
La cocaïne est un stimulant très addictif, extrait des feuilles de coca (Erythroxylon coca). Elle bloque le recaptage de la dopamine, accélère le cœur et peut provoquer un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une convulsion, parfois dès la première prise.
Entre janvier 2021 et juin 2024, 79,1 % des décès par surdose impliquant la cocaïne aux États-Unis impliquaient aussi un opioïde, souvent du fentanyl, d’après les CDC. Le produit « coupé » change le tableau d’une urgence. Une personne peut s’effondrer par dépression respiratoire alors qu’elle croyait n’avoir pris qu’un stimulant.
La sensation recherchée dure 5 à 30 minutes selon que l’on fume, injecte ou sniffe ; le crack n’est qu’une forme fumable de la même molécule. Aucun médicament n’est homologué par la FDA ni en Europe pour traiter la dépendance. La mise à jour 2023 de l’American Heart Association place les benzodiazépines, le refroidissement externe et, en cas de trouble du rythme à QRS large, le bicarbonate de sodium au premier plan de la prise en charge hospitalière.
Cocaïne et crack, formes et voies d’usage
La cocaïne de rue se présente surtout en poudre blanche (chlorhydrate), soluble dans l’eau. Le crack est la même molécule passée à l’état de base, souvent avec de l’ammoniac ou du bicarbonate de sodium, puis chauffée jusqu’à former des cailloux que l’on fume. Le nom vient du craquement entendu au chauffage, d’après le National Institute on Drug Abuse.
Aux États-Unis, la substance reste classée dans une catégorie de fort potentiel d’usage problématique, tout en restant utilisable par un médecin comme anesthésique local dans certaines chirurgies de l’œil, de l’oreille ou de la gorge. En pratique, presque toute la cocaïne rencontrée hors hôpital est illicite. Le médecin ou le pharmacien vous indiquera ce qui s’applique en France.
Les voies d’usage habituelles sont les suivantes.
- La poudre se sniffe et passe dans le sang à travers la muqueuse du nez.
- Certaines personnes la frottent sur les gencives, avec une absorption plus lente.
- L’injection libère la dose d’un coup dans la circulation et raccourcit le délai.
- Le crack se fume après chauffage et produit une montée très brève.
N’importe quelle voie peut fournir une quantité toxique. Infarctus, AVC et convulsions, puis mort subite, restent possibles même chez une personne qui n’a jamais consommé auparavant, rappelle le NIDA. Les vendeurs diluent souvent la poudre avec de l’amidon, du talc ou d’autres drogues ; le MSD Manual souligne que le fentanyl y est de plus en plus fréquent. La composition réelle d’une dose n’est pas connue de l’usager.

Comment la cocaïne agit-elle dans le cerveau ?
La cocaïne se fixe sur le transporteur de la dopamine et empêche ce neurotransmetteur de quitter la synapse. Le signal de récompense s’amplifie, ce qui explique l’euphorie, l’envie de recommencer et, à force de répétition, la dépendance. Le NIDA décrit aussi un effet sur la noradrénaline et la sérotonine, avec accélération du cœur, vasoconstriction, dilatation des pupilles et hausse de la température.
Avec des prises répétées, le circuit de récompense devient moins sensible aux plaisirs ordinaires (repas, relations, repos). Les circuits du stress, eux, deviennent plus sensibles. Entre deux doses, l’humeur baisse, l’irritabilité monte, et la recherche du produit prend le pas sur le reste. C’est le mécanisme de la « descente », puis du craving, cette envie irrépressible de reprendre.
La tolérance à l’effet recherché et la sensibilisation aux effets toxiques peuvent aller de pair. Il faut alors davantage de produit pour retrouver le plaisir initial, alors que convulsions, anxiété et toxicité cardiaque surviennent à des doses plus basses qu’au début. Cette discordance élève le risque de surdose, même chez une personne expérimentée.
Chez l’humain, le NIDA relie un usage prolongé à des difficultés d’attention, de mémoire, d’inhibition des impulsions et de décisions face à une récompense. Ces changements n’équivalent pas à une condamnation définitive, mais ils expliquent pourquoi « juste une dernière fois » devient si difficile à tenir.
Combien de temps durent les effets ?
