Urologues : que soignent-ils et quand consulter

Urologues : que soignent-ils et quand consulter

L’urologue est un médecin-chirurgien qui diagnostique et traite les maladies des voies urinaires chez la femme et chez l’homme, ainsi que celles de l’appareil génital masculin. Il peut aussi prendre en charge certaines affections des glandes surrénales, et tous les urologues reçoivent une formation opératoire, même si une partie d’entre eux exercent ensuite surtout en consultation, en endoscopie ou dans une surspécialité.

Une hématurie n’est pas un détail de laboratoire. Le guide AUA/SUFU amendé en 2025 estime qu’elle représente plus de 20 % des évaluations en urologie, et une étude prospective de plus de 3 500 personnes orientées pour ce motif a trouvé un cancer des voies urinaires chez 13,2 % des patients avec un saignement visible, contre 3,1 % lorsque le sang n’apparaissait qu’au microscope.

Chez les hommes de 65 ans et plus, le NIDDK (données de 2024) estime qu’une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) associée à des symptômes urinaires figure dans 29 à 33 % des dossiers. Une cystoscopie flexible au cabinet dure souvent 5 à 15 minutes. Fièvre avec douleur lombaire, vessie pleine sans miction possible ou caillots dans les urines relèvent d’un avis urgent, au besoin en appelant le 15 ou le 112.

Que soigne un urologue

Un urologue s’occupe des reins en tant qu’organes des voies urinaires, des uretères, de la vessie, de l’urètre, de la prostate et, chez l’homme, du pénis, des testicules et des structures voisines. La Cleveland Clinic rappelle que le mot « génito-urinaire » désigne justement ce croisement entre filtration de l’urine et organes de la reproduction, étroitement liés sur le plan anatomique.

Le métier n’est pas réservé aux hommes d’âge mûr. Les infections urinaires fréquentes, l’incontinence, le sang dans les urines, le syndrome douloureux de la vessie, les calculs, les cancers de la vessie ou du rein et le prolapsus d’organes pelviens concernent aussi les femmes. Chez l’enfant, la même spécialité traite des malformations urinaires présentes dès la naissance. Les glandes surrénales, posées au sommet des reins, relèvent parfois de l’urologue lorsqu’une tumeur ou une anomalie chirurgicale est en cause.

Plusieurs surspécialités existent après la formation générale. L’urologie pédiatrique, l’oncologie urologique, la transplantation rénale, l’infertilité, les troubles sexuels, la reconstruction génito-urinaire et la chirurgie mini-invasive (endoscopie, cœlioscopie, robot) sont des orientations fréquentes. Votre médecin traitant oriente souvent vers le praticien dont l’activité correspond le mieux au problème, plutôt que vers « l’urologue » générique du quartier.

Jet faible, envies fréquentes, fuites, douleur en urinant ou difficulté à concevoir font partie du quotidien de ce cabinet. Un entretien précis vaut mieux qu’un silence poli, car le traitement dépend du mécanisme, pas seulement du nom de l’organe.

Urologue consultant un patient

Urologue et néphrologue, deux métiers différents

Le néphrologue est un interniste de la fonction rénale, pas un chirurgien. Il suit l’insuffisance rénale, la dialyse, l’hypertension et le diabète lorsqu’ils abîment les filtres du rein, alors que l’urologue intervient quand un obstacle, un calcul, une tumeur ou une malformation empêche l’urine de s’écouler, ou lorsqu’il faut opérer.

La limite n’est pas une frontière de territoire, c’est une question de mécanisme. Une créatinine qui monte à cause d’une HBP qui bouche la vessie, d’une lithiase coincée dans l’uretère ou d’une tumeur de la voie excrétrice relève d’un drainage urologique. Une créatinine qui monte à cause d’une maladie du glomérule, d’un médicament toxique pour le rein ou d’une hypertension mal contrôlée relève d’un néphrologue. Les deux peuvent se succéder chez la même personne.

Après une obstruction levée, le néphrologue reprend souvent le suivi de la fonction restante. Un calcul récidivant peut au contraire faire travailler les deux spécialités, l’un pour le bilan métabolique, l’autre pour retirer la pierre. En France, le médecin traitant choisit l’orientation selon la pratique locale, qui peut différer d’un texte américain.

Certaines femmes voient un gynécologue pour un prolapsus ou des fuites après un accouchement, d’autres un urologue. L’essentiel est qu’un examen pelvien soit fait et qu’un résidu post-mictionnel élevé ne soit pas ignoré.

