
Le recul des gencives, ou récession gingivale, est le déplacement de la marge gingivale vers la racine, qui laisse à nu le cément. Cette perte de tissu ne se répare pas toute seule. Le tissu gingival déjà perdu ne revient pas, mais on peut souvent freiner la progression et, parfois, recouvrir une partie de la racine par une greffe.
Une méta-analyse de 2025, portant sur 22 études, estime qu’environ 81,1 % des personnes ont au moins 1 mm de récession, 48,4 % au moins 3 mm et 16,2 % au moins 5 mm. Ce n’est donc pas un détail rare du grand âge. Beaucoup d’adultes ont déjà un collet exposé, parfois sans douleur, parfois avec une pointe au froid.
La page de la Cleveland Clinic mise à jour en 2022 retient encore qu’environ 88 % des plus de 65 ans ont une récession sur au moins une dent. Une revue de 2023 (37 460 personnes) situait la prévalence mondiale à 84,92 % au seuil d’au moins 1 mm, avec une certitude jugée très faible. Le premier geste reste un examen avec sondage, car les sillons sains mesurent en général 1 à 3 mm. Si une parodontite est en cause, le guide S3 de la Fédération européenne de parodontologie (2020) commence par l’hygiène et le contrôle des facteurs de risque, puis un nettoyage sous la gencive, avant toute chirurgie.
Qu’est-ce que le recul des gencives
La récession gingivale est le glissement de la gencive au-delà de la jonction émail-cément, jusqu’à découvrir la racine. La revue d’Imber et Kasaj (2021) la définit ainsi et rappelle qu’on perd alors non seulement de la gencive, mais aussi, souvent, du ligament et de l’os autour de la dent.
À l’état normal, la gencive ferme le collet et protège le cément, plus mince et plus poreux que l’émail. Une fois la racine à l’air, le froid, le sucré et le brossage peuvent faire mal. Le biofilm s’accroche plus facilement. Une carie radiculaire ou une usure du collet (lésion cervicale non carieuse) peut s’y ajouter. Les dents paraissent plus longues ; un triangle noir apparaît parfois entre deux dents. Le phénomène peut toucher une seule dent ou plusieurs. Un phénotype gingival fin, une dent trop en avant ou un frein trop haut suffisent parfois à amincir le tissu, même avec une hygiène soigneuse. La revue de 2021 souligne aussi qu’une récession laissée sans correction de la cause a tendance à migrer encore, malgré une bonne motivation.
Deux tableaux se distinguent. D’un côté, une récession localisée, souvent en V, liée à un traumatisme de brossage, à un piercing ou à une dent mal positionnée. De l’autre, un recul plus diffus, avec saignement et poches, qui oriente vers une parodontite. Le traitement n’est pas le même.
Le mot « déchaussement » circule beaucoup en France pour le même recul visible. Chez le chirurgien-dentiste, il recouvre aussi la perte d’attache et d’os. C’est un signe à mesurer, pas à relativiser.

Quels signes doivent vous alerter
Le signe le plus net est une racine visible, jaunâtre ou plus mate que la couronne. La Cleveland Clinic y ajoute une sensibilité au chaud, au froid et au sucré, une gêne au brossage ou au fil, et une douleur le long du collet. Ces signes peuvent rester discrets pendant des mois.
Du côté de la parodontite, la Mayo Clinic (page du 24 février 2023) décrit des gencives gonflées, d’un rouge vif, sombre ou violacé, un saignement facile, une brosse rosée après le lavage, du pus, une haleine qui ne part pas, une dent qui bouge, une douleur à la mastication et de nouveaux espaces entre les dents. Les gencives saines, elles, sont fermes et épousent le collet ; leur couleur va du rose clair au brun selon les personnes.
