
Avoir du mal à perdre du poids n’est presque jamais l’affaire d’une seule molécule dans la graisse. Le corps réduit sa dépense d’énergie dès que la ration diminue, la faim remonte, et certaines maladies, certains médicaments ou une fibrose du tissu adipeux peuvent ralentir la fonte de graisse.
Le chiffre américain le plus récent le rappelle mieux qu’un discours sur la volonté. Pendant la période août 2021–août 2023, 40,3 % des adultes américains avaient une obésité (indice de masse corporelle, IMC ≥ 30), d’après le National Center for Health Statistics ; l’obésité sévère (IMC ≥ 40) touchait 9,4 % des adultes, et le pic se situait entre 40 et 59 ans (46,4 %). L’obésité y est traitée comme une maladie chronique, pas comme un défaut de caractère.
Chez les personnes opérées d’un bypass, plus la fibrose du gras sous-cutané était marquée, moins la masse grasse baissait à 3, 6 et 12 mois (Divoux et al., 2010). Le guide britannique NICE NG246, publié le 14 janvier 2025, demande un déficit énergétique durable et, après une obésité, souvent 60 à 90 minutes d’activité par jour pour limiter la reprise. Les normes américaines de l’ADA (2025) visent d’abord une perte d’au moins 5 % du poids, puis 10 % quand des complications sont présentes.
Pourquoi la balance s’arrête-t-elle après quelques semaines ?
Un plateau est le cours habituel d’un régime, pas la preuve que vous « trichez » ou que rien ne sert. Les premières semaines font souvent descendre l’aiguille plus vite parce que le foie et les muscles vident leurs réserves de glycogène ; ce glucide stocké retient de l’eau, et sa combustion fait donc perdre surtout de l’eau, explique la Mayo Clinic dans sa fiche de 2024 sur le plateau.
Quand le poids baisse, une partie du muscle part avec la graisse. Le muscle contribue à la dépense de repos. Un corps plus léger, avec un peu moins de muscle, brûle moins de calories pour les mêmes journées. Si l’assiette reste celle qui faisait maigrir au début, l’écart entre apports et dépenses se referme. La balance s’immobilise alors, même avec la même assiduité.
La même courbe revient dans la plupart des programmes, une perte nette au début, un palier, puis une reprise si le suivi s’arrête. L’ADA le décrit en 2025. Plusieurs hormones qui régulent le poids changent après un amaigrissement et créent un milieu favorable au retour vers le poids de départ.
La Mayo Clinic conseille alors de reprendre le carnet alimentaire et le niveau d’activité avant de conclure à un échec. Portions plus grandes, aliments ultratransformés plus fréquents, séances sautées. Si vous voulez encore perdre, il faut soit bouger davantage, soit réduire encore les calories, sans descendre sous 1 200 kcal par jour selon cette même fiche. En dessous, la faim constante augmente le risque de compensation.
- Les premiers kilos correspondent souvent à du glycogène et à de l’eau, pas seulement à de la graisse.
- Un corps plus léger dépense moins, même si le menu du premier mois n’a pas changé.
- Recalculez les portions et le temps d’activité avant d’accuser un « métabolisme cassé ».
- Une perte déjà obtenue améliore souvent la tension, le sucre et les lipides, même si l’aiguille stagne.

L’adaptation métabolique réduit la dépense d’énergie
Le ralentissement n’est pas qu’une question de taille. Une part de la baisse de dépense dépasse ce que la nouvelle composition corporelle laisserait prévoir. On parle d’adaptation métabolique ou de thermogenèse adaptative. L’ADA (2025) rappelle que la perte de poids diminue la dépense énergétique et le métabolisme de base, ce qui rend le maintien plus difficile que la descente initiale.
Ce frein biologique n’annule pas un déficit. Il le rétrécit. Les essais de médicaments anti-obésité cités par l’ADA incluent, dans le groupe placebo comme dans le groupe traité, un plan à environ 500 kcal de moins par jour et un accompagnement comportemental. Le placebo seul fait en moyenne perdre 2,6 % du poids. L’écart montre à la fois que le mode de vie compte et que la biologie limite le résultat une fois le corps alerté.
