Norovirus et chien : risques de transmission

Norovirus et chien : risques de transmission

Le chien n’est pas un réservoir établi du norovirus humain. Le document de fond de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 2025 et le Yellow Book des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pour 2026 considèrent l’humain comme le seul réservoir connu des souches qui rendent les personnes malades.

Le scénario qui inquiète souvent est l’inverse de ce que les enquêtes documentent le mieux. Dans un chenil de Thaïlande, deux enfants ont d’abord été hospitalisés pour une gastro-entérite à norovirus, puis des chiennes et des chiots du même lieu ont excrété une souche humaine GII.4 Sydney presque identique, ce qui oriente vers un passage de l’humain vers l’animal.

Aux États-Unis, les CDC estiment encore 19 à 21 millions de maladies par an, avec environ 900 décès, surtout après 65 ans. L’OMS retient une dose infectieuse de l’ordre de 10 à 20 particules. Dans un foyer, le lavage des mains au savon, l’attente de 48 heures une fois les symptômes disparus avant de préparer les repas, et la surveillance d’une déshydratation (urine rare, bouche sèche, vertiges) pèsent davantage que le risque théorique lié au chien.

Le norovirus n’est pas une grippe

Le norovirus provoque une gastro-entérite aiguë, une inflammation de l’estomac et de l’intestin, sans aucun lien biologique avec la grippe due aux virus influenza. Les CDC le rappellent sur leur fiche de 2024, car l’expression « grippe intestinale » oriente vers un vaccin ou un antiviral qui ne concernent pas cette maladie.

Les symptômes commencent en général 12 à 48 heures après l’exposition. Les plus fréquents sont la diarrhée, les vomissements, les nausées et les douleurs abdominales. Une fièvre peu élevée, des maux de tête et des courbatures peuvent s’y ajouter. La maladie dure le plus souvent un à trois jours chez une personne en bonne santé, d’après les CDC et la Mayo Clinic (mise à jour en avril 2025).

On peut être malade plusieurs fois. Il existe de nombreux types de norovirus. Une infection par l’un d’eux ne protège pas durablement contre les autres, et la durée de cette protection n’est pas bien établie. Les épidémies touchent donc tous les âges, y compris des adultes déjà infectés auparavant.

Dans le monde, le virus cause environ 685 millions de gastro-entérites par an, dont 200 millions chez les enfants de moins de 5 ans, selon les CDC (mai 2024). Il représenterait environ un cas de gastro-entérite aiguë sur cinq. L’OMS, dans son document de 2025, situe plutôt cette part autour de 16 %. Les deux sources s’accordent sur le rythme saisonnier. Le virus circule toute l’année, avec un pic hivernal dans les pays tempérés, donc en France surtout de novembre à avril.

Un chien et une jeune fille se regardant avec curiosité.

Un chien peut-il vous transmettre le norovirus ?

Rien n’établit aujourd’hui que le chien soit une source habituelle de norovirus humain pour son propriétaire. La revue des preuves des CDC consacrée aux établissements de santé, mise à jour en 2017, n’a trouvé aucune démonstration de transmission entre animaux de compagnie et humains. L’exposition aux chats ou aux chiens n’y figure que comme un facteur de très faible qualité méthodologique.

Le Yellow Book des CDC (édition 2026) est plus net encore. Des norovirus ont été détectés chez diverses espèces animales, mais ces virus sont génétiquement différents de ceux qui infectent l’humain. Avec l’humain comme seul réservoir des souches pathogènes pour l’humain, le risque vient surtout d’un repas préparé par une personne malade, d’une eau mal traitée, d’huîtres crues ou d’une surface souillée par des vomissures.

Cela ne ferme pas le dossier. Une revue systématique de Villabruna, Koopmans et de Graaf, parue en 2019 dans Viruses, conclut qu’il est trop tôt pour classer le norovirus comme zoonose ou comme zoonose inverse. Les auteurs trouvent davantage d’indices d’un passage de l’humain vers l’animal que l’inverse. Aucun norovirus animal n’a été détecté dans des selles humaines. Les seuls signaux dans l’autre sens sont sérologiques, c’est-à-dire des anticorps, pas une maladie prouvée.

