
À 26 semaines d’aménorrhée, le fœtus mesure en moyenne 23 cm de la tête au siège et pèse près de 820 g. Les sourcils et les cils sont formés, les yeux sont développés mais ne s’ouvrent souvent que vers 28 semaines, et les poumons fabriquent déjà du surfactant sans être encore prêts à respirer hors de l’utérus.
Un écart de quelques semaines change fortement les perspectives si l’accouchement survient trop tôt. Une méta-analyse citée dans une revue du BMJ en 2022 situe la survie à 18-36 mois, parmi les enfants nés extrêmement prématurés et nés vivants, autour de 7,3 % à 22 semaines et d’environ 90,1 % à 27 semaines, avec de grandes différences selon les pays et les équipes.
La fenêtre 24-28 semaines est aussi celle du dépistage du diabète gestationnel dans de nombreux protocoles, d’environ 340 kcal supplémentaires par jour au deuxième trimestre, et d’une attention particulière aux mouvements du bébé, aux contractions qui se régularisent et aux signes de pré-éclampsie.
Taille et développement du bébé à 26 semaines
Le fœtus de 26 semaines d’aménorrhée (26 SA) mesure souvent près de 23 cm de la tête au siège et pèse presque 820 g, d’après la page Mayo Clinic sur le deuxième trimestre mise à jour en 2025. Cette longueur tête-siège n’est pas la taille talon-tête des calendriers illustrés, en général plus élevée. Le poids et la longueur varient d’une grossesse à l’autre. Un chiffre unique ne dit pas si la croissance est adaptée.
Le calendrier obstétrical compte 40 semaines à partir du premier jour des dernières règles. Vous n’êtes donc pas encore enceinte pendant la première, voire les deux premières semaines de ce décompte, rappelle la même page Mayo Clinic. En France, ce décompte correspond aux semaines d’aménorrhée. Certaines applications parlent de « semaines de grossesse » à partir de la conception, soit environ deux semaines de moins. La 26e semaine dont il est question ici est donc la 26e SA.
Vers 25 semaines, le fœtus peut déjà bouger en réponse à une voix familière. Le sommeil comporte alors surtout du sommeil paradoxal, les paupières restant encore fermées. La succion du pouce, les empreintes digitales et un duvet nommé lanugo sont déjà en place depuis les semaines précédentes. Chez un fœtus masculin, la descente des testicules vers le scrotum a commencé vers 22 semaines, ce qui n’équivaut pas à une descente achevée à 26 SA.
La peau reste encore fine et un peu ridée. Davantage de graisse sous-cutanée arrivera au troisième trimestre. Le vernix, enduit gras, et le lanugo aident à protéger la peau dans le liquide amniotique. Pour le quotidien, le signe le plus concret reste le rythme des mouvements, de plus en plus nets à ce stade.

Les yeux et les poumons sont-ils déjà prêts
Les yeux sont formés à 26 semaines, mais les paupières peuvent ne s’ouvrir que deux semaines plus tard, soit vers 28 SA, toujours selon Mayo Clinic en 2025. Dire que le bébé ouvre déjà les yeux et « respire de l’air » à ce terme anticipe une étape qui n’est pas encore là. La réponse à la lumière et le clignement se précisent plus tard, quand le système nerveux commande mieux ces mouvements.
Les poumons, eux, ont commencé à fabriquer du surfactant vers 23 semaines. Cette substance empêche les alvéoles de se coller à l’expiration. Le Collège américain des obstétriciens et gynécologues (ACOG) rappelle, dans sa fiche de 2022 sur la naissance extrêmement prématurée, que le manque de surfactant est la cause principale du syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né. La capacité à produire du surfactant augmente avec l’âge gestationnel. À 26 semaines, l’organe n’est donc pas « prêt à fonctionner hors de l’utérus », même si sa structure progresse.
Si une naissance très précoce menace, l’équipe peut discuter de corticoïdes pour accélérer la maturation pulmonaire, de sulfate de magnésium pour réduire le risque de paralysie cérébrale, et de tocolytiques pour gagner quelques heures ou jours. Ces médicaments ne s’improvisent pas à domicile. Ils s’inscrivent dans un plan discuté à l’hôpital, souvent avec transfert vers une maternité qui dispose d’une réanimation néonatale.
