
L’actée à grappes noires n’a pas d’effet constant contre les bouffées de chaleur de la ménopause. Les extraits testés dans les essais donnent des résultats contradictoires, inférieurs au traitement hormonal, et des produits vendus sous ce nom ont été liés à des atteintes du foie, parfois graves.
En 2023, la North American Menopause Society a confirmé qu’elle ne recommande pas cette plante pour les symptômes vasomoteurs, au plus haut niveau de preuve de son avis. Le comité des plantes médicinales de l’Agence européenne des médicaments classe en revanche certains extraits secs bien définis en usage bien établi pour les bouffées de chaleur et les sueurs abondantes, avec une durée maximale de six mois sans avis médical.
Une méta-analyse de 2023 portant sur 22 essais et 2 310 femmes décrit un bénéfice modeste sur les bouffées, alors que la revue Cochrane de 2012, limitée aux préparations à une seule plante, n’en trouvait pas. Les symptômes vasomoteurs touchent jusqu’à 80 % des femmes ménopausées et durent en moyenne 7 à 9 ans. Une fatigue inhabituelle, des urines foncées ou une jaunisse imposent d’arrêter le produit et de consulter sans délai.
De quelle plante s’agit-il et comment agit-elle ?
Cimicifuga racemosa, aussi nommée Actaea racemosa, est une vivace nord-américaine de la famille des renonculacées. Les préparations médicinales viennent du rhizome et des racines, pas des parties aériennes. Le NCCIH rappelle que les Amérindiens l’employaient déjà pour des douleurs menstruelles et d’autres maux, et que l’usage européen contre les troubles de la ménopause s’est surtout développé au XXe siècle.
Les composés responsables d’un éventuel effet clinique restent inconnus. On isole des glycosides triterpéniques (actéine, 23-épi-26-désoxyactéine), des acides aromatiques et d’autres constituants, mais aucun n’explique à lui seul les symptômes vasomoteurs. Beaucoup de compléments sont standardisés pour fournir au moins 1 mg de glycosides triterpéniques par jour, d’après la fiche de l’Office of Dietary Supplements des NIH. Ce chiffre sert de marqueur de fabrication, pas de preuve d’efficacité.
L’idée d’une plante « œstrogénique » a longtemps circulé. Le PDQ du National Cancer Institute indique que les extraits hydroalcooliques utilisés en clinique n’ont en général pas d’activité œstrogénique mesurable, contrairement à certains extraits lipophiles de laboratoire. Les travaux plus récents orientent plutôt vers une action centrale, notamment sérotoninergique, éventuellement opioïde, ainsi que des effets antioxydants ou anti-inflammatoires. Dans un essai de pharmacocinétique cité par le NCI, une dose unique n’a pas modifié l’estradiol, la FSH ni la LH.
Le rhizome n’est pas interchangeable avec l’actée bleue (Caulophyllum thalictroides). Le NCCIH souligne que cette autre plante a été associée, lorsqu’elle servait à déclencher l’accouchement, à des complications graves chez le nouveau-né. Un mélange des deux noms sur une étiquette peut exposer à la mauvaise plante.

Cette plante soulage-t-elle les bouffées de chaleur ?
Les preuves d’un soulagement des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes restent contradictoires, et l’ampleur d’un éventuel bénéfice est au mieux modeste. La revue Cochrane de Leach et Moore (2012) a regroupé 16 essais randomisés, soit 2 027 femmes périménopausées ou postménopausées, avec une dose médiane de 40 mg par jour pendant 23 semaines en moyenne. Pour la fréquence des bouffées, trois essais (393 femmes) ont pu être combinés : la différence était de 0,07 bouffée par jour par rapport au placebo, avec un intervalle de confiance allant de 0,43 en moins à 0,56 en plus. Les scores globaux de symptômes ne différaient pas non plus de façon significative. Le traitement hormonal réduisait davantage les bouffées et les scores que l’extrait végétal.
Une méta-analyse plus récente, publiée en juillet 2023 dans Menopause par Sadahiro et coll., aboutit à une lecture plus favorable. Vingt-deux articles, 2 310 femmes, extraits seuls ou associés à d’autres plantes : amélioration des symptômes globaux, des bouffées et des symptômes somatiques par rapport au placebo, sans gain significatif sur l’anxiété ni sur les symptômes dépressifs. Le NCCIH, qui s’appuie sur ce travail, précise que les produits combinés étaient inclus. On ne peut donc pas attribuer le résultat à une seule formule standardisée.
