arôme protège mieux qu’un produit parfumé. Tabac, dentifrices très savonneux et baumes périmés irritent la fissure, tout comme le soleil, le froid et le vent.

L’hygiène de prothèse pèse autant que la molécule. Le NHS demande de retirer l’appareil la nuit, de le nettoyer chaque jour et de le faire réajuster s’il blesse. StatPearls ajoute qu’un trempage dans une solution adaptée (hypochlorite dilué pour les prothèses sans métal, ou chlorhexidine selon le matériau) réduit le réservoir. Rincer la bouche après un corticoïde inhalé diminue le muguet, donc la perlèche qui l’accompagne.

  • Les commissures se nettoient puis se sèchent doucement, sans frotter une fissure déjà ouverte.
  • Une pommade barrière après chaque toilette et avant le coucher limite le bavage nocturne.
  • La prothèse se retire la nuit, et un dentiste vérifie l’occlusion si les sillons se creusent.
  • Un rinçage de la bouche après un spray de corticoïde et un bon contrôle glycémique réduisent le muguet.

Un essai cité par StatPearls a montré qu’un chewing-gum au xylitol, ou associant chlorhexidine et xylitol, réduisait la perlèche chez des personnes de 60 ans et plus. Ce n’est pas un substitut au traitement d’une infection franche. La glace ou un linge froid peut calmer la douleur un moment, selon la Cleveland Clinic, sans remplacer la crème prescrite.

Les récidives sont la règle plus que l’exception lorsque le facteur de fond reste. Dans une cohorte suivie cinq ans, 80 % des patients ont revu leurs commissures s’ouvrir. Prolonger un peu la barrière après la cicatrisation, corriger la prothèse et traiter un muguet concomitant changent plus le pronostic qu’une troisième boîte du même antibiotique local. StatPearls déconseille d’empiler les cures antimicrobiennes sans chercher plus loin.

Quand consulter un médecin ou un dentiste pour une perlèche ?

Une perlèche brève, bilatérale, après un rhume ou un épisode de léchage, peut céder avec une barrière et des lèvres moins sollicitées. Consultez si les lésions durent plus de deux semaines, reviennent, s’étendent, saignent beaucoup, ou s’accompagnent de plaques blanches dans la bouche, d’une langue douloureuse, d’une fièvre, d’un amaigrissement ou d’une grande fatigue.

Le dentiste est le bon interlocuteur dès qu’une prothèse, un appareil orthodontique ou une occlusion trop fermée maintient le pli. Le médecin traitant, parfois le dermatologue, prend le relais pour un prélèvement, un bilan de carence, un diabète ou une immunodépression. Une lésion strictement unilatérale, indurée, qui ne cicatrise pas, justifie un avis spécialisé sans attendre une énième crème.

Situation Signes d’orientation Conduite
Forme simple récente Deux commissures, peu d’extension, pas de fièvre Barrière, hygiène, avis pharmacien ou médecin si doute
Échec à 2–3 semaines Même fissure malgré une crème adaptée Médecin : écouvillon, ferritine, B12, folate, glycémie
Prothèse ou occlusion Appareil instable, sillons creusés, palais rouge Dentiste : ajustement ou nouvelle prothèse, hygiène nocturne
Terrain fragile Diabète, VIH, corticoïdes, chimiothérapie, muguet étendu Médecin sans délai ; traitement du réservoir buccal
Extension aiguë Rougeur qui gagne, pus, fièvre, impossibilité de boire Urgences : 15 ou 112

Appelez le 15 ou le 112 si une infection cutanée s’étend vite, si une fièvre élevée s’installe, ou si vous ne parvenez plus à boire à cause de la douleur, surtout en cas d’immunodépression. Ces situations dépassent la perlèche ordinaire et relèvent d’une prise en charge immédiate, pas d’un nouveau baume.

Questions fréquentes

La perlèche est-elle contagieuse ?

Non. La Cleveland Clinic et DermNet la décrivent comme une inflammation non contagieuse, à la différence du bouton de fièvre herpétique. Vous n’avez pas à isoler vos couverts pour cette raison. En revanche, une candidose ou un staphylocoque peuvent coloniser une prothèse, une tétine ou les narines, d’où l’intérêt de l’hygiène plutôt que de la quarantaine.