Le NHS ajoute que la maladie des gencives peut faire saigner au brossage, au fil ou en croquant une pomme, puis rétrécir les gencives, desserrer les dents et provoquer un abcès. Rien de tout cela n’est « normal avec l’âge ». Un saignement qui revient à chaque brossage mérite un rendez-vous, même sans douleur. L’absence de douleur n’élimine pas une perte d’os. À l’inverse, une sensibilité isolée peut venir d’une carie, d’une fissure ou d’une récession débutante.
Si une dent se met à bouger, si un gonflement douloureux apparaît, ou si vous craignez un abcès, il ne faut pas attendre la prochaine visite de contrôle. En attendant le rendez-vous, continuez un brossage doux. Interrompre l’hygiène aggrave l’inflammation.
Causes et facteurs de risque
Le recul a rarement une seule cause. Imber et Kasaj placent en tête l’inflammation liée à la plaque et le traumatisme d’un brossage trop appuyé. La méta-analyse de Marschner et de ses collègues (Journal of Dentistry, avril 2025) chiffre plusieurs associations. La parodontite a un odds ratio de 9,90, la plaque de 4,26, un frein trop haut de 4,58, un traumatisme occlusal de 3,20, le tabac de 1,84, l’alcool de 2,04, le sexe masculin de 1,52 et un antécédent de traitement parodontal de 1,86.
Ces chiffres décrivent un lien statistique, pas une fatalité individuelle. Ils aident toutefois à prioriser ce que l’on peut modifier. La plaque et le tabac se travaillent. Un frein qui tire sur la marge, une restauration qui déborde sous la gencive ou une dent trop vestibulée se corrigent au cabinet. Le phénotype fin, lui, ne se change pas. On l’épargne.
La Cleveland Clinic liste aussi le tartre, un choc sur la gencive, un mauvais alignement, le tabac à mâcher, les bijoux qui traversent la lèvre ou la langue, et une prédisposition à un tissu mince. Une mauvaise hygiène contribue souvent, mais pas toujours. Après un traitement orthodontique, surtout une expansion d’arcade, le risque augmente chez les personnes déjà à gencive fine.
Du côté des maladies générales, la Mayo Clinic relie la parodontite au tabac, aux variations hormonales de la grossesse ou de la ménopause, au diabète, à certains médicaments qui assèchent la bouche et à un déficit immunitaire. Le NIDCR, page revue en août 2026, tient le tabac pour le facteur de risque le plus marqué de la maladie parodontale, et note que le recul est plus fréquent et plus grave chez les hommes.
- Un brossage horizontal appuyé avec des poils durs use le collet et amincit la gencive au fil des années.
- Un anneau labial ou lingual frotte le même point à chaque parole et chaque repas.
- Un frein labial court tire la marge à chaque mouvement de lèvre et entretient une brèche locale.
- Une restauration dont le bord plonge sous la gencive retient la plaque et entretient l’inflammation.
La génétique n’est pas un verdict. Elle indique surtout qu’il faut un geste plus doux, des contrôles plus rapprochés et, parfois, un renforcement chirurgical du tissu avant qu’une racine entière ne soit à nu.
Parodontite ou brossage trop appuyé
Deux mécanismes principaux mènent au même collet découvert. Les distinguer change le traitement. Dans la parodontite, le biofilm sous-gingival déclenche une inflammation qui détruit l’attache et l’os. Des poches se creusent, se remplissent de tartre, puis s’approfondissent. La Mayo Clinic décrit la séquence qui va de la plaque au tartre, puis à la gingivite et à la parodontite. La gingivite, tant qu’il n’y a pas de perte osseuse, peut encore régresser avec un nettoyage professionnel et une hygiène quotidienne. Une fois l’os perdu, on stabilise. On ne remet pas l’os en place par le seul brossage.
Aux États-Unis, l’analyse NHANES 2009-2014 reprise par l’American Dental Association en 2022 estime qu’environ 42 % des adultes de 30 ans ou plus, encore dentés, ont une parodontite. Ce chiffre américain ne se transpose pas tel quel à la France. Il montre toutefois que la maladie n’est pas marginale. L’ADA rappelle aussi qu’un patient traité pour parodontite reste un patient parodontal à vie. Il a besoin d’un suivi de soutien, souvent tous les trois à six mois.