Les effets apparaissent presque tout de suite après une dose et s’estompent en quelques minutes à une heure, selon le NIDA. Plus l’absorption est rapide, plus la montée est intense et brève. Sniffer produit une euphorie d’environ 15 à 30 minutes. Fumer donne une sensation plus immédiate, souvent limitée à 5 à 10 minutes. D’où les reprises rapprochées, toutes les 10 à 15 minutes chez les gros usagers, décrites par le MSD Manual.
Les durées pharmacocinétiques du manuel MSD, mesurées un peu autrement que la « montée » ressentie, sont résumées ci-dessous.
| Voie | Délai d’action | Pic de l’effet | Durée approximative |
|---|---|---|---|
| Injection ou inhalation (fumée) | immédiat | 3 à 5 minutes | 15 à 20 minutes |
| Voie nasale (sniff) | 3 à 5 minutes | 20 à 30 minutes | 45 à 90 minutes |
| Voie orale | environ 10 minutes | 60 minutes | environ 90 minutes |
À faible dose, beaucoup de personnes se sentent euphoriques, bavardes, éveillées, avec moins d’appétit et moins besoin de dormir. Une dose plus forte peut inverser le tableau et amener agitation, irritabilité, anxiété, panique, paranoïa, tremblements, vertiges ou secousses musculaires. Les sessions de prises répétées à doses croissantes mènent parfois à un état psychotique, avec hallucinations et perte de contact avec la réalité.
Quand la stimulation s’arrête, arrive souvent un épuisement marqué, un besoin de dormir et une humeur basse qui peuvent durer des jours. Le MSD Manual parle d’un syndrome d’épuisement après la session. Cette descente pousse à reprendre du produit, ou à y ajouter de l’alcool, du cannabis ou un opioïde, ce qui ajoute d’autres toxiques au mélange.
Quels risques pour le cœur et le cerveau ?
La cocaïne rétrécit les vaisseaux, accélère le cœur et élève la pression artérielle, tout en bloquant les canaux sodiques cardiaques. Le muscle cardiaque demande plus d’oxygène au moment où l’apport diminue. D’où des douleurs de poitrine, un spasme coronaire, un infarctus, des troubles du rythme, une dissection aortique. Le NIDA relie aussi l’usage à l’inflammation du muscle cardiaque, à une moins bonne contraction et à des ruptures aortiques.
Une revue de 2024 sur l’association cocaïne-alcool rappelle des ordres de grandeur issus d’études nord-américaines. Parmi les patients qui consultent aux urgences pour une douleur thoracique liée à la cocaïne, environ 4 à 6 % font un infarctus. Dans les premières heures après une prise, le risque d’infarctus chez ces patients a été estimé 4,3 à 24 fois plus élevé que chez des personnes sans cocaïne. Ces chiffres viennent de services d’urgence américains ; ils ne décrivent pas la population générale française, mais ils montrent que la douleur thoracique après une prise n’est pas un « simple stress ».
Côté cerveau, les maux de tête, les convulsions, un AVC ischémique ou hémorragique et un coma figurent parmi les complications fréquentes. Une mort subite reste possible dès la première prise, le plus souvent par arrêt cardiaque ou par crise convulsive. L’hyperthermie, liée à l’agitation et à la vasoconstriction, peut elle-même tuer si elle n’est pas refroidie vite. Le tube digestif n’est pas épargné non plus, avec moins de débit sanguin, des douleurs, des nausées, des ulcérations, parfois une ischémie intestinale.
L’usage chronique s’accompagne, selon le NIDA, d’un risque accru d’AVC, de troubles du mouvement (y compris, après des années, un tableau proche de la maladie de Parkinson) et d’une moins bonne cognition. Rien de tout cela n’exige d’avoir « dépassé un seuil » connu. Une artère déjà fragile, une malformation, une chaleur élevée ou un mélange avec l’alcool suffisent à basculer une soirée vers les urgences.
Surdose de cocaïne, quels signes imposent un médecin ?
Une surdose survient lorsque la quantité absorbée déclenche une réaction menaçant le pronostic vital. Elle peut arriver dès la première prise, souligne la Cleveland Clinic. Il n’existe pas d’antidote comparable à la naloxone pour les opioïdes. MedlinePlus rappelle que les soignants traitent les complications une par une. Cela n’équivaut pas à l’idée qu’on ne peut rien faire. La mise à jour 2023 de l’American Heart Association détaille au contraire des gestes hospitaliers précis.