Peut-on soigner une perlèche uniquement avec de la vaseline ?

Parfois, lorsque la cause est surtout la salive et qu’il n’y a pas encore d’infection franche. StatPearls indique qu’une barrière de vaseline ou d’émollient peut alors suffire. Dès que la commissure suinte, croûte ou résiste, un antifongique ou un antibactérien local prescrit devient plus logique. La vaseline reste utile en complément pour couper le contact avec la salive.

Faut-il un antibiotique ou un antifongique ?

Cela dépend du germe probable, et souvent des deux familles sont en jeu. Le NICE privilégie le miconazole si une candidose légère est vraisemblable, et l’acide fusidique si l’aspect est bactérien. Un antibiotique seul n’agit pas sur Candida ; un antifongique seul peut laisser un staphylocoque en place. Le choix appartient au prescripteur, après examen de la bouche.

Combien de temps dure une perlèche une fois traitée ?

Une amélioration en quelques jours et une disparition vers deux semaines sont le scénario le plus cité par StatPearls et DermNet. Au-delà, le traitement est incomplet ou la cause (prothèse, carence, muguet, diabète) n’a pas été touchée. Les récidives restent fréquentes, puisque 80 % des patients d’un suivi de cinq ans ont vu les lésions revenir.

Un manque de fer ou de vitamines peut-il suffire à tout expliquer ?

Oui, dans une minorité de cas, surtout s’il existe une anémie, une glossite, une chirurgie digestive ou un régime très pauvre. Jusqu’à 25 % des perlèches s’associent à un déficit en fer ou en vitamines B. Prendre des gélules au hasard ne remplace pas un dosage. Un excès de vitamine A, à l’inverse, peut assécher les lèvres.

Les enfants ont-ils le même traitement que les adultes ?

Le mécanisme est proche (bavage, tétine, muguet), donc le principe aussi, à savoir sécher, protéger et traiter une candidose buccale si elle est là. La Cleveland Clinic relie pouce, sucette et perlèche du nourrisson. Les doses et les spécialités, surtout avant 4 mois pour un gel de muguet, se décident avec le médecin ou le pharmacien, pas d’après une notice adulte.

Faut-il changer de brosse à dents pendant une perlèche ?

Ce n’est pas le geste central, mais renouveler une brosse usagée et laver une tétine ou une prothèse réduit le réservoir de Candida. Le NHS insiste sur la stérilisation des sucettes et le lavage à chaud des accessoires d’allaitement en cas de muguet. Sans hygiène de l’appareil dentaire, la crème commissurale recule souvent.

Personne prenant des vitamines. Un geste pour améliorer la santé.

Conclusion

Une commissure qui se fend n’est pas qu’un détail esthétique. Elle traduit presque toujours un pli trop humide, un Candida buccal, une bactérie, une prothèse trop basse ou, plus rarement, une carence ou un diabète encore silencieux. La lésion n’est pas contagieuse, elle cède souvent en deux semaines quand on traite à la fois la peau et la cause, et elle revient chez une grande majorité de patients si l’on s’arrête à la croûte.

Le bon premier geste est d’arrêter de lécher, de poser une barrière, de regarder l’intérieur de la bouche et, si une crème est nécessaire, de la faire choisir pour le bon germe plutôt que d’alterner au hasard antibiotique et antifongique. Le NICE et les synthèses cliniques s’accordent sur cette logique, tout en reconnaissant que les essais robustes manquent encore.

Si les fissures durent plus de deux semaines ou récidivent, demandez à votre médecin un examen buccal et, au besoin, ferritine, vitamine B12, folate et glycémie, et à votre dentiste de contrôler l’occlusion de la prothèse. Ces deux rendez-vous ciblés évitent mieux la prochaine perlèche qu’une collection de baumes.

Sources

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  3. Angular cheilitis. DermNet, septembre 2022.
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  9. Oral thrush (mouth thrush). National Health Service, 9 octobre 2026.
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