Le cerveau, le foie, le système immunitaire et la régulation de la température poursuivent aussi leur maturation. L’ACOG décrit, pour les naissances extrêmement prématurées, des risques de saignement cérébral, d’infection, d’entérocolite nécrosante et de difficulté à maintenir la chaleur. Rester enceinte encore trois mois n’est pas un luxe de confort. C’est le temps dont ces organes ont encore besoin.
Quels symptômes sont fréquents à ce stade
Le ventre plus lourd, le dos qui tire et des contractions irrégulières, brèves, qui cèdent au repos appartiennent souvent au tableau du deuxième trimestre. Mayo Clinic, dans sa page de 2025 sur cette période, décrit des contractions de Braxton-Hicks comme une simple sensation de ventre qui se durcit, plus fréquente l’après-midi, le soir, après l’effort ou après un rapport. Il faut boire, vider la vessie, changer de position. Si les durcissements deviennent réguliers et de plus en plus forts, il ne s’agit plus d’un simple « entraînement ».
Le bas du dos peut faire mal parce que les ligaments se relâchent et que l’utérus tire sur les muscles. La même source cite des chaussures à talon bas et stable, un pied posé sur un petit appui si vous restez debout, et déconseille les talons hauts comme les ballerines plates. Les crampes de mollets, surtout la nuit, cèdent souvent à un étirement du mollet, à la chaleur ou au froid local. Un étourdissement en se levant trop vite traduit surtout les changements de circulation. S’allonger sur le côté et boire de l’eau aide en général.
Les pertes vaginales collantes, claires ou blanches, sont habituelles. Une odeur forte, une couleur inhabituelle, des brûlures ou des démangeaisons justifient un avis, car une infection est alors possible. Les infections urinaires sont plus fréquentes pendant la grossesse. Une envie urgente, une douleur en urinant, des urines troubles ou une fièvre avec mal de dos ne doivent pas attendre la prochaine consultation de routine.
Quelques gênes du deuxième trimestre se distinguent des signes d’alerte :
- Un dos qui tire après une journée debout, soulagé par le repos et des chaussures stables, reste banal.
- Des pertes claires ou blanches sans odeur forte n’imposent pas, à elles seules, une consultation urgente.
- Des crampes de mollet nocturnes qui cèdent à l’étirement ne sont pas un travail prématuré.
- Un mal de tête qui résiste, une vision qui se brouille ou un bébé trop calme changent la conduite.
La frontière se joue sur le caractère brutal, régulier ou associé d’un symptôme, pas sur le seul inconfort.
Quelle prise de poids viser selon l’IMC de départ
La cible n’est pas la même pour toutes. Les fourchettes de l’Institute of Medicine, reprises par les CDC en 2024, calent la prise de poids totale sur l’IMC d’avant la grossesse. Pour un seul bébé, elles correspondent à environ 13 à 18 kg si l’IMC était inférieur à 18,5 ; 11 à 16 kg pour un IMC de 18,5 à 24,9 ; 7 à 11 kg pour un IMC de 25,0 à 29,9 ; 5 à 9 kg pour un IMC de 30,0 à 39,9. Ces conversions arrondissent les fourchettes américaines en livres. Votre courbe personnelle, suivie par la sage-femme ou le médecin, prime sur un chiffre lu ici.
Au deuxième trimestre, il n’est en général pas nécessaire de « manger pour deux ». Les CDC citent environ 340 kcal de plus par jour à cette période, puis environ 450 kcal au troisième trimestre, le premier trimestre n’exigeant souvent aucun surplus. Une étude reprise par la même page notait qu’environ une femme sur trois restait dans la fourchette conseillée, une sur cinq en dessous, une sur deux au-dessus. L’objectif n’est pas une balance quotidiennement angoissante. Il s’agit d’accompagner la croissance du fœtus sans restriction inutile, pour la santé de la grossesse et la suite.
