Transfert d’embryons : déroulement et chances de succès

Transfert d'embryons : déroulement et chances de succès

Le transfert d’embryons est l’étape de la fécondation in vitro (FIV) où un embryon obtenu au laboratoire est déposé dans l’utérus à l’aide d’un cathéter fin. Le geste, le plus souvent réalisé sans anesthésie générale et guidé par échographie, vise une nidation dans l’endomètre quelques jours plus tard.

La recommandation européenne de 2024 (ESHRE) indique qu’aucun facteur clinique ou embryologique, à lui seul, ne justifie de transférer deux embryons plutôt qu’un seul lorsque plusieurs embryons sont disponibles. L’avis américain de 2021 (ASRM) conserve encore des plafonds selon l’âge, ce qui montre que les pays ne tranchent pas de la même façon.

Une revue Cochrane de 2021 trouve une naissance vivante cumulée comparable entre stratégie classique (transfert frais puis, si besoin, embryons congelés) et congélation totale, autour de 58 % contre 57 à 63 %, avec moins de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) dans la seconde approche (environ 1 % contre 3 %). Le test sanguin de grossesse est en général prévu 9 à 14 jours après le geste. Un saignement abondant, une fièvre au-dessus de 38 °C ou un essoufflement imposent un avis médical, et le 15 ou le 112 en cas de détresse.

Qu’est-ce qu’un transfert d’embryons ?

C’est le dépôt, dans la cavité utérine, d’un ou plusieurs embryons cultivés après fécondation des ovocytes par les spermatozoïdes hors du corps. Sans cette étape, la FIV s’arrête au laboratoire. La nidation, si elle a lieu, survient en général 6 à 10 jours après la ponction d’ovocytes pour un transfert frais, d’après la Mayo Clinic (page de 2023).

Le parcours commence par une stimulation ovarienne, puis une ponction. Les ovocytes sont mis en présence des spermatozoïdes, parfois par injection d’un spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI, injection intracytoplasmique de spermatozoïde). Les embryons sont ensuite observés au laboratoire pendant quelques jours. Le transfert peut suivre tout de suite (embryon dit frais) ou plus tard, après congélation et décongélation, lorsque l’utérus est préparé autrement.

Le dépôt a lieu le plus souvent 3 à 5 jours après la ponction et la fécondation, d’après MedlinePlus (encyclopédie mise à jour en 2026). La Mayo Clinic élargit la fenêtre à 2 à 6 jours. La Cleveland Clinic (fiche de 2022) décrit un geste habituellement plus court que 10 minutes, ressenti comme un examen pelvien. Un sédatif léger est parfois proposé, sans que l’anesthésie générale soit la règle.

Si l’embryon s’accroche à l’endomètre et continue de se développer, une grossesse peut commencer. Rien n’est acquis au moment du cathéter. Une part des embryons ne s’implante pas, une part des nidations s’arrête tôt, et le résultat se lit d’abord sur un dosage sanguin d’hormone chorionique gonadotrope (hCG), pas sur les sensations du jour même.

Transfert d'embryon lors de la FIV

Dans quels cas un transfert d’embryons est-il proposé ?

Il entre dans un traitement d’AMP lorsque la conception sans assistance médicale a peu de chances de réussir, ou lorsqu’un test génétique sur l’embryon est envisagé. Parmi les motifs cités par MedlinePlus figurent l’âge maternel avancé, des trompes lésées ou bouchées, l’endométriose, une infertilité masculine (nombre ou mobilité des spermatozoïdes diminués, obstacle), une infertilité inexpliquée et le syndrome des ovaires polykystiques.

Les fibromes qui gênent l’accrochage à la muqueuse, une ligature des trompes antérieure, le risque de transmettre une maladie génétique (avec un dépistage préimplantatoire) et la préservation de la fertilité avant un traitement susceptible d’altérer les ovaires figurent aussi, dans la fiche Mayo Clinic, parmi les motifs de FIV. Un don d’ovocytes, un don d’embryons ou le recours à une gestatrice relèvent aussi de ce geste, avec des règles de nombre d’embryons plus strictes (voir plus bas).

Ces indications ne dictent pas, à elles seules, le nombre d’embryons à déposer ni le choix entre frais et congelé. Le médecin tient compte de la réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation, de la qualité embryonnaire et des risques propres à une grossesse multiple. Les protocoles français peuvent différer des textes américains ou britanniques. Le centre qui vous suit applique la recommandation locale.