Quand consulter un urologue

Un changement durable de la miction, du sang, une douleur pelvienne, des fuites, une érection trop molle pour un rapport ou une infertilité du couple justifient un avis urologique, souvent après un premier passage chez le médecin traitant. La Cleveland Clinic y ajoute, chez la femme, une sensation de pesanteur ou d’organe qui « descend ».

Le sang visible dans les urines ne doit pas être classé comme « une cystite qui saigne » sans preuve. MedlinePlus, mis à jour en 2025, demande de consulter en particulier en cas de brûlures, d’envies fréquentes ou de perte de poids inexpliquée, et de ne pas attendre si surviennent fièvre, nausées, vomissements, frissons, douleur du flanc, caillots ou impossibilité d’uriner. Des betteraves ou certains médicaments peuvent colorer les urines en rouge ; seul un examen distingue cette teinte d’une vraie hématurie.

Appelez le 15 ou le 112 sans négocier avec la douleur dans les situations suivantes.

  • Une vessie douloureuse sans aucune miction signale une rétention aiguë, urgence décrite par le NIDDK.
  • Une fièvre avec douleur lombaire oriente vers une infection du haut appareil, parfois sur un calcul bloqué.
  • Des urines rouge sombre avec caillots exposent à un caillotage de la vessie, motif d’avis immédiat selon MedlinePlus.

Les symptômes plus lents, jet hésitant, levers nocturnes, fuites à l’effort, infections à répétition, se discutent en consultation programmée. Apporter un calendrier mictionnel de trois jours, la liste des médicaments (y compris rhume et antidépresseurs) et les résultats déjà faits accélère le raisonnement.

Situation Première démarche Recours urgent (15 ou 112)
Sang visible dans les urines Médecin, puis urologue Caillots, fièvre, impossibilité d’uriner
Douleur lombaire en vagues Avis médical rapide Fièvre, frissons, vomissements incoercibles
Vessie pleine, aucune miction Urgences Oui, rétention aiguë
Brûlures urinaires sans fièvre (femme) Médecin traitant, ECBU Fièvre et douleur de flanc associées
Jet faible, nycturie Médecin traitant, puis urologue Rétention complète
Pesanteur pelvienne, fuites Médecin, puis urologue Globe douloureux sans miction

Déroulement de la consultation et examens

La première visite commence par l’histoire des symptômes, les maladies associées, les opérations, les traitements et un examen ciblé. Chez l’homme, cela peut inclure un toucher rectal pour palper la prostate ; chez la femme, un examen pelvien. La Cleveland Clinic insiste aussi sur la liste des compléments alimentaires, souvent oubliée et parfois utile.

L’analyse d’urine avec examen microscopique reste le geste de base. Le guide AUA/SUFU 2025 définit la microhématurie par plus de 3 hématies par champ sur un échantillon correct, et refuse de s’en remettre à la bandelette seule, car myoglobine, effort, règles ou désinfectant faussent le test. Une bandelette positive doit donc être confirmée au microscope avant d’enchaîner cystoscopie et scanner.

Pour une HBP gênante, le guide AUA amendé en 2023 pose comme principe clinique un interrogatoire, un examen, le score IPSS (International Prostate Symptom Score, questionnaire de 0 à 35) et une bandelette ou un examen d’urine. Le NIDDK ajoute, selon les cas, un dosage de PSA, des tests urodynamiques, une cystoscopie ou une échographie, parfois par voie endorectale. Ces examens ne sont pas un forfait unique ; ils répondent à une question (infection, obstacle, cancer, vessie qui se vide mal).

La cystoscopie fait entrer un tube souple ou rigide, muni d’une optique, par l’urètre jusqu’à la vessie. La Mayo Clinic (2025) décrit une procédure de 5 à 15 minutes au cabinet, souvent après un gel anesthésiant, parfois plus longue sous sédation à l’hôpital. On remplit la vessie de liquide stérile ; une biopsie ou le retrait d’une petite lésion peuvent passer par le même canal. Une infection urinaire en cours fait généralement reporter le geste. Après l’examen, des brûlures ou des urines rosées pendant un jour ou deux sont fréquents. Une fièvre au-delà de 38 °C, des caillots abondants ou l’impossibilité d’uriner justifient un rappel immédiat.