La faim augmente souvent pendant que la dépense baisse. La volonté n’est pas en cause. L’ADA décrit un environnement hormonal qui favorise le retour au poids antérieur une fois les kilos partis. Traiter l’obésité demande un suivi dans la durée, pas un sprint de six semaines.
Préserver le muscle (activité, protéines suffisantes dans un menu équilibré) et dormir assez aide à limiter ce frein. Il faudra parfois ajuster les calories une seconde fois. Le médecin traitant ou un diététicien saura si un déficit plus marqué est raisonnable, surtout s’il existe un diabète, un trouble alimentaire ou un traitement au long cours.
La fibrose du tissu adipeux et l’enzyme LOX
Une piste tissulaire existe, mais elle n’explique pas à elle seule pourquoi votre voisin maigrit plus vite. Quand les adipocytes grossissent, le tissu manque d’oxygène et s’enflamme. Il dépose alors plus de collagène. Cette fibrose rigidifie la graisse et peut gêner son remodelage. Divoux, Clément et leurs collègues ont montré en 2010, dans Diabetes, que la fibrose du tissu adipeux sous-cutané, mesurée avant une chirurgie bariatrique, était liée à une moindre perte de masse grasse à 3, 6 et 12 mois.
L’enzyme lysyl-oxydase (LOX) participe à ce durcissement. Elle relie les fibres de collagène et d’élastine entre elles. Pastel, Kos et leurs collègues (Exeter, Göteborg, Aarhus) ont publié en 2018, dans Metabolism, que l’expression de la LOX était plus élevée en cas d’obésité et corrélée à l’IMC. L’hypoxie et une inflammation aiguë (injection de lipopolysaccharide chez l’humain) l’augmentaient. Ni le diabète, ni l’hyperglycémie n’avaient d’effet propre. La leptine à forte dose, en explant, la diminuait, comme un possible rétrocontrôle.
Ces données ne font pas de la LOX un levier thérapeutique disponible. Aucun médicament autorisé ne la cible pour faire maigrir. Bel Lassen, Clément et leurs collègues ont proposé en 2017, dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, un score simple de fibrose (score FAT). Un score d’au moins 2 était associé à une moins bonne réponse au bypass gastrique, définie comme une perte inférieure à 28 % du poids total à un an (odds ratio ajusté 3,6 ; intervalle 1,8–7,2). Ce score se lit sur une biopsie opératoire, pas sur une prise de sang de ville.
La fibrose peut donc participer à la variabilité de la réponse, surtout après une chirurgie. Elle n’interdit pas de perdre du poids par l’alimentation et l’activité. Aucune pharmacie ne vend aujourd’hui un médicament qui la résorbe.
Quelles maladies freinent la perte de poids ?
Certaines affections pèsent sur le poids, mais elles restent moins fréquentes que l’écart entre calories et dépenses. La Mayo Clinic (page revue le 2 décembre 2025) cite l’hypothyroïdie, le syndrome de Cushing, le syndrome de Prader-Willi, et des maladies qui réduisent le mouvement, comme l’arthrose. MedlinePlus ajoute le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la ménopause et la grossesse. L’une de ces pistes ne « prouve » rien à elle seule. Elle justifie un examen si d’autres signes sont là.
L’hypothyroïdie ralentit le métabolisme et s’accompagne souvent d’une prise de poids, de frilosité, de constipation, de fatigue et de cheveux cassants, d’après MedlinePlus (article sur la prise de poids non voulue, révisé le 3 juillet 2025). Corriger le déficit en hormone thyroïdienne, avec le médicament prescrit et surveillé par le médecin, rétablit en général les taux. Cela ne garantit pas de retrouver le poids d’avant la maladie. La Mayo Clinic le dit clairement. Une affection médicale ralentit rarement le métabolisme au point d’expliquer à elle seule une forte prise de poids.