L’eau du robinet potable reste la boisson de base. Rien, dans les documents cités plus bas, n’impose l’eau en bouteille à toutes les femmes enceintes. L’alcool, le tabac et les drogues sont à écarter. Cleveland Clinic les range parmi les facteurs liés au travail prématuré. Le choix d’une vitamine prénatale se discute avec le médecin ou la sage-femme.
| IMC avant la grossesse | Prise de poids totale visée (un bébé) |
|---|---|
| Moins de 18,5 | Environ 13 à 18 kg |
| 18,5 à 24,9 | Environ 11 à 16 kg |
| 25,0 à 29,9 | Environ 7 à 11 kg |
| 30,0 à 39,9 | Environ 5 à 9 kg |
Ces fourchettes concernent une grossesse unique. Pour des jumeaux, les CDC publient des cibles plus élevées, à reprendre avec l’équipe.
Dépistage du diabète gestationnel entre 24 et 28 semaines
C’est souvent autour de 26 SA que le laboratoire vous convoque pour une charge en glucose. L’USPSTF, dans sa recommandation de grade B du 10 août 2021, conseille de dépister le diabète gestationnel chez les personnes enceintes asymptomatiques à partir de 24 semaines, en pratique souvent avant 28 semaines. La prévalence aux États-Unis se situait entre 5,8 % et 9,2 % selon les critères classiques, et peut être plus élevée si l’on utilise des seuils plus inclusifs. Avant 24 semaines, la même instance juge les preuves insuffisantes pour un dépistage systématique du diabète gestationnel.
La méthode n’est pas universelle. Le schéma le plus courant aux États-Unis reste en deux temps. On boit 50 g de glucose sans être à jeun, puis on dose la glycémie une heure plus tard. Un seuil souvent cité par l’USPSTF est 140 mg/dL, soit 7,77 mmol/L, parfois plus bas. Si le résultat dépasse le seuil du laboratoire, une HGPO diagnostique suit, avec une charge de 75 g ou de 100 g, des dosages à jeun puis à 1, 2 et parfois 3 heures. Le diagnostic américain classique exige au moins deux valeurs au-dessus des seuils retenus.
Le NICE britannique (NG3, mise à jour du 16 décembre 2020) ne propose pas un test à toutes les femmes. Il cible celles qui ont au moins un facteur de risque (IMC ≥ 30 kg/m², enfant précédent de 4,5 kg ou plus, diabète gestationnel antérieur, diabète chez un parent du premier degré, origine à forte prévalence de diabète). Le test est une HGPO de 75 g sur deux heures, entre 24 et 28 semaines. Le diagnostic est posé si la glycémie à jeun atteint 5,6 mmol/L ou plus, ou si la valeur à 2 heures atteint 7,8 mmol/L ou plus.
Le médecin, la sage-femme ou le laboratoire appliquent le protocole local. Les chiffres américains ou britanniques ne sont pas une norme mondiale. Une soif intense, des urines très fréquentes ou une fatigue inhabituelle méritent d’être signalés avant même le rendez-vous de dépistage, sans remplacer le test.
Comment surveiller les mouvements du bébé
Il n’existe pas de nombre universel de mouvements « normaux ». Le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG), dans son information destinée au public (2019), demande surtout de connaître le rythme propre de votre bébé. Une diminution ou un changement de ce rythme suffit à appeler, sans attendre le lendemain. Les tableaux de comptage systématique ne sont pas recommandés en routine, faute de preuves suffisantes.
La plupart des femmes perçoivent les premiers mouvements vers 18-20 semaines, parfois plus tard lors d’une première grossesse, parfois dès 16 semaines lors d’une grossesse suivante. Le nombre tend à augmenter jusqu’à 32 semaines, puis se stabilise, même si le type de mouvement change. Des phases de sommeil de 20 à 40 minutes, rarement plus de 90 minutes, interrompent l’activité. L’après-midi et la soirée sont souvent plus animées. Un placenta antérieur peut atténuer ce que vous sentez, sans rendre les mouvements moins importants.
Entre 24 et 28 semaines, si les mouvements diminuent, le RCOG indique de contacter la sage-femme ou la maternité. On vérifie le cœur du bébé, la taille de l’utérus, la tension et les protéines urinaires. Une échographie peut suivre si l’utérus paraît trop petit. Après 28 semaines, la consigne est encore plus nette. Il ne faut pas se coucher en se disant que « ça attendra demain », ni se rassurer avec un Doppler acheté à la maison.
Vous pouvez vous allonger sur le côté, dans le calme, et porter attention aux coups, roulades et frémissements. L’essentiel n’est pas d’atteindre un score magique, c’est de comparer avec les jours précédents. Un doute compte. La maternité est faite pour ça, y compris la nuit.