Le PSA, glycoprotéine produite par la prostate, s’élève dans le cancer mais aussi dans l’HBP, une infection ou un traumatisme. Il sert au suivi après traitement d’un cancer ; son usage comme dépistage de masse n’est pas un réflexe automatique, comme le détaille plus bas la position américaine de 2018. Les marqueurs urinaires et la cytologie ne remplacent pas la cystoscopie dans le bilan d’une hématurie, point que le guide AUA/SUFU 2025 rappelle en déconseillant leur usage routinier pour décider d’une endoscopie chez les patients à risque faible ou élevé.

Infections urinaires, sang dans les urines et fuites

Une cystite aiguë isolée chez une femme par ailleurs en bonne santé se traite le plus souvent en médecine générale. L’urologue entre en scène lorsque les épisodes se répètent, qu’un homme a une infection, qu’une fièvre oriente vers le rein, ou que le sang persiste après la guérison apparente. Le guide AUA/CUA/SUFU amendé en 2025 retient, pour les femmes, la définition courante de deux cystites en six mois, avec symptômes d’apparition brutale, pus dans les urines (pyurie) et bactérie pathogène documentée.

Environ 60 % des femmes auront une cystite bactérienne aiguë au cours de leur vie, et 20 à 40 % de celles qui en ont déjà eu une en auront une autre, selon le même document. Le panel américain et canadien demande une culture à chaque épisode symptomatique avant de démarrer un antibiotique chez ces patientes, et refuse le traitement de la bactériurie asymptomatique. Il déconseille aussi le « contrôle de guérison » par ECBU chez une personne qui n’a plus de symptômes. Ces règles visent à limiter les résistances ; le médecin ou le pharmacien applique en France l’antibiogramme local, qui peut différer.

En traitement d’une cystite symptomatique, le guide 2025 cite en première ligne, selon l’antibiogramme, la nitrofurantoïne, le triméthoprime-sulfaméthoxazole et la fosfomycine, pour une durée aussi courte que raisonnable, en général pas au-delà de sept jours. Pour la prévention, il propose la canneberge, indique que le D-mannose seul peut ne pas être efficace, et recommande un œstrogène vaginal chez la femme péri- ou post-ménopausée s’il n’y a pas de contre-indication. Si la personne boit moins de 1,5 L d’eau par jour, augmenter les apports peut être proposé. La cystoscopie et l’imagerie du haut appareil ne sont pas systématiques chez la femme sans facteur de complication.

L’incontinence n’est pas une fatalité de l’âge. Elle peut suivre une grossesse, une prostatectomie, une vessie hyperactive ou un prolapsus. L’urologue distingue fuites à l’effort, urgenturie et trop-plein sur obstruction. Rééducation, médicaments de vessie ou chirurgie se discutent ensuite, sans promesse d’un résultat identique pour tous. Un prolapsus avec sensation de boule vaginale fait partie des motifs listés par la Cleveland Clinic.

Prostate, hypertrophie bénigne et cancer

L’HBP est une augmentation non cancéreuse de la prostate, la maladie prostatique la plus fréquente après 50 ans. Le NIDDK, dans son rapport de 2024, estime la prévalence sur dossiers à 5 à 6 % des hommes de 40 à 64 ans et à 29 à 33 % de ceux de 65 ans et plus. La taille de la glande ne prédit pas à elle seule la gêne ; une prostate peu volumineuse peut beaucoup gêner, une grosse prostate presque pas.

Le jet qui met du temps à démarrer, le filet qui s’interrompt, les gouttes de la fin, la nycturie et l’impression de mal vider la vessie sont les plaintes habituelles. Des médicaments du rhume, des antihistaminiques, des antidépresseurs ou des diurétiques peuvent aggraver le tableau. Sans traitement, le risque n’est pas seulement le confort. Rétention, infections à répétition, calculs vésicaux et, plus rarement, retentissement rénal justifient d’en parler même si « on s’y est habitué ». L’impossibilité totale d’uriner est une urgence.

La simple surveillance a sa place si les symptômes pèsent peu. Les alpha-bloquants relâchent le col vésical et la prostate ; les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase réduisent le volume lorsque la glande dépasse 30 g, que le PSA dépasse 1,5 ng/mL ou que le toucher rectal trouve une prostate agrandie, recommandation modérée du guide AUA 2023. Ces derniers agissent plus lentement et exposent à des effets sexuels qu’il faut annoncer avant la première boîte. Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, déjà utilisés pour l’érection, améliorent un peu les scores urinaires. Une revue Cochrane de 2018 (16 essais) trouve une baisse d’environ 1,89 point d’IPSS par rapport au placebo, au prix de plus d’effets indésirables, et une efficacité proche de celle des alpha-bloquants sur une durée courte, le plus souvent 6 à 12 semaines.