Chez les vétérinaires pour petits animaux, des anticorps dirigés contre un norovirus canin du génogroupe GVI ont été trouvés chez 22,3 % des 373 personnes testées, contre 5,8 % des 120 témoins appariés, dans l’étude de Mesquita et de ses collègues (2013). Ce résultat suggère une exposition professionnelle plus fréquente. Il ne prouve pas que ce virus canin provoque une gastro-entérite chez l’humain. Les auteurs demandent de rechercher le virus dans les selles de foyers où le chien a une diarrhée à norovirus canin.

Si vous et votre chien tombez malades le même week-end, la piste la plus vraisemblable reste un humain qui a souillé l’environnement, puis le chien, ou deux infections indépendantes (parvovirus, coronavirus entérique, aliment partagé). Le chien n’est pas la première hypothèse pour une épidémie familiale, encore moins pour un hôpital ou un bateau de croisière, où les chiens sont rarement présents.

L’humain peut-il contaminer son chien ?

Oui, plusieurs enquêtes rendent ce sens de passage plausible, même s’il reste peu fréquent. En juillet 2018, à Suphanburi (Thaïlande), deux enfants de 8 mois et 2 ans ont été hospitalisés pour vomissements et diarrhée aqueuse. Un test rapide a identifié un norovirus. Deux semaines plus tard, des chiens du chenil situé sur le même lieu ont présenté fièvre, diarrhée aqueuse et déshydratation légère. Charoenkul et ses collègues ont séquencé des génomes complets issus des enfants et des chiens. Les virus se groupaient avec la souche humaine GII.Pe-GII.4 Sydney, pas avec les norovirus canins habituels (GIV, GVI, GVII).

Les chiffres sont concrets. Sur 18 chiens adultes, 2 (ceux rentrés dans la maison, au contact des enfants) ont montré des signes. Sur 6 chiots nés pendant l’épisode, 5 ont été atteints. Tous ont guéri après isolement, nettoyage et soins. Les prélèvements étaient négatifs pour le parvovirus canin, le rotavirus A, le coronavirus canin et le virus de la maladie de Carré. Les génomes humain et canin étaient identiques à 99,90 % (trois différences de nucléotides). La chronologie, enfants d’abord puis chiens, oriente vers une transmission de l’humain vers le chien.

Une étude finlandaise, citée par Caddy et par Villabruna, avait déjà trouvé de l’ARN de norovirus humain dans les selles de 4 chiens sur 92, dans des foyers où le chien ou un humain venait d’avoir diarrhée ou vomissements. Dans un cas, la séquence du chien était identique à celle du propriétaire. Ce n’est pas une preuve de réplication massive dans l’intestin, mais c’est plus qu’une simple souillure du pelage.

Les chiens expriment, dans la salive et sur l’épithélium intestinal, des sucres de la famille des antigènes tissulaires de groupe sanguin (HBGA), première amarre du norovirus humain. Caddy et ses collègues ont montré que des particules inoffensives de sept génotypes humains se lient à ces tissus. La liaison n’est pas une infection. Elle rend l’infection théoriquement possible. L’entrée dans la cellule et la multiplication n’ont pas été démontrées dans cette étude.

Si quelqu’un a la gastro à la maison, le chien n’a pas besoin d’être isolé comme un contact humain. Il a besoin qu’on lui interdise les vomissures, les selles, les linges souillés et la gamelle posée dans la pièce à peine essuyée. Un chien qui lèche le sol après un vomissement en jet reprend le même circuit fécal-oral que vos mains.