Le brossage traumatique, lui, produit souvent une récession en V sur les dents les plus exposées (canines, prémolaires), avec peu de saignement si la plaque est bien contrôlée. La dentine s’use au collet. Un dentifrice très abrasif et une brosse dure accélèrent le phénomène. Imber et Kasaj conseillent une brosse souple ou ultra-souple, parfois une brosse électrique avec capteur de pression, et un dentifrice peu abrasif.
Les deux mécanismes peuvent coexister. Une parodontite soignée laisse un périodonte réduit, car la gencive s’est déjà rétractée en cicatrisant. C’est pourquoi un antécédent de traitement parodontal reste associé à plus de récessions dans la méta-analyse de 2025. Cela ne signifie pas que le détartrage arrache les gencives. Cela signifie que le tissu perdu pendant la maladie ne revient pas.
Le classement de Cairo, repris dans la revue de 2021, aide à lire le pronostic. Le type RT1 n’a pas de perte d’attache entre les dents, et la jonction émail-cément interproximale reste visible. Le type RT2 a une perte interproximale inférieure ou égale à la perte vestibulaire. Le type RT3 a une perte interproximale plus importante que du côté de la joue. Un RT1 se prête mieux à un recouvrement complet qu’un RT3. L’atelier mondial de 2017, dont l’ADA a entériné la classification en 2021, a aussi abandonné les anciennes étiquettes « chronique » et « agressive » au profit de stades et de grades.
Les gencives peuvent-elles repousser
Non. Une fois la marge descendue, le tissu perdu ne régénère pas tout seul. La Cleveland Clinic l’écrit sans détour. Les gencives reculées ne repoussent pas, et la récession n’est pas « guérie ». Elle se gère. Le NIDCR, de son côté, réserve la réversibilité à la gingivite débutante, obtenue par le brossage et le passage quotidien entre les dents, avant la destruction de l’os.
Ni la Cleveland Clinic ni les revues d’Imber et de Cairo ne décrivent une régénération spontanée de la hauteur gingivale. Ce que l’on peut obtenir, c’est l’arrêt de l’inflammation, une meilleure attache après surfaçage, une baisse de la sensibilité, et, si l’indication est bonne, un recouvrement chirurgical d’une partie de la racine. La greffe apporte un tissu, souvent prélevé au palais, ou un substitut. Le succès dépend du type RT, de l’épaisseur, de la hauteur de gencive kératinisée et de l’hygiène. Un tabagisme actif et une plaque persistante réduisent les chances.
Refuser une chirurgie n’est pas un échec. Imber et Kasaj le prévoient. Si le patient ne veut pas d’intervention, ou s’il existe une contre-indication, on maintient la situation par la prévention. Surveiller, corriger le geste, traiter la parodontite et calmer la sensibilité reste un programme complet.
Comment le dentiste pose le diagnostic
Le diagnostic tient en un examen clinique, un sondage et, souvent, des radiographies. Le dentiste mesure la récession depuis la jonction émail-cément jusqu’à la marge, sonde les sillons tout autour de chaque dent, note le saignement, cherche du tartre, des restaurations débordantes, un frein, un piercing, et interroge sur le tabac, le diabète et les médicaments.
Les chiffres de poche varient un peu selon les textes, mais l’ordre de grandeur est stable. La Cleveland Clinic situe les sillons sains entre 1 et 3 mm, la gingivite autour de 4 mm, et la parodontite à 5 mm ou plus. La Mayo Clinic écrit qu’une poche de plus de 4 mm peut indiquer une parodontite, et qu’au-delà de 5 mm le nettoyage quotidien ne suffit plus. Le Merck Manual (mise à jour avril 2025) précise qu’à domicile on n’atteint que 2 à 3 mm sous la marge, alors qu’un surfaçage professionnel peut nettoyer jusqu’à 6 ou 7 mm. Au-delà d’environ 5 mm, une chirurgie d’accès est souvent nécessaire.