Quelques situations concrètes reviennent souvent en consultation.

  • Les trompes obstruées empêchent l’ovule fécondé de gagner l’utérus sans un passage par le laboratoire.
  • Un spermogramme très altéré oriente vers l’ICSI, puis vers le même type de dépôt utérin.
  • L’endométriose peut associer douleur, adhérences et baisse de fertilité, sans rendre le geste inutile pour autant.
  • Après plusieurs essais sans diagnostic clair, la FIV reste une option parmi d’autres, discutée avec vous.

Comment se déroule le geste ?

Vous êtes en général éveillée. Un spéculum expose le col, qui est nettoyé. Un cathéter souple, chargé de l’embryon dans un très petit volume de milieu, traverse le col jusqu’à la cavité. L’équipe dépose alors l’embryon, retire le matériel et vérifie au microscope qu’il n’est pas resté dans le tube. La sensation, comparée par la Cleveland Clinic à celle d’un frottis, se limite souvent à des crampes légères ou à la gêne d’une vessie pleine, utile pour l’échographie abdominale.

L’avis technique de l’ASRM de 2017 sur la manière de réaliser le transfert, toujours cité dans les documents de pratique de la société, donne une preuve de niveau A en faveur du guidage par échographie abdominale. Le même texte privilégie un cathéter souple plutôt qu’un cathéter rigide (également niveau A). Le but est de limiter le traumatisme de l’endomètre et de contrôler le lieu de dépôt. L’avis recommande aussi, avec un niveau de preuve plus faible, de retirer le mucus cervical. L’anesthésie de routine n’est pas soutenue par des données claires, et les antibiotiques prophylactiques n’ont pas montré de bénéfice sur le taux de grossesse dans l’essai retenu.

Une vessie mi-pleine aide souvent l’image échographique. Après le geste, la vessie peut être vidée. Des pertes claires ou teintées de sang juste après viennent fréquemment du nettoyage du col, pas d’une fausse couche. Une tension mammaire liée aux œstrogènes, un ballonnement, des crampes modérées et une constipation sont aussi décrits par la Mayo Clinic. Ces signes ne disent pas si l’embryon s’est implanté.

Un transfert d’essai (sans embryon) est parfois fait avant le cycle, pour mesurer la profondeur utérine et anticiper un passage difficile. Ce n’est pas une obligation universelle. Si le cathéter bute, l’opérateur peut changer de matériel ou s’aider davantage de l’image. Un geste difficile n’annule pas à lui seul toute chance, mais il est noté dans le dossier.

Embryon frais ou congelé, quelle différence ?

Le transfert frais a lieu quelques jours après la ponction, pendant le même cycle de stimulation. Le transfert d’embryon congelé (souvent appelé TEC) utilise un embryon vitrifié, décongelé le jour du dépôt, dans un cycle ultérieur. La congélation totale consiste à ne pas transférer à frais et à tout vitrifier, souvent pour laisser l’ovaire et l’endomètre se calmer.

La revue Cochrane de 2021 (recherche jusqu’en septembre 2020, 8 essais et 4 712 femmes dans la méta-analyse) ne trouve probablement pas de supériorité d’une stratégie sur l’autre pour la naissance vivante cumulée (rapport des cotes 1,08). Si ce taux est de 58 % avec la stratégie classique, il se situerait entre 57 et 63 % avec la congélation totale. Le SHO pourrait baisser d’environ 3 % à environ 1 %. Le délai avant grossesse est plus long si l’on reporte le premier dépôt. Les troubles hypertensifs de la grossesse, les enfants grands pour l’âge gestationnel et un poids de naissance plus élevé (différence moyenne de 127 g) pourraient être plus fréquents après une congélation totale. La qualité de preuve est modérée pour la naissance cumulée, plus basse pour la sécurité.

Chez les femmes à pronostic bas (9 ovocytes ou moins, ou faible réserve, définie dans l’essai par un compte de follicules antraux inférieur à 5 ou une AMH inférieure à 8,6 pmol/L), un essai multicentrique chinois publié dans le BMJ en 2025 (Wei et coll., 838 participantes) a observé l’inverse du slogan « tout congeler ». La naissance vivante après le premier transfert était de 32 % après congélation totale contre 40 % en frais, et le cumul à un an de 44 % contre 51 %. Ce résultat ne s’applique pas aux fortes répondeuses, pour lesquelles le SHO pèse davantage.