Les benzodiazépines restent le premier traitement de l’agitation, de la tachycardie et de l’hypertension liées à l’intoxication. Une hyperthermie grave se refroidit de l’extérieur, de préférence par immersion ou évaporation, plus rapide que des pochettes de glace seules. Un trouble du rythme à QRS large, ou un arrêt, peut relever du bicarbonate de sodium hypertonique ; la lidocaïne est jugée raisonnable sur un rythme large. Des vasodilatateurs (dérivés nitrés, phentolamine, certains inhibiteurs calciques) peuvent être utilisés en cas de spasme coronaire ou d’urgence hypertensive. Le MSD Manual déconseille les bêtabloquants dans ce contexte, parce qu’ils peuvent laisser l’effet alpha-adrénergique sans opposition ; l’AHA 2023 juge encore leur sécurité controversée. Ces choix appartiennent à l’équipe qui vous prend en charge, pas à un protocole à domicile.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Douleur thoracique, essoufflement brutal, palpitations très rapides | Appelez le 15 ou le 112 |
| Convulsions, perte de connaissance, propos incohérents | Appelez le 15 ou le 112 |
| Fièvre élevée, agitation extrême, transpiration profuse, peau brûlante | Appelez le 15 ou le 112 |
| Faiblesse d’un côté, vision double, difficulté à parler (possible AVC) | Appelez le 15 ou le 112 |
| Respiration très lente, lèvres bleutées, personne difficile à réveiller | Appelez le 15 ou le 112 (possible opioïde associé) |
| Envie d’arrêter, humeur basse, craving, sans détresse vitale | Médecin traitant ou addictologue, sans passer par les urgences |
Dites aux secours ce qui a été pris, même si le produit est illicite. Cela oriente la naloxone si un opioïde est possible, et le refroidissement si le tableau est surtout stimulant. En France, le 15 (SAMU) et le 112 sont les numéros à composer.
Cocaïne et alcool, que produit le cocaéthylène ?
Beaucoup de personnes boivent en même temps. Le foie forme alors du cocaéthylène, métabolite actif qui n’apparaît que lorsque les deux substances sont prises à peu près ensemble, en pratique dans un délai d’environ deux heures d’après la revue de van Amsterdam, Gresnigt et van den Brink (2024). Sa demi-vie plasmatique est environ deux à cinq fois celle de la cocaïne, ce qui prolonge stimulation et toxicité cardiaque.
Par voie orale ou nasale, l’alcool peut aussi augmenter le pic de cocaïne d’environ 18 à 20 % et l’exposition totale (aire sous la courbe) de 23 à 29 %. L’effet est moindre quand on injecte ou qu’on fume, parce que ces voies évitent le premier passage hépatique. Le cocaéthylène, lui, se forme quelle que soit la voie.
Les symptômes cardiovasculaires du mélange ne sont pas toujours plus spectaculaires que ceux de la cocaïne seule, et les études cliniques divergent. La mortalité, elle, est plus élevée. La présence de cocaéthylène a été associée, dans des données médico-légales reprises par cette revue, à un risque de mort subite multiplié par 18 à 25 par rapport à la cocaïne sans ce métabolite. Le mécanisme évoqué est un blocage des canaux ioniques du cœur. Le NIDA confirme que le mélange augmente la toxicité cardiaque des deux produits.
Boire pour « descendre » une montée trop forte est donc une fausse sécurité. Le cœur travaille davantage, plus longtemps, avec un métabolite supplémentaire. Si une douleur de poitrine, un malaise ou des palpitations surviennent après une soirée cocaïne-alcool, le 15 n’est pas une option parmi d’autres.

Cocaïne et opioïdes, un tableau d’urgence différent
Le mélange volontaire cocaïne-héroïne existe depuis longtemps. Le phénomène actuel, documenté surtout aux États-Unis, est autre. De la cocaïne est coupée à l’insu de l’usager avec du fentanyl ou un analogue. Le stimulant masque un temps la sédation de l’opioïde. Quand la cocaïne retombe plus vite, la dose d’opioïde reste, et la respiration peut s’arrêter.