Deux essais nord-américains de bonne qualité, résumés par les NIH, n’ont pas montré d’avantage. L’étude HALT (351 femmes de 45 à 55 ans) comparait 160 mg par jour d’extrait éthanolique, une formule à plusieurs plantes, la même formule plus du soja, un traitement hormonal et un placebo : à 3, 6 et 12 mois, les extraits ne faisaient pas mieux que le placebo. Un essai de 2009 (88 femmes, au moins 35 bouffées ou sueurs par semaine) a testé 128 mg par jour ; le nombre de symptômes vasomoteurs baissait dans tous les groupes, sans différence nette avec le placebo.
Le contexte rend ces chiffres difficiles à lire. Dans les essais de symptômes vasomoteurs, la NAMS indique que le placebo améliore déjà 20 à 66 % des participantes, davantage chez les femmes anxieuses. Une baisse « par rapport au départ » dans une étude ouverte ne dit donc presque rien. La sécheresse vaginale, les palpitations, les acouphènes, la libido, le cœur ou la densité osseuse n’ont pas de preuve solide dans la revue Cochrane, qui n’a pas pu regrouper ces critères.
Que disent l’EMA, NICE et la NAMS ?
Les autorités ne disent pas la même chose, et le pays du document compte. La prise de position 2023 de la NAMS sur les traitements non hormonaux classe la plante parmi les compléments sans bénéfice démontré pour les symptômes vasomoteurs et ne la recommande pas, au niveau de preuve I. Elle reste, selon ce texte, la plante médicinale la plus achetée pour la ménopause aux États-Unis.
À l’échelle européenne, le comité des plantes médicinales (HMPC) de l’EMA a adopté en 2018 une monographie d’usage bien établi pour des extraits secs obtenus par éthanol ou isopropanol, destinés au soulagement des troubles de la ménopause tels que bouffées de chaleur et sueurs abondantes. L’évaluation s’appuie sur une vingtaine d’études et plus de 6 000 patientes. L’usage bien établi est une catégorie réglementaire (données bibliographiques d’au moins dix ans dans l’Union), pas un verdict d’essai unique contre placebo. Le NCI note d’ailleurs qu’un bénéfice nettement supérieur au placebo n’est pas établi de façon homogène.
Au Royaume-Uni, la recommandation 1.4.7 de NICE NG23 (formulée en 2015, conservée dans la mise à jour d’avril 2026) demande d’expliquer qu’il existe des données selon lesquelles les isoflavones ou Cimicifuga peuvent soulager les symptômes vasomoteurs, tout en précisant que de nombreuses préparations circulent, que leur sécurité est incertaine, qu’elles varient entre elles et que des interactions ont été signalées. Ce n’est pas une prescription, c’est une information à donner.
En France, le médecin ou le pharmacien applique le cadre national, distinct des compléments vendus aux États-Unis sans autorisation préalable de la FDA. Un médicament à base de plantes autorisé dans un État membre n’est pas le même objet qu’une gélule de supermarché. Demandez quelle préparation est en cause, quel solvant d’extraction, et si une notice mentionne le foie.
| Document | Position sur les symptômes vasomoteurs | Durée | Foie |
|---|---|---|---|
| NAMS 2023 | Non recommandé (niveau I) | Pas un traitement validé | Avertissement USP rappelé |
| Monographie EMA 2018 | Extraits secs définis pour bouffées et sueurs | Pas plus de 6 mois sans avis médical | Arrêt immédiat si signes d’atteinte |
| NICE NG23 | Possible soulagement, sécurité incertaine | Non fixée | Préparations variables, interactions rapportées |
| NIH ODS / NCCIH | Preuves insuffisantes ou mixtes | Essais souvent ≤ 12 mois | Cas rares, lien causal non tranché |
Quelle dose et quelle durée d’utilisation ?
Il n’existe pas de dose universelle reconnue, parce que les extraits ne sont pas chimiquement équivalents. Dans les essais Cochrane, les prises orales allaient de 8 à 160 mg par jour, médiane 40 mg, pendant 4 à 52 semaines. La spécialité la plus étudiée, Remifemin, est un extrait isopropanolique souvent dosé pour équivaloir à 40 mg de rhizome par jour (deux comprimés), sans standardisation obligatoire en glycosides triterpéniques, d’après les NIH. Un essai allemand cité par le NCI a comparé environ 39 mg et 127 mg ; les deux doses se valaient sur les symptômes, ce qui n’aide pas à viser « plus fort ».