Norovirus canin et norovirus humain

Le mot « norovirus » recouvre plusieurs génogroupes. Les virus qui rendent les humains malades appartiennent surtout aux génogroupes GI et GII, plus rarement GIV. Chez le chien, les norovirus décrits se classent plutôt en GIV.2, GVI et GVII. Les coller sous une seule étiquette donne l’impression d’un virus unique qui circule librement entre les deux espèces. Ce n’est pas ce que montrent les classifications.

Le génotype humain le plus souvent en cause dans les épidémies reste GII.4, en particulier la lignée Sydney depuis 2012, d’après les CDC. D’autres génotypes (GII.17, GII.2) ont pris le dessus par périodes, surtout en Asie. Chez le chien, les enquêtes européennes ont trouvé de l’ARN de norovirus canin plus souvent en hiver et plus souvent chez des animaux diarrhéiques que chez des animaux sains, ce que résume la revue de 2019. Une étude portugaise y citait 40 % de chiens diarrhéiques positifs contre 9 % de chiens sans diarrhée. Cela ne fait pas de ce virus l’équivalent du parvovirus. Caddy, sur 67 chiens britanniques hospitalisés pour gastro-entérite, a surtout trouvé du parvovirus (10 chiens) et du coronavirus entérique (2 chiens), pas de norovirus humain.

La sérologie brouille le tableau. Des chiens ont des anticorps contre des souches humaines, et des humains ont des anticorps contre des souches canines. Un anticorps dit qu’il y a eu contact avec une protéine virale, pas que le virus s’est multiplié ni qu’il a rendu malade. Les équipes de Caddy et de Mesquita ont utilisé des tests de blocage pour réduire le risque de simple réaction croisée. Même avec cette précaution, la sérologie reste un indice d’exposition, pas un diagnostic de gastro-entérite zoonotique.

Si un même hôte hébergeait les deux types de virus, une recombinaison serait concevable. Villabruna et Caddy le mentionnent comme une raison de surveiller les séquences, pas comme un phénomène observé dans les foyers. Aucun variant « chien-humain » n’explique les vagues hivernales, qui restent des épidémies humaines portées par les mains, les aliments et les surfaces.

Comment le virus circule dans un foyer

Le norovirus passe surtout d’humain à humain, par de minuscules particules de selles ou de vomi qui atteignent la bouche. Les CDC décrivent quatre véhicules. Une personne malade qui touche les aliments à mains nues. Une eau de boisson ou de baignade souillée. Une surface (poignée, robinet, jouet, laisse, gamelle) puis des doigts portés à la bouche. Des gouttelettes de vomi projetées dans l’air, qui retombent sur un plat ou sont inhalées puis avalées.

La dose infectieuse est très basse. L’OMS estime la dose qui infecte la moitié des exposés (ID50) à 10 à 20 particules. Une personne malade en excrète des milliards, invisibles. Un seul vomissement dans une cuisine peut faire tomber plusieurs membres du foyer, sans que le chien ait quoi que ce soit à voir.

La contagiosité n’est pas limitée aux jours de crise. Le virus peut déjà être présent dans les selles avant les premiers symptômes. Il reste détectable deux semaines ou plus après la guérison clinique, écrivent les CDC. La période la plus risquée pour les autres est celle des symptômes, surtout des vomissements, et les tout premiers jours qui suivent. D’où la consigne américaine de ne pas préparer de nourriture ni soigner autrui pendant au moins 48 heures une fois les symptômes partis.

Jusqu’à 30 % des infections peuvent rester sans symptômes, selon une fiche des CDC destinée aux établissements de santé, tout en restant contagieuses. La Mayo Clinic le dit aussi. Une personne « en forme » qui ramasse des selles ou prépare le dîner peut donc semer le virus. Ce n’est pas une raison de tester tout le monde. C’est une raison de laver les mains au savon après les toilettes, après le ramassage des selles du chien, et avant de toucher un aliment.