Le NIDCR décrit le même enchaînement, avec inspection des gencives, sondage, mobilité, antécédents (tabac, diabète) et clichés pour l’os. Un parodontiste entre en jeu si le stade est avancé ou si une greffe est envisagée. En France, c’est le chirurgien-dentiste qui pose l’indication et, au besoin, adresse vers un confrère exercé en parodontologie. Les seuils en millimètres viennent de sources américaines. Le praticien appliquera le référentiel local.
Le phénotype se juge parfois en glissant une sonde dans le sillon. Si elle transparaît à travers la gencive, le tissu est fin. Imber et Kasaj rappellent qu’en dessous d’environ 1,1 mm d’épaisseur, le recouvrement complet après chirurgie est moins favorable, et qu’une bande de gencive kératinisée inférieure à 2 mm compte parmi les facteurs de vulnérabilité. Ces mesures orientent, elles ne condamnent pas.

Traitements sans chirurgie
Le premier traitement est de retirer la cause, pas de recoller la gencive. Imber et Kasaj rangent dans cette étape le contrôle de la plaque, le retrait des restaurations débordantes, le changement de geste et les agents désensibilisants. Si une parodontite est présente, le guide européen S3 de 2020 impose une marche par paliers. On commence par la motivation, l’hygiène, le détartrage sus-gingival et le contrôle du tabac et du diabète. Vient ensuite l’instrumentation sous-gingivale (détartrage et surfaçage), avec ou sans adjuvants. Puis, seulement si des poches persistent, une chirurgie. Enfin un suivi de soutien.
Le surfaçage, décrit par la Mayo Clinic, enlève le tartre sous la gencive et lisse la racine pour limiter les réaccumulations. Il peut aider la gencive à se réattacher, ce qui n’égale pas une remontée de la marge. Une anesthésie locale est fréquente. Des antibiotiques locaux (bain de bouche, gel dans la poche) ou, plus rarement, oraux, sont parfois associés. La posologie et le choix de la molécule relèvent du praticien français. Une notice américaine ne se copie pas.
Pour la sensibilité, la Cleveland Clinic propose un vernis fluoré au fauteuil et, à la maison, un dentifrice désensibilisant. Les substances qu’elle cite sont le nitrate de potassium, le fluorure stanneux, l’arginine et le chlorure de strontium. Imber et Kasaj y ajoutent des pâtes qui bouchent les tubules (phosphosilicate de calcium et de sodium, arginine-carbonate de calcium, strontium) et rappellent qu’il faut plusieurs semaines avant de sentir un effet. Si rien n’y fait, un composite peut obturer les tubules ou camoufler une petite lésion.
Un collage de composite au collet, une gouttière si le serrement use le collet, ou un alignement orthodontique lorsque la dent est trop vestibulée, font partie des options non chirurgicales retenues par la Cleveland Clinic. Après repositionnement, la marge peut parfois s’améliorer d’elle-même, sans garantie. Un piercing qui frotte se retire.
- Le surfaçage traite l’infection sous la gencive, pas le millimètre de tissu déjà perdu.
- Un dentifrice désensibilisant se juge après plusieurs semaines d’usage quotidien, pas après deux jours.
- Un composite au collet diminue la douleur et masque la racine, sans recréer de gencive.
- Corriger le brossage et retirer un piercing stoppe souvent une récession localisée encore peu profonde.
Les bains de bouche antiseptiques ont une place courte, après une chirurgie ou sur avis, pas comme soin de fond à durée indéterminée. Le Merck Manual mentionne, après une intervention, un rinçage à la chlorhexidine d’une minute deux fois par jour, en relais temporaire du brossage si la bouche est trop douloureuse. En France, le pharmacien et le dentiste fixent la durée. Un usage prolongé tache les dents et altère le goût.