Au moment de choisir, la congélation totale se discute surtout s’il existe un risque de SHO, une réponse ovarienne très importante, ou un test génétique sur l’embryon qui impose d’attendre le résultat. Le médecin du centre tranchera selon votre dossier. Un chiffre unique « frais meilleur » ou « congelé meilleur » ne tient pas.

Critère Stratégie avec transfert frais Congélation totale
Naissance vivante cumulée autour de 58 % 57 à 63 % (Cochrane 2021)
SHO autour de 3 % autour de 1 %
Troubles hypertensifs référence de l’essai risque possiblement plus élevé
Poids de naissance référence +127 g en moyenne (singletons)
Délai avant grossesse plus court si les taux sont proches premier dépôt reporté
Pronostic bas (essai 2025) 40 % de naissance au 1er transfert 32 % de naissance au 1er transfert

Transfert au jour 3 ou au stade blastocyste ?

Au jour 2 ou 3, l’embryon est au stade clivé (quelques cellules). Au jour 5 ou 6, s’il poursuit sa croissance, il devient un blastocyste, boule de cellules avec une cavité. Attendre ce stade permet de trier les embryons qui se développent encore en laboratoire. L’inconvénient est qu’un embryon capable de s’implanter in utero peut s’arrêter in vitro.

La revue Cochrane mise à jour en 2026 (36 essais, 8 389 femmes, recherches jusqu’en octobre 2024) indique que le transfert de blastocyste peut un peu augmenter la naissance vivante cumulée à 12 mois (données de faible certitude) et augmente probablement la naissance après un seul transfert frais. Si 32 % des femmes ont un enfant après un transfert frais au stade clivé, 37 à 43 % pourraient l’avoir après un blastocyste. Le risque d’accouchement prématuré cumulé augmente probablement. Il peut y avoir moins d’embryons à congeler, et un peu plus de cycles sans aucun embryon à déposer.

Ces résultats concernent surtout des femmes de bon pronostic, plus jeunes et avec plusieurs embryons. Ils ne doivent pas être collés tels quels à une faible réserve. Le laboratoire de votre centre indique, cycle après cycle, si la cohorte d’embryons justifie d’attendre le jour 5. Un transfert au jour 3 n’est pas un échec de technique. C’est parfois le choix le plus prudent lorsqu’il reste peu d’embryons.

Un embryon de 3 jours contient souvent 6 à 10 cellules, et au cinquième ou sixième jour le blastocyste a un groupe cellulaire interne (futur embryon) et une couche externe (futur placenta), d’après la Mayo Clinic. Cette morphologie aide le biologiste à classer les embryons, sans garantir à elle seule une naissance.

Combien d’embryons transférer ?

Un seul embryon, choisi parmi plusieurs, est devenu l’option de référence pour limiter les jumeaux et les triplés. L’ESHRE, dans sa recommandation de 2024, conclut qu’aucun facteur (âge, échecs antérieurs, durée d’infertilité, aspect de l’endomètre, critères embryonnaires au stade clivé) ne justifie à lui seul un double transfert plutôt qu’un transfert électif d’un seul embryon (eSET). Les femmes de moins de 38 ans devraient recevoir un eSET (recommandation forte, preuve modérée). Au-delà, l’eSET reste recommandé, avec une preuve plus fragile. Pour les ovocytes de donneuse, les embryons donnés et les gestatrices, seul l’eSET est retenu. Transférer plus de deux embryons n’est plus une stratégie défendue.

L’ASRM, dans son avis de 2021, vise aussi la grossesse unique mais laisse des plafonds selon l’âge et le pronostic lorsque les embryons ne sont pas testés pour l’aneuploïdie. Un embryon euploïde (caryotype jugé normal après test) se limite à un, quel que soit l’âge. Avant 35 ans, un seul embryon est fortement encouragé. Entre 38 et 40 ans, le plafond proposé est de 3 embryons clivés non testés ou 2 blastocystes. Ces chiffres sont des maximums américains, pas des objectifs. En France, le médecin appliquera la règle du centre et le cadre national, qui peut être plus restrictif.

Deux embryons qui s’implantent donnent une grossesse gémellaire, avec plus de prééclampsie, de diabète gestationnel, d’hémorragie, de césarienne, de prématurité et de petit poids. L’ESHRE demande une information explicite sur ces risques et un consentement supplémentaire si plus d’un embryon est déposé. Vouloir « augmenter les chances d’un coup » en déposant plusieurs embryons peut surtout augmenter les complications, sans améliorer le cumul de naissances une fois les embryons congelés utilisés l’un après l’autre.