D’après le rapport des CDC publié le 28 août 2025, 79,1 % des décès américains par surdose impliquant la cocaïne, entre janvier 2021 et juin 2024, impliquaient aussi un opioïde. Le taux de décès liés à la cocaïne est passé de 4,5 pour 100 000 habitants en 2018 à 8,6 en 2023. Ces chiffres décrivent les États-Unis, pas la France ; ils montrent néanmoins que le risque lié à la cocaïne a changé de visage là où le fentanyl illicite circule. Le NIDA identifie cette adultération comme un moteur majeur des morts par surdose.
Les personnes mortes d’une surdose de stimulant sans opioïde étaient plus souvent âgées de 45 ans ou plus et avaient plus souvent des antécédents cardiovasculaires (38,7 % contre 21,2 % en cas de mélange avec un opioïde). Deux profils se dessinent donc. D’un côté, le cœur qui lâche sous stimulant chez une personne plus âgée. De l’autre, l’arrêt respiratoire du mélange avec un opioïde, souvent plus jeune.
La naloxone n’annule pas les effets de la cocaïne. Elle peut sauver la respiration si un opioïde est en jeu. Les CDC rappellent qu’il faut alors aussi traiter l’agitation, les convulsions et la chaleur. En attendant les secours, si la personne ne respire plus, les gestes de réanimation appris auprès d’un organisme formateur restent valables ; le 15 guide au téléphone.
Dépendance, craving et sevrage
La dépendance à la cocaïne n’est pas seulement une habitude. MedlinePlus la décrit comme une affection cérébrale durable, dans laquelle la personne continue malgré les dégâts sur la santé, le travail ou les proches, et l’obtention du produit occupe le premier plan. La dépendance physique (tolérance, symptômes à l’arrêt) et ce tableau clinique peuvent se recouvrir, sans être identiques.
Le MSD Manual estime le risque plus élevé chez celles et ceux qui consomment plusieurs fois par semaine, qui s’injectent ou qui fument. Sniffer de façon occasionnelle n’élimine pas le risque cardiaque, ni celui d’une première surdose. Une session de prises répétées jusqu’à épuisement du stock ou de l’organisme favorise paranoïa, attaques de panique et psychose transitoire.
À l’arrêt d’un usage soutenu, le sevrage n’est en général pas une tempête végétative comme avec l’alcool. Il est surtout psychique et comportemental, avec sommeil lourd ou au contraire insomnie, appétit qui revient, fatigue, idées noires, difficultés de concentration, rêves pénibles et pensée ralentie. Le MSD Manual note que les symptômes apparaissent vite, du fait de la demi-vie courte, et peuvent durer des semaines à des mois. L’envie de reprendre est souvent plus forte que les signes physiques.
Une dépression franche, des idées suicidaires ou une impossibilité de dormir plusieurs nuits de suite justifient un avis médical rapide, même sans urgence vitale. Le médecin pourra chercher un autre trouble de l’humeur, un usage d’alcool ou de benzodiazépines « pour descendre », et orienter vers un soin addictologique. En France, c’est le médecin traitant, un addictologue ou un centre d’addictologie qui appliquent la recommandation locale.
Quels traitements aident à arrêter ?
Aucun médicament n’est homologué par la FDA, ni en Europe, contre la dépendance à la cocaïne, constat partagé par le NIDA, MedlinePlus et la méta-analyse de Bentzley et al. (2021). Il n’existe pas d’équivalent de la méthadone ou de la buprénorphine. Des essais testent encore des molécules déjà utilisées ailleurs (certains anticonvulsivants, antidépresseurs, agonistes dopaminergiques), sans signal assez net pour une autorisation.
La méta-analyse de 157 essais (15 842 participants) n’a trouvé qu’une approche associée de façon robuste à davantage de tests urinaires négatifs, la gestion des contingences, c’est-à-dire des récompenses concrètes dès qu’un test confirme l’abstinence. Le rapport des cotes était de 2,13 (intervalle de confiance à 95 %, 1,62 à 2,80), y compris dans toutes les analyses de sensibilité. La psychothérapie, prise globalement, n’atteignait pas ce seuil sur ce critère urinaire.