Le virus tient sur les surfaces. La Mayo Clinic indique qu’il peut y rester des jours, parfois des semaines. La revue des CDC pour les hôpitaux mentionne une persistance à l’état sec, à température ambiante, jusqu’à 21 à 28 jours dans certaines études, et jusqu’à 12 jours dans une moquette malgré l’aspirateur. Un salon où un enfant a vomi n’est pas propre parce que l’odeur a disparu.

Ce que montrent les études chez le chien

L’étude britannique de Caddy, publiée en 2015 dans le Journal of Clinical Microbiology, reste la plus citée. Elle a trois volets. Liaison de particules inoffensives à des tissus intestinaux de chiens. Recherche d’ARN viral dans 248 selles. Recherche d’anticorps dans 325 sérums. Les particules de sept génotypes se lient. Aucun ARN de norovirus humain n’a été trouvé, y compris chez 67 chiens hospitalisés pour gastro-entérite. Des anticorps ont été détectés chez 43 chiens sur 325.

Parmi les chiens prélevés en 2012-2013, près d’un sur cinq avait des anticorps reconnaissant des souches humaines, surtout GII.4, dominante chez l’humain à la même période. Caddy en déduit que les chiens peuvent monter une réponse immunitaire, ce qui plaide pour une infection productive chez une minorité d’animaux. Les auteurs jugent toutefois le risque de maladie clinique grave chez le chien très bas, et le rôle du chien dans les grandes épidémies humaines non établi.

Les 248 selles britanniques négatives et les 4 selles finlandaises positives ne se contredisent qu’en apparence. Les échantillons finlandais venaient de foyers où quelqu’un venait d’être malade. Les selles britanniques avaient été recueillies sans tenir compte de la gastro du propriétaire. Le norovirus humain s’excrète surtout pendant quelques jours. Trois semaines plus tard, seule une minorité de personnes reste positive. Chercher le virus au hasard dans une clinique vétérinaire, c’est presque garantir des négatifs.

Chez le chien, les preuves les plus solides restent donc la Finlande, le Royaume-Uni (sérologie) et la Thaïlande (génomes complets). Nulle part ces travaux ne montrent une chaîne « chien index, puis vague humaine ». Quand une chronologie existe, la direction va de l’humain vers le chien. L’animal peut rencontrer le virus de son propriétaire. Il l’excrète rarement assez pour en faire un sujet de santé publique.

Hygiène à la maison pendant une gastro

Le geste le plus utile n’est pas un désinfectant « spécial chien ». C’est le lavage des mains au savon et à l’eau pendant au moins 20 secondes, surtout après les toilettes, après le change, après le ramassage des selles, et avant de préparer un repas. Les CDC le répètent en 2025. Le gel hydroalcoolique est mal adapté au norovirus. Il peut compléter un lavage, il ne le remplace pas.

Si vous êtes malade, ne préparez pas les repas du foyer et ne soignez pas une autre personne pendant au moins 48 heures après la fin des symptômes. Cette consigne des CDC vise d’abord les restaurants, les écoles et les établissements de soins. Elle s’applique aussi à une cuisine familiale. Un plat qui a l’air, l’odeur et le goût normaux peut porter le virus.

Après un vomissement ou une diarrhée, les CDC décrivent une séquence américaine, à adapter avec les produits disponibles en France.

  • Mettez des gants en caoutchouc ou à usage unique, puis absorbez avec du papier jeté dans un sac plastique fermé.
  • Désinfectez ensuite toute la zone, pas seulement la tache visible, en suivant l’étiquette du produit.
  • Les CDC retiennent une solution d’eau de Javel ménagère (5 % à 8 %) à 1 000 à 5 000 ppm, soit 5 à 25 cuillères à soupe par gallon d’eau (environ 3,8 L), laissée au moins 5 minutes.
  • Un produit enregistré aux États-Unis contre le norovirus est une alternative américaine. En France, le pharmacien peut indiquer un désinfectant adapté aux surfaces souillées par des selles ou du vomi.
  • Lavez encore la zone à l’eau chaude savonneuse, sortez les déchets, puis lavez-vous les mains au savon.