L’amendement AUA 2023 a retiré les mentions de thermothérapie micro-ondes (TUMT) et d’ablation transurétrale à l’aiguille (TUNA), jugées technologies anciennes, et a ajouté les dispositifs prostatiques temporaires implantés pour des prostates de 25 à 75 g sans lobe médian obstructif. Vapeur d’eau, relevage urétral prostatique, laser et résection transurétrale restent dans l’arsenal. Environ 10 % des opérés auront besoin d’une nouvelle intervention dans les 20 ans, selon le NIDDK.

Le cancer de la prostate n’est pas l’HBP. Aux États-Unis, le USPSTF (2018) estime le risque d’être diagnostiqué au cours de la vie à environ 11 % et celui d’en mourir à 2,5 %. Pour les hommes de 55 à 69 ans, la décision d’un dépistage par PSA est individuelle après discussion des bénéfices et des inconvénients ; au-delà de 70 ans, le groupe déconseille ce dépistage. Sur 1 000 hommes de 55 à 69 ans invités, le dépistage éviterait environ 1,3 décès par cancer de la prostate en 13 ans, au prix de faux positifs, de biopsies et d’un surdiagnostic estimé entre 20 et 50 % des cancers trouvés par le test. Après prostatectomie, environ un homme sur cinq garde une incontinence nécessitant des protections, et deux sur trois une dysfonction érectile durable. Ces chiffres sont américains. En France, le médecin traitant et l’urologue appliquent les recommandations locales, qui peuvent diverger.

Urologue testant un échantillon d'urine

Calculs urinaires et obstruction

Un calcul se forme lorsque des minéraux de l’urine cristallisent. S’il migre, il peut bloquer un uretère et provoquer une douleur lombaire en vagues, parfois vers l’aine, les testicules ou la vulve, avec nausées. Un petit calcul peut partir seul ; un calcul volumineux, obstructif ou très douloureux relève de l’urologue.

Le NIDDK décrit trois techniques de retrait. La lithotritie extracorporelle par ondes de choc fragmente la pierre depuis l’extérieur, souvent en ambulatoire, avec une anesthésie. La cystoscopie et l’urétéroscopie passent par les voies naturelles pour extraire ou laseriser le calcul. La néphrolithotomie percutanée, pour les gros volumes, introduit un néphroscope par une courte incision lombaire et peut imposer quelques jours d’hôpital. Une sonde urétérale (sonde JJ) est parfois laissée pour laisser l’urine s’écouler. Après extraction, l’analyse de la pierre et, souvent, un recueil d’urines de 24 heures orientent la prévention.

Boire assez reste le levier le plus constant. Sauf insuffisance rénale, le NIDDK recommande six à huit verres d’environ 240 mL par jour, davantage s’il fait chaud ou si les calculs sont cystiniques. Citrate (citron, orange), sel limité et calcium alimentaire maintenu, plutôt que collé au régime « zéro calcium », se discutent selon le type de pierre. Diurétiques, citrate de potassium, allopurinol ou antibiotiques prolongés n’ont de place qu’après ce typage, et le prescripteur français adaptera les spécialités disponibles.

Un calcul fébrile est une urgence de drainage, pas une affaire de « encore un cachet ». Vomissements et déshydratation peuvent imposer une perfusion à l’hôpital. Même sans fièvre, une douleur non contrôlée ou un rein unique obstrué ne se gèrent pas à domicile.

Érection, fertilité et maladie de La Peyronie

L’urologue traite la dysfonction érectile, l’infertilité masculine et la maladie de La Peyronie, trois motifs souvent vécus dans le silence. Une érection insuffisante de façon répétée n’est pas « l’âge, point final ». Cœur, vaisseaux, diabète, tabac, certains médicaments, chirurgie pelvienne et anxiété s’entremêlent. Le bilan commence souvent chez le médecin traitant ; l’urologue entre en jeu si le trouble persiste, s’il existe une courbure, un désir de paternité ou un échec des premières mesures.