La revue Cochrane de Minozzi et al., mise à jour le 15 février 2024 (64 essais, 8 241 personnes, dont 73 % avec un problème lié à la cocaïne ou au crack), aboutit à un constat voisin. Par rapport à l’absence d’intervention, les approches psychosociales réduisent les sorties prématurées du soin (risque relatif 0,82, preuve de haute certitude) et augmentent probablement l’abstinence continue en fin de programme (risque relatif 1,89, certitude modérée). Elles diminuent aussi la fréquence des prises. Face au « traitement habituel », elles aident surtout à rester dans le soin ; l’effet sur la consommation devient plus incertain. La gestion des contingences est l’approche la plus étudiée.
Le NIDA décrit aussi la thérapie cognitivo-comportementale (repérer les situations à risque, entraîner des réponses de remplacement) et les communautés thérapeutiques résidentielles. Le NICE britannique (CG51, 2007, dernier examen en 2016) recommande d’offrir la gestion des contingences aux personnes dont le problème principal est un stimulant, et de considérer une thérapie de couple comportementale s’il existe un partenaire abstinent. Il déconseille d’offrir en routine une TCC centrée sur le produit lui-même pour un mésusage de stimulant, tout en la retenant pour une dépression ou une anxiété associées. Le NIDA est plus ouvert sur la TCC que cette ligne britannique ; le médecin français s’appuiera sur l’offre locale.
Les groupes d’entraide de type Narcotiques anonymes ou Cocaïne anonymes peuvent compléter un suivi, sans les remplacer. Un programme résidentiel se discute après des échecs répétés en ambulatoire, ou lorsqu’une maladie associée, un logement instable ou un risque suicidaire rendent le domicile peu sûr. L’objectif n’est pas une disparition garantie du craving. Il s’agit d’allonger les périodes sans produit, de soigner le cœur et l’humeur, et de réduire les prises à risque (injection, mélange).
Grossesse et dégâts selon la voie d’usage
Pendant la grossesse, la cocaïne s’ajoute au travail déjà accru du cœur. Le NIDA associe l’usage à des migraines, des convulsions, une rupture prématurée des membranes, un décollement du placenta, des poussées hypertensives, des fausses couches, un travail prématuré et un accouchement plus difficile. Les nouveau-nés exposés naissent plus souvent trop tôt, plus petits, avec un périmètre crânien plus faible. Des difficultés plus tardives de langage, de mémoire et de comportement ont été décrites chez une partie des enfants ; ces observations ne permettent pas de prédire le destin d’un enfant en particulier.
Le MSD Manual confirme le risque de fausse couche et de décollement placentaire. Une femme enceinte qui consomme a droit aux mêmes soins qu’une autre, obstétrique et addictologie, sans chantage au signalement comme condition d’accès. L’arrêt brutal n’est pas un sevrage médicalement dangereux comme celui de l’alcool, mais le craving et la dépression demandent un accompagnement.
La voie d’usage oriente aussi les dégâts locaux. Sniffer régulièrement use l’odorat, donne des saignements de nez, une voix éraillée, des troubles de la déglutition et une cloison nasale irritée, parfois perforée. Fumer du crack irrite les poumons, aggrave un asthme et peut provoquer une pneumopathie d’hypersensibilité autrefois appelée « poumon du crack ». S’injecter laisse des traces, abîme les veines, expose au VIH et au virus de l’hépatite C si le matériel est partagé, et à des allergies parfois mortelles au produit ou aux coupages. Quelle que soit la voie, un usage prolongé s’accompagne souvent d’une perte d’appétit et d’une dénutrition.
Questions fréquentes
La cocaïne peut-elle tuer dès la première prise ?
Oui. Le NIDA indique qu’une mort subite peut survenir dès la première consommation, le plus souvent par arrêt cardiaque ou par convulsions. L’absence d’usage antérieur n’est pas une protection, surtout en cas de chaleur, d’effort, d’alcool ou d’un produit coupé.
Existe-t-il un médicament de substitution comme pour l’héroïne ?
Non. Ni la FDA ni les agences européennes n’ont homologué de médicament pour cette dépendance. La méthadone et la buprénorphine ne substituent pas à la cocaïne. Le soin repose sur des thérapies comportementales, surtout la gestion des contingences lorsqu’elle est disponible.
Sniffer, est-ce moins dangereux que fumer ou s’injecter ?