Processus de transfert d'embryon

Quelles sont les chances de naissance vivante ?

Elles dépendent surtout de l’âge au moment où les ovocytes ont été prélevés, de la cause d’infertilité, du nombre et de la qualité des embryons, et du fait qu’on compte un transfert isolé ou tout le stock issu d’une ponction. Les CDC, dans la surveillance américaine de 2022 (page de décembre 2024), ont recensé 435 426 cycles d’AMP chez 251 542 personnes, dans 457 centres déclarants. Ces cycles ont donné 94 039 accouchements d’enfants nés vivants et 98 289 nouveau-nés, soit environ 2,6 % des naissances du pays. Une grande part (184 423 cycles) était de la mise en banque d’ovocytes ou d’embryons, sans transfert immédiat. Ces totaux décrivent les États-Unis. Ils ne sont pas un taux personnel.

L’écart entre taux de grossesse (test positif) et taux de naissance vivante (enfant né vivant) est souligné par la Mayo Clinic. Le premier est toujours plus élevé. Même un singleton conçu par FIV a un risque un peu plus élevé de prématurité et de petit poids qu’un singleton conçu sans AMP, d’après MedlinePlus. Les jumeaux majorent encore ce risque. C’est pourquoi les registres mettent en avant la naissance unique à terme, pas le seul test positif.

Les chiffres de centre à centre se comparent mal. L’âge des patientes, la part de dons d’ovocytes et la politique d’eSET changent le numérateur et le dénominateur. Un centre qui transfère souvent deux embryons peut afficher plus de « grossesses » et plus de prématurité. Demandez le taux de naissance unique par transfert, et le cumul après utilisation des embryons congelés, plutôt qu’un pourcentage isolé. Les recommandations du médecin, en France, s’appuient sur votre dossier plus que sur une moyenne nationale étrangère.

La fausse couche après FIV avec embryons frais, toujours selon la Mayo Clinic, reste du même ordre qu’après une conception spontanée, autour de 15 % dans la vingtaine et au-delà de 50 % dans la quarantaine. L’âge pèse plus que le cathéter. Une grossesse extra-utérine reste possible, même si l’embryon a été déposé dans l’utérus. Toute douleur latérale intense, un malaise ou une douleur d’épaule pendant les semaines qui suivent méritent un avis urgent.

Que faire après le transfert ?

Le repos strict au lit n’améliore pas les chances. L’ASRM (avis de 2017, preuve de niveau A) ne le recommande pas. MedlinePlus indique qu’un repos le jour même peut être proposé, mais que l’alitement complet n’est pas nécessaire, sauf risque accru de SHO. La plupart des femmes reprennent leurs activités habituelles le lendemain. Évitez les sports violents et les rapports si les ovaires sont encore très augmentés de volume, car la Mayo Clinic signale un inconfort et, rarement, un accident ovarien.

La progestérone, hormone qui prépare l’endomètre, est en général poursuivie. MedlinePlus décrit des prises quotidiennes (injections ou comprimés) pendant 8 à 10 semaines après le dépôt, parfois jusqu’à 8 à 12 semaines de grossesse si le test est positif. Un déficit trop marqué à ce stade peut être associé à une fausse couche. La forme, la dose et la durée sont fixées par le centre. N’arrêtez pas le traitement sans consigne, et n’ajoutez pas un produit « pour aider » sans en parler au médecin ou au pharmacien.

Le test sanguin de grossesse est le rendez-vous qui compte. Il est situé environ 9 à 14 jours après le transfert d’après la Cleveland Clinic, plutôt 12 à 14 jours d’après MedlinePlus. Un test urinaire trop tôt peut rester négatif alors que le sang est déjà positif, ou l’inverse si de l’hCG de déclenchement circule encore. Respectez la date donnée par le laboratoire. Un résultat positif est ensuite contrôlé par échographie, afin de voir un sac dans l’utérus et une activité cardiaque. Votre centre vous donnera son calendrier.

En attendant le dosage, les crampes, de légères pertes et le ballonnement sont fréquents. Ils n’annoncent ni le succès ni l’échec. Boire, dormir et limiter le tabac et l’alcool restent des mesures de bon sens. Aucune position allongée, aucun aliment particulier et aucun « protocole miracle » n’ont la force d’une preuve comparable à celles du guidage échographique ou de l’eSET.

L’éclosion assistée change-t-elle le résultat ?