Le linge souillé se traite sans le secouer, pour ne pas remettre des particules en l’air. Gants, cycle long à l’eau chaude avec lessive, séchage à la chaleur maximale, puis lavage des mains. La Mayo Clinic ajoute de déranger le moins possible les matières, car le virus voyage aussi par aérosol. Les jouets du chien, la laisse, les poignées et la gamelle font partie de la même pièce. S’ils ont été éclaboussés, ils se lavent plutôt que d’être rincés d’un geste.

Les aliments suspects se jettent. Les CDC rappellent que le norovirus résiste à une chaleur d’environ 63 °C (145 °F) et que la cuisson rapide à la vapeur des coquillages ne suffit pas. Cette température est une consigne américaine. Pour les huîtres, le médecin ou le pharmacien vous orientera vers la pratique locale. Éviter les coquillages crus pendant un épisode familial reste prudent, indépendamment du chien.

Symptômes du norovirus, quand consulter

La plupart des adultes en bonne santé restent à la maison, boivent par petites gorgées et récupèrent en un à trois jours. Il n’existe pas de médicament spécifique. Les antibiotiques n’agissent pas sur un virus, précisent les CDC. Le traitement est le remplacement de l’eau et des sels. Un soluté de réhydratation orale vendu en pharmacie est plus adapté qu’une boisson sucrée du commerce, qui ne corrige pas correctement les pertes.

Le Yellow Book des CDC (2026) réserve une nuance pour les adultes. Un antiémétique ou un ralentisseur du transit peut, dans certains cas, aider en appoint de la réhydratation. Chez l’enfant, ces médicaments ne sont pas recommandés en routine pour une gastro-entérite aiguë. En France, c’est le médecin ou le pharmacien qui applique la conduite locale. On n’improvise pas un antidiarrhéique chez un nourrisson.

La déshydratation est la complication à surveiller, surtout avant 5 ans, après 65 ans, pendant une grossesse, ou en cas de maladie chronique ou d’immunité affaiblie. Les CDC listent une urine plus rare, une bouche et une gorge sèches, des vertiges en se levant, des pleurs sans larmes chez l’enfant, une somnolence ou une irritabilité inhabituelles. La Mayo Clinic y ajoute la fatigue et un état prostré.

Tableau Conduite raisonnable Seuil pour agir
Diarrhée et vomissements depuis moins de 3 jours, encore capable de boire Repos, soluté de réhydratation, mains au savon, 48 h hors cuisine Surveiller urine, bouche sèche, vertiges
Symptômes au-delà de quelques jours, vomissements incoercibles, sang dans les selles, douleur abdominale forte Appeler le médecin traitant ou les urgences de proximité Mayo Clinic, avril 2025
Impossibilité de boire, confusion, prostration, enfant sans larmes et très somnolent Appeler le 15 (SAMU) ou le 112 Perte liquidienne qui ne se corrige plus à la maison
Même foyer, plusieurs malades en 24 à 48 h, y compris un nourrisson ou une personne âgée Aviser le médecin. Signaler un repas collectif si d’autres foyers sont atteints Les CDC demandent d’alerter la santé publique en cas d’épidémie
Chien diarrhéique en même temps, mais vous-même buvez et urinez normalement Hygiène renforcée, avis vétérinaire pour l’animal Le chien n’attend pas que votre test humain soit revenu

Un test de selles n’est pas nécessaire pour décider de boire et de rester chez soi. Les CDC et le Yellow Book le réservent surtout aux enquêtes d’épidémie et aux personnes très fragiles. Un panel PCR existe à l’hôpital. Il ne change rien, à lui seul, à la réhydratation. Ce qui change la conduite, c’est l’incapacité à garder un liquide, le sang dans les selles, une douleur qui ne ressemble plus à des crampes de gastro, ou un terrain fragile.