La maladie de La Peyronie est une plaque fibreuse sous la peau du pénis, dans l’albuginée. Lors de l’érection, cette zone ne s’étire plus, d’où une courbure, un raccourcissement, parfois un aspect en sablier, et une douleur. La Mayo Clinic (2025) souligne que ce n’est pas un cancer, que la déformation se stabilise souvent après un an à un an et demi, et que la douleur tend à s’atténuer en un à deux ans alors que la plaque, elle, reste. Un traitement précoce peut limiter l’aggravation ; plus tard, il vise surtout la gêne fonctionnelle. Cette plaque n’a rien à voir avec un prépuce trop étroit.

Dans un couple qui n’obtient pas de grossesse après 12 mois de rapports sans contraception, l’homme est en cause, en tout ou partie, dans environ la moitié des cas, d’après le guide AUA/ASRM (2021). Un spermogramme, un examen des testicules et, si besoin, un bilan hormonal évitent de réduire le problème à « l’âge de la femme ». Une varicocèle, dilatation des veines du scrotum, ne se corrige pas parce qu’une échographie l’a vue. La chirurgie se discute si elle est palpable, si le couple cherche à concevoir et si le sperme est anormal, hors azoospermie ; une varicocèle seulement radiologique ne doit pas être opérée (recommandation forte, niveau C).

Un homme qui souhaite encore des enfants ne doit pas recevoir de testostérone en monothérapie, principe clinique du même guide, car l’apport extérieur peut éteindre la spermatogenèse. Les extraits et vitamines n’ont pas de bénéfice clinique bien établi. Avant une chimiothérapie, une conservation de sperme se discute, de préférence sur plusieurs recueils.

Médicaments, endoscopie et chirurgie

Le traitement suit le diagnostic, pas l’inverse. Antibiotiques ciblés, alpha-bloquants, inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, inhibiteurs de la PDE5, anticholinergiques de vessie, hormonothérapie d’un cancer de prostate ou chimiothérapie n’ont de sens qu’après avoir nommé la maladie. Les posologies, les contre-indications et les interactions se lisent sur l’autorisation du médicament et se confirment avec le médecin ou le pharmacien.

Quand les comprimés ne suffisent plus, l’urologue dispose d’une gamme qui va du geste au cabinet à l’opération ouverte. La cystoscopie diagnostique peut devenir opératoire, par exemple pour retirer une petite tumeur vésicale. Le laser, la vapeur, les implants de relevage et les dispositifs temporaires visent l’HBP en épargnant souvent plus la sexualité que les anciennes résections larges, sans garantir l’absence d’effets secondaires. La résection transurétrale de la prostate reste une référence lorsque l’obstacle est franc, qu’une rétention résiste, que des infections ou des calculs vésicaux reviennent, ou qu’une hématurie macroscopique liée à l’HBP persiste, indications de principe du guide AUA 2023.

  • La lithotritie et l’urétéroscopie traitent la plupart des calculs qui ne partent pas spontanément.
  • Une sonde vésicale décomprime en urgence une rétention, avant d’en chercher la cause.
  • Une prostatectomie, une cystectomie ou une néphrectomie s’inscrivent dans un projet oncologique, pas comme « opération de confort ».
  • La reconstruction après traumatisme et la correction d’un prolapsus relèvent aussi de cette chirurgie.
  • Une greffe rénale peut être réalisée dans des équipes d’urologie, en lien avec la néphrologie pour le suivi médical.

Après une intervention d’HBP, une sonde, des spasmes et un sang dans les urines pendant quelques jours sont habituels. Infection, sténose secondaire, éjaculation rétrograde et, parfois, trouble de l’érection font partie des risques à entendre avant de signer. Le choix se fait sur le volume prostatique, le lobe médian, le désir de préserver l’éjaculation, les autres maladies et ce que le patient refuse (un comprimé quotidien, une anesthésie générale, un geste trop nouveau pour l’équipe locale).

Questions fréquentes

Une simple cystite suffit-elle à voir un urologue ?

Non, une cystite unique et peu grave chez une femme sans facteur de risque se traite en général chez le médecin traitant. Une récidive (deux épisodes en six mois selon le guide AUA/CUA/SUFU 2025), une infection chez un homme, une fièvre ou un sang qui persiste après l’épisode changent la donne. Dans ces cas, un ECBU et un avis spécialisé évitent de multiplier les antibiotiques à l’aveugle.

Le PSA remplace-t-il le toucher rectal et la cystoscopie ?

Non. Le PSA s’élève aussi dans l’HBP et la prostatite, et un taux « normal » n’élimine pas toute lésion. Le dépistage par PSA, pour le USPSTF en 2018, est une décision individuelle entre 55 et 69 ans, déconseillée à partir de 70 ans. La cystoscopie reste l’examen de la vessie et de l’urètre ; les marqueurs urinaires ne la remplacent pas dans le bilan d’une hématurie.