L’éclosion assistée (assisted hatching) consiste à amincir ou à ouvrir la zone pellucide, coque qui entoure l’embryon, juste avant le transfert, dans l’espoir de faciliter la sortie du blastocyste. La revue Cochrane de 2021 (39 essais, 7 249 femmes, données jusqu’en mai 2020) ne permet pas de conclure sur la naissance vivante (rapport des cotes 1,09). Si ce taux est d’environ 28 % sans la technique, il se situerait entre 27 et 34 % avec la technique. Les grossesses multiples pourraient augmenter un peu (environ 9 % vers 10 à 14 %). L’effet sur les fausses couches est incertain.

Ces chiffres plaident contre un usage automatique. Percer la coque comporte aussi un risque de lésion de l’embryon. Lorsque le biologiste ouvre déjà la zone pour une biopsie (test génétique) ou pour réduire le volume de l’embryon avant congélation, il ne s’agit plus du même geste que l’éclosion « de confort » le jour du transfert.

Si le centre vous propose l’éclosion assistée, demandez quel bénéfice en naissance vivante il observe dans votre situation (âge, embryons congelés, échecs répétés), et quel est le surcoût. Une grossesse clinique un peu plus fréquente sans gain net d’enfants nés vivants, avec plus de jumeaux, n’est pas un progrès.

Quels signes justifient un avis médical ?

Le transfert lui-même est peu risqué. Les complications graves viennent surtout de la stimulation (SHO), de la ponction (saignement, infection, blessure d’un organe de voisinage) ou d’une grossesse mal située. MedlinePlus demande de contacter le médecin en cas de fièvre au-dessus de 38 °C, de douleur pelvienne, de saignement vaginal abondant ou de sang dans les urines.

Le SHO survient chez environ 3 à 6 % des femmes en FIV, d’après MedlinePlus (page de 2025). Les ovaires gonflent et du liquide peut passer dans l’abdomen, parfois vers le thorax. Les formes graves associent une prise de poids rapide (4,5 kg en 3 à 5 jours), une oligurie, des nausées, des vomissements et un essoufflement. Des caillots, une insuffisance rénale et un épanchement massif restent rares mais graves. Si un SHO important est diagnostiqué avant un transfert frais, l’équipe peut tout congeler et attendre, ce qui rejoint la baisse de SHO observée dans la revue Cochrane sur la congélation totale.

Restez en contact avec le centre qui a fait la ponction. En France, une détresse respiratoire, une douleur thoracique, un malaise, une jambe douloureuse et gonflée ou une douleur pelvienne brutale relèvent du 15 ou du 112. N’attendez pas le lendemain « pour voir » si vous peinez à respirer ou si vous urinez à peine.

Signe Conduite
Fièvre au-dessus de 38 °C Appeler le centre de PMA ou le médecin traitant le jour même
Douleur pelvienne forte ou saignement abondant Avis du centre ; 15 ou 112 si malaise ou saignement incontrôlé
Prise de poids rapide, essoufflement, urines très rares Suspecter un SHO ; avis urgent, 15 ou 112 si détresse
Douleur de poitrine ou jambe gonflée et douloureuse Possible thrombose ; appeler le 15 ou le 112
Douleur d’un seul côté, épaule, malaise Évoquer une grossesse extra-utérine ; 15 ou 112

MedlinePlus, pour un SHO peu intense, propose repos avec les jambes un peu surélevées, 1,5 à 2 litres de liquide par jour, paracétamol, et d’éviter l’effort violent ainsi que les rapports (risque de torsion ou de kyste). Une pesée quotidienne aide à voir une prise de plus d’environ 1 kg par jour. Ces mesures ne remplacent pas l’avis du centre. Le médecin ou le pharmacien indiquera les antalgiques adaptés en France.

Questions fréquentes

Le transfert d’embryons est-il douloureux ?

Le plus souvent non. La Cleveland Clinic et la Mayo Clinic décrivent un inconfort du spéculum, des crampes légères et parfois la gêne d’une vessie pleine. Un sédatif peut être proposé, l’anesthésie générale n’est pas la règle. Signalez une douleur vive pendant le geste, afin que l’opérateur s’arrête et adapte le matériel.

Faut-il rester couchée plusieurs heures après le geste ?

Non. L’ASRM (2017) dispose d’une preuve de niveau A contre le repos au lit après le transfert, et MedlinePlus précise que l’alitement complet n’est pas nécessaire en l’absence de SHO. Vous pouvez en général marcher, rentrer chez vous et reprendre une activité calme. Un sport intense ou des rapports restent à éviter tant que les ovaires sont très volumineux.