Le SOPK associe souvent cycles irréguliers et prise de poids, surtout abdominale. Le Cushing, plus rare, vient d’un excès de cortisol (tumeur ou corticoïdes au long cours) et redistribue la graisse vers le visage, le tronc et la nuque. MedlinePlus rappelle aussi que les ballonnements et les œdèmes (cœur, reins, prééclampsie, règles) font monter la balance sans qu’il s’agisse de graisse. Une prise rapide avec pieds gonflés et essoufflement n’est pas un « régime qui bloque ». C’est un motif d’avis urgent.
Les gènes et l’entourage comptent. La Mayo Clinic note que l’hérédité influe sur la quantité de graisse stockée, sa répartition, l’appétit et la dépense à l’effort, et que les familles partagent aussi leurs habitudes. Un parent en obésité n’écrit pas votre avenir, mais il change les probabilités. Le médecin traitant pourra demander une TSH (hormone thyréostimulante), un bilan métabolique, parfois un cortisol ou un avis endocrinologique, plutôt que d’enchaîner les régimes restrictifs à l’aveugle.
Médicaments qui peuvent faire prendre du poids
Plusieurs classes de médicaments augmentent l’appétit, retiennent l’eau ou abaissent la dépense. MedlinePlus liste les corticoïdes, certaines pilules contraceptives, des traitements du diabète, et des médicaments utilisés contre la dépression, le trouble bipolaire ou la schizophrénie. La Mayo Clinic y ajoute certains antiépileptiques et certains bêtabloquants. L’ADA (2025) demande, quand c’est cliniquement possible, de limiter ces molécules chez les adultes en obésité, et de préférer une alternative neutre ou favorable au poids.
Ne coupez jamais un traitement de votre propre chef. MedlinePlus le dit sans détour. L’enjeu est de parler au médecin prescripteur. Un antipsychotique, un antidépresseur ou l’insuline peuvent être indispensables. L’ADA précise qu’il ne faut pas s’abstenir de prescrire un médicament utile pour la maladie d’origine, et que l’arrêt d’une molécule « prise de poids » ne fait pas forcément maigrir.
Les corticoïdes pris par la bouche, surtout au-delà de quelques mois, peuvent faire gonfler le visage, le ventre et la nuque, et élever le sucre. Certains antipsychotiques et certains médicaments du diabète sont liés à une prise, alors que d’autres classes sont neutres ou associées à une perte, souligne l’ADA. Le pharmacien, en France, peut aider à relire l’ordonnance. Seul le médecin décide d’un changement.
- Apportez la liste complète des comprimés, injections et inhalés au rendez-vous, y compris l’automédication.
- Signalez une prise de plusieurs kilos dans les mois qui ont suivi l’introduction d’un nouveau traitement.
- Demandez s’il existe une alternative de même indication, moins liée au poids.
- Ne stoppez pas un corticoïde, un antipsychotique ou l’insuline sans plan de relais.
Sommeil, stress et arrêt du tabac
Le plateau n’est pas toujours dans l’assiette. Un sommeil trop court ou trop long modifie les hormones de l’appétit et pousse vers des aliments denses en calories et en glucides, écrit la Mayo Clinic. Le stress oriente souvent vers les mêmes aliments. L’écran tardif, le travail posté et l’apnée du sommeil s’ajoutent. Le lien va dans les deux directions. L’obésité favorise l’apnée, et les nuits fragmentées entretiennent la prise de poids.
Arrêter de fumer reste un gain de santé plus grand que les kilos qui suivent parfois le sevrage. MedlinePlus indique que la plupart des personnes prennent 2 à 4,5 kg durant les six premiers mois, et que certaines montent jusqu’à 11–14 kg. Cette hausse ne vient pas seulement d’une assiette plus généreuse. Le médecin ou le tabacologue peut anticiper ce risque sans reporter le sevrage.
L’environnement pèse autant que les hormones. La Mayo Clinic décrit des quartiers sans trottoirs sûrs, un accès limité aux aliments peu caloriques, des métiers assis et des proches qui partagent les mêmes assiettes. L’ADA (2025) insiste sur des objectifs adaptés à la vie réelle, pas sur un chiffre unique pour tout le monde.