L’urologue soigne-t-il les femmes ?

Oui. Les voies urinaires de la femme, infections récidivantes, incontinence, prolapsus, calculs, tumeurs de la vessie ou du rein, font partie du métier. Certaines patientes sont suivies avec un gynécologue. L’orientation dépend du symptôme dominant et des habitudes locales, pas d’une interdiction de sexe.

Combien de temps un calcul met-il à s’éliminer ?

Un petit calcul peut partir en quelques jours à quelques semaines, avec antalgiques et hydratation, parfois sans que l’on s’en rende compte. Un calcul plus gros, bloqué, infecté ou trop douloureux nécessite une fragmentation ou une extraction par l’urologue. La fièvre sur un obstacle ne se « surveille » pas à la maison.

Faut-il un courrier du médecin traitant pour consulter ?

Un courrier n’est pas une barrière clinique, mais il accélère le dossier (ECBU, PSA, échographie déjà faits, traitements en cours). En France, l’organisation et le remboursement se règlent avec le médecin traitant et l’assurance maladie. Pour une rétention ou une hématurie avec caillots, on passe par les urgences.

Une varicocèle vue à l’échographie doit-elle être opérée ?

Non, pas sur la seule image. Le guide AUA/ASRM 2021 réserve la varicocélectomie aux hommes qui tentent d’avoir un enfant, avec une varicocèle palpable et un spermogramme anormal, hors azoospermie. Une dilatation seulement radiologique ne se corrige pas dans le but d’améliorer la fertilité.

Urologie et santé masculine

Conclusion

L’urologie n’est pas une spécialité « d’hommes âgés avec la prostate ». Elle couvre le sang dans les urines, les calculs, les infections qui reviennent, les fuites, l’érection, la fertilité et des cancers dont le dépistage, aux États-Unis, n’est plus présenté comme un test annuel automatique. Les documents récents ont aussi nettoyé des habitudes, thermothérapie à l’aiguille ou micro-ondes pour l’HBP, traitement d’une bactériurie sans symptômes, varicocèle invisible à la palpation.

Si un seul geste compte après cette lecture, notez depuis quand le jet a changé, s’il y a eu du sang, de la fièvre, une douleur de flanc ou une nuit sans miction possible. Ces cinq items orientent le médecin traitant vers un ECBU, un score IPSS, une créatinine ou un avis urologique, et ils suffisent à décider d’appeler le 15 ou le 112.

Demandez ensuite, clairement, si l’on cherche une infection, un obstacle, un cancer ou un trouble fonctionnel de la vessie. La réponse évite l’empilement d’examens et permet de choisir, le moment venu, entre surveillance, médicament et geste, sans promesse de « tout enlever d’un coup ».

Sources

  1. Urologist: What Is It, When To See One & What To Expect. Cleveland Clinic, 9 juin 2025.
  2. Enlarged Prostate (Benign Prostatic Hyperplasia). National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mis à jour en juin 2024.
  3. Sandhu JS, Bixler BR, Dahm P et al. : Management of Lower Urinary Tract Symptoms Attributed to Benign Prostatic Hyperplasia (BPH): AUA Guideline Amendment 2023. Journal of Urology, janvier 2024.
  4. Urine – bloody : MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er juillet 2025.
  5. Barocas DA, Boorjian S et al. : Microhematuria: AUA/SUFU Guideline (2020, Amended 2025). American Urological Association, février 2025.
  6. Anger J, Lee U, Ackerman AL et al. : Recurrent Uncomplicated Urinary Tract Infections in Women: AUA/CUA/SUFU Guideline (2019, Confirmed 2022, Amended 2025). American Urological Association, août 2025.
  7. Cystoscopy – Mayo Clinic. Mayo Clinic, 25 octobre 2025.
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  9. Peyronie’s disease – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 6 août 2025.
  10. Diagnosis and Treatment of Infertility in Men: AUA/ASRM Guideline Part II. American Society for Reproductive Medicine, 2021.
  11. Pattanaik S, Mavuduru RS, Panda A et al. : Phosphodiesterase inhibitors for treatment of urinary problems in men with benign prostatic hyperplasia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 16 novembre 2018.
  12. Prostate Cancer: Screening. U.S. Preventive Services Task Force, 8 mai 2018.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.