Poisson, fromages et caféine, que limiter
Une femme enceinte a environ 10 fois plus de risque de listériose que le reste de la population, d’après le tableau des CDC de janvier 2025. Ce n’est pas une raison de tout craindre. C’est une raison de chauffer certains aliments et d’en éviter d’autres crus.
Les viandes, volailles et œufs se mangent bien cuits. Les charcuteries de rayon, saucisses type hot-dog et saucisses sèches se réchauffent jusqu’à ce qu’elles fument. Les pâtés au rayon frais, les poissons fumés conservés au froid, les germes crus, le lait cru et les fromages à pâte molle au lait cru (brie, camembert, bleus) figurent parmi les choix plus risqués. Un cheddar, un parmesan ou une mozzarella au lait pasteurisé restent des options plus sûres. Les œufs trop coulants, la pâte à gâteau crue et les vinaigrettes maison à l’œuf cru sont à laisser de côté.
Côté poisson, les CDC déconseillent les espèces à fort mercure et les préparations crues. En pratique, cela recouvre surtout :
- Le requin, l’espadon, le thazard roi et le tile, poissons à fort mercure à écarter.
- Le sushi, le sashimi et le ceviche, à éviter tant que le poisson n’est pas cuit.
- Les crevettes, le saumon, le thon clair en conserve et le lieu, meilleurs choix une fois bien cuits.
La caféine n’est pas interdite à petite dose. L’ACOG, dans une note de 2020, indique qu’une consommation modérée, inférieure à 200 mg par jour, n’a pas été associée à une fausse couche ou à un accouchement prématuré dans les travaux examinés. Cela correspond à peu près à une tasse de 350 ml de café, en comptant aussi le thé, le chocolat, les sodas et les boissons énergisantes. La caféine peut toutefois gêner le sommeil, augmenter les nausées et faire uriner davantage.
L’activité physique reste-t-elle possible
Oui, pour la plupart des grossesses qui se déroulent sans complication. Les CDC retiennent au moins 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée, par exemple une marche d’un bon pas, éventuellement découpée en séances plus courtes. Cette activité peut aider à viser une prise de poids adaptée. Elle ne remplace pas le suivi médical, et les restrictions éventuelles se discutent avec le professionnel qui vous suit.
Le dos tire souvent à ce stade, et Mayo Clinic conseille des chaussures stables, un petit appui sous un pied si vous restez debout, et d’éviter les talons hauts comme les ballerines plates. Quand un étourdissement survient, s’allonger sur le côté et boire de l’eau est la conduite décrite. Les crampes nocturnes diminuent parfois après un étirement du mollet avant le coucher. Un sommeil fragmenté à 26 semaines n’est pas rare. Réduire la caféine en fin de journée, dans la limite des 200 mg quotidiens cités par l’ACOG, évite d’ajouter un stimulant inutile.
S’arrêter et appeler s’impose si l’effort s’accompagne de contractions régulières qui se renforcent, d’un saignement, d’un écoulement liquide ou d’un mal de tête inhabituel. Ces signes recoupent ceux du travail prématuré et de la pré-éclampsie, détaillés plus bas. Une grossesse gémellaire ou un accouchement très prématuré déjà vécu, deux situations que Cleveland Clinic relie au risque de travail trop tôt, justifient encore davantage un avis avant de pousser l’entraînement.
Travail prématuré à 26 semaines, quels signes
Un accouchement avant 37 semaines est prématuré. Avant 28 semaines, l’ACOG parle de naissance extrêmement prématurée. La revue du BMJ de 2022 estime qu’entre 9 % et 12 % des naissances dans le monde surviennent avant 37 semaines, et que les naissances extrêmement prématurées concernent environ 2 à 5 grossesses sur 1 000. Une naissance à 26 SA n’est donc pas un événement « un peu en avance ». C’est une urgence obstétricale et néonatale.
Quatre contractions ou plus en une heure qui ne cèdent pas au changement de position, un mal de dos sourd régulier, des crampes bas du ventre parfois avec diarrhée, une pression pelvienne nouvelle, des pertes plus abondantes, rosées ou aqueuses, un saignement ou la sensation que les eaux s’écoulent font partie de la liste de Cleveland Clinic (2022). Cette fiche demande d’appeler si les signes durent plus d’une heure, ou si la douleur est intense et persistante. Mayo Clinic, pour le deuxième trimestre, insiste surtout sur le caractère régulier et croissant des contractions. Un durcissement isolé qui disparaît en marchant ou en buvant n’a pas le même poids.