Le microbiote intestinal varie avec l’alimentation et pourrait participer aux différences de poids, note encore la Mayo Clinic. La piste reste de la recherche, hors complément vendu en ligne. Stabiliser les horaires de repas et de sommeil, réduire les boissons sucrées (y compris l’alcool, très calorique sans rassasier) et signaler un ronflement bruyant restent les gestes utiles.
Ce que recommandent les guides britanniques et américains
Le document de référence britannique a changé. Le NICE NG246, publié le 14 janvier 2025 et revu le 8 janvier 2026, regroupe et remplace plusieurs textes antérieurs, dont le CG189 de 2014. Il ne s’applique pas à la grossesse. Il demande un déficit énergétique, un menu équilibré, et un accompagnement. Il déconseille les régimes restrictifs nutritionnellement déséquilibrés, inefficaces à long terme et potentiellement dangereux.
Les approches alimentaires restent souples. Le NICE accepte de baisser les lipides, les glucides ou l’énergie totale, pourvu que les apports restent sous les dépenses. Les préférences culturelles, le budget, un diabète de type 1, une maladie inflammatoire de l’intestin, un trouble alimentaire ou une stéatose doivent peser sur le choix. Améliorer le menu a un intérêt même si le poids ne bouge pas (lipides, risque de diabète de type 2, cœur). En France, le médecin et le diététicien appliquent les repères locaux. Les calories du NICE ne se recopient pas telles quelles sur votre feuille de soins.
Les régimes très bas en énergie ont un cadre étroit. Le NICE (2025) réserve les régimes de 800 à 1 200 kcal par jour à un service spécialisé, pour des personnes en obésité ou en surpoids avec diabète de type 2, pour 12 semaines au plus, avec un menu nutritionnellement complet et un plan de réintroduction. Les régimes sous 800 kcal ne concernent que des cas où une perte rapide est médicalement nécessaire, par exemple avant une opération. Ils ne sont pas une stratégie de fond.
Côté américain, l’ADA (2025) fixe des paliers plutôt qu’un poids idéal. Une perte soutenue d’au moins 5 % peut déjà améliorer des marqueurs cardiométaboliques. Atteindre 10 % aide souvent davantage glycémie, tension et lipides, et certaines complications (foie, cœur à fraction d’éjection préservée, genou, apnée). Parfois 15 % ou plus sont discutés. Ces chiffres viennent d’essais avec médicaments et accompagnement. Ils ne promettent pas le même résultat avec un régime seul.
L’IMC reste un outil, pas un verdict. Le NICE classe le surpoids à partir de 25 kg/m² et l’obésité à partir de 30, avec des seuils plus bas (surpoids dès 23, obésité dès 27,5) pour les personnes d’origine sud-asiatique, chinoise, autre asiatique, moyen-orientale, africaine ou afro-caribéenne. Pour un IMC sous 35, il ajoute le rapport tour de taille / taille. Un ratio de 0,5 à 0,59 signale une adiposité centrale accrue ; à partir de 0,6, le risque monte encore. La Mayo Clinic retient aussi un tour de taille supérieur à 102 cm chez l’homme et 89 cm chez la femme comme seuil de risque. Le NICE demande de ne pas attribuer tous les symptômes au poids (douleur de hanche, essoufflement) avant d’avoir cherché une autre cause.
Combien d’activité physique pour maigrir et tenir
Bouger aide même si la balance ne descend pas. Le NICE le dit dès 2006 et le conserve en 2025. L’activité améliore le cœur, le sucre et le moral, indépendamment des kilos. Pour prévenir l’obésité, surtout si la ration ne baisse pas, la plupart des adultes peuvent avoir besoin de 45 à 60 minutes d’intensité modérée par jour. Après une obésité et une perte, tenir le nouveau poids peut demander 60 à 90 minutes par jour.
Ces durées britanniques dépassent le minimum de santé générale. La Mayo Clinic (2024) reprend le repère américain de 150 minutes d’aérobie modérée ou 75 minutes d’aérobie soutenue par semaine, à répartir, et vise 300 minutes quand l’objectif est de perdre davantage ou de tenir. Elle ajoute le renforcement musculaire pour limiter la perte de muscle, donc limiter la chute de dépense. Le NICE propose la marche rapide, le jardinage, le vélo, la natation, les escaliers, et de réduire le temps assis devant un écran.