Greffe et chirurgie de recouvrement
Quand la racine reste trop sensible, trop visible, ou trop fragile à nettoyer, une chirurgie de recouvrement peut se discuter. La technique la mieux étayée associe un lambeau avancé vers la couronne (ou un tunnel) et une greffe de tissu conjonctif, le plus souvent prélevée au palais. Imber et Kasaj la tiennent pour l’option la plus prévisible, pour une récession isolée comme pour plusieurs dents voisines.
La revue de Cairo, Nieri et Pagliaro (2014) a regroupé 51 essais randomisés, 1 574 patients et 1 744 récessions. Le lambeau avancé plus greffe de conjonctif obtenait plus souvent un recouvrement complet que le lambeau seul, que le dérivé de matrice amélaire, que la greffe gingivale libre ou que le lambeau latéral. Les membranes de régénération n’apportaient pas de bénéfice clair. Ces chiffres concernent surtout des récessions localisées, de type Miller I-II ou RT1, parfois RT2. Un RT3, avec papilles déjà effondrées, a un pronostic de recouvrement complet beaucoup plus faible. Même dans les meilleurs essais, le recouvrement total n’est pas la règle pour toutes les dents.
Si le palais ne peut pas servir de site donneur, ou si vous refusez une deuxième plaie, des matrices de collagène, des matrices dermiques ou un dérivé de matrice amélaire peuvent accompagner le lambeau. Imber et Kasaj les présentent comme des alternatives utiles, souvent un peu moins stables dans le temps que le conjonctif autologue. Une greffe gingivale libre épaissit surtout la bande de gencive résistante. Elle recouvre mal la racine et laisse souvent une couleur différente.
En cas de lésion cervicale non carieuse associée, la même revue de 2021 décrit une approche combinée, reconstruction du collet puis greffe. Le composite seul calme parfois la sensibilité. La greffe seule recouvre mal un cran profond.
La Cleveland Clinic situe le retour à une vie normale autour de deux semaines, selon le nombre de dents et l’origine du greffon. La greffe peut échouer, se nécroser ou ne couvrir qu’une partie de la racine. Quand la parodontite a déjà creusé l’os, l’ADA distingue d’autres chirurgies (lambeau d’assainissement, comblement osseux, régénération) destinées à la poche, pas au seul recouvrement du collet.
Prévenir une nouvelle perte de gencive
On ne prévient pas toutes les récessions, surtout avec un tissu héréditairement fin. On réduit en revanche celles liées à l’infection et au frottement. La Mayo Clinic fixe un cadre simple. Deux minutes de brossage au moins deux fois par jour, fil au moins une fois par jour, contrôles tous les six à douze mois, plus souvent en cas de sécheresse buccale, de médicaments ou de tabac. Une brosse souple se change au moins tous les trois mois. Une brosse électrique peut mieux décrocher la plaque.
Le NHS insiste sur deux gestes souvent inversés. On se brosse avec un dentifrice fluoré, on crache, on ne rince pas. Un bain de bouche juste après le brossage emporte le fluor. Le nettoyage entre les dents (fil ou brossettes) se fait chaque jour. Le tabac se coupe. Les personnes enceintes ou diabétiques de type 2 sont invitées à des contrôles plus attentifs.
Le NIDCR ajoute le fluor dans le dentifrice, un outil interdentaire adapté et l’arrêt de toutes les formes de tabac. La Cleveland Clinic reprend la brosse souple, le fil quotidien et des détartrages au rythme convenu, parfois plus serré que le semestre classique.
- Brossez sans appuyer, car le film bactérien se décolle avec des poils souples, pas avec la force du poignet.
- Passez chaque jour entre les dents, avec une brossette dont le diamètre ne force pas la gencive.
- Cracher le dentifrice sans rincer laisse le fluor agir sur l’émail et le cément exposé.
- Un bijou de bouche qui touche une gencive se retire avant qu’une fente s’approfondisse.