Les milligrammes d’extrait sec européen (quelques milligrammes par prise selon le type d’extraction) ne se comparent pas tel quel aux 40 mg de drogue brute des essais. Le rapport drogue/extrait, le solvant et la partie de plante changent le contenu. Avaler trois gélules « 500 mg de poudre » n’est pas la posologie des études positives comme des études négatives.
Sur la durée, les messages se recoupent plus qu’ils ne s’opposent. L’EMA indique de ne pas poursuivre plus de six mois sans consulter un médecin, et de voir un médecin ou un pharmacien si les symptômes persistent. Le NCI rapporte que l’absence de données de sécurité au long cours a conduit certains groupes à limiter l’usage à six mois. Le NCCIH précise que des essais ont duré jusqu’à un an sans signal grave fréquent, ce qui n’autorise pas pour autant une prise indéfinie. Les NIH soulignent qu’aucune étude publiée n’a évalué la sécurité humaine au-delà de ces horizons.
Un thé, une teinture artisanale ou un mélange « ménopause » à dix plantes sortent du cadre des extraits étudiés. Si vous achetez un complément, le pharmacien peut aider à lire l’espèce botanique (Actaea/Cimicifuga racemosa seulement), la partie utilisée et l’équivalent en rhizome. Aux États-Unis, la FDA n’approuve pas ces produits comme médicaments avant commercialisation ; dans l’Union, certains extraits relèvent du médicament à base de plantes.
Quels effets secondaires et quels signes d’atteinte du foie ?
Dans les essais, la plante est en général assez bien tolérée, avec un taux d’arrêt comparable au placebo dans la méta-analyse de 2023. Les NIH citent surtout des troubles digestifs et des éruptions, le plus souvent légers et transitoires. Douleur ou gonflement des seins, petits saignements, plaintes musculosquelettiques apparaissent aussi, à des fréquences proches du placebo. Le Merck Manual ajoute céphalées, et, à forte dose, vertiges, sueurs et baisse de tension.
Le sujet qui change la décision n’est pas la nausée, c’est le foie. LiverTox, base des NIH sur les atteintes hépatiques d’origine médicamenteuse, mise à jour en avril 2025, relie des produits étiquetés black cohosh à plus de cinquante atteintes hépatiques cliniquement apparentes, de la simple élévation d’enzymes à l’hépatite aiguë, une forme auto-immune, une cholestase prolongée, voire une insuffisance nécessitant une greffe ou d’évolution fatale. Le délai va de 1 à 48 semaines, le plus souvent 2 à 12 semaines. Le tableau est en général hépatocellulaire, avec un ictère. Dans des essais prospectifs portant sur plus de 1 200 personnes, on n’observait pourtant ni hausse d’enzymes ni hépatite clinique. Le score de vraisemblance de LiverTox est A pour les produits vendus sous ce nom, tout en indiquant que l’ingrédient responsable n’est pas identifié.
Les NIH dénombrent au moins 83 signalements dans le monde ; le lien de causalité n’est pas démontré. Plusieurs lots analysés contenaient des Actaea asiatiques (espèces chinoises) plutôt que C. racemosa. Le NCCIH juge possible, sans le prouver, que ces substitutions expliquent une partie des cas. La U.S. Pharmacopeia a recommandé en 2008 un avertissement d’arrêt en cas de maladie du foie ou de symptômes (douleur abdominale, urines foncées, jaunisse). L’Australie impose un encadré depuis 2007. La FDA américaine n’exige pas ce texte sur l’étiquette.
L’EMA liste, à fréquence indéterminée, des problèmes hépatiques, des réactions cutanées allergiques, un gonflement du visage ou des extrémités, et des troubles digestifs (dyspepsie, diarrhée). Les signes qui doivent faire arrêter et consulter tout de suite sont une fatigue inhabituelle, une perte d’appétit, un jaunissement de la peau ou des yeux, une douleur vive de l’abdomen supérieur avec nausées et vomissements, ou des urines foncées.
- Une fatigue qui n’est pas expliquée par le manque de sommeil peut précéder l’ictère de plusieurs jours.
- Des urines très foncées ou des selles décolorées orientent vers un problème hépatique ou biliaire.
- Un jaunissement du blanc des yeux n’attend pas une consultation « quand vous aurez le temps ».
- Une douleur sous le rebord des côtes à droite, avec nausées, justifie un avis médical le jour même.