Inutile de viser 90 minutes dès la première semaine. Le NICE demande de monter progressivement, selon la forme et les articulations. Une personne avec un genou douloureux n’a pas le même plan qu’un joggeur. En France, le médecin traitant, parfois un kinésithérapeute, fixe le cadre. Marcher après un repas peut aider la glycémie chez certaines personnes, sans traiter une fibrose et sans figurer comme prescription unique dans le NICE.
- Comptez les minutes réellement bougées sur une semaine, pas l’intention du lundi matin.
- Ajoutez deux séances de renforcement si vos articulations le permettent, pour protéger le muscle.
- Remplacez une partie des trajets en voiture par de la marche, plutôt que d’ajouter seulement une salle.
- Si 60 minutes d’un bloc sont irréalistes, fractionnez en trois marches de 20 minutes.
Pour qui les médicaments de l’obésité et la chirurgie
Les médicaments de l’obésité ne remplacent pas le déficit et le mouvement. Le NICE (2025) les envisage après avoir commencé et évalué l’alimentation, l’activité et l’approche comportementale, et toujours avec un régime moins calorique et plus d’activité. Au Royaume-Uni, le tableau 1 du NG246 cite le tirzépatide (IMC initial d’au moins 35 et au moins une comorbidité liée au poids), le sémaglutide (comorbidité et IMC ≥ 35, ou 30–34,9 avec critères d’orientation spécialisée), le liraglutide (IMC ≥ 35, hyperglycémie non diabétique et haut risque cardiovasculaire) et l’orlistat (IMC ≥ 30, ou ≥ 28 avec facteurs de risque).
Les règles d’arrêt sont chiffrées. Pour le tirzépatide, si moins de 5 % du poids initial a été perdu après 6 mois à la dose maximale tolérée, il faut décider de la poursuite au cas par cas. Pour le sémaglutide, envisager l’arrêt sous le même seuil à 6 mois. Pour le liraglutide 3 mg et l’orlistat, arrêter après 12 semaines si la perte n’atteint pas 5 %. Ces molécules sont contre-indiquées pendant la grossesse. Les seuils d’IMC sont en général abaissés de 2,5 kg/m² pour les mêmes groupes ethniques que plus haut. En France, l’indication, le remboursement et le circuit de prescription relèvent du médecin et du pharmacien. Le tableau britannique n’est pas un droit d’accès.
L’ADA (2025) va plus loin sur le moment. Elle propose d’offrir un médicament dès le début chez les adultes en obésité avec, ou à haut risque de, complications, toujours avec nutrition, activité et thérapie comportementale. Elle priorise les agonistes du GLP-1 (incrétines qui augmentent la satiété) ou le double agoniste GIP/GLP-1 (tirzépatide) en cas de diabète de type 2, et selon les dossiers (cœur, foie, apnée, arthrose). Les essais montrent des pertes plus importantes que le placebo, au prix d’effets indésirables qui font parfois arrêter le traitement. Aucun de ces textes ne promet une « guérison » de l’obésité.
La chirurgie bariatrique, dans le NICE (recommandations 2023 reprises en 2025), peut être discutée pour un IMC d’au moins 40, ou entre 35 et 39,9 avec une maladie susceptible de s’améliorer (diabète de type 2, hypertension, apnée, foie), si la personne accepte un suivi au long cours. Un bilan plus rapide est prévu pour certains diabètes de type 2 récents. La fibrose sous-cutanée peut prédire une réponse plus limitée, sans contre-indiquer l’opération à elle seule. La décision se prend dans une équipe spécialisée.
Quand le plateau justifie un avis médical
Consultez le médecin traitant si le poids monte sans changement d’assiette, si un nouveau médicament a précédé les kilos, ou si des signes d’hypothyroïdie, de SOPK ou de rétention d’eau s’ajoutent. MedlinePlus liste constipation, prise excessive inexpliquée, chute de cheveux, frilosité nouvelle, faim incontrôlable avec palpitations, tremblements et sueurs, et troubles de la vue. Le NICE (2025) demande aussi de ne pas tout mettre sur le compte du poids. Une douleur, un essoufflement ou un œdème méritent leur propre diagnostic.