Le tabac retarde la cicatrisation et diminue le succès des traitements, rappelle le NIDCR. Le dire au dentiste sert à caler le rythme des visites et le moment d’une greffe. L’alcool apparaît comme facteur associé dans la méta-analyse de 2025. Une gouttière de nuit protège les collets si vous serrez. Un dentifrice dit « spécial gencives » ne remplace pas le geste.
Recul des gencives : quand consulter
Dès que les racines se voient davantage ou qu’une sensibilité nouvelle s’installe, un rendez-vous chez le chirurgien-dentiste s’impose. La Cleveland Clinic demande de ne pas attendre la douleur. Le NHS, pour la maladie des gencives, conseille une consultation si les gencives saignent, sont douloureuses et gonflées, ou si l’haleine reste mauvaise, y compris chez un enfant.
Une urgence dentaire se discute le jour même si une dent se déchausse nettement, si un abcès apparaît, si des ulcérations ou une plaque rouge atypique se forment, ou si une boule croît dans la bouche. En France, le premier appel reste votre cabinet. S’il est fermé, le 15 (SAMU) ou le 112 prennent le relais lorsque s’ajoutent fièvre, gonflement du visage, gêne à respirer ou à avaler. Ces numéros ne remplacent pas un détartrage de routine.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Dents plus longues, sensibilité au froid ou au sucré | Prendre rendez-vous chez le chirurgien-dentiste |
| Gencives qui saignent au brossage ou en mordant une pomme | Consultation rapide, sans attendre le contrôle annuel |
| Haleine persistante malgré un brossage soigneux | Faire examiner les gencives, le tartre et les poches |
| Dent mobile, pus entre la dent et la gencive, ou abcès | Urgence dentaire le jour même |
| Gonflement du visage, fièvre, gêne à respirer ou à avaler | Appeler le 15 ou le 112 |
Entre deux visites, notez depuis quand la sensibilité a commencé, si un piercing est en place, si vous avez changé de brosse, et quels médicaments vous prenez. Ces détails évitent de perdre le rendez-vous en hypothèses. Demandez qu’on vous communique les profondeurs de poche et la hauteur de récession. Ce sont des chiffres que vous pourrez comparer l’année suivante.
Un contrôle tous les six à douze mois suffit à beaucoup d’adultes, écrit la Mayo Clinic. Après une parodontite, l’ADA oriente plutôt vers un rythme de trois à six mois. Votre dentiste adaptera cet intervalle.
Questions fréquentes
Le déchaussement des dents, est-ce la même chose que le recul des gencives ?
Dans le langage courant, oui. On parle de déchaussement quand la dent paraît plus longue et que la racine se voit. Pour le dentiste, le mot recouvre aussi la perte d’os et d’attache, pas seulement le recul visible de la marge. Une mesure de poche et une radio disent si l’on a affaire à une récession isolée ou à une parodontite.
Un dentifrice pour dents sensibles suffit-il à traiter une récession ?
Non. Il peut calmer la douleur des tubules exposés, souvent après plusieurs semaines, selon la Cleveland Clinic. Il ne remonte pas la gencive et n’enlève pas le tartre sous la marge. Si la sensibilité résiste, un vernis, un composite ou une greffe se discutent après examen.
Faut-il retirer un piercing oral ?
Oui, si l’anneau ou la bille frotte la gencive ou risque de le faire. La Cleveland Clinic range ces bijoux parmi les causes de récession. Les retirer enlève un frottement quotidien. Cela ne referme pas à lui seul une fente déjà creusée, mais évite qu’elle s’approfondisse.
Une greffe de gencive est-elle douloureuse ?
La zone opérée et, souvent, le palais restent sensibles quelques jours. La Cleveland Clinic situe le retour à une vie normale autour de deux semaines. Des antalgiques, une alimentation tiède et le respect des consignes de brossage limitent la gêne. Une nécrose du greffon ou un recouvrement incomplet restent possibles.