Interactions, contre-indications et personnes à risque
La sécurité n’est pas établie pendant la grossesse ni pendant l’allaitement ; le NCCIH indique que l’usage peut ne pas être sûr dans ces situations. Le Merck Manual contre-indique la plante en cas de sensibilité à l’aspirine (présence de petites quantités d’acide salicylique), de maladie du foie, de cancers hormonodépendants (données animales pour certains cancers du sein), d’accident vasculaire cérébral ou d’hypertension. Ces contre-indications de manuel ne remplacent pas l’avis du prescripteur français, mais elles dessinent les profils où l’automédication est particulièrement malvenue.
Pour les cancers hormonodépendants, le NCCIH reste prudent : on ne sait pas si le produit est sûr après un cancer du sein ou de l’utérus. Les extraits hydroalcooliques cliniques n’agissent pas comme un œstrogène classique, ce qui ne suffit pas à garantir l’innocuité sur un tissu déjà malade. Un saignement vaginal inexpliqué, une endométriose ou des fibromes relèvent du gynécologue, pas d’un complément.
Côté médicaments, les NIH écrivent qu’aucune interaction cliniquement pertinente n’est établie, tout en reconnaissant l’absence d’étude systématique. Des données de laboratoire du Merck Manual suggèrent une possible interférence avec la biotransformation du tamoxifène et de l’irinotécan. Le NCCIH mentionne des travaux préliminaires sur les statines. Le NCI rapporte une légère baisse du phénotype CYP2D6 à très forte dose (environ 1 090 mg deux fois par jour), d’intérêt clinique douteux, mais le tamoxifène passe par cette voie. En pratique, signalez tout extrait au médecin et au pharmacien, surtout avec un traitement du cancer, un hypocholestérolémiant ou un médicament connu pour le foie.
L’alcool, déjà toxique pour l’hépatocyte, s’ajoute à un risque rare d’atteinte idiosyncrasique. Un antécédent d’hépatite, de stéatose, de cirrhose ou d’enzymes élevées devrait, d’après la Pharmacopeia américaine citée par les NIH, faire écarter le produit. Rien n’indique une allergie croisée avec les œstrogènes médicamenteux, selon LiverTox.

Peut-on la prendre après un cancer du sein ?
Chez les femmes traitées pour un cancer du sein, les essais randomisés n’ont pas montré de réduction des bouffées supérieure au placebo. Le PDQ du NCI oppose des études ouvertes, parfois impressionnantes (baisse des scores de bouffées jusqu’à 56 % dans certaines séries observationnelles sous Remifemin, 20 à 40 mg par jour, avec ou sans tamoxifène), et deux essais en double aveugle où 20 à 40 mg par jour ne faisaient pas mieux que le placebo, avec ou sans tamoxifène ou raloxifène. Un essai chinois sur des symptômes liés aux analogues de la LH-RH a trouvé des scores de Kupperman plus bas avec 40 mg par jour, sans groupe placebo.
La question de la récidive n’est pas tranchée par un essai d’intervention. Une cohorte rétrospective allemande (18 861 patientes, dont 1 102 exposées à Remifemin ou Remifemin plus) n’a pas montré de surrisque de récidive, y compris sous tamoxifène, avec un suivi moyen de 3,6 ans. Une étude cas-témoins a même décrit un odds ratio de 0,47 pour l’incidence du cancer du sein chez des utilisatrices postménopausées. Ces études observationnelles ne prouvent pas une protection et ne remplacent pas l’oncologue. La NAMS, de son côté, ne recommande pas cette plante pour les bouffées, y compris lorsque le traitement hormonal est contre-indiqué.
Si les bouffées tiennent au tamoxifène, aux inhibiteurs de l’aromatase ou à une castration médicale, d’autres options ont un niveau de preuve plus net dans l’avis NAMS 2023 (paroxétine à faible dose, venlafaxine, gabapentine, thérapie cognitive et comportementale, hypnose clinique). Le choix dépend des interactions, notamment CYP2D6 avec certains inhibiteurs de recapture de la sérotonine. Ce n’est pas un dossier à régler seul devant un rayon de phytothérapie.
Quand consulter pendant une prise de Cimicifuga ?