Quand le test de grossesse est-il fiable ?

Un dosage sanguin d’hCG 9 à 14 jours après le transfert, selon la Cleveland Clinic, ou 12 à 14 jours selon MedlinePlus, est la référence. Un test trop précoce induit en erreur. La date inscrite par votre laboratoire prime sur un calendrier lu ailleurs, car le jour 0 n’est pas le même selon le stade de l’embryon.

Que deviennent les embryons qui ne sont pas déposés ?

S’ils sont de qualité suffisante, ils peuvent être vitrifiés pour un autre essai, un projet d’enfant ultérieur, un don ou, selon les règles du centre, une autre destination prévue par le consentement. Tous les embryons ne survivent pas à la décongélation, mais la majorité y parvient dans les laboratoires actuels, d’après la Mayo Clinic. Ces choix se discutent avant la ponction, pas dans le couloir après le transfert.

Un premier transfert négatif empêche-t-il d’en faire un autre ?

Non. Le cumul de naissances repose souvent sur les embryons congelés restants, sans nouvelle stimulation. L’ESHRE rappelle que le nombre d’échecs antérieurs ne justifie pas, à lui seul, de passer à deux embryons. Un bilan (utérus, timing, qualité embryonnaire) peut être proposé. Le délai avant un nouvel essai se fixe avec l’équipe, surtout après un SHO.

Le transfert congelé est-il toujours préférable au frais ?

Non. La revue Cochrane de 2021 trouve des naissances cumulées comparables, avec moins de SHO après congélation totale, au prix possible d’un délai plus long et de certains risques obstétricaux. Chez les femmes à pronostic bas, l’essai de 2025 publié dans le BMJ a même observé plus de naissances en frais. La décision est individuelle, surtout s’il existe un risque d’hyperstimulation.

Mère et bébé en pleine nature

Conclusion

Le transfert d’embryons n’est pas un acte anonyme au bout d’une FIV. C’est un geste court, le plus souvent guidé par échographie, dont le succès se juge à la naissance d’un enfant, de préférence unique, et non au seul test positif. Les textes récents ont déplacé le débat. L’ESHRE de 2024 pousse franchement vers un seul embryon. La Cochrane de 2021 retire à la congélation totale le statut de stratégie supérieure pour toutes, tout en confirmant son intérêt contre le SHO. La Cochrane de 2026 nuance l’avantage du blastocyste, réel sur un transfert frais, moins net sur le cumul, avec plus de prématurité.

Avant le rendez-vous de transfert, demandez par écrit combien d’embryons l’équipe prévoit de déposer, pourquoi, et ce qu’il adviendra des autres. Faites préciser si un transfert frais reste raisonnable ou si une congélation totale est envisagée en cas de forte réponse ovarienne. Notez le numéro d’astreinte du centre, les seuils de fièvre (38 °C) et de prise de poids, et le réflexe 15 ou 112 pour l’essoufflement, la douleur thoracique ou le malaise. Ces questions tiennent en une feuille. Elles valent mieux qu’un pourcentage lu sur un site généraliste.

Si le test est négatif, les embryons encore congelés restent une chance concrète, sans nouvelle ponction. Si le test est positif, le suivi précoce cherche un sac dans l’utérus et surveille un éventuel SHO qui s’aggraverait avec la grossesse. Dans les deux cas, le prochain pas se discute avec le médecin qui connaît votre dossier, selon les règles applicables en France, et non d’après une moyenne américaine ou un essai unique.

Sources

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  2. In vitro fertilization (IVF). MedlinePlus, 17 mars 2026.
  3. IVF (In Vitro Fertilization): Procedure & How It Works. Cleveland Clinic, 2 mars 2022.
  4. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine : Guidance on the limits to the number of embryos to transfer: a committee opinion. Fertility and Sterility, septembre 2021.
  5. ESHRE Guideline Group on the Number of Embryos to Transfer : ESHRE guideline: number of embryos to transfer during IVF/ICSI. Human Reproduction, 14 février 2024.
  6. Zaat T, Zagers M et al. : Fresh versus frozen embryo transfers for assisted reproduction. Cochrane Database of Systematic Reviews, 4 février 2021.
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  11. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine : Performing the embryo transfer: a guideline. Fertility and Sterility, avril 2017.
  12. Ovarian hyperstimulation syndrome. MedlinePlus, 18 août 2025.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.