Le chien a diarrhée et vomissements

Une diarrhée canine n’est pas, à elle seule, un diagnostic de norovirus. Le parvovirus, le coronavirus entérique, un changement d’alimentation, un parasite ou une intoxication restent bien plus souvent en cause. Caddy n’a pas trouvé de norovirus humain dans les selles de 67 chiens britanniques assez malades pour être hospitalisés. Le norovirus canin existe, mais il n’est pas le premier nom à poser sur une gastro de chien de salon.

Dans l’enquête thaïlandaise, les signes étaient une diarrhée aqueuse, une fièvre et une déshydratation légère. Les animaux ont tous survécu. Si un norovirus humain passe au chien, le tableau peut donc ressembler à une gastro banale. Le vétérinaire reste l’interlocuteur, surtout pour un chiot, un chien âgé, un animal qui ne boit plus, ou un élevage où plusieurs bêtes tombent en même temps.

En attendant la consultation, les mêmes règles d’hygiène protègent le foyer. On ramasse les selles avec un sac, on se lave les mains au savon, on tient le chien hors de la cuisine, on ne le laisse pas lécher le visage des enfants, on lave la gamelle à part. Si un humain est déjà malade, on sépare autant que possible les zones de vomi et le panier. Un humain qui ramasse une diarrhée de chien sans se laver les mains, puis prépare une salade, refait le circuit classique, que le virus soit humain ou seulement présent dans l’environnement.

Le test « norovirus humain » a servi à la recherche (PCR, séquençage). Il n’est pas un examen de routine en clinique canine. Le vétérinaire cherchera d’abord les causes fréquentes et graves, parvovirus du jeune chien, déshydratation, corps étranger. La question utile n’est pas le nom du virus. C’est de savoir ce qu’il faut laver, et quand l’animal peut retrouver le salon et les enfants.

Questions fréquentes

Mon chien peut-il m’attraper le norovirus ?

Le risque que votre chien soit la source de votre gastro à norovirus n’est pas établi. Les CDC n’ont pas trouvé de transmission depuis un animal de compagnie vers l’humain dans leur revue de preuves, et l’OMS tient l’humain pour le seul réservoir des souches qui rendent les personnes malades. Des anticorps contre un norovirus canin existent chez certains vétérinaires, sans maladie humaine démontrée. Lavez-vous les mains après le contact avec des selles ou du vomi, qu’ils soient les vôtres ou ceux du chien.

Le norovirus du chien est-il le même virus ?

En général, non. Les norovirus humains se classent surtout en GI et GII. Ceux décrits chez le chien sont plutôt GIV, GVI ou GVII. Des souches humaines, souvent GII.4, ont toutefois été trouvées dans des selles de chiens, en Finlande et en Thaïlande, après une maladie humaine dans le même lieu. Ce sont des exceptions documentées, pas la circulation habituelle. Un chien diarrhéique n’a donc pas « votre » virus par défaut.

Combien de temps reste-t-on contagieux ?

Vous êtes surtout contagieux pendant les symptômes, en particulier les vomissements, et les premiers jours qui suivent. Les CDC indiquent que le virus peut encore être présent dans les selles deux semaines ou plus après la guérison. Ils demandent d’attendre 48 heures après la disparition des symptômes avant de cuisiner pour les autres. Cette durée est une consigne américaine de prévention, pas une preuve que vous n’excrétez plus rien.

Le gel hydroalcoolique suffit-il contre le norovirus ?

Non. Les CDC et la Mayo Clinic considèrent le savon et l’eau, pendant au moins 20 secondes, comme le geste efficace. L’alcool détruit mal ce virus non enveloppé. Un gel peut servir entre deux lavages si vous n’avez pas d’eau, par exemple après avoir ramassé une selle en promenade. Il ne remplace pas un vrai lavage en rentrant, avant le repas.

Faut-il faire tester mon chien si j’ai la gastro ?