Le tabac aggrave-t-il vraiment le recul des gencives ?
Le tabac est associé à plus de récessions (odds ratio 1,84 dans la méta-analyse de 2025) et, pour le NIDCR, c’est le facteur le plus marqué de la maladie parodontale. Il retarde aussi la cicatrisation. Arrêter n’efface pas les millimètres déjà perdus. Cela améliore la réponse aux soins et le pronostic d’une greffe.
Peut-on perdre une dent uniquement à cause d’une récession ?
Une récession isolée, stable, bien nettoyée, ne condamne pas la dent. Le danger vient de l’os qui s’en va, des caries de racine, d’une sensibilité qui empêche de se brosser, ou d’une parodontite non traitée. Le NHS et la Mayo Clinic lient clairement poches profondes, mobilité et perte dentaire. C’est cette évolution, pas le seul millimètre visible, qui menace la dent.
Les brossettes interdentaires blessent-elles les gencives ?
Un diamètre trop grand ou un geste brutal irrite. Un diamètre adapté, passé sans forcer, enlève la plaque là où la brosse ne va pas, ce que le NHS et le NIDCR recommandent chaque jour. Le dentiste ou l’hygiéniste choisit la taille. Mieux vaut une brossette un peu étroite qu’une brossette qui lacère la papille.

Conclusion
Le recul des gencives est fréquent, souvent silencieux, et irréversible sans chirurgie. Les chiffres de 2025 (81,1 % à 1 mm, 48,4 % à 3 mm) montrent qu’il ne suffit pas d’attendre d’avoir 65 ans pour regarder ses collets. Ce qui se gagne, ce n’est pas un retour à la gencive d’origine. C’est l’arrêt de l’inflammation, la protection de la racine et, si le type de récession s’y prête, un recouvrement partiel ou complet par greffe.
Avant de chercher un gel dit régénérant, faites mesurer vos poches et la hauteur de récession. Demandez si le tableau est plutôt un traumatisme de brossage, une parodontite, ou les deux, et si vos lésions sont de type RT1, RT2 ou RT3. Ces trois lettres valent mieux qu’une promesse de sourire neuf. Elles disent si une greffe a une chance réelle, ou si le travail utile est d’abord le surfaçage et le changement de brosse.
Si une dent bouge, si un abcès se forme ou si le visage gonfle avec de la fièvre, le 15 ou le 112 s’imposent. Dans tous les autres cas, un rendez-vous chez le chirurgien-dentiste, avec vos questions sur le sondage et le rythme de suivi, est le prochain geste utile.
Sources
- Gum Recession: Causes, Prevention, Surgery & Treatment. Cleveland Clinic, 14 avril 2022.
- Periodontitis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 24 février 2023.
- Periodontitis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 24 février 2023.
- NHS : Gum disease. National Health Service, mis à jour en 2026.
- Marschner F, Lechte C et al. : Systematic review and meta-analysis on prevalence and risk factors for gingival recession. Journal of Dentistry, avril 2025.
- Yadav VS, Gumber B et al. : Global prevalence of gingival recession: A systematic review and meta-analysis. Oral Diseases, novembre 2023.
- Imber JC, Kasaj A : Treatment of Gingival Recession: When and How?. International Dental Journal, juin 2021.
- Cairo F, Nieri M, Pagliaro U : Efficacy of periodontal plastic surgery procedures in the treatment of localized facial gingival recessions. A systematic review. Journal of Clinical Periodontology, avril 2014.
- Sanz M, Herrera D et al. : Treatment of stage I-III periodontitis-The EFP S3 level clinical practice guideline. Journal of Clinical Periodontology, juillet 2020.
- Periodontitis. American Dental Association, 9 juin 2022.
- National Institute of Dental and Craniofacial Research : Periodontal (Gum) Disease. National Institutes of Health, mis à jour en août 2026.
- Periodontitis. Merck Manual Consumer Version, avril 2025.