Une prise rapide avec pieds gonflés et essoufflement peut signaler une rétention dangereuse (cœur, reins, grossesse). Appelez le 15 ou le 112. Durcir le régime n’a alors aucun sens. Une somnolence extrême, un froid intense et une confusion chez une personne connue pour une hypothyroïdie non traitée relèvent aussi de l’urgence. Ces tableaux sont rares. Ils ne doivent pas transformer chaque plateau en alerte.
| Situation | Signes souvent associés | Conduite |
|---|---|---|
| Plateau après 4 à 8 semaines de régime | Aucun autre signe | Revoir portions et activité, puis le médecin si besoin |
| Prise depuis un nouveau traitement | Début dans les mois après l’ordonnance | Médecin prescripteur, sans arrêt sauvage |
| Suspicion d’hypothyroïdie | Frilosité, constipation, fatigue, cheveux cassants | Médecin traitant, dosage de TSH |
| Suspicion de SOPK | Cycles irréguliers, acné, pilosité, graisse abdominale | Médecin, parfois avis gynécologique |
| Prise très rapide | Pieds gonflés, essoufflement | 15 ou 112, urgence |
| Objectif santé (diabète, apnée, genou) | IMC élevé ou tour de taille / taille ≥ 0,5 | Médecin pour un plan, parfois médicament ou chirurgie |
Apportez trois chiffres plutôt qu’une plainte vague. Le poids actuel et celui d’il y a six mois, le tour de taille, et la liste des médicaments. Si l’IMC est sous 35, le NICE encourage à mesurer soi-même le rapport tour de taille / taille (tour de taille au milieu des côtes et des hanches, après une expiration, divisé par la taille dans la même unité) et à demander un avis si le ratio atteint 0,5. Le médecin pourra proposer un bilan, un diététicien, ou, selon le dossier, un médicament ou une orientation spécialisée. Les seuils britanniques et américains sont des repères. La décision, en France, se prend avec le soignant qui vous connaît.
Questions fréquentes
Pourquoi je ne maigris pas alors que je mange peu ?
Parce que la dépense a souvent baissé avec le poids et que les portions « petites » restent parfois proches des besoins. Un carnet de trois jours, y compris boissons et grignotage, aide le médecin ou le diététicien à voir s’il reste un déficit. L’adaptation métabolique et la faim accrue, décrites par l’ADA en 2025, expliquent une grande part des plateaux sans tricherie.
La thyroïde est-elle forcément en cause ?
Non. L’hypothyroïdie peut faire prendre un peu de poids et freiner un régime, mais la Mayo Clinic juge rare qu’une maladie ralentisse le métabolisme au point d’expliquer une forte prise. Une TSH est raisonnable s’il existe frilosité, constipation, fatigue ou chute de cheveux. Un taux normal oriente vers les autres causes, pas vers un « complément thyroïde » en vente libre.
Le SOPK empêche-t-il de maigrir ?
Il le rend souvent plus lent, mais il n’interdit pas une perte. MedlinePlus le classe parmi les causes hormonales de prise non voulue. Le traitement du SOPK, l’activité et un déficit réaliste restent le socle. Le médecin adaptera le plan. Il n’existe pas de régime SOPK unique validé par le NICE comme seul outil.
Faut-il descendre sous 1 200 kcal par jour ?
En général, non, hors protocole encadré. La Mayo Clinic (2024) déconseille de passer sous 1 200 kcal, faute de rassasier et au risque de compensation. Le NICE réserve 800–1 200 kcal à un service spécialisé, 12 semaines au plus, et les régimes sous 800 kcal à des cas très sélectionnés. Un menu trop bas n’est pas plus « efficace ». Il est plus difficile à tenir et peut être dangereux.
Les injections amaigrissantes remplacent-elles le régime ?