Les trois situations les plus liées au travail trop tôt, toujours selon Cleveland Clinic, sont un accouchement prématuré déjà vécu, une grossesse multiple, et un problème antérieur du col, de l’utérus ou du vagin. Le tabac, l’alcool, une infection non traitée et un intervalle très court entre deux grossesses figurent aussi parmi les facteurs. Beaucoup de femmes n’ont aucun de ces éléments et présentent quand même des signes. L’inverse est vrai aussi.
Si l’équipe confirme un travail trop précoce, l’objectif n’est pas toujours d’arrêter définitivement l’accouchement. Il peut s’agir de gagner le temps des corticoïdes et, le cas échéant, d’un transfert. Une naissance à 26 semaines se prépare dans un centre qui peut ventiler, réchauffer et nourrir un nouveau-né de moins d’un kilo. Appeler tôt change souvent plus de choses que d’attendre « pour ne pas déranger ».
Pré-éclampsie, quand consulter
La pré-éclampsie est un trouble de la tension et des organes qui apparaît en général après 20 semaines, parfois seulement après l’accouchement. L’ACOG, dans sa fiche mise à jour en 2022, décrit un tableau souvent silencieux au début. La tension élevée peut être le premier signe, relevé en consultation. D’autres signes doivent faire appeler le même jour, surtout en seconde moitié de grossesse.
Un mal de tête qui ne passe pas, des taches visuelles ou une vision brouillée, une douleur haute de l’abdomen ou de l’épaule, des nausées et vomissements inhabituels à ce terme, un gonflement du visage ou des mains, une prise de poids soudaine, ou un essoufflement, figurent sur la liste de l’ACOG. Les formes avec signes de gravité incluent une tension à 160/110 mm Hg ou plus, un mal de tête intense, des troubles visuels, du liquide dans les poumons, des anomalies du foie, des reins ou des plaquettes. Le syndrome HELLP (hémolyse, enzymes hépatiques élevées, plaquettes basses) est une urgence.
Un gonflement discret des chevilles en fin de journée n’est pas, à lui seul, une pré-éclampsie. C’est le caractère soudain, le visage, les mains, et l’association à la tension ou aux maux de tête qui changent la donne. Chaque visite prénatale sert aussi à ça. Tension et bandelette urinaire ne sont pas des formalités.
L’aspirine à faible dose peut réduire le risque chez certaines femmes à haut risque, ou avec plusieurs facteurs modérés. L’ACOG demande d’en parler à l’obstétricien et de ne pas commencer un comprimé de soi-même. En France, c’est le médecin ou la sage-femme qui pose l’indication selon le protocole local. Une tension que vous mesurez à 140/90 mm Hg ou plus, ou des signes ci-dessus, justifient un appel. Une crise convulsive, une douleur thoracique, un essoufflement brutal ou une perte de connaissance relèvent du 15 ou du 112.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Contractions régulières qui se renforcent, liquide vaginal, saignement | Appeler la maternité, ou le 15 ou le 112 |
| Bébé nettement moins mobile que d’habitude | Contacter la maternité le jour même, sans attendre |
| Mal de tête persistant, troubles visuels, douleur haute de l’abdomen | Avis médical rapide le jour même |
| Gonflement brutal du visage ou des mains, prise de poids soudaine | Faire contrôler la tension et les urines |
| Fièvre, brûlures urinaires, pertes malodorantes | Consulter le médecin ou la sage-femme |
| Convulsion, douleur thoracique, grand essoufflement | Appeler le 15 ou le 112 |
Questions fréquentes
26 semaines de grossesse, cela fait combien en SA ?
Dans le calendrier utilisé ici, comme à l’échographie, 26 semaines correspondent à 26 semaines d’aménorrhée, comptées depuis le premier jour des dernières règles. Certaines applications françaises parlent de 24 semaines de grossesse en partant de la conception. C’est le même moment, avec deux semaines de décalage de vocabulaire.
Le test O’Sullivan et l’HGPO sont-ils la même chose ?