Pas en routine. Le diagnostic humain se pose le plus souvent sur les symptômes. Un test de selles sert surtout aux enquêtes d’épidémie ou aux personnes très fragiles. Chez le chien, les laboratoires de recherche ont utilisé la PCR pour trouver des souches humaines. Votre vétérinaire cherchera d’abord les causes fréquentes et le degré de déshydratation. Tester l’animal « pour le norovirus » ne change presque jamais les mesures d’hygiène déjà utiles.

Que faire si mon chien vomit en même temps que moi ?

Traitez d’abord votre propre réhydratation et celle des humains fragiles du foyer. Isolez les matières, lavez les surfaces, lavez-vous les mains au savon, tenez le chien hors de la cuisine. Appelez le vétérinaire si l’animal ne boit plus, s’il s’agit d’un chiot, ou si plusieurs chiens sont atteints. Être malades le même jour n’identifie pas le responsable. Cela identifie un environnement souillé, que l’humain a le plus souvent amorcé.

Conclusion

Le norovirus reste une maladie humaine, portée par les mains, les aliments, l’eau et les surfaces. Les documents de l’OMS (2025) et des CDC (Yellow Book 2026) tiennent l’humain pour le seul réservoir des souches qui vous rendent malade. Les études chez le chien, de Caddy en 2015 à Charoenkul en 2020, montrent surtout que l’animal peut rencontrer le virus de son propriétaire, parfois s’y immuniser, rarement l’excréter de façon documentée. Le passage inverse, du chien vers vous, n’est pas démontré comme une voie habituelle.

Si une gastro éclate à la maison, la conduite utile est banale et exigeante à la fois. Savon 20 secondes, deux jours hors de la cuisine une fois les symptômes partis, nettoyage immédiat des vomissures, linge lavé sans le secouer, chien éloigné des taches et des plans de travail. Le gel hydroalcoolique ne suffit pas. Un soluté de réhydratation orale, vendu en pharmacie, corrige mieux les pertes qu’une boisson sucrée.

Le moment de quitter l’attente à la maison se lit sur le corps, pas sur le chien. Urine rare, bouche sèche, vertiges, vomissements qui empêchent de boire, sang dans les selles, enfant sans larmes et trop somnolent. Là, le médecin traitant, les urgences, le 15 ou le 112 reprennent la main. Pour l’animal, la question à poser au vétérinaire n’est pas le nom du virus. C’est de savoir s’il est assez hydraté, et ce qu’il faut laver avant qu’il retrouve les enfants.

Sources

  1. About Norovirus. Centers for Disease Control and Prevention, 24 avril 2024.
  2. How Norovirus Spreads. Centers for Disease Control and Prevention, 24 avril 2024.
  3. How to Prevent Norovirus. Centers for Disease Control and Prevention, 13 janvier 2025.
  4. Norovirus Facts and Stats. Centers for Disease Control and Prevention, 8 mai 2024.
  5. Mirza SA, Vinjé J : Norovirus | CDC Yellow Book. CDC Yellow Book, 23 avril 2025.
  6. VIII. Evidence Review. Centers for Disease Control and Prevention, mis à jour en février 2017.
  7. Noroviruses: background document for the WHO guidelines for drinking-water quality and the WHO guidelines on sanitation and health. World Health Organization, 3 mars 2025.
  8. Norovirus infection – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 30 avril 2025.
  9. Caddy SL, de Rougemont A et al. : Evidence for Human Norovirus Infection of Dogs in the United Kingdom. Journal of Clinical Microbiology, juin 2015.
  10. Charoenkul K, Nasamran C et al. : Human Norovirus Infection in Dogs, Thailand. Emerging Infectious Diseases, 15 janvier 2020.
  11. Villabruna N, Koopmans MPG, de Graaf M : Animals as Reservoir for Human Norovirus. Viruses, 25 mai 2019.
  12. Mesquita JR, Costantini VP et al. : Presence of Antibodies against Genogroup VI Norovirus in Humans. Virology Journal, 4 juin 2013.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.