Consultez avant de commencer si vous avez une maladie du foie, un cancer hormonodépendant, une grossesse possible, une hypertension, un antécédent d’accident vasculaire, une allergie à l’aspirine, ou si vous prenez déjà un traitement hormonal, un anticancéreux, une statine ou plusieurs médicaments. Consultez aussi si les bouffées sont intenses, si le sommeil s’effondre, ou si un saignement revient après un an sans règles : le diagnostic de ménopause n’est pas toujours évident, et d’autres causes existent.
Pendant la prise, n’attendez pas la fin de la boîte si un signe hépatique apparaît. L’EMA comme la Pharmacopeia américaine demandent l’arrêt immédiat et un avis médical. En France, le 15 (SAMU) ou le 112 conviennent lorsque la personne est ictérique, somnolente, confuse, ou que la douleur abdominale est brutale. Un simple malaise digestif isolé peut attendre le médecin traitant le jour même, pas trois semaines.
| Signe | Conduite |
|---|---|
| Fatigue marquée, perte d’appétit, nausées persistantes | Arrêter le produit et voir un médecin le jour même |
| Urines foncées, selles décolorées, jaunisse | Arrêter ; urgences ou 15 / 112 si l’état s’aggrave |
| Douleur vive sous les côtes droites | Même conduite, sans attendre le lendemain |
| Saignement vaginal inexpliqué après la ménopause | Consulter le médecin traitant, ne pas poursuivre le complément |
| Éruption, gonflement du visage, gêne à respirer | Arrêter ; appeler le 15 ou le 112 si détresse respiratoire |
Un bilan hépatique n’est pas un rituel validé par une consigne unique internationale avant chaque gélule. Il devient pertinent dès qu’un symptôme apparaît, ou si le médecin connaît déjà une fragilité du foie. Gardez la boîte ou la notice : en cas d’alerte, le nom exact de l’extrait aide la pharmacovigilance.
Quelles alternatives ont des preuves plus solides ?
Le traitement hormonal de la ménopause reste, pour la Mayo Clinic comme pour la NAMS, le moyen le plus efficace de réduire les bouffées lorsque l’indication est bonne et qu’il n’y a pas de contre-indication. La fenêtre souvent citée est celle des femmes de moins de 60 ans, dans les dix ans après les dernières règles. Le médecin traitant, parfois avec un gynécologue, pèse le risque vasculaire, mammaire et thromboembolique. L’extrait de rhizome n’est pas un « petit THM végétal ».
Parmi les options non hormonales, l’avis NAMS 2023 retient avec un niveau I la thérapie cognitive et comportementale, l’hypnose clinique, certains inhibiteurs de recapture de la sérotonine ou de la noradrénaline, la gabapentine et le fézolinetant. L’oxybutynine a un niveau I-II. La perte de poids peut aider certaines femmes en surpoids (niveaux II-III). En revanche, soja, angélique chinoise (dong quai), onagre, ginseng, igname sauvage, vitamine E et cannabinoïdes ne sont pas recommandés comme traitements des symptômes vasomoteurs dans ce document.
NICE demande d’expliquer que la qualité, la pureté et la composition des préparations non réglementées peuvent être inconnues. Cela vaut pour Cimicifuga comme pour d’autres herbes. Des mesures simples (pièces plus fraîches, vêtements en couches) n’ont pas d’essais convaincants selon la NAMS, mais elles n’exposent pas au foie. Si vous refusez les hormones, demandez d’abord ce qui a un essai contre placebo et une autorisation.
- Le THM réduit les bouffées plus que l’extrait végétal dans les comparaisons Cochrane disponibles.
- La TCC diminue surtout le caractère gênant des bouffées, même si leur nombre change peu.
- La paroxétine à faible dose et la venlafaxine ont des essais dédiés aux symptômes vasomoteurs.
- Le fézolinetant cible les voies cérébrales de la thermorégulation et nécessite une surveillance du foie.
Questions fréquentes
L’actée aide-t-elle vraiment contre les bouffées de chaleur ?
Pas de façon constante. La revue Cochrane de 2012 ne trouvait pas de différence avec le placebo sur la fréquence des bouffées, tandis que la méta-analyse de Sadahiro en 2023, qui mélange extraits seuls et associations, décrit un bénéfice modeste. Le traitement hormonal reste plus efficace dans les comparaisons disponibles.
Peut-on la combiner avec un traitement hormonal ?
Ce n’est pas un relais ni un complément validé du THM. Les NIH n’ont pas identifié d’interaction clinique bien démontrée, mais l’intérêt d’empiler les deux n’est pas établi, et multiplier les produits n’allège pas la charge hépatique. Demandez au prescripteur du THM avant d’ajouter un extrait.