Non. Le NICE et l’ADA les associent toujours à un déficit et à plus d’activité. Elles peuvent augmenter la perte par rapport au placebo, surtout les agonistes du GLP-1 et le tirzépatide, et l’ADA les discute tôt en cas de complications. L’accès, les effets digestifs et les règles d’arrêt (souvent 5 % à 12 semaines ou 6 mois selon la molécule, côté NICE) se parlent avec le médecin. Ce ne sont pas des produits de confort.
La fibrose du gras se voit-elle sur une prise de sang ?
Non. Les études de Divoux (2010) et de Bel Lassen (2017) reposent sur des biopsies de tissu adipeux, souvent pendant une chirurgie. Aucun dosage de ville ne mesure la LOX ni le score FAT. Un plateau n’autorise pas à conclure à une fibrose. Il autorise à chercher, avec le médecin, un déficit réel, un médicament, une maladie et un objectif de santé autre que le seul kilo.
Conclusion
La difficulté à maigrir mélange biologie et contexte. Le corps défend son poids en baissant la dépense et en relevant la faim. Une fibrose du tissu adipeux, mesurée dans des études chirurgicales de 2010 et 2017, peut limiter la fonte de graisse chez certaines personnes, sans la rendre impossible. Les maladies endocrines et plusieurs médicaments s’y ajoutent assez souvent pour mériter une relecture d’ordonnance et, si les signes collent, une TSH ou un avis spécialisé.
Le NICE NG246 de 2025 a remplacé le CG189 de 2014. Il maintient le déficit énergétique, encadre les régimes de 800–1 200 kcal, chiffre l’activité pour tenir et pose des règles d’arrêt pour les médicaments de l’obésité. L’ADA 2025 vise 5 %, puis 10 %, et demande d’alléger si possible les traitements qui font prendre du poids. Aucun de ces textes n’offre une molécule contre la LOX, ni une garantie de kilos.
Prenez rendez-vous avec le médecin traitant si la balance ne bouge plus depuis plus d’un mois malgré un carnet tenu, si un traitement a précédé les kilos, ou si frilosité, cycles irréguliers, œdèmes ou essoufflement s’en mêlent. Arrivez avec le poids, le tour de taille et la liste des médicaments. Demandez quel objectif de santé (sucre, tension, genou, apnée) justifie 5 ou 10 % de perte, et si, dans votre dossier, un diététicien, un médicament ou une équipe spécialisée est adapté. En cas de prise très rapide avec essoufflement et pieds gonflés, composez le 15 ou le 112.
Sources
- NICE : Overweight and obesity management. National Institute for Health and Care Excellence, 14 janvier 2025.
- NICE : Physical activity and diet. National Institute for Health and Care Excellence, 14 janvier 2025.
- NICE : Medicines and surgery. National Institute for Health and Care Excellence, 14 janvier 2025.
- NICE : Identifying and assessing overweight, obesity and central adiposity. National Institute for Health and Care Excellence, 14 janvier 2025.
- Emmerich SD, Fryar CD, Stierman B et al. : Obesity and Severe Obesity Prevalence in Adults: United States, August 2021–August 2023. National Center for Health Statistics, septembre 2024.
- Obesity – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 2 décembre 2025.
- Getting past a weight-loss plateau. Mayo Clinic, 9 avril 2024.
- Weight gain – unintentional. MedlinePlus, 3 juillet 2025.
- Pastel E, Price E, Sjöholm K et al. : Lysyl oxidase and adipose tissue dysfunction. Metabolism, janvier 2018.
- Divoux A, Tordjman J, Lacasa D et al. : Fibrosis in human adipose tissue: composition, distribution, and link with lipid metabolism and fat mass loss. Diabetes, novembre 2010.
- Bel Lassen P, Charlotte F, Liu Y et al. : The FAT Score, a Fibrosis Score of Adipose Tissue: Predicting Weight-Loss Outcome After Gastric Bypass. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 1er juillet 2017.
- American Diabetes Association Professional Practice Committee for Obesity : Pharmacologic treatment of obesity in adults: Standards of care in overweight and obesity. BMJ Open Diabetes Research & Care, 2025.