Le sniff évite les infections du matériel d’injection et la montée foudroyante de la fumée, mais il n’épargne ni le cœur ni le cerveau. Toute voie peut délivrer une dose toxique. Le crack et l’injection rendent la dépendance plus probable, d’après le MSD Manual, parce que le délai d’action est plus court.
Combien de temps le craving peut-il durer ?
L’envie intense commence souvent dès les premiers jours d’arrêt et peut revenir par vagues pendant des semaines ou des mois, parfois déclenchée par un lieu, une personne ou une fatigue. Ce n’est pas un signe d’échec. C’est le délai habituel d’un cerveau qui se réhabitue à l’absence de pic de dopamine.
La naloxone agit-elle sur une surdose de cocaïne ?
La naloxone n’annule pas la cocaïne. Elle peut redonner une respiration si un opioïde (fentanyl, héroïne) a été pris en même temps, parfois à l’insu de la personne. En cas de doute, les secours l’utilisent tout en traitant chaleur, convulsions et rythme cardiaque.
Peut-on arrêter sans hospitalisation ?
Souvent oui, parce que le sevrage physique est rarement dangereux à lui seul. Une hospitalisation se discute en cas de dépression grave, de psychose, de maladie cardiaque, de logement instable ou d’échecs répétés en ville. Un suivi ambulatoire structuré reste le cadre le plus étudié.

Conclusion
La cocaïne n’est pas un excitant anodin de soirée. C’est un vasoconstricteur et un bloqueur des canaux sodiques, capable de casser un rythme cardiaque ou une artère cérébrale en quelques minutes. Le mélange avec l’alcool fabrique du cocaéthylène ; le mélange, voulu ou non, avec un opioïde transforme une stimulation trop brève en arrêt respiratoire. Les chiffres américains de 2025 sur le fentanyl ne se recopient pas tels quels sur la France, mais ils indiquent la question à poser si le produit n’a pas l’effet habituel ou si quelqu’un s’endort après avoir sniffé.
Si une douleur de poitrine, une convulsion, une fièvre élevée ou une parole empêchée apparaissent après une prise, composez le 15 ou le 112 et dites ce qui a été consommé. Pour arrêter, demandez à un médecin traitant ou à un addictologue un programme qui mesure l’abstinence (tests) et qui, si l’offre locale le permet, utilise des renforcements concrets. C’est l’approche qui, en 2021 comme en 2024, a le plus de données derrière elle. Aucune molécule ne remplace ce cadre, et aucune promesse de disparition définitive du craving n’est honnête.
Gardez aussi un œil sur le cœur au-delà de la crise. Une hypertension nouvelle, un essoufflement à l’effort ou des palpitations dans les jours qui suivent une session méritent un électrocardiogramme et un avis médical, même si la soirée s’est bien passée. C’est souvent là, et non au moment du pic, que se jouent infarctus silencieux et lésions qui s’accumulent.
Sources
- Cocaine. National Institute on Drug Abuse, mis à jour en 2026.
- Lavonas EJ, Akpunonu PD et al. : 2023 American Heart Association Focused Update on the Management of Patients With Cardiac Arrest or Life-Threatening Toxicity Due to Poisoning: An Update to the American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care. Circulation, 18 septembre 2023.
- Minozzi S, Saulle R et al. : Psychosocial interventions for stimulant use disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews, 15 février 2024.
- Bentzley BS, Han SS et al. : Comparison of Treatments for Cocaine Use Disorder Among Adults: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Network Open, 7 mai 2021.
- Drug misuse in over 16s: psychosocial interventions. National Institute for Health and Care Excellence, 25 juillet 2007.
- Cocaine (Crack): What It Is, Side Effects, Risks & Withdrawal. Cleveland Clinic, 23 octobre 2023.
- Chary M : Cocaine (Crack Cocaine). MSD Manual Professional Edition, juin 2026.
- Tanz LJ, Miller KD et al. : Drug Overdose Deaths Involving Stimulants — United States, January 2018–June 2024. MMWR. Morbidity and Mortality Weekly Report, 28 août 2025.
- Cocaine. MedlinePlus, mis à jour en 2026.
- van Amsterdam J, Gresnigt F, van den Brink W : Cardiovascular Risks of Simultaneous Use of Alcohol and Cocaine—A Systematic Review. Journal of Clinical Medicine, 4 mars 2024.