Combien de temps peut-on en prendre ?
L’EMA fixe un plafond de six mois sans nouvel avis médical pour les extraits qu’elle reconnaît. Des essais ont duré jusqu’à un an, d’après le NCCIH, sans que cela autorise une prise au long cours. Le rapport bénéfice-risque se discute avec le médecin si les bouffées persistent.
Est-ce dangereux pour le foie ?
Les hépatites liées à des produits étiquetés black cohosh sont rares, parfois graves, et le rôle exact de C. racemosa reste discuté, notamment à cause de lots adultérés. LiverTox recense plus de cinquante cas cliniques, souvent entre 2 et 12 semaines. Arrêtez et consultez si fatigue, jaunisse, urines foncées ou douleur de l’hypocondre droit.
Peut-on l’utiliser après un cancer du sein ?
Les essais randomisés chez des survivantes n’ont pas montré d’effet supérieur au placebo sur les bouffées, et la sécurité sur le long terme n’est pas tranchée. Parlez-en à l’oncologue ou au médecin traitant avant tout achat. D’autres traitements non hormonaux ont un niveau de preuve plus clair dans l’avis NAMS 2023.
Quelle différence avec l’actée bleue ?
Ce sont deux plantes distinctes. L’actée bleue (Caulophyllum) n’est pas un substitut et a été associée, utilisée pour provoquer l’accouchement, à des accidents graves chez le nouveau-né, selon le NCCIH. Vérifiez le nom latin sur l’étiquette.
Faut-il un médicament autorisé ou un complément alimentaire ?
Dans l’Union, certains extraits secs relèvent du médicament à base de plantes, avec notice et pharmacovigilance. Aux États-Unis, la plupart des produits sont des compléments non approuvés comme médicaments par la FDA avant vente. Le pharmacien peut dire ce qui correspond à un extrait étudié.

Conclusion
Les données actuelles ne permettent pas de présenter Cimicifuga racemosa comme un traitement fiable des bouffées de chaleur. Une revue Cochrane de 2012 et deux essais nord-américains de 12 mois n’ont pas montré d’avantage clair contre placebo ; une méta-analyse de 2023, plus large mais hétérogène, décrit un effet modeste, sans bénéfice sur l’anxiété ni la dépression. La NAMS, en 2023, ne recommande pas cette plante. L’EMA, pour des extraits secs précis, accepte un usage encadré, limité à six mois sans nouvel avis, avec une alerte foie.
Le risque hépatique est peu fréquent, assez réel pour justifier un arrêt immédiat au moindre signe (fatigue inhabituelle, urines foncées, ictère, douleur de l’abdomen supérieur). Des produits mal identifiés, contenant d’autres Actaea, brouillent encore le dossier. Grossesse, allaitement, maladie du foie et cancer hormonodépendant sortent du champ de l’automédication.
Si les bouffées gênent le quotidien, le geste utile est d’en parler au médecin traitant ou au pharmacien avec un décompte simple (nombre par jour, réveils nocturnes) et la liste des médicaments déjà pris. Vous pourrez alors comparer, pour votre situation, le THM, un traitement non hormonal qui a des essais, ou un extrait européen identifié, plutôt qu’une gélule anonyme.
Sources
- Cimicifugae rhizoma – herbal medicinal product. European Medicines Agency, 3 juillet 2018.
- The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause, juin 2023.
- Sadahiro R, Matsuoka LN et al. : Black cohosh extracts in women with menopausal symptoms: an updated pairwise meta-analysis. Menopause, 1er juillet 2023.
- Leach MJ, Moore V : Black cohosh (Cimicifuga spp.) for menopausal symptoms. Cochrane Database of Systematic Reviews, 12 septembre 2012.
- Black Cohosh – Health Professional Fact Sheet. Office of Dietary Supplements, National Institutes of Health, 3 juin 2020.
- Black Cohosh: Usefulness and Safety. National Center for Complementary and Integrative Health, novembre 2024.
- Black Cohosh – LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury. LiverTox, National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, 15 avril 2025.
- Black Cohosh (PDQ®)–Health Professional Version. National Cancer Institute, 31 octobre 2024.
- Shane-McWhorter L : Black Cohosh – Special Subjects. Merck Manual Professional Edition, juillet 2025.
- Hot flashes – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 3 septembre 2026.
- Recommendations | Menopause: identification and management. National Institute for Health and Care Excellence, 15 avril 2026.