Non. Le test dit de O’Sullivan est une charge de 50 g, souvent sans jeûne, utilisée surtout dans le schéma américain en deux temps. L’HGPO est l’épreuve diagnostique, en général 75 g ou 100 g, avec plusieurs prises de sang. Le NICE britannique utilise d’emblée une HGPO de 75 g chez les femmes à risque. Demandez au laboratoire quel protocole s’applique à votre ordonnance.
Les contractions de Braxton-Hicks annoncent-elles l’accouchement ?
Pas à elles seules. Ce sont des durcissements irréguliers, souvent brefs, qui cèdent au repos, à la marche ou à l’hydratation. Elles deviennent un motif d’appel lorsqu’elles se régularisent, se rapprochent et gagnent en intensité, surtout avant 37 semaines, ou si un saignement ou un écoulement s’y ajoute.
Faut-il compter les coups de pied chaque jour ?
Le RCOG ne recommande pas un tableau quotidien pour toutes les femmes. Il demande de connaître le rythme habituel de votre bébé et d’appeler dès qu’il change ou diminue. Un chiffre unique « dix mouvements » n’est pas une norme universelle. Entre 24 et 28 semaines, un doute suffit à contacter la maternité.
Un gonflement des chevilles impose-t-il une consultation ?
Un gonflement léger des chevilles en fin de journée est fréquent. Un gonflement soudain du visage ou des mains, une prise de poids brutale, un mal de tête ou des troubles visuels doivent faire contrôler la tension le jour même, car la pré-éclampsie peut commencer ainsi.
L’alcool est-il à éviter jusqu’à la naissance ?
Oui. Cleveland Clinic range l’alcool, comme le tabac, parmi les facteurs liés au travail prématuré, et conseille de ne pas en consommer. Aucune quantité d’alcool sans risque à 26 semaines n’est donnée dans les recommandations reprises ici.
Conclusion
À 26 SA, le bébé n’est plus un amas de cellules, mais il n’est pas non plus un nouveau-né en miniature. Les 820 g et les 23 cm tête-siège de la Mayo Clinic, le surfactant encore en cours de production, et des paupières qui s’ouvriront plutôt vers 28 semaines dessinent un fœtus en pleine construction. C’est aussi le moment où le dépistage du diabète gestationnel, la courbe de poids et la tension prennent un relief concret dans le calendrier.
Gardez sous la main le rythme habituel des mouvements, la date du test de glucose s’il est prescrit, et le numéro de la maternité. Vous pouvez demander, à la consultation qui vient, votre IMC de départ, la fourchette de poids visée, et le protocole exact de l’HGPO (charge, jeûne, seuils du laboratoire).
Mal de tête inhabituel, bébé plus calme, contractions qui s’organisent ou écoulement liquide ne sont pas des détails à classer jusqu’à lundi. La sage-femme, le médecin traitant ou le 15 sont les bons interlocuteurs, pas un Doppler de salon ni le récit d’une autre grossesse.
Sources
- Fetal development: The 2nd trimester. Mayo Clinic, 18 mars 2025.
- 2nd trimester pregnancy: What to expect. Mayo Clinic, 7 février 2025.
- Extremely Preterm Birth. American College of Obstetricians and Gynecologists, janvier 2022.
- Preeclampsia and High Blood Pressure During Pregnancy. American College of Obstetricians and Gynecologists, avril 2022.
- How much coffee can I drink while I’m pregnant?. American College of Obstetricians and Gynecologists, octobre 2020.
- Gestational Diabetes: Screening. U.S. Preventive Services Task Force, 10 août 2021.
- Preterm Labor: Causes, Symptoms, Treatment & Prevention. Cleveland Clinic, 7 novembre 2022.
- Weight Gain During Pregnancy. Centers for Disease Control and Prevention, 15 mai 2024.
- Safer Food Choices for Pregnant Women. Centers for Disease Control and Prevention, 31 janvier 2025.
- Diabetes in pregnancy: management from preconception to the postnatal period. National Institute for Health and Care Excellence, 16 décembre 2020.
- Your baby’s movements in pregnancy. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, février 2019.
- Morgan AS, Mendonça M, Thiele N et al. : Management and outcomes of extreme preterm birth. British Medical Journal, 10 janvier 2022.
